Expositions Rien de tel pour s’évader que l’art. Quand en plus c’est à l’étranger que ça se passe, l’évasion est double. Plusieurs expositions vaudront le voyage en 2014, ou un rattrapage. Certaines de ces coproductions entre musées sont en effet de grandes voyageuses: ce qui n’a pu être vu ici est exposé quelques mois plus tard ailleurs, à moins que ce ne soit l’inverse. Un marché que les professionnels du tourisme ne peuvent ignorer, ne serait-ce que pour nourrir des city breaks.
L’Espagne revient en Belgique, mais par la voie artistique plutôt que monarchique. C’est à l’époque d’ailleurs des Pays-Bas espagnols que Francisco Zurbaran (photo) s’est illustré par sa peinture empreinte de mysticisme et d’austérité. Le grand maître du Siècle d’or espagnol, mort il y a trois cent cinquante ans, fait l’objet d’une importante rétrospective jusqu’au 25 mai au Palais des Beaux-arts de Bruxelles. Du 18 juin au 31 août, c’est l’avant-garde féministe des années 1970 qui investira ce même palais dans le cadre de la biennale internationale de la photographie.
À l’occasion des deux cents ans de la naissance, en Wallonie, d’Adolphe Sax, inventeur du saxophone, le musée des Instruments de musique de Bruxelles (MIM) lui consacre une exposition sur l’ensemble de l’année, jusqu’au 11 janvier 2015. De nombreux événements, notamment musicaux, sont également prévus cette année dans sa ville natale de Dinant.
Au MIM, les groupes bénéficient d’une prise en charge spécifique et peuvent même privatiser le musée le temps d’une visite.
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L’art n’a pas de frontières, c’est bien connu. Ainsi en va-t-il des expositions présentées cette année à Londres par la collection Estorick of Modern Italian Art. Jusqu’au 19 avril, les « Mythes et mystères de Giorgio de Chirico » (photo) sont à l’affiche, dont l’influence sur les Surréalistes a été considérable. Du 30 avril au 29 juin, c’est à un retour aux années dorées de « la Dolce Vita » que les visiteurs sont invités et à des retrouvailles avec une Brigitte Bardot de légende.
Avant qu’elles ne partent à Vérone pour l’automne, une cinquantaine d’œuvres de Paolo Véronèse seront présentées par la National Gallery à Londres du 19 mars au 15 juin et mettent en avant « La magnificence dans la Venise de la Renaissance ». Le même musée s’intéressera du 15 octobre 2014 au 18 janvier 2015 aux « Dernières années de Rembrandt » en réunissant une petite centaine d’œuvres réalisées sur le tard par le maître flamand. Cette rétrospective essentielle filera ensuite en 2015 au Rijksmuseum d’Amsterdam.
L’entrée à la National Gallery est gratuite.
Ceux qui l’ont manquée au Grand Palais à Paris peuvent se rattraper à Amsterdam où le musée Van Gogh présente du 14 février au 1er juin l’exposition majeure consacrée à Félix Vallotton, « Le Feu sous la glace ».
Au musée Van Gogh, les groupes, quatre par heure maximum, ne peuvent dépasser 15 personnes pour des visites guidées. Elles sont possibles en français.
L’excellent musée Kröller-Müller d’Arnhem réserve une exposition, en partie basée sur ses propres collections, au peintre français Georges Seurat, « Maître du pointillisme ». C’est une exposition unique, et une première de cette importance aux Pays-Bas, que le musée Kröller-Müller, qui fête son jubilé, a choisi de réserver au peintre français du 24 mai au 7 septembre. Une occasion supplémentaire de découvrir la richesse des collections du Kröller-Müller qui offrent un panorama passionnant de l’art des XIXe et XXe siècles, notamment un jardin de sculptures parmi les plus importants d’Europe.
Les groupes de plus de 20 pax bénéficient de 10 % de réduction sur les tarifs d’entrée pour le musée et le parc de la Hoge Veluwe. Le stationnement du car devant le musée est payant.
Le culte de Dyonisos/Bacchus à travers l’art, de l’Antiquité à nos jours, emplit « de joie, de vin et d’extase », les Staatliche Kunstsammlungen (SKS) de Dresde du 6 février au 10 juin. Quelque 80 œuvres, peintures ou sculptures, de Rubens, Van Dyck ou encore Beckmann illustrent la perception de chaque époque de ce dieu durablement célébré en Europe.
Des offres spécifiques pour les groupes jusqu’à 25 personnes sont proposées, notamment en combiné avec d’autres musées de Dresde.
Romains toujours, à Trèves cette fois, avec une exposition sur la vie urbaine à l’époque romaine présentée du 15 mars au 28 septembre au Rheinisches Landesmuseum.
Les visites de groupe, à partir de 10 pax, se font sur réservation, avec guide en français.
Une grande rétrospective de l’œuvre d’Emil Nolde (photo) est programmée par le Städel Museum de Francfort-sur-le-Main du 5 mars au 15 juin. Peintures, aquarelles et gravures de ce peintre expressionniste allemand du XXe siècle éclatent de couleurs. Les Nazis avaient classé les œuvres de ce porte-drapeau de l’expressionnisme dans la catégorie « art dégénéré ».
À l’Albertina de Vienne, c’est une avalanche de chefs-d’œuvre qui emporte les visiteurs. D’abord avec la nouvelle présentation de son exposition permanente. La collection Batliner, de « Monet à Picasso », réunit des pièces essentielles de l’impressionisme, du Bauhaus, de l’Avant-garde russe et de l’expressionisme, plus d’un siècle d’histoire de l’art. Elle a retrouvé depuis le 12 décembre dernier le cadre du musée viennois après avoir été montrée pour moitié à l’Ermitage de Saint-Petersbourg et au Kunstmuseum du Liechtenstein. Mais la richesse du fonds de l’Albertina ne s’arrête pas là. C’est l’un des musées les plus importants au monde pour le dessin (60 000 en collection) et les estampes (un million en collection). « L’Albertina, naissance d’une collection mondiale », exposition temporaire qui sera présentée du 14 mars au 29 juin, revient sur les débuts d’une longue accumulation de chefs-d’œuvre, et présente aussi bien de célèbres planches de Dürer (photo) que des tableaux de Goya, en passant par des Rembrandt, des Rubens ou encore des dessins de Michel Ange. Du 12 septembre 2014 au 11 janvier 2015, c’est avec Joan Miró (photo) que l’Albertina finira l’année et commencera la suivante, en présentant une centaine de ses œuvres, peintures, dessins et objets.
À l’Albertina, les conditions groupes s’appliquent à partir de 15 personnes. Pour les visites guidées, 25 pax maximum sont conduits en français à travers ce temple viennois de l’art.
D’autres expositions temporaires en Autriche sont aussi susceptibles d’intéresser une clientèle férue de beaux arts. À l’Orangerie du Belvédère inférieur par exemple qui rend hommage, du 24 octobre 2014 au 8 février 2015, à Claude Monet, et rappelle l’influence du maître impressionniste français sur les peintres autrichiens.
Le peintre français Henri de Toulouse-Lautrec sera, lui, à l’affiche du 16 octobre 2014 au 25 janvier 2015 au Bank Austria Kunstforum. Au même endroit, du 8 mai au 13 juillet, c’est Stanley Kubrick, le photographe plutôt que le cinéaste, qui peut retenir l’attention. L’exposition « Eyes wide open » est une première en Autriche.
Figures et paysages sont au programme du musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne. Pour les figures, ce sont les visions tourmentées de trois sculpteurs qui ont marqué le XXe siècle: le Suisse Alberto Giacometti, la Française Germaine Richier et l’Italien Marino Marini. Une remise en cause de la sculpture traditionnelle à voir jusqu’au 27 avril. L’autre grande exposition présentée au MCB-A de Lausanne donne à voir l’âme russe à travers les paysages peints par les artistes russes du XIXe siècle. Cette « Magie du paysage russe, chefs-d’œuvre de la Galerie nationale Tretiakov » est à vivre du 23 mai au 5 octobre dans la cité vaudoise.
Les entrées sont gratuites le premier samedi du mois.
La réputée Fondation Gianadda de Martigny mettra en exergue du 28 février au 9 juin « La Beauté du corps dans l’Antiquité grecque », en collaboration avec le British Museum. Du 20 juin au 23 novembre, c’est Renoir qui fera l’objet d’une importante rétrospective.
Le très respecté Palazzo Strozzi de Florence propose d’explorer, du 8 mars au 20 juillet, « Les Voies divergentes du maniérisme » à travers les œuvres de Pontormo (photo) et Rosso Fiorentino, deux illustres peintres du Cinquecento, la haute-Renaissance italienne. Le Palazzo Strozzi a également monté des itinéraires à travers Florence et la Toscane visitant les hauts-lieux fréquentés par ces deux maîtres du mouvement maniériste.
Du 22 février au 15 juin, le Palazzo Diamanti de Ferrare présente une exposition majeure consacrée à Henri Matisse. Elle a été montée par Isabelle Monod-Fontaine, conservatrice spécialiste du peintre français emblématique du courant fauviste.
Des visites guidées réservées à l’avance sont proposées à des groupes de 25 personnes tout au plus.
Le célèbre musée du Prado, à Madrid, accueille jusqu’au 4 mai, une exposition consacrée aux « Furies, du Titien à Ribera ». À travers la représentation des mythes grecs des châtiments criminels envers les dieux, la peinture baroque se met au service du discours royal d’ordre public. En une vingtaine de chefs-d’œuvre de la peinture européenne exécutés entre 1550 et 1700, le musée propose un voyage dans une iconographie qui mêle propagande politique et volupté de l’art.
Au Prado, les visites par groupe s’effectuent de huit à 30 pax maximum.
Autre institution culturelle de Madrid, le musée Thyssen-Bornemisza propose cette année un riche programme d’expositions. En commençant par celle consacrée à Cézanne jusqu’au 18 mai. C’est la plus importante dédiée au peintre français jamais montée en Espagne depuis plus de trente ans. Cette exposition confronte l’approche artistique des paysages et des natures mortes peints par Paul Cézanne.
Après le musée des Beaux Arts de Bilbao qui l’a présentée en 2013, le musée Thyssen-Bornemisza se penche sur le peintre espagnol du tournant du XXe siècle, Dario de Regoyos, mort lui aussi, mais il y a cent ans. Entre impressionnisme et pointillisme, c’est une vision en demi-teinte de l’Espagne de l’époque que ce membre de groupes de peintres d’avant-garde a laissée. Ce panorama est présenté du 18 février au 1er juin.
Le musée Thyssen-Bornemisza revisitera du 10 juin au 14 septembre les « Mythes du Pop Art », un mouvement artistique sous-estimé à l’époque et pourtant si marquant encore aujourd’hui. Les travaux marquants de Rauschenberg, Wesselmann, Lichtenstein ou encore David Hockney sont décryptés à l’occasion de cette exposition madrilène.
Au musée Thyssen-Bornemisza, les groupes peuvent venir avec leur propre guide ou suivre une visite accompagnée par un guide extérieur. Pour la collection permanente, 25 pax au plus, pour les expositions temporaires 20 pax maximum.
Complètement déroutante, expérience totale pour les sens, l’exposition consacrée à l’artiste brésilien Ernesto Neto (photo) par le musée Guggenheim de Bilbao propose, du 14 février au 18 mai, une immersion dans la création artistique. Avec « Le corps qui nous porte », les visiteurs s’imprègnent des couleurs, des émotions, des odeurs. Tous les sens sont sollicités par cette exposition conçue en étroite collaboration avec le « sculpteur » brésilien.
Les visites guidées pour des groupes de huit à 20 personnes sont gratuites au Guggenheim Bilbao. Les réservations sont obligatoires pour les guides professionnels externes et les groupes de plus de 20 pax.
De nombreuses expositions sont consacrées cette année en Espagne au Greco dont on commémore le 400e anniversaire de la mort. On le retrouve ainsi au Prado, à Madrid, du 24 juin au 5 octobre, autour d’une exposition intitulée « Le Greco et la peinture moderne » (photo) qui témoigne de l’influence considérable de cet artiste oublié pendant trois siècles, et aujourd’hui considéré à sa juste valeur. Du 1er avril au 29 juin seront présentés les livres de la bibliothèque personnelle du peintre.
Le musée Santa Cruz de Tolède a réuni 80 œuvres importantes de l’artiste originaire de Crète aujourd’hui dispersées à travers le monde ainsi que des tableaux provenant des églises de Tolède, restaurés pour l’occasion. La ville, où il vécut les trente dernières années de sa vie s’enorgueillit aussi de son musée du Greco.
L’entrée est libre au musée Santa Cruz de Tolède. Au musée du Greco de Tolède, les groupes ne peuvent dépasser 30 pax.
Les amateurs d’art les plus exigeants peuvent étudier de près quatre œuvres du Greco (« De l’Italie à Tolède ») en visitant le musée Thyssen-Bornemisza de Madrid. Ce sont les études techniques conduites par le département de restauration des œuvres du musée qui sont dévoilées à cette occasion jusqu’au 2 mars prochain.