OT Fontainebleau? Un nom célèbre, évoquant pour les uns un château, pour les autres une forêt. Deux atouts, certes, mais qui, pour la structure institutionnelle, doivent constituer des portes d’entrée à la découverte d’un territoire beaucoup plus vaste. En témoigne la programmation groupes.
Voilà la vraie demeure des rois, la maison des siècles », dira Napoléon à Sainte-Hélène, en se souvenant du château de Fontainebleau d’où il fit ses adieux lors d’une cérémonie devenue légendaire le 20 avril 1814. Cette année 2014 marquera donc le bicentenaire des « Adieux de Napoléon », et sera d’ailleurs célébré du 5 au 20 avril à travers différentes animations
Aujourd’hui, les visiteurs déambulent à travers les longues enfilades de salons, galeries, chapelles, appartements (dont celui de l’Empereur totalisant sept pièces, sans oublier un musée qui lui est consacré), presque tous montrés dans leur « dernier état historique connu », celui des années 1860. Ils s’arrêtent aussi dans la salle du Jeu de Paume, qui avec la chasse constituait une des activités physiques favorites des membres de la cour. Déployant ses divers corps de bâtiment entre quatre tours principales et trois jardins, le château aligne ses longues façades d’époques variées contre des jardins dont la conception générale a été revue au cours du XIXe siècle. Le Grand Parterre (le plus vaste d’Europe, 11 hectares) avec ses bassins, le jardin anglais, celui de Diane, la grotte des pins de construction Renaissance, le pavillon de l’Étang… sont autant de lieux prétexte à la promenade. Comme l’est aussi la forêt domaniale, qui a été classée en juin 2013 « forêt d’exception », la seule en France. Site naturel de 20 000 hectares, parcouru par 17 millions de visiteurs chaque année, il offre de nombreux sentiers de promenades et d’espaces d’accueil. « Le château et la forêt constituent indéniablement les deux atouts majeurs de la ville, reconnaît Dominique Dominjon, chargée de commercialisation groupes à l’office de tourisme. Contrairement à d’autres villes, Fontainebleau ne dispose de centre historique, mais offre à la curiosité des visiteurs quelques beaux hôtels particuliers, un théâtre à l’italienne, un marché élu « marché d’exception » par le Conseil national des Arts Culinaires (il se tient les mardi, vendredi et dimanche matins, ndlr), ou encore un manège de chevaux de bois datant de 1900 ». Fontainebleau, c’est aussi « la capitale du cheval » et la ville marraine de la Garde Républicaine. Stade équestre du Grand Parquet, hippodrome de la Solle, centre sportif d’équitation militaire…, « Des atouts équestres qui font l’objet d’une programmation groupes, à travers des visites de sites ou à l’occasion d’événements », indique Dominique Dominjon. Mais, les découvertes ne s’arrêtent pas là. Car Fontainebleau ne se résume pas à une ville, mais à un « pays », englobant de fait un territoire plus large, avec une compétence tourisme étendue. Ainsi, un chapelet de « villages de charme » comme Avon, Bourron-Marlotte, Recloses et Samois-sur-Seine sont venus s’immiscer dans l’offre groupes de la ville. Sans compter les conventions de partenariat signées avec Barbizon, Moret-sur-Loing, Vaux-le-Vicomte, Thomery ou encore Provins! « Ces conventions portent sur la commercialisation de produits groupes en brochure, à travers des programmes sur deux jours, combinant par exemple Fontainebleau à Provins », précise Dominique Dominjon.
L’offre dédiée au marché groupes est rassemblée dans une brochure depuis 2005, Fontainebleau Tourisme (nom de l’office depuis 2010) ayant obtenu l’année précédente l’autorisation de commercialiser. Et c’est Dominique Dominjon qui va prendre en main ce marché, le développer et le structurer, lorsqu’elle rejoint en cette même année 2005 la structure institutionnelle. « Ma première mission a fort logiquement été de faire un état des lieux de l’offre existante, de rencontrer les prestataires, raconte t-elle. L’objectif était à terme de proposer des journées packagées ». Car, de 2005 à 2007, le contenu des brochures groupes éditées ne consistait qu’à répertorier les visites organisées par l’office de tourisme ou par chaque site. C’est donc en 2008, sur une trentaine de pages et pour la première fois qu’est mise en avant une offre axée sur les excursions à la journée. Une offre présentée en format A5, qui s’enrichira l’année suivante d’une rubrique pour les groupes scolaires. Puis, le tourisme d’affaires fera son entrée en 2011 dans une brochure conçue dans un nouveau format (A4). « Jusqu’à cette année-là, nous avions fait des établissements scolaires, des associations, des clubs et des comités d’entreprise des cibles prioritaires, indique Dominique Dominjon. Depuis, nous nous sommes tournés vers les autocaristes et les agences de voyages, basés principalement à Paris et sa région, mais aussi dans les départements limitrophes comme le Loiret, l’Yonne, la Marne, l’Est de la France jusque dans le Rhône ». En 2012, Fontainebleau Tourisme adopte une nouvelle charte graphique, enrichit sa rubrique « groupes » sur son site internet généraliste (lui-même refondu en 2011), et sur le papier étoffe à nouveau sa programmation avec une offre de deux séjours: un « week-end impérial » combinant Fontainebleau d’une part avec Vaux-le-Vicomte, et d’autre part avec Provins. Parallèlement, le tourisme d’affaires passe d’une à trois pages, dévoilant des lieux de séminaires, des activités, des visites privilèges du château, un challenge culinaire, un rallye urbain… Sans oublier un produit spécial seniors « qui a vu le jour en réponse à de nombreuses demandes de la part des collectivités, indique Dominique Dominjon. Les prestations se déclinent sur de la marche nordique, des promenades en calèches dans le parc du château, en ville ou en forêt, une croisière ou encore un tour en autocar à travers la forêt ». Des nouveautés, il y en aura encore en 2013 avec l’ajout dans la brochure de quatre pages spéciales consacrées au château, « faisant suite ici à un partenariat portant sur la commercialisation en commun du site », explique Dominique Dominjon. Avec au sommaire: pas moins d’une quarantaine de visites thématiques (« Fontainebleau inconnu » permettant de découvrir des espaces dont l’accès est habituellement restreint; « décider à Fontainebleau sous Napoléon 1er » ou comment mettre en scène les décisions officielles ». ainsi que diverses activités à l’exemple de promenades en calèche ou de vols en montgolfière.
C’est sur un cavenas identique que la brochure 2014, parue en janvier dernier, a été conçue. Nouveautés en plus! À commencer par trois circuits thématiques: le premier est dédié aux carriers à travers un itinéraire en forêt à la découverte du travail d’exploitation des carrières de grès au XIXe siècle, le deuxième s’intéresse au grès lors d’un parcours effectué au cœur de la ville à travers l’histoire et l’architecture de différents bâtiments, le troisième enfin est axé sur les fontaines au fil des jardins du château et au cœur de la ville pour comprendre l’importance de l’exploitation de l’eau au détour de plusieurs points de vue. Autre nouveauté: un séjour combinant deux circuits, l’un « historique » à Fontainebleau, l’autre « impressionniste » avec Barbizon, une croisière sur la Seine et Moret-sur-Loing. « C’est important de renouveler l’offre d’une année sur l’autre, même si cela doit passer par de simples remaniements de programmes, relève Dominique Dominjon. Nous nous attachons également à trouver de nouveaux angles thématiques pour aborder Fontainebleau différemment ». Mais, constate t-elle, « l’offre présentée en brochure est rarement reprise telle quelle, et 90 % de notre travail consiste à faire du sur mesure ». Côté tarification, les prix appliqués sur une base 20 sont les mêmes pour tous, professionnels ou non. Pour l’instant. Quant à la gratuité, elle n’est pas systématique, « c’est selon les prestations et les programmes », précise Dominique Dominjon.
Depuis la mise en marché d’une offre groupes structurée, « nous sommes toujours sur une courbe ascendante sur cette cible de clientèle, nous progressons d’une année sur l’autre », révèle Dominique Dominjon. Il faut dire que Fontainebleau Tourisme ne lésine pas en matière d’actions pour toucher cette cible. Par exemple, en participant à des salons (seniors, comités d’entreprise), aux Rendez-vous France d’Atout France, au MAP Pro International (sous la bannière « destination villes impériales », voir encadré) . Parallèlement, la structure institutionnelle a été exposante au workshop organisé par l’autocariste belge Voyages Léonard, et en juillet 2013 a même mené une « opération commando! » en ville auprès des conducteurs d’autocars français et étrangers, alors en attente de reprendre leurs groupes. « C’était une première, l’objectif était de leur apporter toutes les informations touristiques nécessaires et utiles sur Fontainebleau, explique Dominique Dominjon. Nous avons réalisé 155 contacts ». C’est aussi l’an passé qu’a été lancé un éductour auprès des autocaristes, une formule qui devrait être renouvelée tous les ans. Des autocaristes avec lesquels Fontainebleau Tourisme s’attache à maintenir le contact tout au long de l’année via le web par l’envoi d’e-mailings et de plusieurs newsletters.
« Napoléon: la légende » (5 et 6 avril); « Les derniers jours à Fontainebleau » (12 et 13 avril); « Les Adieux de l’Empereur » (19 et 20 avril); bal Empire costumé (12 avril)…
De janvier à septembre 2013, Fontainebleau Tourisme a réalisé un chiffre d’affaires de 220 000 euros, « en hausse de 33 % par rapport à la même période de l’an passé, et 80 % de ce chiffre d’affaires est réalisé sur le segment groupes loisirs », souligne Dominique Dominjon, chargée de commercialisation groupes. Toujours sur la même période, ce sont 185 groupes, soit 6 300 pax, qui ont été accueillis. « Sur ce total, 109 ont plébiscité les visites sèches, 65 les journées et 11 les séjours », détaille t-elle. Des séjours qui, en moyenne, ont été d’une durée de 2,2 jours. Les trois principaux « apporteurs » de groupes sont les autocaristes (30 %), les associations (24 %) et les comités d’entreprise (également à 24 %). Paris et tous les départements d’Île-de-France constituent le principal bassin de clientèle. Le château, le Jeu de Paume et la forêt (et plus particulièrement les produits liés à la randonnée) constituent le Top 3 des sites les plus visités. « Cette année 2014 démarre timidement en terme de demandes groupes, relève Laure Davout, assistante commerciale groupes. Quelques dossiers sont cependant déjà confirmés, mais le marché est, pour l’instant, calme ».
La marque « Ville Impériale » a été créée en octobre 2011 à l’initiative de la ville de Rueil-Malmaison, en partenariat avec celles de Compiègne, Fontainebleau et Saint-Cloud. Elle a pour vocation de réunir les villes françaises pouvant justifier, de par leur histoire et leur patrimoine, de liens forts avec le Premier et le Second Empire. Objectif: développer un réseau sur l’ensemble du territoire français, et donner aux villes adhérentes une réelle visibilité touristique et culturelle auprès du grand public et des professionnels du tourisme, via la mise en place d’actions de communication et de promotion communes. Parmi celles-ci: l’édition d’une brochure. Elle dévoile le patrimoine impérial de chaque ville adhérente, et suggère des visites ainsi que des circuits – pour individuels et groupes – axés sur la période impériale, marqués par Napoléon 1er et Napoléon III. À découvrir: Fontainebleau (château, forêt, centre sportif d’équitation militaire), Compiègne (palais impérial et son parc, musées du Second Empire et de l’Impératrice, musée d’Art et d’Archéologie Antoine Vivenel); Rueil-Malmaison (châteaux de Malmaison et de la Petite Malmaison, église Saint-Pierre Saint-Paul où repose l’impératrice Joséphine, musée d’Histoire locale); Saint-Cloud (domaine national, musée historique du Domaine, musée des Avelines); Saint-Leu-la-Forêt (église Saint-Leu Saint-Gilles restaurée par Louis-Napoléon Bonaparte); Autun (lycée Bonaparte); Montereau Fault-Yonne (statue équestre de Napoléon, musée de la Faïencerie où est notamment évoquée la bataille que livra Napoléon 1er le 18 février 1814 à Montereau) et enfin, Brienne-le-Château et son musée Napoléon.