Menu

Les groupistes s’intéressent au tourisme d’affaires

Destination | publié le : 01.02.2014 | Dernière Mise à jour : 01.02.2014

Auteur

  • Jean-François Bélanger

EIBTM La 10e édition catalane de l’European Incentive and Business Travel Market, qui s’est déroulée en novembre dernier, témoigne de la maturité atteinte par ce salon professionnel. En progression depuis son arrivée à Barcelone, sa version 2013 a illustré le coup d’arrêt des activités Mice et de tourisme d’affaires, surtout pour les marchés du sud du continent européen. Paradoxalement, les distributeurs français ne négligent plus ces secteurs et, mieux encore, ils s’organisent.

En 2012, plus de 4 000 acheteurs européens invités et autant de visiteurs d’affaires étaient venus à la rencontre d’un peu plus de 3 000 exposants du monde entier dans le cadre de l’EIBTM (European Incentive and Business Travel Market, organisé par Reed Exhibitions). Lors de l’édition 2013, qui s’est tenue en novembre dernier et selon Graeme Barnett, son directeur: « les chiffres sont sensiblement les mêmes en terme de visiteurs et en nombre de stands, mais il y a légèrement moins de sociétés représentées ».

L’Europe cesse-t-elle d’être attractive? En France, il est vrai que le marché du secteur Mice est en tassement depuis plusieurs années déjà à cause de la conjoncture économique, mais aussi en raison de nouvelles dispositions fiscales pénalisantes. Selon les chiffres dévoilés au moment d’IFTM Top Resa en septembre 2013, la baisse a atteint 4,9 % en 2012, soit un quatrième exercice successif de baisse! Heureusement, d’autres parties du monde prennent le relais, ce qui a permis à l’EIBTM d’enregistrer au total la participation de pas moins de 150 nationalités.

L’Amérique latine en forte croissance

Cette orientation de l’activité vers de nouveaux pays est confirmée par le groupe Accor, intervenant majeur au niveau mondial du secteur des séminaires, conventions, réunions… Sous ses diverses marques, et à travers les 3 500 hôtels que le groupe propose, 2 000 d’entre eux disposent d’une salle de réunion. Selon les enseignes, ce ratio évolue fortement. Par exemple chez Pullman, le Mice représente jusqu’à 40 % du chiffre d’affaires. Ce qui fait qu’au niveau mondial, le tourisme d’affaires en groupes représentait en 2012, plus de 15 % du chiffre d’affaires mondial, pour 1,2 milliard d’euros: « l’Europe reste forte sur les capitales les plus attractives comme Londres, Paris, Vienne, Barcelone… alors que les provinces souffrent de ne pas avoir la taille des équipements et la notoriété suffisantes, relève Ludovic Dupont, vice-président des agences de voyages Meetings & Events. Quant à l’Amérique Latine, elle est en forte croissance tout comme l’Asie ». Des pays dont l’image est tirée par les grands événements internationaux: « nous constatons d’ores et déjà l’impact qu’auront la Worldcup de football au Brésil cette année, les Jeux Olympiques à Rio en 2016 et déjà ceux de Tokyo en 2020 », confirme Ludovic Dupont.

Un environnement défavorable en France

En France, la baisse ne semble pas sur le point de s’infléchir. Plusieurs causes à cela. Depuis novembre 2012, le parlement s’est attaqué à la taxation des congrès médicaux, une mesure qui succède à la loi sur les taxations des incentives. Même si l’ANAé (l’Association des nationale des agences de Communication événementielle, regroupant aujourd’hui plus de 60 agences) a obtenu un relèvement de l’abattement de cette taxe de 50 à 75 %, ce sont toujours et encore de nouveaux obstacles qui se dressent devant les professionnels, dans une époque déjà marquée par la frilosité des entreprises en matière de communication. Malgré tout, annuellement, les dépenses s’établissent pour l’ensemble des métiers du secteur à 8,47 milliards d’euros, chiffre non négligeable. Et malgré tout, certains tirent leur épingle du jeu: « notre force, c’est d’offrir une gamme large, depuis Ibis jusqu’à Sofitel, à même de répondre aux organisateurs d’événements, quel que soit le budget dont ils disposent », estime Ludovic Dupont. Dans cette situation, les professionnels du tourisme généraliste comptent sur leur savoir-faire et leur imagination pour se positionner comme des intermédiaires pouvant, grâce à leur expertise des destinations, apporter une véritable valeur ajoutée sur ces marchés qui restent cependant attractifs.

L’intermédiation pour les groupes Mice est en hausse

C’est par exemple le cas pour Transat France: « nous ne nous considérons pas comme des spécialistes de ce secteur. Mais par exemple, pour notre compagnie Air Transat, compte tenu de sa position sur le marché entre la France et le Canada, c’est un secteur que nous souhaitons développer. Car Air Transat est la seule compagnie qui permet une approche du Canada au départ de sept villes françaises, ce qui peut représenter un intérêt pour des réunions de force de vente, par exemple », explique Philippe Bechon, son directeur général. Même son de cloche chez Asia: « nous ne sommes pas des spécialistes du Mice mais nous sommes « le » spécialiste des destinations asiatiques sur le marché français. De ce fait, quelle que soit la nature du voyage de nos clients, y compris le Mice, nous avons la capacité de leur trouver la meilleure solution. Sur le total de l’activité de nos services groupes de Paris et de Marseille, l’activité Mice en représente pratiquement 90 % », révèle Guillaume Linton, directeur commercial et développement d’Asia.

« Le Mice, c’est l’objectif de Fram Affaires, structure créée dès 2010. C’est aujourd’hui le quart de notre activité groupes. Fram Affaires organise aussi bien des incentives pour les PME que des séminaires pour 1 200 participants », confirme pour sa part Thierry Miremont, président du directoire du voyagiste toulousain. Selon Ludovic Dupont, « Nous observons, en France, une implication supplémentaire des distributeurs, tels que Carlson Wagonlit Travel, American Express… Les agences événementielles continuent de progresser chez nous, représentant à ce jour plus de 30 % de cette activité. Nous accompagnons ces efforts en leur proposant la nouvelle version de notre site « Meeting Hotel Finder », qui facilite aux travel managers la recherche d’un hôtel en fonction de la taille des groupes, des dates ou encore des exigences du client ».

De son côté, Sylvain Caucheteux, directeur marketing et commercial de Belambra calcule que l’activité Mice a augmenté de 80 % depuis le lancement de Belambra Business, il y a maintenant quatre ans. « Avec neuf installations en France, spécifiquement dédiées au tourisme d’affaires, dotées d’équipements et de services, pour des groupes allant de dix à 1 000 participants, c’est un vecteur de croissance pour la société », déclare-t-il.

Les acteurs s’organisent

Idem pour le Club Med: « Club Med Business a été créé il y a quarante ans. La diversité de nos produits (villages, voiliers, circuits…) permet de répondre à tout type de manifestations. Club Med Business Monde représente environ 10 % du chiffre d’affaires de l’entreprise. Les trois quarts de cette activité sont réalisés en France, avec 900 opérations par an pour 160 000 personnes, soit 55 % en séminaires et 45 % en incentives », indique Véronique Bertrand, directrice Club Med Business France. Transat France a confié à une spécialiste, Nadège Bourassé, la responsabilité des ventes du secteur Mice pour dynamiser ce secteur. Quant à Belambra, un poste de directeur « Business » a été créé et confié à Thierry Debes. Sa mission: faire évoluer l’offre et conduire le changement initié en 2013 dans l’organisation commerciale. Il a une douzaine d’attachés commerciaux, répartis en France pour concocter des solutions sur mesure. « Le secteur Mice a vocation à atteindre 15 % du total de l’activité de Belambra qui s’élevait à 170 millions d’euros, en 2012 », ambitionne Sylvain Caucheteux. Asia a préféré le partenariat avec un spécialiste de l’événementiel. « Nous allons renforcer cette activité Mice, en nous appuyant sur « La Fonderie », avec qui nous avons signé un accord de partenariat. Nous amenons notre expertise sur nos destinations et « La Fonderie « nous apporte un bon relais de clientèle », constate Guillaume Linton.

En chiffres

De 1,5 à 4 %, c’est la part du chiffre d’affaires que les entreprises françaises dépensent pour leurs réunions et événements (Source: Cwt Meetings & Events)

61 %, c’est la part des décideurs qui choisissent d’organiser leurs événements dans des hôtels trois et quatre étoiles, alors qu’ils étaient 82 % en 2008 (Source: Coach Omnium)

21 %, c’est la part du budget total de la communication des entreprises consacrée à l’activité événementielle (Source: ANAé)

2 jours, c’est la durée moyenne d’une réunion d’entreprise, contre 3 il y a quinze ans (Source: Coach Omnium)

3, c’est le nombre moyen d’appels d’offres par entreprise, avec une moyenne de quatre agences événementielles mises en compétition (Source: ANAé/Opinion Way)

56 % des entreprises choisissent une agence événementielle sur la confiance, 18 % pour le relationnel et 14 % pour le prix (Source: ANAé/Opinion Way)

52 % des meeting planners en entreprise commencent à travailler sur un événement sans visibilité sur le budget

(Source: American Express Meetings & Events)

Catalogne: une fréquentation française record

C’est une fréquentation record que la Catalogne a enregistré, durant les deux mois d’été 2013, avec plus de 1,3 million de touristes français qui ont dépensé plus de 824 millions d’euros, selon l’Agence Catalane de Tourisme. Sur le mois de juillet, pour une fréquentation totale internationale de 2,1 millions de touristes, ils ont été 550 000, ce qui représente une hausse de 1,9 % par rapport à juillet 2012. Ils ont dépensé 335 millions d’euros. Et au mois d’août, une fréquentation record de 752 000 Français a été enregistrée, représentant un bond de 18 % par rapport à août 2012, pour 490 millions d’euros de dépenses. En cumul, de janvier à fin août 2013, avec plus de trois millions d’arrivées, les Français représentent 27,3 % de l’affluence touristique étrangère de la Catalogne.

Div qui contient le message d'alerte

Se connecter

Identifiez-vous

Champ obligatoire Mot de passe obligatoire

Mot de passe oublié

Déjà abonné ? Créez vos identifiants

Vous êtes abonné, mais vous n'avez pas vos identifiants pour le site ? Remplissez les informations et un courriel vous sera envoyé.

Div qui contient le message d'alerte

Envoyer l'article par mail

Mauvais format Mauvais format

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format

Div qui contient le message d'alerte

Contacter la rédaction

Mauvais format Texte obligatoire

Nombre de caractères restant à saisir :

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format