Paris Il ne faut pas le confondre avec la célèbre série télévisée américaine éponyme diffusée pour la première fois en France en 1976… Situé non loin des Grands Boulevards, le Happy Day’s est un cabaret pas comme les autres. Ici pas de plumes, strass et paillettes, mais une invitation à partager des tubes et des moments cultes de la télévision qui ont marqué les années 60, 70 et 80. Tout un univers recréé le temps d’une soirée…
Confidence pour confidence, comme le chantait Jean Schultheis, plonger dans l’univers musical et télévisuel des années 60, 70 et 80 a quelque chose d’une Nostalgie heureuse… pour reprendre le titre du dernier livre d’Amélie Nothomb. Un temps qu’aujourd’hui les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, dirait de son côté Charles Aznavour, mais qui a indubitablement marqué des générations. Et les fans sont au rendez-vous. Comme en témoignent le succès des tournées musicales organisées ces dernières années, le film Stars 80… ou encore le Happy Day’s à Paris qui ne désemplit pas, en faisant de ces années 60, 70 et 80 le fil conducteur de son spectacle. Il s’appelait autrefois le Chorus Café, et avait été créé par le chanteur Guy Mardel. Souvenez-vous: N’avoue jamais, jamais, jamais oh non jamais, une chanson qui donna à la France la troisième place au concours de l’Eurovision en 1965. Mais c’est Poupée de Cire, Poupée de son par France Gall, représentant le Luxembourg, qui remporta la victoire…
C’est Franck Clérico, du nom de la famille éponyme aujourd’hui à la tête du Moulin Rouge, qui rachète le Chorus Café il y a sept ans, le rebaptise et demande au producteur Daniel Saint-Jean (alors propriétaire du Casino de Paris) d’y créer un tout nouveau spectacle « 100 % live ». Avec sur scène: un couple de chanteurs (Kwin et Obhy) et quatre musiciens pour près de deux heures de chansons de légendes. À l’animation: Alexis. Dans le public: Tourisme de Groupe!
19 h 30. Le Happy Day’s ouvre ses portes, et déjà les premiers clients se dirigent vers le vestiaire. Il faut ensuite descendre quelques marches pour rejoindre la salle (à taille humaine). À gauche: le bar que prolonge une table de mixage. À droite: la scène éclairée d’une douce lumière bleue. Au centre: des tables dressées avec chaises et banquettes habillées de velours rouge. Sur les murs: des étoiles, des rubans de nœuds dorés, des photos d’artistes en noir et blanc ainsi que huit écrans judicieusement répartis. Quelques notes de musique pour l’ambiance, les lumières sont vives. Les clients prennent place. Premiers bavardages, premiers rires. La salle se remplit.
20 h. Le service commence. Le personnel tout de noir vêtu mais identifiable par sa chemise estampillée Happy Day’s, se faufile adroitement entre les tables, tandis que crépite le flash du photographe. Premiers coups de fourchette. Dans l’assiette rectangulaire: l’entrée aux quatre saveurs (foie gras, salade de lentilles, tartare de saumon et haricots verts). Frais, fin et léger.
21 h. Les écrans s’allument et les Suprêmes ouvrent la partition musicale des années 60. Puis les Jackson Five, les Carpenters, James Brown, The Four Tops… Souvenirs, souvenirs… L’ambiance est donnée. Tandis qu’Alexis passe de table en table pour quelques tours de cartes magiques. Pendant ce temps, le service se poursuit sur un rythme soutenu. Place au plat: rizotto poulet et champignons (la spécialité du chef!). Copieux et délicieux. Quittant son costume de magicien pour celui de maître de cérémonie, Alexis entre alors en scène. Quelques instants d’attention pour souhaiter la bienvenue, évoquer les vidéos des années 60 avant de voir apparaître sur les écrans Claude François et son Belle, belle, belle. Repris en cœur par la salle, qui enchaînera Les Marionnettes de Christophe, Les neiges du Kilimandjaro de Pascal Danel, N’avoue jamais, jamais, jamais oh non jamais de Guy Mardel… En mode karaoké pour ceux qui auraient oublié les paroles (mais y en a t-il?). Le son se fait plus fort. Les voix aussi.
22 h. Retour sur scène pour Alexis au son des guitares des Shadows. Place à un quiz interactif, et sur les écrans des extraits de génériques d’« Âge tendre et tête de bois » d’Albert Raisner, puis des Shadoks, de Pimprenelle et Nicolas… de la première émission de variété « Tilt » datant de 1965, animée par Michel Drucker (déjà…). Et Alexis de faire ensuite appel à la mémoire du public en lançant le son, mais cette fois sans l’image. On l’aura compris, le but du jeu est de deviner « à quoi » est associé un générique. À l’exemple de l’horloge ORTF, du premier journal télévisé « Cinq colonnes à la Une », de la première série policière « Les cinq dernières minutes »…, et « quel était d’ailleurs le nom du commissaire? », interroge Alexis (Bourel), « du comédien? » (Raymond Souplex) et « par quelle réplique se terminait chaque épisode? » (« Bon sang, mais c’est bien sûr! »). Les réponses fusent! Sans aucune hésitation. Le jeu se poursuit, Alexis rejoignant alors le public dans la salle. « L’île aux enfants », « La piste aux étoiles » et « qui était le monsieur Loyal? » (Roger Lanzac). Et une bonne réponse, c’est un pot de barbe à papa offert! Alexis en distribuera quelques-uns, sur les génériques de « Monsieur Cinéma », d’« Intervilles » ou encore « Des dossiers de l’écran ». Plus difficile: ajouter les paroles manquantes à la chanson qui s’arrêtera brutalement. Comme sur Femmes de Jean-Luc Lahaye. Et là, pas besoin d’antisèche! Retour aux génériques, côté série TV cette fois avec « Amicalement Vôtre », « Star Strek », « Hawaï Police d’État », « Les Mystères de l’Ouest », « Mannix », « K2000 », « Chapeau melon et bottes de cuir »… ou encore « Dallas », « le » générique qui a donné un coup de surchauffe à la salle! Tous levés et donnant de la voix sur le refrain de son Univers impitoyable. Ambiance! Mais, le spectacle va bientôt commencer. Le temps de prendre le dessert, un assortiment de douces friandises (glace vanille, macarons, oursons en chocolat et carpaccio d’ananas). Les lumières se font plus faibles en salle, coups de projecteur sur la scène.
22 h 20. Premières notes avec Diana Ross. Puis Ray Charles et son célèbre Georgia, les Suprêmes, Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Dalida, le groupe Il était une fois… Toute une épopée musicale des années 60, 70 et 80 reprise en live sous forme d’extraits interprétés par un duo aux voix groove et soul. Les chansons s’enchaînent sur un rythme soutenu, entrecoupé par l’évocation de Claude François en tant qu’ « importateur » des musiques américaines en France, par une version Rap d’un standard de Diana Ross ou encore par l’interview de Françoise Hardy au cours du « Petit conservatoire de Mireille ». Le public est conquis. Complice. Debout, il chante, danse, vibre, frappe dans les mains. Impossible de rester en place! Joe Dassin, Michel Berger, Mike Brant, France Gall, Téléphone… Kwin et Obhy allument le feu, tandis que les serveurs tentent de se frayer un chemin portant haut bouteilles de champagne dont les bouchons ont fait place à des feux de bengale. Hervé Vilard, Jacques Dutronc, Goldman, Balavoine… La boule à facettes s’illumine. Ambiance disco. Barry White, Sheila, Boney M, Abba, Patrick Hernandez, Chic (Le Freak, c’est chic)… avant de finir sur le célèbre I will survive de Gloria Gaynor. Le public n’a pas cassé sa voix, et n’a de cesse de reprendre encore et encore le refrain… Derniers applaudissements pour les chanteurs et les musiciens. La salle retrouve progressivement la lumière. Le DJ prend le relais. Place à la danse jusqu’à deux heures du matin. Derniers moments d’un voyage musical et télévisuel au temps des jours heureux…
Situé à 200 m du Grévin et des Grands Boulevards, non loin de la place de La Bourse, Le Happy Day’s est ouvert tours les jours sauf dimanche et lundi, ainsi que du 15 juillet à fin août. La salle accueille 180 couverts en dîner, 150 en déjeuner (tables de 6 à 14). Le chef, qui a travaillé chez Maxim’s, compose des plats à base de cuisine traditionnelle. « Dans le cadre des déjeuners, qui sont proposés à dates fixes, le spectacle est plus axé sur les chansons françaises, c’est l’inverse durant les dîners », précise Manu Pinto, directeur commercial. Différents menus sont proposés, et les tarifs groupes sont définis à partir de 11 pax, vin compris « et selon la formule choisie, l’apéritif et le café sont inclus », ajoute t-il. Le conducteur est invité, et une gratuité supplémentaire pour 40 pax est appliquée en formule déjeuner. « Pour les professionnels du tourisme, nous proposons 10 % de remise sur le prix public », indique Manu Pinto. Le vestiaire est payant: 2 euros. La dépose du groupe s’effectue rue de Richelieu (le Happy Day’s se trouve rue Saint Marc, inaccessible pour un autocar) et peut stationner vers la place de la Bourse.
Contact au 01 42 96 81 00