Travel Market Latin AmericaDoté d’une économie enviable, l’Équateur, pays d’altitude élevée mais de taille modeste, ne veut pas être dépassé par ses ambitieux voisins aux dimensions plus larges: Brésil, Mexique, Colombie… Justement, en proposant, sur un territoire limité, une concentration d’intérêts variés, dont certains – comme l’archipel des Galapagos – figurent parmi les pépites mondiales. Le pays vient de lancer un programme d’investissement pour accélérer son développement touristique.
En 37 éditions, c’est la cinquième fois que le Travel Market Latin America, fait escale en Équateur. Ce salon professionnel du secteur touristique s’adresse à l’ensemble des acteurs sud-américains, et accueille les acheteurs du marché international. Cette année, une cinquantaine de pays étaient présents: la totalité des pays sud-américains (à l’exception du Surinam et de la Guyane Française) ainsi que sept pays d’Amérique Centrale.
Pays organisateur, l’Équateur en a profité pour s’offrir à domicile une vitrine, tout en travaillant sa réputation et sa notoriété auprès des acteurs du tourisme international. Vinicio Alvarado, ministre du Tourisme, n’a pas manqué l’occasion pour afficher les ambitions de son pays: « nous sommes sur un rythme de croissance annuel de la fréquentation internationale compris entre 7 et 8 %, et nous voulons le doubler », annonce t-il. Effectivement, le tourisme en Équateur n’est pas à la hauteur. Son poids ne représente seulement que 2 % de son PIB ou 5,3 %, si l’on inclut les contributions indirectes! « Mais il est qualitatif, avec un panier moyen parmi les plus élevés de notre programmation, à hauteur de 2 400 euros. À titre de comparaison, le panier moyen de nos séjours « aventures » à l’international est de 1 800 euros par personne », nous confie par exemple Laetitia Verdier, à la direction clients de l’UCPA, l’un des spécialistes des groupes sur la destination. L’an passé, ils ont été 1 271 953 visiteurs internationaux enregistrés en Équateur, contre 1 141 037 en 2011. Quant aux Français, leur nombre est d’environ 20 000, si l’on se réfère à l’année 2012. À fin juillet 2013, ils étaient déjà 11 689.
Pour parvenir à cet objectif de doubler le rythme de sa croissance, le ministère du Tourisme va bénéficier d’un budget de 600 millions de dollars qu’il va injecter d’ici à quatre ans, principalement dans les domaines de la sécurité, de la qualité et de la promotion. Parmi les axes de développement figure aussi le tourisme d’affaires: « nous voulons faire progresser Quito, de la 11e à la 5e place du continent sud-américain sur ce segment », déclare Vinicio Alvarado. Pour cela, un appel d’offres a été lancé à l’été dernier en vue de la construction d’un nouveau centre de convention pour lequel un budget de 30 millions d’euros est prévu. L’arbitrage est attendu pour la fin de cette année.
L’Équateur est un pays qui affiche des ratios économiques des plus enviables pour beaucoup d’économies européennes. Sa croissance démographique est maîtrisée à hauteur de 2 %, son taux de chômage se situe autour des 5 %, la croissance annuelle de son PIB est régulièrement au-dessus des 5 % et sa dette est également maîtrisée autour des 44 % du PIB. Enfin, grâce au pétrole, sa balance commerciale est excédentaire. Des données qui ont leur répercussion sur le niveau de vie des habitants. Si le pays reste pauvre, il a quasiment éradiqué les phénomènes d’insalubrité et de misère qui sont les principaux carburants de l’insécurité. Et, contrairement à certains autres pays de la zone, il ne connaît pas les problèmes liés à la drogue. « En dix ans, la mendicité a pratiquement disparu des grandes villes du pays », témoigne Christophe Moreau, directeur général du groupe hôtelier Oroverde, qui compte quatre établissements de trois à cinq étoiles dans le pays, totalisant 400 chambres. Des atouts qui restent cependant à valoriser auprès des opérateurs français puisque la fréquentation se situait en léger tassement, tout au moins pour l’année 2012. C’est le constat chez l’UCPA, association bien implantée sur la clientèle jeune et active. « En 2011, ils étaient au nombre de 142, l’année passée 128 , et ce devrait être du même niveau en 2013. Nous proposons deux circuits itinérants de deux semaines. Le premier comprend les Andes et l’Amazonie et l’autre l’ascension du volcan Illiniza. Nous avons surtout des CSP+ et pas mal de femmes », indique Laetitia Verdier. Un profil client qui colle bien à l’analyse fournie par le ministère: 52 % des touristes étrangers ont entre 18 et 34 ans, 75 % ont fait des études supérieures. Ce qui correspond aussi aux caractéristiques des quatre régions différentes et complémentaires de l’Équateur, toutes très typées: la côte Pacifique, les Andes, l’archipel des Galapagos et la forêt amazonienne. L’ensemble avec plus de 60 volcans, qui émergent au-dessus de 4 000 m, fournissant de formidables terrains de jeux pour trekkeurs de tout niveau! Ces territoires s’adressent à toutes les formes de tourisme: culturel, religieux, aventure, écotourisme, villégiature…Si les Galapagos et Quito disposent d’une visibilité certaine sur les marchés internationaux, il n’en est pas de même des autres régions comme la Côte Pacifique, les Andes ou encore l’Amazonie. Et ce n’est sans doute pas innocent si le pays a réhabilité le train historique, qui rallie à travers un périple de 446 km, de Guayaquil sur la côte à Quito la capitale, dans des paysages d’exception à très haute altitude au cœur du massif des Andes. « Pour les groupes affaires, les grands groupes ou encore les conventions, les propositions originales ne manquent pas: la plage, les sites archéologiques, l’observation des baleines à bosse, les visites de plantation de cacao, de café, etc., pour un tarif hôtelier qui, selon la période, tourne autour des 100 euros la chambre double , avec le petit-déjeuner », argumente Christophe Moreau.
Ces nouveaux moyens du ministère du Tourisme doivent servir à promouvoir la destination, y compris en France. Les 20 000 visiteurs de 2012 positionnent le marché français à la 12e place dans la hiérarchie internationale mais à la 4e en Europe, derrière l’Espagne, l’Allemagne et la Grande-Bretagne, mais devant l’Italie et les Pays-Bas. « Compte tenu du plan d’investissement mis en place sur les quatre prochaines années, nous tablons sur un doublement de la fréquentation française d’ici là, soit passer le cap des 40 000 visiteurs », annonce Nathalie Pilovetzky, secrétaire des marchés au ministère du Tourisme. À titre de comparaison, en 2012, la Colombie a accueilli 39 000 Français, le Pérou 81 000 et le Brésil 218 000.
Si l’Équateur atteint son objectif, la part de la France passerait alors de 1,5 % à 3 % du marché mondial. Pour y parvenir, le pays annonce engager sur le territoire hexagonal des actions de street marketing en collaboration avec les compagnies aériennes, des campagnes de pub, des opérations vitrines pour les agences de voyages, des séances d’elearning, des participations à des salons et workshops…
Avec environ 90 000 visiteurs par an, le parc naturel du Cotopaxi est le premier site de visite des touristes étrangers en Équateur, derrière l’archipel des Galapagos. Un site unique qui profite de sa proximité de Quito, à une heure de route, et dont l’excursion peut agrémenter un séjour dans la capitale. Son cône majestueux et presque parfait, enneigé en toute saison, à 5 897 m d’altitude, est le point d’orgue de ce parc qui s’étend sur 33 hectares. Son accès est gratuit, mais le guidage à l’intérieur des autocars ou des véhicules privés par des spécialistes du parc est obligatoire. Il ne faut pas omettre de préciser au préalable la langue pour apprécier les commentaires sur une flore et une faune dont de nombreuses espèces sont endémiques, en dépit d’une altitude très élevée. En particulier, il est recommandé le circuit pédestre, en bordure de lac, juste au-dessus des 3 800 m. mais attention aux désagréments que peut provoquer le fait d’être en altitude: maux de tête, désordres gastriques, essoufflement… La plupart du temps bénins, ils disparaissent dès le retour à une altitude moindre. Par exemple, à l’hacienda « La Cienaga », qui témoigne de l’histoire française dans ce coin des Andes, là où Charles Marie de la Condamine s’illustra, avant de donner son nom au lycée français de Quito. Aujourd’hui, propriété d’un ex-président du pays, cette noble demeure coloniale est à même de recevoir de petits groupes pour le logement, et de plus grands pour une dégustation d’une cuisine authentiquement équatorienne.
• Colombie: 349 457 – + 32 %/2011
• États-Unis: 248 064 – + 3 %
• Pérou: 137 096 – − 5 %
• Espagne: 65 765 – + 8 %
• Argentine: 46 203 – + 23 %
• Venezuela: 45 704 – nc
• Chili: 41 647 – + 19 %
• Allemagne: 29 582 – + 11 %
• Canada: 26 980 – + 9 %
• Cuba: 21 482 – nc
• Grande-Bretagne: 21 011 – − 8 %
• France: 19 546 – − 4 %
– En 2011, l’Équateur a accueilli 1 177 597 d’Européens dont 20 426 Français sur un nombre total d’arrivées internationales de 1 141 037.
– En 2012, il a accueilli 186 714 d’Européens dont 19 546 Français sur un nombre total d’arrivées internationales de 1 271 953
Source: ministère du Tourisme de l’Équateur.