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Le Maroc s’accroche à sa « Vision 2020 »

Destination | publié le : 01.12.2013 | Dernière Mise à jour : 01.12.2013

Auteur

  • Xavier Renard

Stratégie Depuis trois ans, les arrivées touristiques au Maroc stagnent à 9,3 millions touristes par an. Pour réussir les objectifs fixés par le programme intitulé « Vision 2020 », le pays continue à investir en dépit des coupes budgétaires imposées à tous les ministères.

« Le malheur de la Tunisie et de l’Égypte fait notre bonheur ». Khalid, chauffeur de taxi à Rabat remarque que cette année les touristes étrangers n’ont pas délaissé le Maroc malgré la crise.

« Heureusement pour nous, les chauffeurs de taxi, sinon on subirait une importante baisse d’activité à cause de l’arrivée du tramway. Les gens de Salé et de Rabat prennent moins le taxi qu’auparavant », dit-il en souriant. Mieux, selon une étude de l’Association méditerranéenne des voyages (Meta), les touristes au Maroc dépensent presque le double qu’en Tunisie. En moyenne, leur budget s’élève à 562 euros par séjour contre 271 euros en Tunisie et 92 euros en Algérie. Seule l’Égypte fait mieux (658 euros), mais les autres indicateurs sont en chute libre. De quoi satisfaire les autorités chérifiennes, en proie à de sérieuses difficultés pour équilibrer les budgets.

Quinze milliards d’euros d’investissements

Si l’activité touristique s’est stabilisée ces dernières années, c’est en grande partie à la faveur des investissements consentis pour maintenir à flot la première source de devises et le deuxième pourvoyeur d’emplois (après l’agriculture). En 2012, le tourisme représentait 8 % du PIB national. Signé en novembre 2010, le programme « Vision 2020 » prévoyait le déblocage d’une enveloppe conséquente de 150 milliards de dirhams (15 millions d’euros) sur dix ans, afin que le Maroc entre dans le top 20 des destinations mondiales. Trois ans après le lancement de cette ambitieuse politique, la Société marocaine d’ingénierie touristique (Smit) a fait les comptes. En 2012, les investissements contractualisés se montent à 14 milliards de dirhams (1,4 milliard d’euros), portant le montant total des réalisations d’infrastructures touristiques à 62 milliards de dirhams depuis le départ du programme. Pour l’exercice en cours, la Smit table sur une enveloppe de 20 milliards de dirhams – incluant le gel d’un crédit 15 milliards de dirhams imposé par le gouvernement –, ventilés sur une quinzaine de projets de taille « raisonnable », dorénavant privilégiés aux complexes touristiques pharaoniques. D’autre part, Nizar Baraka, ministre des Finances, a récemment affirmé que « le tourisme vient en deuxième place en termes d’investissements directs étrangers réalisés au Maroc entre 2004 et 2012 ». Selon lui, sur les 8 500 hectares de terrains cédés aux différents investisseurs, « 36 % concernent des projets touristiques ».

Une année 2013 conforme à 2012

Il n’en demeure pas moins que l’objectif affiché au début des années 2000, qui consistait à attirer dix millions de touristes par an en 2010, peine à être franchi. Lors d’une conférence de presse début mai, Lahcen Haddad, le ministre du Tourisme, préférait retenir que son pays venait d’atteindre « le cap du milliard de touristes étrangers ». Cette barre symbolique atteste, pour lui, « de la maturité du tourisme marocain qui a démontré une résilience, malgré les événements politiques qui ont impacté la région ces dernières années ». La fréquentation touristique devrait se maintenir au même niveau que les trois derniers exercices (environ 9,3 millions touristes). À l’aune d’un contexte économique peu encourageant, faire mieux semble relever de la gageure: « On ne doit pas s’attendre à des miracles, ni à des augmentations trop importantes en termes d’arrivées ou de nuitées », a t-il annoncé. Mais les premiers indicateurs laissent à penser qu’une embellie est possible. Le premier trimestre 2013 est en légère augmentation (3,4 %) par rapport à 2012. Rien qu’en mars, cette hausse a même grimpé de 9,4 %.

Se tourner vers de nouveaux marchés

Ces derniers mois, le Maroc a conquis de nouveaux marchés émergents à l’image de la Russie et des pays d’Europe de l’Est (République tchèque, Pologne). Lahcen Haddad va axer ses efforts sur le Brésil, nouvel eldorado économique, et la Chine, vers lesquels se concentre une part importante du budget promotionnel, qui a atteint un milliard de dirhams (100 millions d’euros) au cours des trois dernières années (550 millions pour 2013 au lieu de 330 millions en 2012).

Pour atteindre les objectifs du programme « Vision 2020 », il faudra porter la capacité d’hébergement du royaume à 375 000 lits contre 185 000 actuellement. En parallèle, le ministre du Tourisme planche avec le ministère de l’Equipement et du Transport sur l’élaboration d’une stratégie pour densifier le trafic aérien. Selon lui, « il faudra atteindre 1 600 dessertes (en-dehors de Casablanca et Rabat) par semaine d’ici à 2020, contre 500 aujourd’hui ». D’autres pistes (développement du tourisme médical, rural et culturel), visant à étendre la panoplie touristique du pays, sont à l’étude. De nouveaux musées pourraient ainsi voir le jour dans les villes impériales. Le programme Qariati, qui sera lancé d’ici la fin de l’été, doit favoriser la convergence de trois secteurs clés: l’agriculture, le tourisme et l’artisanat. Des crédits (3,6 milliards de dirhams) vont être alloués pour mener à bien ce projet qui doit déboucher sur la création de 20 000 emplois et augmenter la capacité d’hébergement de 35 000 lits. En outre, le ministère du Tourisme souhaite faire la promotion de huit nouveaux territoires touristiques intégrés pour sortir de l’axe Marrakech-Agadir. Tanger-Tétouan, Fès-Meknès et Moulay Bousselham-El Jadida devront en ce sens être mis en valeur. L’accent est également mis sur le tourisme balnéaire. L’achèvement des stations amorcées en 2000 et la réalisation de nouvelles destinations balnéaires font partie des priorités fixées par le ministère. Tout ceci ne doit pas exclure l’offre existante. Un programme de financement (Rénovhôtel) de 24 millions de dirhams (2,4 millions d’euros) vient d’être créé afin de rénover les établissements hôteliers les plus anciens.

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