Luxembourg Certes, c’est la modestie faite pays. Mais qui dit modeste ne dit pas sans intérêt. À la journée pour les autocaristes de la France voisine, en city-break ou en séjour, le seul Grand duché du monde a largement de quoi occuper ses visiteurs. L’Unesco a même salué trois contributions du pays au Patrimoine mondial de l’Humanité, qu’elles soient matérielles comme la vieille ville de la capitale et ses fortifications, immatérielle comme la procession d’Echternach, ou mémorielle comme l’exposition de photographies réunies par Edward J. Steichen au message universel.
Finalement, que sait-on du Luxembourg? Des histoires de banques, de lointaines victoires au concours Eurovision de la chanson, des produits moins taxés que dans les pays voisins, des travailleurs frontaliers qui font la navette depuis Thionville ou Trèves, et puis? À vrai dire, bien peu de choses. Raison de plus pour ne pas laisser en friche ses connaissances et un trou de mémoire à notre porte, au cœur même de l’Europe.
À première vue, ses villes ressemblent à nos villes, sa campagne à notre campagne et son parler à notre parler. Ça, c’est pour le portrait à grands traits. Mais les touristes curieux ne vont certainement pas s’en contenter. À y regarder de plus près, on sent le pays à la croisée des chemins. Géographiquement, historiquement, culturellement. Certes, le français est langue administrative au Grand duché, mais le parler de tous les jours est un dialecte francique-mosellan d’inspiration germanique, le luxembourgeois… comme il se doit, le lëtzebuergesch dans le texte. Mais de fait l’allemand est aussi très présent au quotidien. Jusque dans les habitudes, comme la façon de se nourrir qui fait la part belle aux plats copieux, solides et plutôt froids au déjeuner, avec soupe s’il le faut pour compenser. Il n’empêche que la gastronomie y a aussi ses lettres de noblesse, ses étoiles décernées par le guide Michelin, qui en font le pays qui compte le plus de restaurants étoilés rapporté au nombre d’habitants.
D’ailleurs, entre deux promenades dans la capitale luxembourgeoise, il est tentant de faire halte à la boutique Délicatessen de Léa Linster
La ville de 100 000 habitants a tout un passé rempli de rebondissements à offrir et un présent moderne que des architectes renommés ont dessiné
La vue sur la ville basse est charmante, découvrant toute une harmonie de toits gris et de jardins. La ville s’ennorgueillit de laisser en son sein la nature s’exprimer largement. Les vieux quartiers sur les hauteurs sont ainsi ceinturés de verdure, tandis qu’en contrebas, la ville basse s’alanguit sur les bords de la rivière. Si l’architecture est plutôt austère, elle n’est pas sombre pour autant. Les façades aux teintes pastel épousent l’ocre jaunâtre du grès de Luxembourg (extrait au nord de la ville dans une formation géologique particulière) qui habille les bâtiments les plus anciens de la capitale. C’est le cas de la résidence de ville du Grand-Duc
Jouxtant le palais, la Chambre des députés compte au maximum 60 membres qui accèdent à leur salle de réunion en gravissant les marches d’un petit escalier. La sobriété vaut bien l’ostentatoire quand la solennité est de mise.
Plusieurs visites guidées sont proposées par l’office de tourisme à travers les rues et ruelles plus ou moins en pente de la vieille ville. Des églises, une cathédrale et quelques musées se présentent sur le parcours. Celui dédié à l’histoire de la ville de Luxembourg édifié sur six niveaux à flanc de falaise raconte à merveille le Grand duché, seul pays au monde à porter cette appellation. Le musée national d’Histoire et d’Art
Pour autant Luxembourg ne s’est pas figé derrière l’épaisseur de ses murailles. Membre fondateur de ce qui est devenu l’Union européenne, le pays héberge dans sa capitale plusieurs insitutions communautaires. Elles sont regroupées sur le plateau du Kirchberg qui est un peu à la ville de Luxembourg ce que La Défense est à Paris, toutes proportions gardées, moins hautes, moins grandes, moins denses. Modestie encore.
Grâce à son essor comme place financière majeure, la capitale grand-ducale a pu attirer quelques architectes renommés ou dans l’air du temps, comme Christian de Portzamparc pour la splendide salle de la Philarmonie, Ricardo Bofill pour les tours et la place de l’Europe, Ming Pei pour le musée d’Art moderne Grand-Duc Jean (Mudam) où des artistes élisent résidence, créant dans l’espace baigné de lumière une partie des œuvres qu’ils exposent. Tout aussi récent et combinant les ruines d’un fort construit par Vauban avec la modernité de son architecture, le musée des Trois glands (Dräi Eechelen) réserve son espace en partie souterrain à l’histoire de cette forteresse et de la vie militaire luxembourgeoise
Les urbanistes ont aussi agrémenté de sculptures les espaces publics du Kirchberg. Ces œuvres, parfois monumentales parfois plus discrètes, sont éparpillées dans les parcs et en bordure de voirie. C’est donc fort logiquement qu’un parcours « Architecture et art dans l’espace public »
Si elle rassemble un cinquième des 525 000 habitants du Grand Duché, la capitale qui lui a donné son nom ne résume pas à elle seule le pays, et ne concentre pas tous ses centres d’intérêt.
Sur les rives de la Moselle, les collines se couvrent de vignobles, dessinant de superbes damiers en suivant les doux méandres de la rivière. Les vins de la Moselle luxembourgeoise restent cependant moins connus que Schengen
Dominant la ville, le château-fort, bien conservé et restauré, remonte pour sa partie la plus ancienne au IXe siècle, pour l’essentiel entre le XIe et le XIVe siècle
Le bourg de 2 500 habitants fourmille de légendes et d’anecdotes, avec ses Templiers détrônés par les trinitaires qu’ils avaient invités pour y établir un monastère, sa sainte Yolande née ici et son saint Nicolas qui y aurait résuscité trois malheureux gamins. Il compte aussi un musée de la caricature et un musée littéraire également maison Victor Hugo
En poussant plus au Nord, par la route serpentant à travers vaux, collines et sombres forêts, les touristes découvrent une autre ville nichée au creux d’un vallon, Clervaux, dominée par son abbaye bénédictine, du début du XXe siècle mais dans le style de Cluny, et par son château féodal, qui date bien, lui, du XIIe siècle. Derrière ses murs épais, le musée de la Bataille des Ardennes
Dans une autre aile du château donnant sur la même cour, l’exposition de photographies « The Family of Man » montée dans les années 1950 par le photographe d’origine luxembourgeoise Edward J. Steichen
au 4, rue de l’Eau à Luxembourg. La boutique dispose d’une quinzaine de places assises pour une pause salon de thé.
À Luxembourg, il est possible de se restaurer efficacement, tout en sachant que les habitudes en la matière sont au moins pour les restaurants communs plus proches de celles des Allemands que des Français. Au salon de thé Chocolate House, face au Palais Grand-Ducal, il est possible de déjeuner, et pas seulement de savourer les déclinaisons parfumées du chocolat. Ni les locaux ni le service ne se prêtent à la réception de groupes de plus de 12 pax. En revanche, ils seront plus à l’aise à la brasserie Neumünster, dans l’enceinte d’une ancienne abbaye de la ville basse, aux pieds des fortifications. Cet établissement d’une capacité de 300 couverts propose une cuisine traditionnelle. À l’espace restauration du musée d’Art moderne implanté sur le plateau du Kirchberg, le Mudam Café sert à déjeuner des plats froids à base de produits de saison et de sympathiques desserts. À Clervaux, le restaurant de l’hôtel du Commerce propose à ses convives une cuisine traditionnelle locale.
Côté hôtels, toutes les catégories sont représentées. Par exemple, le City Hotel Luxembourg****, à deux pas de la gare, qui dispose de chambres très confortables dans un décor fonctionnel.