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Le minigroupe est-il un marché prometteur?

À la une | publié le : 01.12.2013 | Dernière Mise à jour : 01.12.2013

Auteur

  • Pierre Cossard

Produire Le minigroupe est au cœur d’un buzz grandissant dans l’univers du tourisme de groupe. Evolution d’une clientèle déjà existante ou nouveau marché? Qui est-il? Par quels produits est-il séduit? Comment l’aborder et le traiter? Autant de questions posées dans le cadre de cette seconde édition de Tour & Group.

Le minigroupe, en tant que véritable phénonmène commercial dans l’univers du tourisme de groupe apparaît comme relativement récent. Pour mieux cerner ce qui semble bien être une évolution importante, la rédaction de Tourisme de Groupe s’est appuyée sur le témoignage de Frédéric Prelle, directeur commercial de VTF (gestionnaire de villages vacances dans l’Hexagone). L’idée étant, sur la base de son expérience, de tenter de mieux cerner les attentes et les problématiques posées par cette clientèle montante. Avant toute chose cependant, il aura fallu s’accorder sur la définition chiffrée d’un minigroupe. Unanimement, chacun est tombé d’accord sur le fait que ce dernier est d’abord constitué de dix à 20 personnes, la norme dans l’aérien comme dans l’autocar. Force fut aussi de constater que cette montée en puissance des minigroupes semble clairement liée à deux phénomènes diamétralement différents. Le premier n’est autre que la baisse du nombre de pax enregistrés au sein des groupes « classiques ». Des 50 clients jadis totalisés à chaque voyage, la norme oscille désormais aux alentours de 40, voire 30 ou 20. D’où la naissance du concept de minigroupe « contraint », en opposition au minigroupe dit « volontaire ». Le premier réclame un traitement qui consiste pour l’essentiel en la gestion du maintien des départs, notamment grâce aux regroupements effectués entre professionnels. Pour l’anecdote, cette diminution de taille, longtemps vécue comme signe d’une dégradation du marché, est désormais utilisée à des fins marketing par certains professionnels. Éric Maier, président d’Euro Moselle Loisirs, par exemple. « Nous mettons désormais en avant la moindre taille de nos groupes dans toutes nos communications, explique-t-il. Nous voulons transformer en atout ce qui éloigne notre offre de la notion péjorative de tourisme de masse ». Le second, le fameux minigroupe « volontaire », objet de toutes les attentions, pose d’autres questions, à commencer par sa reconnaissance.

Un public atomisé et difficilement identifiable

Qui compose en effet ces fameux minigroupes? Pour Frédéric Prelle, pas d’ambiguité, la première source identifiée est directement liée au nombre exponentiel de familles recomposées existantes en France, et à la naissance de véritables tribus familiales. Un phénomène moins marquant pour les groupistes et autocaristes présents, qui préfèrent évoquer les groupes d’amis, les minigroupes affinitaires, et ceux liés par la volonté de pratiquer une même activité (sportive ou culturelle). La meilleure définition vient peut-être de Matteo Dell’Orto, commercial au sein de la Société Européenne d’Hôtellerie (SEH) auprès du marché professionnel français, pour qui un minigroupe est bien souvent « une somme d’individus possèdant des affinités communes et partagées ». Autre piste, ce minigroupe pourrait être le client idéal d’une offre thématique. C’est en tout cas l’avis de Benjamin Gourdon, directeur de Ruban Bleu Voyages, pour qui « la thématique à forte valeur ajoutée apparaît comme typique des minigroupes ». De fait, la demande des minigroupes semble très proche de celle des individuels, tout en réclamant un traitement sur-mesure fait de services supplémentaires. Une question aura d’ailleurs été soulevée pour l’occasion par Yves Verdié, Pdg de Verdié Voyages: « pourquoi ne pas se lancer demain dans la création de minis-GIR? ».

Des habitudes de voyage déjà définies

Ceux qui se sont déjà penchés sur la problématique du minigroupe tirent déjà quelques enseignements sur les habitudes de cette clientèle particulière. Le minigroupe serait par exemple adepte du long week-end, un constat largement partagé par les participants. A contrario, d’autres apprécieraient les longs circuits, jugés « plus faciles à supporter en petit comité ». Une évolution confirmée par le témoignage de Florence Seguin, responsable du service groupes btob chez Salaün Holidays: « nous enregistrons de plus en plus de demandes de minigroupes qui désirent acheter exactement les mêmes programmes que ceux inscrits à notre catalogue groupe classique, ce qui nous conduira prochainement à proposer une brochure spécifique reprenant la même programmation, mais adaptée à ce format de groupes ».

Daniel Richou, directeur de Richou Voyages, a fait un autre choix. « Dès 2014, nous réserverons deux dates de départ en haute saison sur certains voyages, qui seront alors réservés soit à des minigroupes, soit à des minis-GIR, explique-t-il. Avec dix personnes inscrites, ils bénéficieront d’un prix supérieur à celui du groupe classique, mais plus intéressant que celui de l’individuel. Et cette offre sera principalement concentrée sur du long-courrier ».

D’autres se lancent dans des concepts audacieux, comme la mise en ligne d’offres à la demande sur les réseaux sociaux.

Que sont-ils prêts à payer?

Pour Éric Collange, directeur commercial France de CroisiEurope, l’affaire est entendue, « le minigroupe volontaire a un panier supérieur à la moyenne sur des produits d’exception ». Propos confirmé par Yves Verdié, pour qui « l’individuel paiera toujours plus cher que le minigroupe et le groupe classique ». C’est Éric Maier qui apporte cependant un bémol à ce constat, somme toute positif: « le cœur du problème posé par le minigroupe en termes de tarifs est toujours le même: comment répartir judicieusement les charges fixes comme le coût de l’autocar? Un petit autocar de tourisme coûte pratiquement le même prix qu’un grand, et le conducteur touche le même salaire. Le tarif appliquable pourrait donc vite devenir prohibitif pour un petit groupe ».

Dernière question d’importance soulevée lors des débats, celle du service le plus apte à « traiter » la demande de minigroupes. Un relatif consensus se dégage d’une partie de ce débat particulièrement animé. La conclusion étant portée par Sydney Roturier, Pdg de Caractères d’Amériques et d’Afriques: « le plus logique serait sans doute que la demande des minigroupes soit accueillie par le service individuel, puis confié au service groupe ». Preuve supplémentaire, s’il le fallait, que ce nouveau segment de marché est bien au carrefour des deux univers. D’où la difficulté encore frappante pour bon nombre d’acteurs, de définir clairement de nouvelles stratégies adaptées à ses spécificités.

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