Paris Canauxrama, qui fête ses 30 ans cette année, revient à cette occasion à ses premières amours: la navigation sur le canal de l’Ourcq. La compagnie y propose de nouvelles croisières dont la particularité est d’inclure une animation originale: la traction hippomobile. Venant ainsi compléter une offre sur la Seine, la Marne et le canal Saint-Martin.À découvrir, bien sûr, en groupe.
À Paris coule la Seine, mais aussi des canaux comme ceux de Saint-Denis (du bassin de La Villette à Saint-Denis), de Saint-Martin (du bassin de la Villette à celui de l’Arsenal, et ensuite à la Seine) ou encore de l’Ourcq, le plus petit canal de France qui relie le bassin de la Villette à Mareuil-sur-Ourcq dans l’Oise. Un réseau, aujourd’hui peu fréquenté, sinon par les bateaux de Canauxrama dont elle s’est fait une spécialité. La compagnie, qui depuis 2007, est passée aux mains des Vedettes du Pont Neuf.
Canauxrama a été créée par un couple de particuliers en 1983, « qui a vendu son appartement pour construire son premier bateau, et se lancer dans l’aventure de la croisière promenade », raconte Marilyne Werner, assistante de direction, également en charge des groupes. D’une capacité d’une cinquantaine de places, il sera baptisé Canauxrama II, et larguera ses amarres sur le canal de l’Ourcq en proposant alors uniquement des croisières-promenades. Deux ans plus tard, il est rejoint par le Pierre-Simon Girard. Le succès est au rendez-vous. Au fil des ans, la flotte s’agrandit (de rachats en constructions), les canaux de navigation aussi avec ceux de Saint-Martin et de Saint Denis, puis ce sera un fleuve avec la Seine (en 1988), « une voie principale et incontournable dans Paris », glisse Marilyne Werner, et enfin une rivière avec la Marne (en 1993). Les formules se développent. Aux croisières-promenades s’ajoutera la restauration à bord, en déjeuner et en dîner pour lesquels la compagnie s’appuie sur un traiteur. Aujourd’hui, les bateaux sont au nombre de six: Arletty, Marcel Carné, Gavroche, Alliance, Henri IV (arrivé en 2012), et le Pierre Simon Girard, qui en cette année 2013 fait son retour sur le canal de l’Ourcq. Car cela faisait treize ans que, les croisières avaient cessé. « C’est la tempête de 1999 qui a rendu la navigation difficile sur le canal et a interrompu toute navigation, explique Marilyne Werner. Il faudra attendre 2012 et les efforts conjugués de la région Île-de-France, du comité départemental du tourisme de la Seine Saint-Denis et de la mairie de Paris pour qu’un nouveau projet de navigation naisse ». C’est, en effet, l’an passé que ces institutions lancent un appel à projet. Canauxrama se positionne, et remporte le marché. Un ancien bateau de la flotte de la compagnie expatrié à Chenonceaux, en Indre-et-Loire et rebaptisé entre temps Léonard de Vinci, est alors racheté. La « nouvelle » unité, au toit entièrement ouvrant, a été totalement refaite. Et a donc retrouvé son nom porté à l’origine, en hommage à l’architecte de Napoléon qui a construit le canal: Pierre-Simon Girard. Il est opérationnel depuis cette année, au moment où Canauxrama fête ses trente ans d’existence. Un cadeau d’anniversaire pour le moins bienvenu!
C’est à travers deux programmes d’une journée chacun que Canauxrama concrétise ce retour sur le canal de l’Ourcq, construit à partir de Paris, de l’aval vers l’amont, et achevé en 1821. Le réseau, long de 108 km, comporte dix écluses. Le long de ses rives: un patrimoine technique et historique dense, fondu dans un environnement verdoyant. La première croisière proposée part du bassin de la Villette et rejoint Trilbardou en Seine-et-Marne. On laisse la ville et ses constructions pour passer de petits ponts de pierre, admirer les rangées de peupliers se reflétant dans l’eau. Remontée tranquille ensuite pour arriver à l’écluse de Sevran où débute la petite section du canal. On traverse alors le bois de Sevran où fut installée au XIXe siècle la poudrerie royale. Puis, passé le pont-levis, c’est l’arrivée au port de Claye-Souilly, là où une escale déjeuner à quai est organisée. Avant de reprendre une navigation inédite puisque le bateau est tracté par un cheval, comme le faisaient autrefois les bateliers. Les moteurs s’arrêtent, le gouvernail se baisse, ne reste plus qu’à la magie du canal de l’Ourcq à la végétation luxuriante d’opérer… Une heure plus tard, direction l’écluse de Fresnes, avant de continuer par la ville de Charmentay et arriver au terme de la croisière, Trilbardou, où se trouve l’usine élévatrice permettant l’alimentation en eau du canal par la Marne.
Le second programme, lui, a pour point de départ la gare de Meaux pour atteindre également Trilbardou. C’est par une visite guidée du musée de la Grande Guerre à Meaux que débute la journée, avant de se poser au restaurant La Péniche situé en centre-ville. La croisière est programmée pour l’après-midi, l’embarquement se fait au niveau de l’écluse de Villenoy. À nouveau, et ce une heure durant, la promenade est effectuée en traction hippomobile, avant de poursuivre la navigation sur le canal. Une écluse à franchir, celle de Vignely, puis Trilbardou où est prévue la visite de l’usine élévatrice. « Les deux croisières sont commentées, et en option est proposé un accueil café », précise Marilyne Werner.
Autre nouveauté pour la compagnie Canauxrama: une croisière commentée intitulée « Impressionnistes et guinguettes en Seine » sur une journée. Les passagers embarquent sur l’île de la Cité, berceau de la capitale, au pied du Pont Neuf, avant de traverser le cœur de Paris tau fil de son histoire. Après avoir croisé la statue de la liberté, passé le parc Citroën, cap vers les Hauts-de-Seine, avec l’île Saint-Germain, puis l’île Seguin. On longe le parc saint-Cloud, le bois de Boulogne, on franchit l’écluse de Suresnes, et non loin: les îles de Puteaux et de la Jatte, une dernière île réputée au XIXe siècle pour ses nombreuses guinguettes et pour avoir inspirée aussi de nombreux peintres impressionnistes. S’enchaînent alors l’île Saint-Denis, le port de Gennevilliers, la plaine d’Argenteuil (là où furent construits les piliers de la tour Eiffel), l’île Saint-Martin, avant d’accoster sur l’île de Chatou. Ici, c’est le restaurant Fournaise qui régale! Un lieu autrefois prisé par Maupassant, mais surtout par les Impressionnistes comme Manet ou Renoir, qui immortalisa ce lieu avec le célèbre tableau « Déjeuner des canotiers ». Quant à l’après-midi: ambiance guinguette avec danses et chansons au programme. En option dans le cadre de cette croisière: un accueil petit-déjeuner.
Toutes ces nouvelles offres ont été rassemblées dans la brochure Groupes de Canauxrama aux côtés d’autres croisières thématiques (d’une heure quinze à la journée). Ainsi se dévoilent au sommaire: une « croisière du Vieux Paris » dont le commentaire est entrecoupé de musiques et chansons, les « journées à thème » (« Paris, parcours mystérieux et magique », « opéra frissons », « ambiance montmartroise », etc.), une « croisière atmosphère » en soirée en souvenir d’Arletty », une autre « rive droite, rive gauche » pour la grande et la petite histoire de Paris, « canal Saint-Denis », entre art et histoire, sur les traces des champions,…,« la Parisienne », « les bords de Marne » ou encore la classique et incontournable « croisière du Grand Paris », qui fait « une grande boucle autour de la capitale, par le canal Saint-Martin, la Seine et le canal Saint-Denis avec déjeuner-buffet à bord, précise Marilyne Werner. Cette croisière, spécialement créée pour accueillir des groupes, a été la première mise en place sur la Seine par Canauxrama ».
L’offre ne s’arrête pas là. Marilyne Werner: « Nous y ajoutons des produits à destination des groupes affaires, pour des réceptions ou simplement la location de bateaux », et souligne par ailleurs que Canauxrama « est en mesure de s’adapter à toute demande ». À savoir également: la compagnie a également conçu différents programmes « spécial groupes scolaires » (à destination des primaires, des collèges et des lycées).
Côté tarification, les prix sont appliqués sur la base de 20 personnes, avec « une gratuité pour l’accompagnateur », dit-elle, selon la croisière choisie. « La brochure Groupes s’adresse aussi bien aux professionnels qu’aux associations, aux clubs, etc…, mais les premiers bénéficient d’une grille tarifaire qui leur est propre, souligne Marilyne Werner. Les prix y sont plus attractifs, mais variables selon les programmes. Sur le canal Saint-Martin, par exemple, la réduction par personne peut aller jusqu’à −50 % sur le prix public ».
À savoir: la restauration à bord des bateaux ou à quai inclut les boissons (vin + café, voire l’apéritif). L’offre 2014 de Canauxrama devrait être bouclée pour le MAP Pro International, où la compagnie est exposante.
En attendant le nouveau site internet qui devrait être finalisé d’ici cet hiver. Il disposera entre autres, via un code d’accès, d’une rubrique spécialement dédiée aux professionnels.
En 2012, Canauxrama a réalisé un chiffre d’affaires de deux millions d’euros.
60 % de sa clientèle est composée d’individuels, 40 % de groupes. Des groupes amenés à hauteur de 30 % par les associations et 20 % par les autocaristes.
Les trois premières croisières les plus plébiscitées sont celles proposées sur le canal Saint-Martin (25 000 pax en groupe), sur la Marne (3000) et sur la Seine (1000).
>> Gavroche: 120 pax en promenade, 50 en cocktail et 30 en déjeuner ou dîner.
>> Marcel Carné: 250 pax en promenade, de 80 à 120 en cocktail et 80 en déjeuner ou dîner.
>> Arletty: 200 pax en promenade, de 80 à 120 en cocktail.
>> Alliance: 200 pax en promenade, 120 en cocktail, 120 en déjeuner et dîner.
>> Henri IV: 150 pax en promenade, 120 en cocktail, 100 en déjeuner ou dîner, et 80 en buffet assis.
>> Pierre-Simon Girard: 60 pax en promenade. Il peut éventuellement accueillir un groupe en déjeuner ou un dîner, mais 30 pax maximum, et uniquement sur la base d’une restauration froide.
• Les croisières ont lieu tous les jours, toute l’année.
• Deux embarcadères sont proposés: celui du « bassin de la Villette » (quai de la Loire – Paris XIXe), avec dépose et reprise des passagers au niveau du no 1 de l’avenue Jean-Jaurès devant le Café brasserie « Le Jaurès » (attention: ne pas engager l’autocar sur le quai de la Loire, l’accès y est très difficile), puis il faut marcher sur 100 m jusqu’à l’embarcadère. Le second est celui du « port de l’Arsenal » (face au no 50 du boulevard de la Bastille – Paris XIIe) , avec dépose et reprise des passagers face au no 50 du boulevard de la Bastille au niveau du restaurant « Le Grand Bleu ».
Contact au 01 42 39 15 00