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Un territoire qui se porte bien

Spécial Amérique du Nord | publié le : 01.09.2013 | Dernière Mise à jour : 01.09.2013

Auteur

  • Thierry Joly

Marché Avec ses grands espaces, ses lieux mythiques ancrés dans l’imaginaire et des villes ou des régions ayant des liens historiques avec la France, l’Amérique du Nord a tout pour séduire les touristes français et en attire un nombre croissant.

L’Amérique du Nord séduit. Nombre de Français s’y rendent chaque année, et sont même en hausse. Il faut dire que la destination est sûre, un atout indéniable en ces temps troublés, voilà une des raisons majeures pour laquelle l’Amérique du Nord constitue un des plus gros marchés long-courrier pour les groupistes. Toutes les couches de la population se retrouvent parmi les clients. Cependant, le coût du voyage fait que les 35 ans et plus sont majoritaires. La moyenne d’âge est encore plus élevée sur le Canada car les seniors apprécient de ne pas y rencontrer de barrière linguistique.

Si l’engouement pour les États-Unis ne se dément pas, certains professionnels constatent toutefois un relatif essoufflement sur le Canada, où la demande y est, encore plus qu’aux États-Unis, concentrée sur un nombre réduit de villes et d’États.

L’optimisme reste néanmoins de rigueur quant à l’avenir de ces destinations, mais elles sont relativement chères, et pourraient pâtir d’une évolution défavorable des taux de change. Une poursuite de la hausse des taxes d’aéroports et des surcharges carburants constituerait également un frein.

Les États-Unis en guest star

Les tour-opérateurs sont unanimes, les États-Unis ont le vent en poupe et les chiffres le confirment, le nombre de visiteurs français étant passé de 775 000 à 1,5 million par an entre 2004 et 2011. Tendance dont bénéficie les groupistes. « Les USA sont pour beaucoup de gens le rêve d’une vie, le pays que l’on choisit si l’on doit n’en visiter qu’un seul », affirme ainsi Ange Derment, directeur du service groupes de Vacances Transat France. Un succès porté par l’Ouest du pays, terre des cow-boys, des westerns, des grands espaces, de la ruée vers l’or et du cinéma hollywoodien. « C’est le rêve de chacun d’y aller », note Sylvie du service groupes de Voyageurs du Monde.

D’une durée de douze à treize jours pour un budget moyen tournant autour 1 400/1 500 euros, le circuit le plus vendu va de San Francisco à Los Angeles ou vice-versa en passant par le Grand Canyon, le lac Powel, le parc Yosemite, Bryce Canyon, Monument Valley et bien sûr Las Vegas. Croisière sur le lac Powell, découverte d’un village Navajo, visite des Studios Universal et, en premier lieu, survol du Grand Canyon, sont les activités plébiscitées par les touristes, les inscriptions pour cette dernière se faisant souvent sur place car elle est tributaire des conditions météos.

Certains groupes demandent en outre en supplément une journée libre à San Francisco et / ou à Las Vegas, ville où ils veulent généralement être logés sur le Strip et où ils font souvent un tour de ville nocturne. « Cela apporte un réel plus par rapport à une découverte individuelle car les guides connaissent les horaires des spectacles extérieurs gratuits », affirme Christine, responsable produit Ouest Américain chez Syltours.

L’Ouest a bien conquis les groupes

Des courts séjours dans la capitale du jeu sont parfois demandés, un créneau que les tour-opérateurs aimeraient développer mais c’est compliqué. « Les Américains affluant le week-end, pour avoir de bons prix sur l’hébergement, il faut y aller en semaine, du lundi au jeudi, mais il y a alors moins de choix pour l’aérien », explique Philippe Amar, chef produits Amériques chez Fram.

Mais l’offre dur l’Ouest américain ne se limite pas à ces têtes d’affiche et tend à se diversifier, à s’étoffer. « Il existe de nombreuses autres portes d’entrée et de sorties possibles, telles Phoenix ou Denver, ce qui permet de créer divers circuits. Il y a tellement de choses à voir dans l’Ouest qu’il faut y aller plusieurs fois pour tout voir et les comités d’entreprise n’hésitent pas à le reprogrammer régulièrement », souligne pour sa part Christine de Syltours. Le Nouveau-Mexique séduit ainsi quelques groupes, mais son coût élevé est un frein. L’axe principal de diversification et de développement se fait plutôt sur le Colorado, l’Utah, le Wyoming et le Dakota du Sud où se trouvent le parc de Yellowstone, le Mont Rushmore, des petites villes semblant sorties d’un western et des lieux célèbres de la conquête de l’Ouest comme la tombe de Calamity Jane et Cody, ville fondée par Buffalo Bill. Le tout avec des entrées par Denver.

Mais la situation géographique de ces États fait que les périodes pendant lesquelles ils peuvent être visités sont réduites. Encore plus que pour les circuits classiques dans l’Ouest qui sont organisés d’avril à juin et en septembre/octobre. Voyager en mars est possible, mais iavec des risques d’enneigement sur certains cols. Quant à l’été, ce n’est pas une bonne saison car il fait très chaud et le grand nombre d’individuels fait monter les prix.

Embouteillages touristiques

Cette concentration de la demande n’est pas sans poser quelques petits problèmes en terme de qualité des autocars. « En haute saison, les réceptifs ressortent des modèles anciens qui chauffent », révèle Agnès, en charge du produit Ouest Américain chez Traces. « De manière plus générale, les cars américains ne sont pas aussi confortables que ceux que nous avons en France et n’ont qu’une porte, ce qui engendre des pertes de temps lors des sorties et des montées. Pour cette raison, nous conseillons des groupes d’une taille maximale de 30 personnes. Sinon, il faut bien les informer », affirme Frédéric Marchand, directeur général de National Tours, en charge notamment de la clientèle groupes.

La seconde destination vedette des États-Unis est New York. « La demande de courts séjours a explosé depuis trois ans », note Ange Derment. Organisés toute l’année, mais moins en été pour cause de coût plus élevé, il s’agit de cinq jours/trois nuits, voire six jours/quatre nuits dont les prix commencent à partir de 950 euros. Que ce soit en formule libre (hôtel + petit-déjeuner) ou en pension complète avec visites incluses, les clients ne jurent que par un hébergement à Manhattan. « Ils ne veulent rien d’autre, même si on leur propose de superbes établissements à Brooklyn », assure Amélie, responsable produit Côte Est et Canada chez Syltours. La découverte de la Statue de la Liberté est incontournable, et un spectacle ou une revue à Broadway figurent aussi souvent au programme. Des visites de musée peuvent y être ajoutées, ainsi qu’une messe gospel à Harlem éventuellement suivie d’un brunch. Une sortie de plus en plus souvent réclamée. Chez Equinoxiales, on note toutefois que certaines petites agences de voyages organisent désormais ces séjours en direct au lieu de passer par un tour-opérateur spécialisé.

Tout le monde veut croquer la Pomme

La Grosse Pomme se retrouve également dans les circuits passant par les grandes villes historiques de la côte Est aux côtés de Washington, Philadelphie et Boston. La demande reste toutefois limitée. Elle est encore plus faible pour les circuits les combinant avec les chutes du Niagara et les villes canadiennes de Toronto, Ottawa, Montréal et Québec. La durée d’un tel circuit, treize à quinze jours, est en effet un gros frein. Mais la situation est très variable d’un tour-opérateur à l’autre. Si beaucoup n’ont plus aucune demande, Ange Derment constate cette année un retour en vogue « après une éclipse de six à sept ans ».

Toujours sur la Côte Est, Miami connaît peu de succès en dépit de sa forte notoriété. « Nous ne vendons que des séjours d’un ou deux jours en préambule à une croisière dans les Caraïbes », note Amélie de chez Syltours. « Les gens s’attendent à y trouver des hôtels clubs en formule tout inclus, mais cela n’existe pas », précise Philippe Amar. « C’est une destination où les gens vont en individuels », renchérit Sylvie de Voyageurs du Monde. Par ailleurs, et c’est surprenant, la Louisiane ne fait depuis quelques années plus l’objet que de rares demandes. Une désaffection qui laisse les tour-opérateurs perplexes. Est-ce une conséquence de l’ouragan Kathrina ou dû au fait que les comités d’entreprise organisent moins de voyages et se concentrent sur les classiques?… Ils n’ont pas la réponse.

Pour le reste, pratiquement aucune autre destination n’est vendue pour les groupes, hormis de très rares circuits passant par Chicago, Nashville ou la Route 66.

La satisfaction des touristes au retour des États-Unis étant une constante, les groupistes sont optimistes pour l’avenir. « Mais les clients sont attentifs à l’évolution du cours du dollar », avertit Sylvie de Voyageurs du Monde. « Le touriste est en outre de plus en plus racketté par les taxes d’aéroports et, ajouté aux fastidieuses formalités de visas, cela a amené certains groupes à renoncer à cette destination », ajoute Frédéric Marchand.

Le Canada, une valeur sûre

Le nombre de touristes français au Canada a, en 2011 et 2012, dépassé les 450 000 s’approchant ainsi du record de 1996, année où le pays était très à la mode parmi les comités d’entreprise. Cependant, si la destination reste une valeur sûre pour les groupistes, ceux-ci ressentent une stagnation, voire un essoufflement de la demande, même si le pays ne suscite que des retours positifs de la part des touristes qui s’y rendent. La hausse du dollar canadien est parfois évoquée pour l’expliquer, et n’a pas été sans effet, mais les deux raisons majeures sont autres. La première est l’absence de barrière linguistique, ce qui incite les gens à y aller par eux-mêmes, d’autant qu’internet facilite désormais les réservations à l’étranger. La seconde est le manque de renouvellement dans les circuits proposés. « Le Canada a été vu et revu », estime Philippe Amor. « Il est difficile de faire revenir les clients sur cette destination », confirme Ange Derment. Liens historiques obligent, l’Est est la région la plus demandée avec comme circuit classique un dix jours vendu autour de 1 300 euros avec arrivée à Toronto, puis les chutes du Niagara, Ottawa, le lac Saint-Jean, la baie de Tadoussac, Montréal, Québec et retour sur Montréal où une extension d’une ou deux nuit est possible. Un circuit que 80 % des groupes veulent faire à l’automne pour voir le rougeoiement des forêts d’érables. Conséquence, les prix sont alors plus élevés qu’en mai et juin, l’autre période favorable aux voyages. Selon les circuits, incluse ou en option, la croisière pour observer les baleines en baie de Tadoussac est l’un des must du voyage. Autre activité unanimement appréciée: passer la nuit chez l’habitant, avec fête villageoise dans la salle communale.

Parfois proposé, le repas dans une cabane à sucre rencontre également un franc succès auprès des clients.

Il existe également une petite demande pour des séjours à Montréal, mais cela reste peu important. C’est le type de voyage que les gens font de plus en plus en individuel.

L’hiver canadien, cet inconnu qui fait peur

Enfin, les séjours hivernaux multi-activités en pourvoirie (motoneige, traîneaux à chiens, pêche sur glace,..) représentent environ 15 % du total. Ils sont généralement accompagnés d’une visite de Montréal à l’arrivée et d’une découverte de Québec avant le départ.

Afin de relancer l’intérêt pour la destination, les groupistes ont entrepris de développer une nouvelle offre. Le séjour estival en pourvoirie avec pratique du canoë, du kayak, du rafting et de la pêche en fait partie. Tout comme des circuits de douze à quinze jours pour découvrir la Gaspésie, l’Acadie et le Nouveau-Brunswick qui sont déjà commercialisés par certains tour-opérateurs. « Mais c’est dur, car ce sont des lieux peu connus, qui ne font pas l’objet d’assez de publicité, et qui ne sont pas popularisés par le cinéma ou des séries télé comme cela peut-être le cas pour des villes américaines », affirme Philippe Amar. Ces circuits incluent généralement un passage par Montréal et Québec pour les rendre plus attractifs et qu’ils intéressent une cible plus large.

Pour l’heure presque confidentielle, l’offre sur l’Ouest canadien est un autre axe de développement envisagé par les groupistes persuadés que ses paysages naturels ne peuvent que séduire les Français. « C’est très différent de l’Ouest américain, moins désertique. Les paysages sauvages donnent l’impression d’être plongé dans les romans de Jack London et le lancement de vols directs sur Calgary et Vancouver nous a permis d’y créer des circuits de douze à treize jours plus faciles à vendre », affirme Ange Derment. Cependant, en raison du climat, la saison touristique y est très courte, de juin à septembre. Ceci, conjugué à une capacité hôtelière réduite fait que les tarifs de l’hébergement sont élevés. « D’autant que c’est une destination facile d’accès pour les Asiatiques qui payent sans rechigner, et contribuent ainsi à faire monter les prix », note Philippe Amar. Ces inconvénients sont moindres à Vancouver et dans ses environs, comme l’île Victoria, où le choix d’hébergements est bien plus large, et où le climat plus clément autorise des visites sur une période plus longue de l’année.

Bonne nouvelle pour l’évolution future du marché, l’office de tourisme du Canada a décidé de s’engager au côté des tour-opérateurs pour relancer la fréquentation des groupes. Il va ainsi proposer des formations des équipes commerciales en les amenant sur le terrain, et aider au financement de soirées dans lesquelles seront invités les décideurs groupes.

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