La venue en juin dernier de Barack Obama dans l’île de Gorée (1), à un quart d’heure de chaloupe de Dakar, au Sénégal, a remis le passé africain de l’Amérique du Nord sur le devant de la scène. Certes la célèbre Maison des esclaves (2), qu’il a visitée, relève plus de la symbolique que de la réalité de la traite des Noirs, mais elle reste un passage obligé du tourisme de mémoire africain, dans cette île classée au Patrimoine mondial de l’Humanité (3).
À proximité, le musée historique du Sénégal (4), dans le fort d’Estrées, aborde le sujet de manière plus scientifique.
Mais l’année en cours est aussi riche en événements marquants pour la communauté noire d’Amérique. Il y a cent cinquante ans que l’esclavage a été officiellement aboli par des décrets du président Abraham Lincoln mettant en œuvre la « Proclamation d’émancipation » de 1862 dans les États confédérés du Sud des États-Unis. Il y a tout juste cinquante ans, le 28 août 1963, la « Marche vers Washington pour la liberté et le travail » est passée dans l’Histoire avec le célèbre discours de Martin Luther King, « I Have a Dream ».
Aujourd’hui, les institutions culturelles et musées afro-américains se comptent par dizaines à travers tout le pays (5). C’est le cas à Philadelphie où l’African American Museum (AAMP) propose de revivre, notamment par le biais des nouvelles technologies muséales, l’histoire de la communauté afro-américaine de la cinquième ville des États-Unis. Plus largement, l’AAMP (6) se consacre à la culture noire-américaine, notamment par le biais de ses expositions temporaires ou de ses événements, par exemple autour du label et de la musique Motown. La ville des pères de l’Indépendance multiplie d’ailleurs les manifestations culturelles, notamment lors des galas de la compagnie de danse Philadanco (7), en résidence au réputé Kimmel Center for Performing Arts (8) qui accorde des réductions groupes à partir de dix pax.
La ville propose aussi un circuit des fresques murales (9) qui, pour près de 50 d’entre elles, évoquent la communauté noire d’Amérique. Tout aussi original, le musée de la Poupée (10) abrite la plus grande collection de poupées noires du pays, environ 300. À leur façon, elles racontent les luttes des Afro-Américains pour leur émancipation. Des ateliers de création y sont aussi organisés.
Très présente à Washington DC, la communauté noire disposera dans la capitale des États-Unis d’un tout nouveau musée (11) dont l’ouverture est prévue en 2015.
Le National Museum of African American History and Culture (NMAAHC) propose pour l’instant, et jusqu’au 7 septembre 2014, une exposition consacrée à la lutte pour l’émancipation des Noirs et le combat contre la ségrégation dans une des galeries du musée national de l’Histoire américaine (NMAH), à Washington également (12).
Tout aussi symbolique, le musée des Droits civiques de Memphis (13), installé au Lorraine Motel où fut assassiné en 1968 Martin Luther King est en rénovation jusqu’en 2014. Il accueille néanmoins, au Legacy Building juste à côté, une exposition consacrée durant tout 2013 aux femmes noires ayant lutté pour l’émancipation, « Freedom’s Sisters », ouverte aux groupes à partir de 20 pax.
L’une des plus célèbres de ces femmes, Rosa Parks, avait refusé de céder sa place à un Blanc dans un autobus de Montgomery (Alabama), déclenchant au milieu des années 50 un mouvement de boycott de la compagnie de transport pendant 381 jours à l’appel des anti-ségrégationistes. Cet autobus est exposé au musée Henry Ford (14), à Dearborn, dans le Michigan.
Dans ce même État, à Détroit, le musée Charles H. Wright of African American History (15) est le plus important du pays qui soit consacré à cette thématique. Il s’intéresse autant à l’histoire politique, économique et sociale de la communauté noire qu’aux contributions au monde des arts et à la société de ses membres les plus éminents. Les groupes bénéficient de conditions spécifiques à partir de 15 pax.
Chicago, ville de Barack Obama, se targue d’abriter le plus ancien musée des États-Unis consacré à l’histoire afro-américaine, le musée Du Sable (16), qui met en avant autant l’histoire que l’art dans toutes ses expressions.
À l’autre bout du pays, le musée afro-américain de Californie (17) dans le quartier South Central de Los Angeles, essentiellement peuplé de Noirs, met l’accent sur l’art et la création artistique, à travers la peinture et la photographie, mais aussi des collections d’objets venus d’Afrique.
Pour le musée de l’Histoire des Noirs de Richmond, en Virginie, il faudra en revanche patienter jusqu’en février 2015, date de réouverture du Black History Museum (18), institution implantée dans l’ancienne capitale de la Confédération sudiste.
http://webworld.unesco.org/goree/fr/
http:// whc.unesco.org/fr/list/26
http://iconic.muralarts.org
http:// americanhistory.si.edu
www.civilrightsmuseum.org
http://blackhistorymuseum.org