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Au pays où l’hiver est joies

Spécial Amérique du Nord | publié le : 01.09.2013 | Dernière Mise à jour : 01.09.2013

Auteur

  • Stéphane Jarre

Québec Envoyer des touristes à la conquête de l’hiver, de l’authentique hiver, avec de la vraie neige en plus et des températures en moins, n’a rien de saugrenu, surtout dans les conditions offertes aujourd’hui par la Belle Province. Des prestations originales, un confort remarquable et une ambiance chaleureuse les y attendent encore plus sûrement que le Père Noël. En une semaine ou deux, il n’y a pas que l’hiver qui sera conquis. La preuve par l’exemple.

Depuis le temps que Gilles Vigneault nous le chante, le moment est venu d’aller voir de plus près à quoi ressemble « ce pays de poudrerie », et d’assister à « la blanche cérémonie, où la neige au vent se marie ». Direction donc Québec, version hivernale. C’était fin janvier 2013…, au moment où la météo battait des records de froid.

À la radio, cette vague glaciale, venue tout droit du pôle Nord, est un sujet de plaisanterie. Tiens donc, on se rit de l’hiver par ici. Pas tant que ça tout de même, à voir déambuler dans les rues de Québec des personnages emmitoufflés de la tête aux pieds. Par − 28 oC. au thermomètre, et encore moins dans le ressenti, il ne saurait en être autrement. Au pays de l’hiver, on s’habille d’abord en hiver, et plutôt plus que moins. À cette condition-là, le visiteur a ensuite carte blanche pour découvrir ces villes et ces villages plongés dans le froid, ces lacs et forêts où la neige se repose, ce Saint-Laurent, comme saisi par les glaces malgré son incroyable débit et ses kilomètres de largeur (1). Le décor est polaire, mais il n’empêche pas la vie au grand air.

Chorégraphies improvisées

Dans les rues en pente de Québec (2), capitale provinciale dont la ville haute est perchée sur un plateau qui tombe en falaise sur le fleuve, les passants « magasinent » de boutique élégante en boutique avenante, de café cosy en restaurant chaleureux, comme si la météo n’était qu’une péripétie.

D’ailleurs, devant le palais Montcalm, salle de spectacles et de concerts sur la place d’Youville, une patinoire provisoire permet aux petits et aux grands de se dégourdir les jambes en fendant la glace de leurs patins, dans des chorégraphies improvisées sur des musiques populaires – pas forcément du Céline Dion – que diffusent des hauts-parleurs. Un ballet tout en courbes se dessine, comme si le patin à glace était un moyen naturel de se mouvoir.

Les touristes peuvent bien sûr eux aussi s’y essayer. Mais ils ont en plus de multiples autres possibilités de marier l’hiver à leur programme (voir encadré).

Les musées, qu’ils soient d’art ou d’histoire, ne manquent pas, qui racontent la vie en Nouvelle-France, l’épopée de Jacques Cartier, découvreur malouin des terres bordant « la grande rivière de Sainct-Lorens », les alliances, les affrontements, les compromis et le commerce avec les Amérindiens, les batailles sans fin contre les Anglais, ou encore l’implantation par Samuel de Champlain il y a un peu plus de quatre cents ans de ce fort, « trois corps de logis à deux estage » entourés de fossés, avec pont-levis, canons et jardin, où la ville de Québec prit racine.

Bonhomme Carnaval

Le soir venu, les bars se remplissent, chantent, fêtent et rient. Et en français qui plus est. Les Québécois ont dans le cœur la chaleur qu’il n’ont pas toujours dehors. L’hospitalité, mélange de générosité, de convivialité et de simplicité, n’est pas une légende dans ce pays où l’on aime conter des histoires. Les théâtres font le plein et les spectacles et concerts abondent. C’est ici qu’a lieu depuis 1954 le plus grand carnaval d’hiver de toute l’Amérique.

La 60e édition du Carnaval de Québec, qui se déroulera du 31 janvier au 16 février 2014, promet de surpasser encore les précédentes. Il suffit de jeter un œil sur sa programmation (3) pour avoir le goût de sortir. Partir à la rencontre de « Bonhomme Carnaval », un bonhomme de neige qui roule ses rondeurs parmi les festivaliers, admirer les sculptures sur neige, assister à des courses de traîneaux à chiens ou de canots à glace (qui font jusqu’à trois fois la traversée du Saint-Laurent, mi-eau mi-glaces, tout de même!) ou se laisser aller à jouer avec l’hiver, en famille ou entre amis, à se promener en carriole à chevaux, à faire des glissades en luge ou à prendre un bain de neige avant de se réchauffer dans une cabane à sucre, « c’est bin bin l’fun ». En toute authenticité.

Un hôtel tout de glace

La magie de l’hiver ne se résume pas à deux semaines de carnaval, elle dure bien tout l’hiver. À l’hôtel de glace par exemple (4). Un vrai hôtel de 44 suites et chambres, tout en glace, du lit au plafond, du siège au verre à boissons (servies avec ou sans glaçons!).

Reconstruit chaque année, ouvert de début janvier à la quasi fin mars, cet établissement éphémère n’a jamais la même configuration mais toujours le même esprit: faire du froid un allié et de la glace une œuvre d’art. La stupéfaction passée, le confort – oui le confort! – demeure, spa et sauna de plein air compris. À l’intérieur, il n’y fait pas (si) froid, les épaisseurs de glace protégeant des vents et de la « poudrerie ».

Ce vaste igloo translucide, où la lumière vient des bougies et les couleurs prennent des teintes d’aquarelle, dispose d’une chapelle où l’on se marie en réservant longtemps à l’avance. L’établissement propose aux entreprises (ou aux groupes) de privatiser leurs événements pour un « cinq à sept givrés », un atelier de sculptures sur neige, une soirée de contes et légendes ou encore un séminaire de travail (en association avec l’hôtel Sheraton tout proche). Incentives éphémères certes, mais inoubliables certainement!

Enfin, comme 800 000 personnes déjà depuis 2001, il est tout simplement possible de visiter cet hôtel hors du commun, à dix minutes à peine du centre-ville de Québec. Les groupes à partir de 15 pax bénéficient même d’une visite guidée.

En visite chez les Hurons

Tout aussi dépaysant pour des Européens, le village wendat (huron) de Wendake (5) constitue un voyage en soi, à travers le temps, la culture et les traditions amérindiennes de la région. En un quart d’heure de route, on passe ainsi du château Frontenac à la « maison longue » d’un ethno-musée préservé, le site traditionnel huron « Onhoüa Chetek8e » (« D’Hier à aujourd’hui »). Ouvert toute l’année – mieux vaut toutefois réserver si l’on s’y présente avec un groupe – il offre plusieurs services (restaurant, boutique d’art et d’artisanat, librairie, bijouterie, visite guidée par un Wendat costumé) témoignant aussi bien de l’essence même de la culture huronne que de sa capacité d’adaptation. La possibilité de rencontrer le chaman, de participer à des rituels spirituels, d’assister à un spectacle de danses et chants amérindiens est également offerte.

Mais le cœur même du village, où sont éparpillés tipis, séchoirs et fumoirs à viande, demeure l’« anonchi », la maison longue en langue huronne, qui pouvait abriter tout un clan, de 30 à 50 personnes, reflétant dans son aménagement la structuration sociale de la communauté.Cet habitat semi-permanent fait la part belle aux matériaux à disposition localement. L’assemblage de billots de bois, tenus par des cordages fabriqués à partir de peaux d’animaux, le tout recouvert d’une voûte en écorce d’ormes, donne une idée in situ du savoir-faire des artisans hurons, peuple d’agriculteurs, de chasseurs puis, avec la rencontre des Européens, de négociants. La formule est différente au musée Wendat-Huron, associé à l’hôtel de charme des Premières Nations (6), également à Wendake, mais l’objectif est le même: faire connaître le mode de vie des Amérindiens de Québec et comprendre leur culture, objets, matériaux et pédagogie à l’appui.

L’hôtel lui-même, qui associe charme, design et traditions, reflète aussi l’adaptation de cette culture au fil du temps. Le restaurant propose une cuisine nordique, polaire, où même les recettes et produits de l’Arctique sont proposés. La terrasse ouverte sur la rivière et les bouleaux est accueillante, même en hiver. Des bancs et des tables sculptés dans la neige et la glace permettent de profiter des rayons de soleil en respirant un grand bol d’air de fraîcheur et de tranquillité sous un ciel bleu lumineux. À moins de préférer un peu d’activité et de partir en randonnée en raquettes, comme le propose en cette saison l’hôtel des Premières Nations, avant de revenir s’y réfugier autour d’une chaude collation ou de retourner à son séminaire dans l’une des salles de conférence de l’établissement. Et pourquoi ne pas se laisser captiver par une exposition temporaire du musée ou une visite des principaux sites de Wendake (7)?

Cascades de glace

S’il n’y a aucune raison de s’ennuyer en restant plusieurs jours à Québec, la tentation est grande de plonger dans son arrière-pays. L’avantage de la capitale provinciale est de pouvoir rayonner dans les environs et de découvrir des paysages bien différents sans avoir trop de kilomètres devant soi. Vers le nord ouest, en restant sur la rive gauche du Saint-Laurent, en se rendant dans le Charlevoix (8) par exemple.

Rien n’est plus simple, puisqu’un train privé grand confort y conduit en moins de deux heures. Départ aux chutes de Montmorency, haut lieu d’activités de plein air, hiver comme été (9), pour les citadins de Québec. À moins d’une demi-heure de la capitale, ces cascades figées dans la glace et hautes de plus de 80 m (30 m de plus que celles du Niagara) offrent un spectacle féérique au petit matin – le train part tôt – quand le bleu de la nuit le dispute encore au bleu céleste du jour qui s’annonce.

Mais le spectacle ne fait que commencer. Le Train du Massif de Charlevoix (10) est conçu pour offrir un voyage panoramique avec ses larges baies ouvrant sur la nature si proche, à travers champs et forêts, en longeant pendant près de deux heures le Saint-Laurent, qui ressemble davantage à un immense lac gelé qu’au puissant fleuve qu’alimentent les Grands lacs d’Amérique. Par moments, ses rives sont si proches que le passager a l’impression de glisser directement sur une mer arctique. Mais bien au chaud, en profitant d’un petit-déjeuner aussi frais que savoureux! À bord, les discussions vont bon train aussi, convivialité et joie du voyage se mêlant avec en perspective une journée de ski au Massif, à moins de continuer plus loin jusqu’à Baie-Saint-Paul, sorte de Honfleur québécois, avec ses artistes, artisans et galeries d’art, ou de pousser jusqu’à La Malbaie, villégiature nature s’il en est.

Bosses, poudreuse et luge

Mais l’objectif du jour est bien de skier. À la descente du train, une télécabine emmène directement les amateurs de glisse vers la station (11), où certains choisissent de rester plusieurs jours.

Le domaine du Massif de Charlevoix, développé par Daniel Gauthier, ancien président-fondateur du Cirque du Soleil, s’étend sur près de 165 hectares. Outre l’espace, somme toute assez vaste, il offre sur ses 770 m de dénivelé (de 806 à 36 m d’altitude) des opportunités pour tous les niveaux.

Les skieurs de piste ont le choix entre 52 itinéraires, parfois en sous-bois, des pistes noires mais aussi des vertes pour débutants et beaucoup de bleues pour les skieurs moyens. Les amateurs de hors piste peuvent opter entre cinq voies pour profiter de la poudreuse. Ceux qui pratiquent des sports de glisse plus nouveaux, comme le surf et ses variantes ou le ski de bosses, ou plus anciens comme le télémark et le ski de fond, ont aussi de quoi se faire plaisir. Les lugeurs sont également de la fête avec un parcours de 7,5 km aménagé sur le mont Liguori (800 m d’altitude).

L’enneigement, naturel ou artificiel, est conséquent et de toute façon, par − 30 oC, deux fois la température minimale habituelle de janvier, même sous un soleil radieux, la neige n’est pas vraiment décidée à se transformer. Last but not least, des offres groupes à partir de 20 pax permettent de découvrir la montagne, été comme hiver, selon des formules sur-mesure.

Ski au balcon

Mais quelle que soit l’activité choisie ou la formule retenue, le plus fascinant au Massif est cette impression de plonger vers le Saint-Laurent. Face aux pistes, une immensité plane et gelée, blanchie par l’hiver à perte de vue. Il n’y a pour ainsi dire qu’un seul versant et, pour le coup, il verse vraiment, basculant vers le fleuve. comme si l’on skiait au balcon. Pour les tisons, il y a plusieurs restaurants et hébergements, notamment l’hôtel La Ferme à Baie-Saint-Paul, construction récente de 145 chambres et lofts associant les matériaux naturels dans une harmonie de pastels apaisante (12).

La saison n’est pas aux pâquerettes ni aux crocus, on y fait du patin à glace plutôt, mais l’ensemble est très bucolique. Et comme tout est habilement conçu, le train du Massif fait halte à deux pas de l’hôtel, au milieu des prés. Retour vers le sud, vers la capitale provinciale et même plus au sud encore, en Mauricie (13) située à égale distance des deux principales villes de la Belle Province, Montréal et Québec.

Pêche aux chenaux

Comme pour se mettre en appétit, en entrant dans la Mauricie en venant de Québec, voilà le petit village de pêche de Sainte-Anne de la Pérade (14) qui renaît chaque hiver, avec ses petits cabanons multicolores posés sur la glace de la rivière Sainte-Anne. En famille, entre amis, en groupe, on vient y pêcher, de jour comme de nuit, le poisson des chenaux qui frétille sous la croûte gelée. Chaud dedans, froid dehors, comme il se doit au Québec où la convivialité l’emporte partout. Et particulièrement dans les cabanes à sucre.

En arrivant à Trois-Rivières, principale ville de la Mauricie, sur le Saint-Laurent, une halte « Chez Dany » s’impose (15). Cette cabane à sucre a l’avantage de fonctionner et d’accueillir des groupes toute l’année et pas seulement durant le « temps des sucres », qui ne dure que quatre à six semaines, de la mi-mars à la fin avril, quand les érables rendent leur eau bientôt transformée en sirop.

Feu de bois et soupe aux pois

« Chez Dany », c’est autant pour goûter à cette curiosité que pour l’ambiance que les touristes et les gens du pays passent à la cabane à sucre. L’atmosphère est à la bonne humeur, au son de l’accordéon, des « tounes » du Québec, de France ou d’ailleurs que le public peut reprendre avec les musiciens, le tout rythmé par les cuillères de bois qui s’entrechoquent. Il suffit de pas grand chose pour transformer un déjeuner collectif en une fête de famille. Un feu de bois, une soupe aux pois, et c’est toute la chaleur du pays qui remplit les cœurs et les esprits. Après les fèves au lard, l’omelette, les pommes de terre et un petit verre de caribou, un peu alcoolisé, voilà les crêpes au sirop d’érable, à moins de leur préférer, en plus léger, la « tire sur la neige », un sorbet instantané… au sirop d’érable.

Quand vient le temps des sucres, on tient vraiment le bon bout. L’hiver livre encore son givre mais les jours s’adoucissent. Au « centre d’interprétation » de Chez Dany, les visiteurs les plus curieux ont de quoi satisfaire leur désir de savoir. Tout juste s’ils n’en ressortent pas acériculteurs, métier de celui qui récolte et fabrique le sirop d’érable! Les autochtones savaient déjà en tirer partie. Les Québécois en ont fait leur spécialité, contrôlant plus de 80 % du marché. Mais c’est avec plaisir qu’ils livrent leur secret aux touristes, appelés à tout savoir de la montée de la sève sous l’écorce de l’une ou l’autre des espèces d’érables à l’approche du printemps, et à découvrir comment récolter le nectar venu du plus profond des racines de ces arbres matures (ils doivent avoir au moins 40 ans) qui prennent à l’automne de si chatoyantes couleurs.

Acériculteur d’une heure, à Trois-Rivières, le visiteur peut aussi se faire papetier le temps d’une visite au centre Boréalis (16) installé dans le bâtiment de filtration de l’eau d’une ancienne usine de pâte à papier de la société Canadian International Paper. Elle est logiquement implantée sur le bord du fleuve au confluent de plusieurs cours d’eau, ce qui permet de jouir d’une jolie vue sur le Saint-Laurent depuis la terrasse du restaurant qui ouvre durant l’été.

Mettre la main à la pâte… à papier

Tout récent et aménagé avec un sens poussé de la didactique, ce musée offre aux groupes de 20 personnes au moins des conditions avantageuses et leur propose même diverses activités. Par exemple: un rallye-découverte sous les immenses voûtes où l’eau était autrefois filtrée et purifiée ou encore la création artisanale d’une feuille de papier, en la personnalisant de motifs décoratifs. Ce jeu d’enfant, en suivant bien les consignes, ne déplaira pas aux grands non plus. L’occasion de révéler un talent créatif peut-être même, au moins de mettre la main à la pâte… à papier!

En tout cas voilà une activité bien moins risquée que celle des draveurs qui, durant tout le XXe siècle, ont permis d’alimenter en billes de bois la demi-douzaine d’usines à papier de Trois-Rivières. Les films et les photos sont impressionnants, qui les montrent en équilibre sur des billots de bois flottant sur les rivières et les torrents tumultueux qui les charrient.

Ces bûcherons, qui avaient passé l’hiver dans les forêts de Haute-Mauricie, avaient pour mission au moment de la débâcle de faciliter l’écoulement vers les papeteries des bois qu’ils avaient coupés et entreposés sur les cours d’eau et lacs gelés. Armés de draves (de longs pics), ils orientaient les millions de pitounes (troncs écorcés d’1m20 environ) qui dévalaient les rivières, débloquaient des barrages qui se formaient du fait de l’entassement des billots, triaient les lots des différents commanditaires, à la manière de bergers qui ramèneraient leurs troupeaux au bercail. Mais, grâce à eux, la cellulose finira papier, non sans avoir été filtrée, décantée, purifiée à grandes eaux, des millions de tonnes d’eau. Et le papier, lui, finira journal, vendu à la criée dans les rues de New York ou de Montréal, sans que les draveurs ne fassent jamais la Une, juste malheureusement parfois la rubrique des faits divers.

Ce temps-là est révolu depuis 1995, quand le transport par route a définitivement remplacé la voie d’eau. Et des papeteries, il n’en reste plus guère à Trois-Rivières (17), où le tourisme, les congrès et les activités de loisir remplacent progressivement l’industrie.

Orignaux et ours bruns

La vocation première de la Mauricie reste la nature, dans ce qu’elle offre de paysages champêtres, de forêts profondes, de parcs peuplés d’orignaux ou d’ours bruns et de rivières. Eté comme hiver. Et l’hiver est là, avec ses routes bordées de « bancs de neige » mais parfaitement praticables, y compris en s’enfonçant dans le pays profond, au delà de Shawinigan. La nature, au Québec, on fait avec.

C’est le cas à la station-hôtel Floribell (18) de Saint-Elie-de-Caxton. Cet ensemble tenu par la famille Gauthier qui y met toute sa passion conjugue prestations hôtelières, restaurant et activités de détente variées au gré des saisons. Il a en outre une prédilection: accueillir les groupes comme à la maison, que ce soit dans son restaurant, qui dispose de plusieurs salles et propose des menus traditionnels, familiaux pour ainsi dire avec de bons produits et des recettes maison, ou à l’hôtel même. Les 32 chambres de l’établissement sont à la fois vastes et aménagées comme des studios, avec même la possibilité de faire son feu de cheminée dans certaines d’entre elles et en toute sécurité. Douillet à l’intérieur, rude dehors. Mais, même dans ces excellentes conditions, il serait dommage de ne pas mettre le nez à l’extérieur pour profiter de la localisation exceptionnelle de cet établissement sur les bords du lac Bell et de la multitude de ses prestations pour lesquelles le matériel est fourni.

Raquettes au clair de lune

Pourquoi ne pas chausser les skis de fond, par exemple, et pousser sur les bâtons à travers le lac entièrement gelé sous son tapis neigeux pour partir à la découverte de la station de villégiature aux jolies maisons typiques du Canada? Envie de tester la trottinette des neiges, sorte de luge haute sur laquelle on peut s’appuyer d’une jambe tout en poussant de l’autre? C’est possible! La même chose, mais avec des chiens de traîneau qui fournissent le gros des efforts? Il suffit de le demander! Tenté par une randonnée nocturne avec les raquettes aux pieds à travers les petites montagnes qui entourent le lac? Qu’à cela ne tienne! À la lueur de lampes de mineur, par moins 28 oC., la randonnée transforme l’effort en moment magique, où les reflets de la lune et de la neige se répondent pour créer une ambiance irréelle. Partisan du moindre effort? Une sortie en motoneige à travers les forêts par des chemins qui vont de lac en lac peut être envisagée. Et pour se tenir chaud, rien de tel que de patiner sur les rives du lac ou de se livrer à une partie de ringuettes (une forme de hockey qui se joue en petites équipes, avec ou sans patin) bon enfant. À ce rythme, les journées d’hiver ne sont pas assez longues, surtout que dans ce havre de paix on finit par tout oublier, loin de tout sauf de la nature.

Immersion dans la nature

Pour s’éloigner encore davantage de la civilisation, il faut s’aventurer plus profondément encore dans les bois jusqu’à trouver une « pourvoirie », un relais de chasse et pêche. On en recense 650 à travers toute la province, certaines très sommaires, d’autres plus sophistiquées qui, à l’instar de la Pourvoirie du lac Blanc (19), ne gardent que le meilleur de la modernité pour mieux laisser apprécier ce retour soudain à la nature.

Le sentiment d’être au bout du monde gagne à l’approche de la pourvoirie, à plusieurs kilomètres du premier village, en l’occurrence Saint-Alexis-des-Monts. Neige et forêts sont au rendez-vous, reste à atteindre la pourvoirie qui au détour d’un virage apparaît, tel un paquebot illuminé sur la vaste mer. Ce gros chalet-auberge, entouré d’autres, plus petits, éparpillés alentour, réserve un accueil chaleureux, tant dans son excellent restaurant qu’à la réception des hébergements.

Tout est fait pour se sentir à l’aise, comme si l’on était déjà là depuis longtemps, ou l’on faisait partie de la famille. Les problèmes, ici, on les oublie. D’ailleurs il n’y a que des solutions. Les formules d’hébergement sont diverses et particulièrement adaptées aux groupes, minigroupes ou plus grands d’ailleurs, y compris pour des incentives qui peuvent trouver à la pourvoirie de Gaston Pellerin et de sa famille leur terrain de jeu idéal. D’ailleurs en cette fin janvier, une trentaine de salariés d’une grande entreprise des Pays-de-Loire y séjournent pour quelques jours grâce à leur comité d’entreprise. Un autre groupe de Français, des agriculteurs venus d’un peu partout, fait également étape à la pourvoirie décidément très prisée par les collectivités françaises. À juste titre d’ailleurs. Les prestations y sont remarquables, les chambres vastes, tout comme les lits et les salles de bain, les repas à l’auberge plus que copieux et tout ce qu’il y a de plus savoureux.

Mais on ne vient pas au bout du monde juste pour être sûr de bien dormir et de bien manger. On y vient surtout pour s’immerger dans la nature.

Nul besoin d’être expert ou chevronné pour goûter aux joies de l’hiver, version pourvoirie. L’équipement est fourni, les conseils aussi. C’est peu de dire que l’encadrement est à la fois compétent et chaleureux. Les guides, par leur gentillesse et leur patience, leurs connaissances et leur goût pour faire partager leurs passions, contribuent à faire de ce séjour une parenthèse d’exception.

Des regards bleus étonnés

En un rien de temps, les visiteurs sont mis à l’aise, y compris face à des activités inédites pour eux. Et les voilà carracolant derrière des chiens de traîneau, poussant dans les montées, dirigeant une meute patiente qui jette des regards bleus étonnés quand le husky de tête se demande quelle direction le nouveau musher entend donner à leur attelage. À travers bois et lacs, l’expérience montre qu’il ne suffit pas de se laisser tirer, il faut bel et bien partager avec les chiens les efforts à fournir pour avancer dans la neige.

La conduite d’un motoneige, un skidoo comme il est souvent dit là-bas, n’est pas non plus que du repos. Car la pourvoirie est vaste − 3 500 hectares tout de même!- et propose même aux plus fondus des pilotes de suivre une boucle de 140 km, jusqu’à Saint-Elie-de-Caxton à travers les hauts et les bas des forêts séculaires de la Mauricie, longeant un lac par ci un torrent par là, tous gelés comme il se doit.

Pour goûter au silence absolu, promenades en raquettes ou randonnées à ski de fond offrent l’avantage d’un tête à tête avec la nature. La neige figée dans un froid polaire crisse en se tassant au passage de ces aventuriers motivés, désireux de tout savoir de la vie des castors ou de la chasse à l’orignal, de l’âge des arbres à la récolte des baies sauvages.

Les guides de la pourvoirie sont eux-mêmes chasseurs, cueilleurs ou pêcheurs, passionnés de la vie au grand air et des prodiges de la nature. Ils vivent en communion avec leur environnement de prédilection, connaissant la moindre trace d’animal, le moindre bourgeon, à l’instar de Tony, qui ne manque jamais d’anecdotes sur la trappe, la chasse au chevreuil ou les rencontres fortuites avec des animaux, ou de Simon, davantage versé dans les plantes et la végétation. À les entendre, on a l’impression de se rapprocher des pionniers, des défricheurs de ces contrées, qui n’avaient d’autre choix que de s’adapter à la nature, de ressentir la modestie qui s’impose à l’homme quand l’environnement dicte ses lois.

Tromper l’hiver et les poissons

Avec le temps, les Québécois ont pris le parti de composer avec la nature, non sans perfectionner les techniques pour défier le froid ou pour creuser un trou dans une glace de plusieurs dizaines de centimètres d’épaisseur à la surface d’un lac gelé. Tout ce monde qui frétille là-dessous guette la lumière autant que le printemps et se laisse facilement berner pour voir le jour en mordant à l’hameçon. La truite sera consommée sur place, grillée pour avoir cru trop tôt à la fin de l’hiver et au retour des vermisseaux.

Pour tromper l’hiver, les hommes ont d’autres moyens. À commencer par ceux mis à la disposition des visiteurs de la pourvoirie: spa, piscine, bains à remous, sauna ajoutent à la détente de l’esprit la relaxation du corps. Rien de tel aussi qu’une bonne ambiance pour marier les deux. Après une petite marche en suivant un chemin balisé par des flambeaux qui conduit jusqu’à une cabane de bois un peu rudimentaire les groupes qui retiennent ces prestations peuvent déguster du gibier autour d’un feu de camp ou plus simplement prendre l’apéritif sous de grands arbres avec les oiseaux et les étoiles pour seuls témoins… Les conversations vont bon train et les histoires coulent aussi naturellement que l’eau des érables.

Des histoires de la Belle Province qui s’ajouteront à ses propres histoires quand, de retour en France, il y aura tant à dire sur les joies de l’hiver, le vrai hiver, au Québec (20).

Ces « quelques arpents de neige » dédaignés par Voltaire valent aujourd’hui de l’or pour les touristes en mal de sensations sans risque et de dépaysement dans sa propre langue, celle de Molière, moins vipère pour les Québécois que celle de Voltaire.

11 km de large entre Québec et Lévis, 70 km à son estuaire, jamais moins de 5 km sur tout son parcours.

www.quebecregion.com

http://carnaval.qc.ca

www.hoteldeglace-canada.com

www.wendake.ca

www.hotelpremieresnations.ca

www.tourismewendake.com

www.tourisme-charlevoix.com

www.sepaq.com/ct/pcm/

www.lemassif.com/fr/train

www.lemassif.com/fr/montagne

www.lemassif.com/fr/ferme

www.tourismemauricie.com

www.poissons-des-chenaux.com

www.cabanechezdany.com

www.borealis3r.ca

www.tourismetroisrivieres.com

www.floribell.com

www.pourvoirielacblanc.com

www.bonjourquebec.com

Pratique

À Québec

L’ hôtel Marriott-Québec est situé en plein centre de la haute-ville, à deux pas des plaines d’Abraham, du château Frontenac et des rues les plus commerçantes de la ville. Les chambres des étages supérieures offrent une vue imprenable sur la capitale provinciale, le Saint-Laurent et l’île d’Orléans. Le confort est à la hauteur.

www.marriott-quebec.com

L’Hôtel de glace constitue une option originale assurément, mais l’expérience n’a pas vraiment d’intérêt au-delà d’une nuit (voir texte), en réservant très longtemps à l’avance.

www.hoteldeglace-canada.com

L’Hôtel de charme des Premières Nations à Wendake est certes à trente minutes du centre-ville, mais ses prestations et son confort sont particulièrement séduisantes (voir texte).

www.hotelpremieresnations.ca

À Charlevoix

La station du Massif de Charlevoix propose diverses formules d’hébergement, notamment dans son hôtel de Baie-Saint-Paul, La Ferme. Des chambres décorées avec goût, joignant plaisir et confort, ambiance jeune et sympathique et cuisine inventive.

www.lemassif.com/fr/planifier/forfaits

www.lemassif.com/fr/ferme

En Mauricie

L’hôtel Floribell, sur les bords du lac Bell, est tout indiqué pour les groupes, dans la limite de ses 32 chambres. Il respire une atmosphère familiale, où l’on se met en quatre pour faire plaisir à ses hôtes, à ses clients pardon. Nombreuses activités à prévoir (voir texte)!www.floribell.com

À la Pourvoirie du lac Blanc, où l’on séjourne autant pour son haut niveau de prestations, la qualité de ses hébergements et de sa restauration que pour une immersion dans la nature avec à la clé de multiples services (voir texte).

www.pourvoirielacblanc.com

Pour aller au-delà

La diversité d’activités et de prestations proposées au Québec, à des tarifs raisonnables au regard des prix européens, permet de créer des voyages sur mesure. Les groupes de toutes tailles sont pris en compte par la plupart des prestataires, bénéficiant souvent de conditions avantageuses ou de services complémentaires.

www.bonjourquebec.com

www.quebecregion.com

www.tourisme-charlevoix.com

www.tourismemauricie.com

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