OT Depuis le 1er juillet dernier, l’office de tourisme de Chambéry n’est plus. Il a laissé place à Chambéry Tourisme et Congrès. Un changement de nom qui fait suite à un regroupement de différents services. Une réorganisation qui, cependant, ne bouleverse en rien l’activité du service réceptif groupes de la structure institutionnelle.Bien au contraire.
Elle est située à 270 m d’altitude, entre lacs et montagnes. Elle est la « porte des Alpes », celle qui ouvre aussi sur trois parcs (ceux des Bauges, de la Chartreuse et, un peu plus loin de la Vanoise). Elle est « ville d’art et d’histoire ». Elle a comme un parfum d’Italie, côté Piemont, mais est française depuis 1860. Elle? C’est Chambéry en Savoie. « En 1563, la capitale des États de Savoie est transférée à Turin, mais la cité des ducs conserve un statut particulier au niveau administratif, et de grandes familles piémontaises viennent s’y installer », évoque Gérard Charpin, chargé de promotion à Chambéry Tourisme et Congrès.
Aujourd’hui, l’influence architecturale piémontaise se ressent tant au niveau du plan que des décors peints en trompe-l’œil (dans le centre-ville, mais aussi à la Sainte-Chapelle, dans la Cathédrale Saint François de Sales sur une surface de 6 000 m2!,…). Une grande rue à arcades, des murs aux couleurs vives, des passages couverts appelés « les allées », des hôtels particuliers aux façades surmontées de larges corniches, des cours carrées intérieures,… Rues et places chambériennes affichent sans complexe un air venu du Piémont voisin (Chambéry dispose de l’un des plus grands secteurs sauvegardés de France qui s’étend sur 17 hectares). Un côté italianisant qui fait la spécificité de la ville.
Mais, ce n’est pas tout. Car il y a aussi le château des Ducs et Comtes de Savoie. Son histoire est racontée dans l’aile médiévale, tandis que la Tour Trésorerie, la tour demi-ronde ou encore la Sainte-Chapelle constituent d’autres étapes de visite. On s’arrête aussi au Théâtre (à l’italienne) Charles Dullin pour sa grande salle en fer à cheval avec quatre séries de galeries superposées. Quant à l’hôtel de Cordon, architecture et patrimoine y sont à l’honneur, et constituent une bonne entrée en matière pour explorer la ville (il est le point de départ des visites guidées). Chambéry, que l’on découvre à pied ou à bord d’un petit train touristique, c’est aussi la cité de Jean-Jacques Rousseau, comme en témoigne le musée des Charmettes, autrefois maison de campagne de celui qui fut à la fois écrivain, philosophe et musicien (il y séjourna de 1736 à 1742). Un jardin botanique complète la découverte du lieu. Dans un tout autre genre, citons également le musée des Beaux-Arts. Rénové en 2012, il « possède entre autres une prestigieuse collection de peintures italiennes du XIVe au XVIIIe siècles », relève Gérard Charpin. Il faut y ajouter le musée Savoisien, reflet de l’histoire et des cultures de Savoie, installé dans un ancien couvent franciscain (attention: il fermera ses portes fin 2014 pour être rénové). Saviez-vous enfin que Chambéry dispose du plus grand carillon français? « Nous pouvons spécialement accueillir les groupes au son de ses 70 cloches, et sur des airs qu’ils auront préalablement choisis », glisse Gérard Charpin. Des groupes, qui constitue une cible privilégiée par l’office de tourisme depuis les années 80.
La structure institutionnelle, alors baptisée syndicat d’initiative Chambéry et de la Savoie, a été l’une des premières créées en France (c’était en 1896). Avant de devenir office de tourisme de Chambéry,… et depuis le 1er juillet dernier Chambéry Tourisme et Congrès, « qui regroupe désormais toutes les activités de l’office de tourisme, ainsi que celles du service Congrès et de Chambéry Promotion rassemblant les structures Ville d’Art et d’Histoire, les guides conférenciers ainsi qu’un service traitant tous événements liés à la thématique montagne », détaille Gérard Charpin. Les différentes structures de promotion et de commercialisation touristiques de Chambéry sont donc rassemblées dans une même entité, constituée sous forme d’un Epic (Établissement public à caractère industriel et commercial). « La mutualisation des moyens et la mise en place d’une démarche commerciale commune permettra de faire de Chambéry une destination touristique à part entière », ajoute pour sa part Éric Debruère, le nouveau directeur de Chambéry Tourisme et Congrès. Une nouvelle entité rassemblant désormais une quarantaine de personnes.
Cette « unification », qui est passée par une réorganisation des différents services, a laissé en bonne place celui dédié à la clientèle groupes. Deux personnes y sont rattachées, dont Gérard Charpin. « Chambéry s’est positionnée sur ce marché dès les années 80, raconte-t-il. Lorsque j’ai intégré la structure institutionnelle en 1987, une de mes missions a notamment consisté à développer l’offre groupes, car n’étaient alors principalement organisées pour cette clientèle que des visites guidées sèches de la ville ». Matérialisées alors sur de simples feuillets. L’offre va donc s’étoffer d’abord en terme de découvertes thématiques sur la ville, puis viendront s’ajouter des suggestions de forfaits en demi-journée et journée complète. La première brochure dédiée voit le jour en 1989
La brochure actuelle – bilingue… et très colorée! – fait dès les premières pages la part belle à une découverte de la ville, à travers les classiques et les thématiques (Jean-Jacques Rousseau par exemple, mais aussi Chambéry côté nature, côté montagne,…), avant de laisser la place aux forfaits (demi-journée et journée complète). « Nous mentionnons chaque étape avec la durée et le nombre de kilomètres à parcourir, que nous complétons par des encadrés descriptifs des sites suggérés, détaille Gérard Charpin. Ces étapes concernent plus particulièrement les alentours de Chambéry ». À l’exemple de celles qui se situent autour du Lac d’Aiguebelette ou encore du lac du Bourget. Mais aussi le parc naturel régional des Bauges, celui de la Chartreuse,… En Savoie donc, mais aussi en Haute Savoie avec le château de Montrottier à Lovagny ou les jardins secrets de Vaulx. Poussant même jusqu’en Isère avec le musée de la Grande Chartreuse à St-Pierre-de-Chartreuse ou aux caves de la Chartreuse à Voiron! Une sélection d’hôtels et restaurants vient compléter l’ensemble. « La brochure constitue une vitrine de tout ce qu’il est possible de faire à Chambéry et dans ses environs, mais bien sûr nous créons tout programme sur mesure », indique Gérard Charpin. Les prix sont établis sur la base de 30 personnes, et en général deux gratuités sont appliquées, l’une pour le conducteur, l’autre pour l’accompagnateur. La brochure est diffusée par mail, avec un lien, permettant de la télécharger, et plus particulièrement à destination des prospects. Le format papier (environ 1 000 exemplaires chaque année), lui, est envoyé par courrier aux clients fidèles. Ils peuvent être professionnels (ils sont principalement Français, Italiens, Suisses, Espagnols ou encore Anglais) ou issus du milieu associatif.
« Comme nous ne recevons aucune commission des prestataires mentionnés en brochure – sites ou hôteliers/restaurateurs – nous leur demandons en échange de s’acquitter d’une cotisation annuelle (variable selon chacun d’entre eux, ndlr) pour y figurer, précise Gérard Charpin. Leurs coordonnées sont indiquées, ce qui leur permet aussi de travailler en direct. Car notre objectif n’est pas de faire du chiffre à tout prix, nous sommes avant tout office de tourisme, et notre mission première est la promotion de l’ensemble de l’offre touristique ».
Une offre qui, en ce début de mois de septembre, devrait être encore plus visible qu’elle ne l’est aujourd’hui sur le site web de Chambéry Tourisme et Congrès. Et pour cause: le site a été « totalement relooké, et présente un aspect plus interactif dans sa partie dédiée aux groupes », annonce Gérard Charpin. Ainsi, forfaits autres que ceux présentés en brochure, offres spéciales, photos, vidéos,… devraient y être dévoilés. Avec aussi de nouvelles suggestions de programmes autour du goût, thème choisi par Chambéry pour 2014.
Pendant plusieurs années, deux brochures seront éditées, l’une rassemblant les visites sèches et les packages, une autre regroupant les hôtels et les restaurants.
En 2012, le service réceptif groupes de Chambéry Tourisme et Congrès a réalisé un chiffre d’affaires de 108 535 euros (uniquement sur les packages), dont 90 % générés par les groupes loisirs, 10 % par les groupes scolaires et 10 % également pour les groupes affaires. L’an passé, toujours, 73 groupes ont été accueillis (soit 3 089 pax), principalement en provenance des régions Rhône-Alpes et de Provence Alpes Côte d’Azur. Côté groupes étrangers, ils se partagent entre Italiens, Espagnols, Suisses et Russes. « Les groupes français viennent à 90 % sur des formules journée », précise Gérard Charpin, chargé de promotion au sein de Chambéry Tourisme et Congrès. Les professionnels (autocaristes, agences de voyages et tour-opérateurs) amènent 50 % de cette clientèle. L’autre moitié étant à l’initiative des associations et des clubs. Parmi les sites les plus vendus en 2012, on trouve en premier le château des Ducs de Savoie et la Sainte Chapelle, puis le centre ancien de Chambéry, et enfin le musée des Charmettes (maison de Jean-Jacques Rousseau). Par ailleurs, les visites guidées sèches, traitées par le Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine (Ciap), ont attiré 9 860 pax en groupe adultes et 14 366 pour les groupes scolaires. Et le château des Ducs de Savoie (en deux heures) remporte, là encore, tous les suffrages.