Initiative. Fondu de Jura est le nom d’un collectif rassemblant différents prestataires jurassiens, basés à Lons-le-Saunier et alentour. Sa particularité? Jouer sur une gamme de produits touristiques originaux, ludiques et humoristiques. Sa cible? Exclusivement les groupes constitués, loisirs et affaires.?Rencontre avec Philippe Markarian, initiateur et aujourd’hui coordinateur.
L’union fait la force, dit-on. Une devise , en tout cas; à laquelle Fondu de Jura ne manque pas de s’appuyer. Car sous ce nom se cachent dix prestataires jurassiens installés à Lons-le-Saunier et aux environs de la ville (voir notre encadré). Ils sont tous différents, mais réunis dans un même objectif: promouvoir une destination à travers des offres inédites, auprès des professionnels du tourisme de groupes (et en premier lieu les autocaristes) mais aussi des entreprises. Fondu de Jura est opérationnel depuis le printemps 2013. À l’origine de sa création: Philippe Markarian, directeur de La Maison de la Vache qui rit, et coordinateur de ce collectif.
Pour expliquer la création de Fondu de Jura, il faut commencer par La Maison de La Vache qui rit, consacrée – comme son nom l’indique – au célèbre fromage. Elle a ouvert ses portes en 2009 sur le site même où furent fabriquées les premières boîtes en 1921. « Dès la première année d’exploitation, il s’agissait de faire fonctionner la structure, avant de nous lancer l’année suivante dans une politique d’animations et de communication pour attirer, dans un premier temps, une clientèle régionale, explique Philippe Markarian. En 2012, une fois cette première étape effectuée, nous avons souhaité faire ce même travail à destination de la clientèle groupes. Mais, si La Maison de la Vache qui rit avait une attractivité claire, cela ne devait pas cacher aussi nos faiblesses. La pratique montrait que ce qui était jusqu’alors proposé aux groupes n’était pas forcément suffisant pour déclencher la venue de cette clientèle spécifique dans notre département ». Aujourd’hui, la découverte du site se fait par le biais de visites libres et guidées, des animations, tandis qu’un auditorium permet de répondre aux groupes affaires pour l’organisation de séminaires, des conférences ou encore des réunions de travail. D’où la nécessité (et la volonté) d’apporter des prestations supplémentaires. « En discutant avec d’autres opérateurs touristiques de Lons-le-Saunier et de ses environs, quels qu’ils soient, nous nous sommes rendus compte que nous avions les mêmes problématiques, poursuit Philippe Markarian. Nous avions tous des atouts mais aussi des faiblesses dans l’offre que nous proposions ». La solution allait vite s’imposer: travailler ensemble! Avec pour objectif de permettre à des groupes, qui auraient parcouru de nombreux kilomètres de pouvoir profiter pleinement de leur venue sur au moins une journée complète, et de ne pas se limiter à deux ou trois heures sur un même site. Pour mener à bien ce projet, Philippe Markarian va se tourner vers le comité départemental du tourisme du Jura. Peine perdue. « Nous n’avons trouvé qu’un intérêt – je dirai – poli à l’encontre de notre démarche, explique -t-il. Il est vrai que la structure institutionnelle promeut déjà l’ensemble des sites jurassiens, dont ceux basés à Lons-le-Saunier, et dans ce contexte, elle ne souhaitait pas démultiplier les offres, ce que je peux comprendre ».
Le projet n’est pas abandonné pour autant. Bien au contraire. l’appellation « Fondu de Jura » voit le jour fin 2012, en ne s’appuyant sous aucune forme juridique. C’est juste un nom, une marque, pour promouvoir l’offre de ses membres, qui, par ailleurs, ne sont liés par aucun contrat.
Une offre à laquelle vont s’atteler les dix prestataires réunis (et unis) dans ce projet. Fallait-il créer des produits packagés? Des formules à la carte? « Nous ne souhaitions pas devenir un réceptif « pur et dur » car chacun d’entre nous a aussi sa propre activité, relève Philippe Markarian. Il ne s’agissait pas non plus d’être un comité départemental du tourisme bis! Il fallait trouver un bon équilibre dans notre offre, en nous appuyant notamment sur les conseils de l’office de tourisme, et les attentes de nos clients autocaristes auprès desquels nous avons ressenti un réel enthousiasme au regard de notre initiative ». De tous ces échanges, Fondu de Jura comprendra très vite que la demande est plus fortement axée sur des produits originaux. « Il ne fallait pas s’appuyer sur une offre standard, mais bel et bien d’apporter de la valeur ajoutée », confirme-t-il. En d’autres termes: ce que l’on ne peut pas trouver ailleurs… Chaque membre du collectif se met alors au travail, et des prestations sont conçues dans cet objectif. On relève ainsi différents produits originaux: « yoga du rire » pour gérer le stress à La Maison de La Vache qui rit (travail de respiration, de mouvements de yoga simples et de rires provoqués entraînant le rire naturel); un « tournoi Lons Vegas Poker Cup & Black jack en consolante » au casino de Lons-le-Saunier; « gibecière-cuit » ou la découverte de la venaison et la cuisine de la viande de gibier incluant une dégustation, proposé par la Fédération départementale des Chasseurs du Jura; « au temps des Pharaons », l’occasion de s’attacher aux jouets antiques découverts dans les tombes égyptiennes au musée du Jouet de Moirans-en-Montagne (seul site le plus éloigné de Lons-le-Saunier, soit à une quarantaine de kilomètres, contrairement aux autres lieux basés en ville ou sinon à 20 km maximum); « initiation golf et quiz œnologique » au Domaine de Val de Sorne (chaque trou réussi donne droit à une dégustation de vins du Jura). Des exemples parmi d’autres. « Toutes ces offres, proposées par chaque prestataire, ne durent que quelques heures, avec bien sûr, la possibilité de les combiner », souligne Philippe Markarian. Sachant que l’hébergement et la restauration sont assurés également par des membres de Fondu de Jura. À savoir: certaines prestations ne sont pas organisées toute l’année.
Une offre à la carte que Fondu de Jura a complété récemment par un « pack premium ». En d’autres termes: un programme d’une journée clé en main. « Ici, nous avons souhaité rassembler les offres les plus décalées, les plus originales et surtout les plus représentatives de l’esprit Fondu de Jura, déjeuner inclus », explique Philippe Markarian. Par exemple: le matin sur le thème « initiatic nature » pour découvrir à travers des ateliers récréatifs la forêt, entrer en relation avec un univers préservé et découvrir la faune sauvage, déjeuner, et l’après-midi avec « yoga du rire », dégustations (vin/chocolats ou vin/fromages) ainsi qu’une visite audioguidée de La Maison de La Vache qui rit, avant de terminer par « Lons Vegas », une initiation au poker à travers un tournoi ludique. En option: dîner ou dîner-spectacle au casino de Lons-le-Saunier.
Toute l’offre groupes de Fondu de Jura (établie sur la base de 20 pax, incluant une gratuité pour le conducteur) est, pour l’instant, uniquement accessible en ligne. On y sélectionne les prestations souhaitées et on effectue toute demande pour un devis. « Et tout est négociable », glisse Philippe Markarian. Parallèlement, pour se faire connaître, Fondu de Jura a lancé en juillet dernier une opération de marketing direct par e-mailings auprès des entreprises avec une relance par téléphone dès ce mois de septembre. Seront ensuite ciblés les autocaristes, et dans un premier temps, les professionnels basés dans les départements limitrophes. « La clientèle groupes issues des associations et des clubs ne constituent pas une cible prioritaire », indique Philippe Markarian.
Lorsque Fondu de Jura a été créé, « notre objectif était avant tout de concevoir une offre, en pensant que d’autres pouvaient la commercialiser, d’où notre tentative de rapprochement avec le comité départemental du tourisme, poursuit-il. Cela ne s’est pas fait, nous avons donc dû prendre les choses en main ». Ainsi, dans la pratique, c’est Philippe Markarian, donc La Maison de la Vache qui rit, qui assure le lien entre les différents membres comme la gestion et la commercialisation de l’offre. Il est l’interlocuteur unique, établissant une facture unique. « Pour l’instant, en tout cas. Car nous ne sommes qu’au tout début de notre activité. Mais si elle venait à se développer, ce que je souhaite bien évidemment, il faudra repenser les choses autrement », indique-t-il, estimant que la commercialisation ne constitue pas le cœur de métier du collectif. De fait, il n’exclut pas l’idée, en fonction de l’évolution de l’activité de Fondu de Jura, de se tourner vers une agence réceptive. Un premier bilan sera fait fin 2014. En attendant, la priorité est de faire fonctionner la marque, la roder, et surtout confirmer sa raison d’être auprès des groupes constitués, qu’ils soient loisirs ou affaires.
Fondu de Jura rassemble dix partenaires.
– La Maison de la Vache qui rit (Lons-le-Saunier).
Depuis 2010, le site accueille 41 800 visiteurs par an, dont 15 % en groupe (9 % sont des adultes et 6 % des enfants).
– Le casino de Lons-le-Saunier/Hôtel du Béryl (Lons-le-Saunier).
– Le village de Baume-les Messieurs.
– Le Caveau des Byards (Le Vernois).
– La Fédération départementale des Chasseurs du Jura (Arlay)
– Le musée du Jouet (Moirans-en-Montagne).
Le site, qui a rouvert ses portes en 2012 après une rénovation totale, accueille 50 000 visiteurs par an en moyenne, 25 % d’entre eux sont des groupes.
– Le château d’Arlay.
– La Brasserie La Rouget de Lisle (Bletterans).
– Le Domaine de Val de Sorne/Golf de Vernantois (Lons-le-Saunier).
– Valvital/Les Thermes et le Spa thermal Lédonia (Lons-le-Saunier).