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Sur la trace des géants

Destination | publié le : 01.09.2013 | Dernière Mise à jour : 01.09.2013

Auteur

  • Stéphane Jarre

Irlande du Nord À une heure et demie de vol depuis Paris, Belfast et ses environs se prêtent à un voyage de découverte ou à un séjour plein de vie entre légendes et réalités. Du tout nouveau Centre Titanic à la Chaussée des Géants, classée au patrimoine mondial de l’Humanité, une émotion chasse l’autre. Les images d’Irlande du Nord se bousculent et la réalité bouscule les images qu’on pouvait s’en faire. À voir, à vivre et à revisiter.

Il faut bien l’admettre: a priori, Belfast n’est pas la destination que tout un chacun rêve de visiter. Les images de grisaille, d’industrie, de conflit armé encombrent encore les esprits. Pourtant, tout en haut de l’Irlande, un ciel chasse l’autre, l’industrie a sombré et le conflit armé a trouvé une issue politique pacifique. Il est donc temps de revisiter ses classiques.

Belfast, une histoire, une légende…

De son passé, Belfast ne renie rien. Mais la capitale de l’Ulster en a tiré les leçons: la vie est devant soi. Elle est même déjà là quand on se balade dans les rues animées, bordées d’immeubles victoriens, de bâtiments de briques et d’églises de pierres sombres étalés le long de la Lagan, aux pieds de la montagne Cavehill qu’on surnomme encore le nez de Napoléon, parce qu’elle a le profil de l’empereur français. Elle est là dans les pubs au décor invraisemblable et raffiné tout à la fois comme ceux du Spanard, du Duke of York ou du Crown (1), quand après le travail, en bras de chemise ou costumes noirs, tailleurs ou jupes, cadres et employés se retrouvent autour d’une bière, brune généralement. L’ambiance est aux rires, aux histoires qu’on échangent, aux plaisanteries sans fin. La vie est toujours là quand le week-end arrive et que les jeunes, bien plus nombreux que dans les villes vieillissantes d’Europe continentale, sortent en boîte de nuit, court vêtus ou bras nus par toutes les températures et tous les temps. La vie, ce qu’il y a de mieux à faire pour chasser l’ennui.

Mais il y a quand même largement de quoi s’ocuper, de jour comme de nuit, rien qu’en se promenant dans Belfast, surtout qu’une histoire, une légende, une anecdote n’est jamais loin pour donner à toute chose une dimension bien plus grande qu’elle n’en a l’air. Du coup, la ville prend vite une tournure intéressante, passionnante même.

Entre les murs

C’est le cas au tout nouveau Centre Titanic (2) ouvert fin mars 2012 (voir page 86) dans un quartier en grande transformation. Compte tenu de la richesse de ce « musée à vivre », la visite peut durer plusieurs heures, la demi-journée si l’on se laisse emporter par l’histoire fascinante de ce paquebot, de sa construction à son naufrage, et par l’essor économique, fait de rêves et d’espoirs, de la capitale de l’Ulster. Elle peut aussi être complétée par des visites guidées en bateau (3) ou à pied (4) qui mènent sur les traces irlandaises du Titanic.

Autre nouveauté de Belfast qui se visite depuis novembre 2012: l’ancienne prison de Crumlin (5), qui fut en activité de 1845 à 1996. L’architecture du bâtiment est intéressante et les aménagements intérieurs illustrent la conception de l’enfermement au XIXe siècle. Des cellules fixées à différentes époques montrent également l’évolution de la vie pénitentiaire. À travers l’histoire de celles et ceux qui y ont été enfermés, des gamins de huit ans pris à chaparder sous le règne de Victoria aux suffragettes, d’Eamon de Valera, combattant pour l’indépendance de l’Irlande et considéré comme le père de la « Nation libre d’Irlande », aux prisonniers condamnés à mort, c’est tout un monde caché qui est soudain exposé, une partie de l’histoire qui est mise à jour.

L’histoire est aussi dans la ville, sur les murs couverts de fresques, qu’on rencontre du côté de Skipper Street, pour ce qui est des célébrités irlandaises, dans l’ouest de la ville quand il s’agit de messages politiques gravés sur les « murs de la paix » comme celui séparant le quartier loyaliste de Shankill du quartier catholique de Falls. Ces murs doivent être détruits d’ici dix ans a annoncé ce printemps le gouvernement britannique. À découvrir donc tant qu’il en est encore temps.

La question politique ressurgit régulièrement, même si le conflit entre loyalistes protestants et catholiques indépendantistes est enterré et tout le monde l’espère définitivement. Le choix des termes pour en parler est un casse-tête, mais qu’on dise conflit, guerre, troubles ou événements, personne n’a oublié. À l’occasion des « marches orangistes », au cœur de l’été, les extrémistes peuvent encore éventuellement s’affronter, à moins qu’ils ne trouvent d’autres prétextes pour faire monter les tensions. Mais ces épiphénomènes exaspèrent la population bien décidée à vivre en paix et le tourisme n’en souffre heureusement pas. La page est tournée.

La paix on la trouve aussi au jardin botanique, avec ses serres délicieusement rétro sous leur verrière et leur armature métallique blanche, sur les pelouses de l’université de Queens, qui a formé tant d’Irlandais célèbres derrière ses long murs de briques. Occasion encore d’anecdotes et d’histoires à se laisser conter.

Changement d’Eire

Les flâneries conduisent à d’autres découvertes, comme celles proposées au musée de l’Ulster (6) qui s’intéresse aussi bien à l’époque préhistorique qu’à l’art contemporain, aux sciences naturelles qu’aux arts plastiques, aux insignes de l’ordre de saint Patrick qu’au cabinet de toilette d’une dame du XVIIIe siècle et permet de faire un tour d’Irlande en quelques heures.

Si la vie culturelle de Belfast est riche, un autre aperçu de l’Irlande est offert aux visiteurs qui se rendent par la route ou par bateau jusqu’à la Chaussée des Géants.

Verte campagne, blanches maisonnettes quand elles ne sont pas en pierre locale, la route file à travers le paisible comté d’Antrim en longeant la côte.

Une étape au château médiéval de Carrickfergus (7) et revoilà l’histoire qui ressurgit. On débarque là avec Jean de Courcy, 22 chevaliers et 300 fantassins pour y bâtir forteresse, avec donjon, remparts, eau de source, quasiment miraculeuse sur un pareil rocher. La forteresse, bien conservée, domine une mer aussi agitée que sa propre histoire, avec des assauts et des effondrements, des envahisseurs et des caprices de princesse, des promesses de mariage et une vie de cour quand même austère. Ses salles peuvent aussi être privatisées pour des séminaires et des incentives.

Plus loin, vers Glenarm, le château, qui est toujours habité, peut éventuellement se visiter, mais c’est dans le jardin clos (8) qu’on aime à se détendre, au gré des floraisons et des créations arborées.

Le voyage jusqu’à la Chaussée des Géants peut aussi se poursuivre par la mer, à bord d’un navire embarquant de petits groupes pour caboter au pied de falaises sombres portant verdure comme une houppe avec la côte écossaise dans le lointain. Apparaissent alors ces drôles de tuyaux de basalte dressés contre la falaise, à l’image d’un orgue naturel qui sortirait de la mer. Il faut bien ces dimensions-là à la Chaussée des Géants (Giant’s Causeway en anglais).

L’endroit, étonnant s’il en est par ses formations géologiques, est classé au Patrimoine de l’Unesco. Il est aussi à présent doté d’un grand « centre d’accueil » (9), qui permet de choisir entre les explications scientifiques et la légende de Finn McCool, ce géant qui voulut construire en chemin pour aller en découdre avec ses adversaires, de l’autre côté, en Ecosse. Sur la grève, il en a même perdu sa chaussure.

Pour s’en remettre, il est possible de visiter la distillerie Bushmills (10), la plus importante fabrique de whiskey irlandais implantée à deux pas. À moins que l’envie de jouer les équilibristes sur le pont à corde de Carrick à Rede (11) ne procure encore davantage d’ivresse. En retournant vers Belfast, une étape au château des XVIe et XVIIe siècles, en partie en ruine mais toujours impressionnant, de Dunluce (12) témoigne encore de l’histoire agitée de la tranquille Irlande. Du côté de Ballymoney, la route passe par « The Dark Hedges », sous des arbres vieux de trois siècles, dit-on, hantés, ajoute-t-on. Des scènes de la série à succès du moment, « Game of Thrones » y ont été tournées. L’Irlande du Nord inspire les cinéastes, elle ne devrait pas manquer d’attirer les touristes non plus.

www.titanicbelfast.com

www.laganboattours.com

www.titanicwalk.com

www.thespaniardbar.com

www.nicholsonspubs.co.uk

www.dukeofyorkbelfast.com

www.crumlinroadgaol.com

www.nmni.com

www.carrickfergus.org

www.glenarmcastle.com

www.nationaltrust.org.uk/giants-causeway

www.bushmills.com

www.nationaltrust.org.uk

www.doeni.gov.uk

www.irlande-tourisme.fr

ww.visit-belfast.com

Pratique

Dormir

À Belfast, à l’hôtel Malmaison, au décor sombre original (www.malmaison.com) ou directement à la Chaussée des Géants au Causeway Hotel (www.thecausewayhotel.com), situé à côté du centre d’interprétation et d’où la vue est imprenable quand la chambre donne sur la mer.

Manger

Il existe de très bons restaurants à Belfast, souvent ouverts récemment et le mariage entre produits locaux et recettes inventives y est fort réussi.

À Belfast, le restaurant OX (www.oxbelfast.com) est un plaisir pour le palais, notamment son étonnant dessert mariant gelée au whiskey et lavande. On peut aussi se laisser tenter par un repas sur une barge à quai « The Galley » (www.thegalleycafebelfast.com), où les produits de la mer sont à la fête.

À Ballycastle, une étape sympathique dans ce village typique peut conduire au Central Wine Bar (www.centralwinebar.com), pour apprécier les saveurs des produits locaux, notamment les pommes de terre typiques, ou l’ambiance festive des soirées irlandaises.

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