Irlande du Nord À une heure et demie de vol depuis Paris, Belfast et ses environs se prêtent à un voyage de découverte ou à un séjour plein de vie entre légendes et réalités. Du tout nouveau Centre Titanic à la Chaussée des Géants, classée au patrimoine mondial de l’Humanité, une émotion chasse l’autre. Les images d’Irlande du Nord se bousculent et la réalité bouscule les images qu’on pouvait s’en faire. À voir, à vivre et à revisiter.
Il faut bien l’admettre: a priori, Belfast n’est pas la destination que tout un chacun rêve de visiter. Les images de grisaille, d’industrie, de conflit armé encombrent encore les esprits. Pourtant, tout en haut de l’Irlande, un ciel chasse l’autre, l’industrie a sombré et le conflit armé a trouvé une issue politique pacifique. Il est donc temps de revisiter ses classiques.
De son passé, Belfast ne renie rien. Mais la capitale de l’Ulster en a tiré les leçons: la vie est devant soi. Elle est même déjà là quand on se balade dans les rues animées, bordées d’immeubles victoriens, de bâtiments de briques et d’églises de pierres sombres étalés le long de la Lagan, aux pieds de la montagne Cavehill qu’on surnomme encore le nez de Napoléon, parce qu’elle a le profil de l’empereur français. Elle est là dans les pubs au décor invraisemblable et raffiné tout à la fois comme ceux du Spanard, du Duke of York ou du Crown
Mais il y a quand même largement de quoi s’ocuper, de jour comme de nuit, rien qu’en se promenant dans Belfast, surtout qu’une histoire, une légende, une anecdote n’est jamais loin pour donner à toute chose une dimension bien plus grande qu’elle n’en a l’air. Du coup, la ville prend vite une tournure intéressante, passionnante même.
C’est le cas au tout nouveau Centre Titanic
Autre nouveauté de Belfast qui se visite depuis novembre 2012: l’ancienne prison de Crumlin
L’histoire est aussi dans la ville, sur les murs couverts de fresques, qu’on rencontre du côté de Skipper Street, pour ce qui est des célébrités irlandaises, dans l’ouest de la ville quand il s’agit de messages politiques gravés sur les « murs de la paix » comme celui séparant le quartier loyaliste de Shankill du quartier catholique de Falls. Ces murs doivent être détruits d’ici dix ans a annoncé ce printemps le gouvernement britannique. À découvrir donc tant qu’il en est encore temps.
La question politique ressurgit régulièrement, même si le conflit entre loyalistes protestants et catholiques indépendantistes est enterré et tout le monde l’espère définitivement. Le choix des termes pour en parler est un casse-tête, mais qu’on dise conflit, guerre, troubles ou événements, personne n’a oublié. À l’occasion des « marches orangistes », au cœur de l’été, les extrémistes peuvent encore éventuellement s’affronter, à moins qu’ils ne trouvent d’autres prétextes pour faire monter les tensions. Mais ces épiphénomènes exaspèrent la population bien décidée à vivre en paix et le tourisme n’en souffre heureusement pas. La page est tournée.
La paix on la trouve aussi au jardin botanique, avec ses serres délicieusement rétro sous leur verrière et leur armature métallique blanche, sur les pelouses de l’université de Queens, qui a formé tant d’Irlandais célèbres derrière ses long murs de briques. Occasion encore d’anecdotes et d’histoires à se laisser conter.
Les flâneries conduisent à d’autres découvertes, comme celles proposées au musée de l’Ulster
Si la vie culturelle de Belfast est riche, un autre aperçu de l’Irlande est offert aux visiteurs qui se rendent par la route ou par bateau jusqu’à la Chaussée des Géants.
Verte campagne, blanches maisonnettes quand elles ne sont pas en pierre locale, la route file à travers le paisible comté d’Antrim en longeant la côte.
Une étape au château médiéval de Carrickfergus
Plus loin, vers Glenarm, le château, qui est toujours habité, peut éventuellement se visiter, mais c’est dans le jardin clos
Le voyage jusqu’à la Chaussée des Géants peut aussi se poursuivre par la mer, à bord d’un navire embarquant de petits groupes pour caboter au pied de falaises sombres portant verdure comme une houppe avec la côte écossaise dans le lointain. Apparaissent alors ces drôles de tuyaux de basalte dressés contre la falaise, à l’image d’un orgue naturel qui sortirait de la mer. Il faut bien ces dimensions-là à la Chaussée des Géants (Giant’s Causeway en anglais).
L’endroit, étonnant s’il en est par ses formations géologiques, est classé au Patrimoine de l’Unesco. Il est aussi à présent doté d’un grand « centre d’accueil »
Pour s’en remettre, il est possible de visiter la distillerie Bushmills
À Belfast, à l’hôtel Malmaison, au décor sombre original (
Il existe de très bons restaurants à Belfast, souvent ouverts récemment et le mariage entre produits locaux et recettes inventives y est fort réussi.
À Belfast, le restaurant OX (
À Ballycastle, une étape sympathique dans ce village typique peut conduire au Central Wine Bar (