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Brésil, éviter la surchauffe!

Destination | publié le : 01.07.2013 | Dernière Mise à jour : 01.07.2013

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Brésil, éviter la surchauffe!

Crédit photo Jean-François Bélanger

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  • Jean-François Bélanger

World Travel Market Latin America Un an avant la Coupe du monde de football au Brésil, précédant les Jeux Olympiques de 2016 à Rio, deux événements planétaires qui vont orienter les projecteurs médiatiques sur ce pays, la question de la hausse des prix reste la principale interrogation. Quant à la poursuite de la croissance du nombre de visiteurs, principalement pour l’Europe, ils ont déjà augmenté…

L’année 2012 s’est plutôt bien terminée pour ce qui est de la fréquentation touristique internationale au Brésil avec 5 676 843 visiteurs, qui ont franchi les frontières, soit une hausse de 4,5 % par rapport à l’année 2011. Les pays voisins assurent en grande partie cette dynamique, et au premier rang l’Argentine avec 2 822 519 arrivées, en progression de 7,4 %. Cette partie du monde représente la moitié du nombre d’entrées internationales. Avec 718 583 arrivées, les pays d’Amérique du Nord enregistrent un tassement (− 1,8 %). Quant à la France, elle progresse: les arrivées passent de 207 890 en 2011 à 218 626 en 2012 (+ 5,2 %). Un score qui la situe au huitième rang des marchés internationaux et au troisième pour l’Europe, derrière l’Allemagne et l’Italie. Le poids de l’Europe est passé de 33,6 %, en 2009 à 29,1 %, l’année dernière.

Des voyagistes français à Sao Paulo

Cette situation, associée aux perspectives alléchantes d’investissement touristique dans le pays, liées aux futurs événements planétaires (Coupe du monde de football en 2014 et Jeux Olympiques en 2016), n’ont pas échappé à Reed Travel Exhibitions. C’est justement Vincent Lhoste, directeur de projet, qui a été chargé, depuis deux ans, de lancer des WTM au Brésil et dans le monde. « Notre ambition est de réunir, en un lieu connecté, la totalité des familles professionnelles du tourisme, représentant l’ensemble de l’offre, incoming et outgoing », précise-t-il. Au Brésil, l’Allemagne, accompagnée de partenaires tels que Lufthansa et Deutsche Bahn, s’est aussitôt engouffrée dans cette opportunité. On ne peut pas en dire autant de la France, présente tout de même grâce au Paradis Latin, à l’Alsace, à Vaux-le-Vicomte et aux Galeries Lafayette. Jean-Philippe Pérol, coordinateur de la zone Amérique d’Atout France, pourrait prendre des décisions pour l’édition 2014. Pourtant, dès cette année, Harold Israël, directeur général du Paradis Latin ne regrette pas le déplacement: « Paris est la capitale des cabarets et le Brésil le pays de la fête, nous sommes faits pour nous entendre », déclare-t-il. Le cabaret rive gauche avoue accueillir plusieurs milliers de brésiliens, « une clientèle groupes en hausse continuelle », reconnaît-il. Pour les organisateurs de cette première édition du WTM, les résultats sont au-delà des espérances. Pour un objectif d’un millier d’exposants, elle en a accueilli 1 250 et pour un visitorat attendu de 7 000, l’organisation en a compté plus du double. Parmi ceux-ci, environ 150 « hosted buyers », qualifiés et invités par l’organisateur, dont une demi-douzaine de Français, groupistes et représentants du secteur Mice.

La hausse des tarifs est déjà engagée

Pour les voyagistes français présents à cette première édition du WTM, l’euphorie n’est pas la même. « Je pense que la hausse des arrivées depuis la France est plus liée à l’économie brésilienne et aux déplacements d’affaires qu’elle engendre, plutôt qu’aux voyages touristiques », explique Noëlle Bergère, directrice technique d’Aviatur, à Paris, qui programme la destination depuis vingt-cinq ans. Une opinion partagée par Geneviève Cavallo, directrice technique de la société Le Public Système, positionnée sur le tourisme d’affaires: « le dernier groupe que nous ayons réalisé ici remonte à deux ans, un incentive à Rio. Mais aujourd’hui, compte tenu de la conjoncture chez nous, le marché français se recroqueville sur les destinations européennes et les prix au Brésil flambent depuis trois ans ». « Sur Rio, j’ai demandé une cotation pour un groupe, c’est 700 euros la nuit. Ceci ajouté au prix de l’aérien, cela devient très difficile pour le marché français », ajoute Noëlle Bergère. Avec onze heures d’avion depuis la France, même si l’offre via Lisbonne de TAP Portugal reste la plus complète et la plus accessible, le forfait est cher. « Les pays voisins, comme le Pérou, profitent de la situation, avec des prix plus stables, par rapport au Brésil », constate Diana Valles de Planetveo. Ce qui n’empêche pas certains de prendre position sur ces marchés d’avenir. « Nous venons d’ouvrir une antenne du Public Système-Hopscotch, à Sao Paulo, pour l’ensemble de l’Amérique du Sud », confie Julien Menez, directeur général du Public Système-Hopscotch, à Sao Paulo. « Je suis venu ici pour trouver un réceptif, car nous souhaitons développer la programmation sur le Brésil », confie Thouraya Nasr, directrice du développement touristique chez Eurowings, qui propose le Brésil depuis 2010. Quant aux perspectives de la prochaine Coupe du monde de football, elles restent assez éloignées des préoccupations des voyagistes français, et semble plutôt réservées à des opérateurs spécialisés. « Lorsque j’ai questionné Match, l’agence officielle de la Fifa, on m’a répondu qu’il fallait que je m’engage sur 32 nuits », confirme Noëlle Bergère. Une situation mitigée, avec le souhait de ne pas rester à l’écart d’une destination mythique et attractive, qui va gagner en notorité, assorti d’une forte inquiétude quant à l’évolution tarifaire.

Accor attend la Coupe du monde de football, en leader

Accor bénéficie en Amérique latine d’une antériorité qui date des années 70. Avec les bonnes relations que le groupe a entretenues avec ses partenaires locaux, cela explique sa position de leader incontestée dans cette partie du monde. À travers l’ensemble de ses enseignes, Accor compte, à ce jour, 226 hôtels représentant 35 330 chambres dans une dizaine de pays, une centaine de villes. Pour les enseignes de début de gamme, la clientèle est principalement régionale, et internationale pour les enseignes « Upscale ». Pour ces dernières, les Sud-Américains arrivent en tête devant les Nord-Américains, puis les Européens, sans oublier les pays émergents comme la Corée.

Le plan de développement défini par le groupe pour cette zone, prévoit l’ouverture de 136 nouveaux hôtels, correspondant à 21 000 chambres supplémentaires, d’ici à 2016. « Nous allons passer de 35 000 chambres en 2013, à 56 000 chambres en 2016 », déclare Patrick Mendes, directeur des opérations du groupe Accor pour l’Amérique latine. Conformément à la stratégie du groupe, il s’agira essentiellement de contrats de management ou de franchises. « Ici, nous ne sommes propriétaires que de 20 % de nos établissements », confirme Patrick Mendes. « En dépit de cette forte croissance de l’offre, il s’agira de confirmer la progression du Revpar, elle était de 11 % en 2012, d’accroître le taux d’occupation des chambres, affichant 67 % l’an passé, et de maintenir un niveau de prix supérieur à celui de nos concurrents, correspondant à une hausse de 7 % par an environ », ajoute-t-il. Les événements planétaires de la Coupe du monde de football et les Jeux Olympiques qui se tiennent à deux ans d’intervalle, vont servir de caisse de résonance dans le monde entier. « En tant que premier hébergeur de ces manifestations, l’impact en terme de lisibilité va être fantastique et nous conforter dans notre position de leader », se réjouit Patrick Mendes. Pour la Coupe du monde de football, Accor est présent sur tous les sites des rencontres. Il a conclu un contrat avec l’agence de l’organisateur, Match, à qui il a proposé environ 60 % des capacités de certains hôtels, « de façon à nous ménager des capacités disponibles pour les ventes de dernière-minute », conclut Patrick Mendes.

Marco Antonio de Britto Lomanto

Directeur des produits et des destinations d’Embratur

Disposant d’une économie florissante, le Brésil reste cependant assez loin dans la hiérarchie mondiale. Le World Travel and Tourism Council (WTTC) situe le pays au 42e rang pour l’arrivée de touristes internationaux. Mais le pays compte bien capitaliser sur l’exposition médiatique que vont lui conférer les deux événements mondiaux de la Coupe du monde de football en 2014 et les Jeux Olympiques de Rio en 2016, pour remonter dans le classement. « La Coupe du monde de football doit générer, d’ici à 2019, 69 milliards d’euros de contribution au PIB du pays », déclare Marco Antonio Britto Lomanto, directeur des produits et destinations d’Embratur, organisme d’État en charge de la promotion touristique du pays. Un chiffre censé justifier les lourds investissements consentis, d’un montant de près de 13 milliards d’euros, dont 4,5 milliards d’euros rien que pour améliorer la mobilité urbaine, trois milliards d’euros pour les aéroports, 2,5 milliards d’euros pour les stades, 0,400 milliard d’euros pour les hôtels, 0,350 milliard d’euros pour les ports… La fréquentation, durant les trente jours de compétition, devrait attirer 600 000 touristes étrangers. Sans compter les 18 000 journalistes internationaux qui relaieront l’événement auprès de plus de 26 milliards de téléspectateurs cumulés dans le monde, via 375 chaînes. Par ailleurs, les 12 villes retenues pourraient accueillir 3 100 000 Brésiliens. C’est ainsi qu’Embratur table sur une fréquentation internationale en forte hausse l’année prochaine: « 7 200 000, contre 5 700 000, en 2012 » avance Marco Antonio de Britto Lomanto.

Mais déjà Embratur se projette au-delà, vers les Jeux Olympiques de Rio en 2016. « Pour cet événement, nous estimons accueillir environ 380 000 touristes étrangers ». Là encore les investissements sont programmés, autour de 12 milliards d’euros. Cette année, la fréquentation internationale devrait atteindre les huit millions de visiteurs internationaux. Une étape supplémentaire, donc, dans la poursuite du plan « Aquarela », lancé pour la période 2010-2020 « qui prévoit de passer la cap des dix millions de visiteurs internationaux à son échéance », précise Marco Antonio de Britto Lomanto. Pour y parvenir, Embratur dispose d’un budget de promotion autour des 55 millions d’euros, principalement engagé sur les 18 marchés prioritaires mondiaux (dont la France). « Il pourrait être revu à la hausse ». Et, pour la suite, il sera intéressant de connaître, en novembre prochain, le nom de la ville désignée pour l’Exposition Universelle de 2020. D’après les spécialistes, Dubaï et Sao Paulo figureraient dans la « short list ».

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