Puy de Dôme Pour sa première sortie commerciale, le 25 mai 2012, avant même son inauguration officielle, le Panoramique des Dômes voyait sa voie emmenée par une coulée de boue, nécessitant l’interruption de son exploitation durant plusieurs semaines. Tout était rentré dans l’ordre l’été suivant, avant un nouvel accident, le 28 octobre dernier, justifiant alors le changement d’exploitant, toujours au profit du groupe Transdev.
Il y avait déjà eu un chemin de fer (système « Hanscotte ») qui était parti à l’assaut du Puy de Dôme. De 1907 à 1925, il reliait la place Lamartine de Clermont-Ferrand à une plateforme artificielle située à plus de 1 400 m d’altitude. Mais son exploitation, continuellement déficitaire, avait dû être abandonnée. La réalisation contemporaine du Panoramique des Dômes répond avant tout à l’amélioration des conditions de sécurité, et du confort des nombreux touristes qui souhaitent se rendre au sommet du plus typique et du plus monumental volcan d’Auvergne, le Puy de Dôme, classé Grand Site de France. Jusque-là, ils devaient emprunter la route, la plus pentue du département, classée « route à risques » par l’État. Une voie qui, par ailleurs, a vu son accès interdit, depuis 2008, aux camping-cars et aux véhicules de transports en commun dépassant 19 personnes, à l’exception de ceux accueillant des personnes à mobilité réduite. Avec cette nouvelle liaison, le département souhaite aussi préserver l’environnement. Car, le Panoramique des Dômes fonctionne à l’électricité. L’énergie d’une rame descendante couvre environ 50 % des besoins de la rame montante. Et il est prévu que l’interdiction définitive aux 50 000 voitures et 7 000 autocars qui fréquentaient le site, avant sa mise en service, conduira à économiser environ 5 250 tonnes de Co2 sur trente-cinq ans! Enfin, il s’agit de renforcer l’attractivité touristique de ce site majeur en offrant un accès à son sommet, toute l’année et en toute sécurité. Les visiteurs, individuels ou en groupe, peuvent désormais profiter du restaurant, des activités et de sa vue imprenable sur la Chaîne des Puys.
Le chantier, d’un coût proche des 87 millions d’euros, a démarré en février 2008, avec le lancement d’études menées par le conseil général du Puy de Dôme. Avec une véritable zone d’accueil, au pied du site, il restitue au sommet son aspect naturel de cône volcanique avec une gare enterrée et un ré-engazonnement des parkings. À l’issue d’une longue négociation, c’est le groupe Tc Dôme, société constituée à 49 % par la Caisse des Dépôts et à 51 % par la SNC Lavalin, qui a été retenue pour concevoir, construire et exploiter le projet. Cette société à décidé de confier contractuellement, pour une durée de cinq ans, la production du service et sa commercialisation à Transdev. Le Panoramique des Dômes est un train électrique pendulaire à crémaillère, supporté par deux rails latéraux avec, au centre, la lame de crémaillère sur laquelle progresse la roue. Ce système a été choisi parce que particulièrement adapté aux zones montagneuses. C’est aussi pourquoi le matériel roulant retenu est celui du spécialiste Suisse Stadler. Chacune des quatre rames peut accueillir 200 passagers. Elles comprennent des espaces pour le transport des vélos et des parapentes. Les personnes à mobilité réduite peuvent également utiliser ces espaces.
Après le premier démarrage de l’exploitation marqué en mai 2012, par un phénoménal orage qui a détruit une partie de la voie, et qui illustre bien les conditions particulières de ce site, la situation s’était normalisée. « Du 16 juin, date de la remise en route, jusqu’au 31 juillet 2012, le Panoramique des Dômes a transporté 100 000 voyageurs. Et, entre le 1er août et le 15 août, ce sont 66 000 passagers qui l’ont emprunté, avec des pics de fréquentation quotidienne autour de 6 000 passagers, précisait Jean-François Soulet, directeur régional Centre-Est de Transdev, à Lyon, des chiffres qui situent l’exploitation au-delà des prévisions ». Le déraillement du 28 octobre 2012 justifiait, peu après, l’interruption des services, une décision conjointe du département et de la Préfecture. Après vérification, il s’avérait que la totalité de l’infrastructure, installations et équipements, ne présentait aucun vice et était compatible avec le retour de l’exploitation. L’enquête concluait à des erreurs humaines, et conduisait Tc Dôme à changer d’interlocuteur. Le 2 mai, jour de la reprise des opérations, l’exploitant CFTA (Chemins de Fer et Transports Automobiles) se substituait pour cinq années à sa maison mère. Cette nouvelle structure confirme l’attente de la clientèle: « avec une seule interruption de service, le 25 mai, pour cause de chutes de neige, nous avons enregistré 27 503 clients pour un prévisionnel de 15 000 », se réjouit Francis Grass, directeur délégué de Transdev et président de CFTA.
Il faut dire que c’est bien l’été qui est la période la plus propice à l’exploitation, même si ce mode de transport s’adresse aussi aux populations locales, et que, pour favoriser l’accès du Panoramique des Dômes, le Syndicat Mixte des Transports en Commun de l’Agglomération Clermontoise (SMTCAC), autorité organisatrice, a mis en place une ligne régulière d’autocars au départ de la place du 1er mai, via la gare SNCF. Un service estival, qui fonctionnera jusqu’à la fin septembre. Avec la tarification du réseau urbain clermontois, c’est-à-dire 1,40 euro l’aller simple, les tickets peuvent être pris dans les navettes. Elle offre sept allers et retours, avec un premier départ à 7 h 50 et un dernier retour, au départ de la gare du Panoramique à 22 h 30. Le trajet dure une quarantaine de minutes, et s’adresse aussi bien à la clientèle individuelle que groupe arrivant par la SNCF à la gare de Clermont-Ferrand, mais aussi à la clientèle locale, puisque cette navette dessert une dizaine d’arrêts sur l’agglomération clermontoise.
Autre initiative: la mise sur le marché de forfaits à destination des groupes ou des individuels incluant l’accès au site, la restauration au sommet, offrant ainsi un produit complet sur une journée. Une façon de profiter des nombreux attraits touristiques du site du Puy de Dôme. À l’exemple des chemins de randonnée, des ruines du Temple de Mercure, d’un nouvel espace scénographique retraçant l’époque gallo-romaine, des activités de vol libre, des restaurants et brasseries, sans oublier des espaces de pique-nique et les boutiques de souvenirs. « Avec la navette, nos propositions d’horaires permettent ainsi à la clientèle touristique de visiter le site sur une journée complète avec une prise en charge globale », confirme-t-on chez CFTA. Des mesures qui doivent rencontrer un certain écho auprès de la clientèle, et qui expliquent en partie son engouement dès la reprise du service. L’enjeu est de taille, puisque le département a chiffré à dix millions d’euros les retombées économiques annuelles, directes ou indirectes, attendues au niveau local par le Panoramique des Dômes.
La CFTA (Chemins de Fer et Transports Automobiles, filiale à 100 % Transdev) est une compagnie expérimentée dans le domaine du transport ferroviaire, puisqu’elle exerce cette activité depuis le XIXe siècle. C’est notamment elle qui exploite un certain nombre de réseaux touristiques, comme la ligne Nice/Digne, celle de la Rhune, en Pays Basque, Guinguamp-Paimpol… ou encore le tramway Rhônexpress entre la gare de Lyon Part-Dieu et l’aéroport de Lyon Saint Exupéry. Elle réalise un chiffre d’affaires de 44 millions d’euros pour un effectif de 220 salariés.
Fonctionnement: 12 mois sur 12
Durée du trajet: 15 mn aller et 15 mn retour
Distance: 5 km de gare à gare
Vitesse moyenne: comprise entre 16 et 20 km/h
Capacité des rames: 200 passagers (112 places assises et 88 debout)
Capacité de transport: 1 200 personnes/heure/sens
Effectif: 25 salariés sur site