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L’heure de la Libération

1944 | publié le : 01.07.2013 | Dernière Mise à jour : 01.07.2013

Auteur

  • Catherine Mautalent

France Que se passait-il en France pendant la Bataille de Normandie? Massacres en Limousin et en Rhône-Alpes, attaques de maquis, débarquement en Provence,… ont – entre autres – ponctué cette période de juin à août 1944. Un passé qui n’est pas tombé dans l’oubli, grâce à de nombreux lieux qui évoquent aujourd’hui ces épisodes de notre histoire.

Le 6 juin 1944, les Alliés réussissent le plus grand débarquement de l’Histoire sur les plages de Normandie, prenant les Allemands par surprise. Malgré l’exploit logistique, l’armée hitlérienne parvient à contenir les Anglo-Saxons en Normandie pendant plus de dix semaines dans une longue bataille d’usure (bataille des Haies, bataille de Caen), jusqu’à ce que la percée d’Avranches (31 juillet 1944) ouvre la voie de la Bretagne, et prenne les troupes allemandes à revers en les encerclant dans la poche de Falaise. Trois mois d’intenses combats pendant lesquels se jouait aussi en France la voie de la Libération. Aux prix de massacres (Tulle, Oradour-sur-Glane, maquis du Vercors,…), d’un débarquement en Provence, de villes libérées,… Aujourd’hui, de nombreux sites en témoignent.

8 juin: massacre de Tulle

Le 8 juin 1944, les SS de la division Das Reich commandée par le général Lammerding rentrant dans Tulle (19) libérée la veille, pendent 99 personnes aux balcons de la ville, et en déportent 141 autres dont 101 ne reviendront jamais. Cet épisode terrible était relaté au sein du musée départemental de la Résistance et de la déportation, qui aujourd’hui a fermé ses portes. Mais, les collections ont, depuis, été transférées au musée des Armes, installé dans l’ancienne manufacture d’armes de la ville. Là où furent rassemblés les otages avant le massacre et la déportation…

10 juin: massacre d’Oradour-sur-Glane

A 20 km au nord-ouest de Limoges, en Haute Vienne: Oradour-sur-Glane. Le 10 juin 1944, ce village fut totalement détruit et sa population massacrée (642 victimes), par un détachement de la division Das Reich de la Waffen-SS. Il s’agit du plus grand massacre de civils commis en France par les armées allemandes. Depuis 1999, le souvenir des victimes est entretenu par le Centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane, situé non loin des ruines du village à peu près conservées en l’état. C’est le 28 novembre 1944 que le gouvernement provisoire prend la décision de classer et de conserver les ruines, aujourd’hui sanctuarisées, où les pancartes invitent les visiteurs au recueillement, pénétrant dans un lieu de souffrance et de martyr. Donnant accès au village, le Centre de mémoire d’Oradour-sur-Glane a été inauguré en juillet 1999, et accueille 700 groupes par an. À travers son exposition permanente et ses nombreuses expositions temporaires, il invite les visiteurs à se plonger dans l’histoire du village, de la Seconde Guerre mondiale à l’après-guerre. Cinq espaces thématiques le composent: « 1933-1944: les étapes d’une marche en avant », « avant le 10 juin 1944: les exécuteurs et les victimes », « le 10 juin à Oradour: la restitution du drame », « la reconnaissance nationale et la reconstitution », et enfin « un message universel ».

17 juin: Hitler est en France

La dernière venue de Hitler en France est peu relatée de nos jours dans les livres d’histoire. Pourtant, c’est exactement le 17 juin 1944 qu’il se rendra à Margival (02) pour y tenir une « conférence » avec ses maréchaux, où se joueront la réussite du débarquement allié et le sort de Paris. Le camp de Margival fut construit entre 1942 et 1944 sur une superficie de 90 km2. Il deviendra un des lieux les plus verrouillés de l’Europe nazie. Aujourd’hui, les visiteurs découvrent le bunker no 1, celui de Hitler, l’emplacement de son chalet, la piscine, le tunnel de la ligne SNCF,… et les récits de la conférence du 17 juin 1944.

18 juin: attaque du maquis de Saint Marcel

Le maquis de Saint-Marcel (56) a été créé en février 1943 pour recevoir des parachutages d’armes. Le 18 juin, il est attaqué par les Allemands. Malgré un soutien aérien allié, les 3 000 résistants et 200 parachutistes se replieront à la faveur de la nuit, après toute une journée de combat. Le bilan sera d’environ 30 tués et 60 blessés côté français, 50 morts et 50 blessés côté allemand. Le village de Saint-Marcel sera pillé et brûlé, 40 personnes seront tuées et d’autres déportées. Construit sur les lieux mêmes des combats, dans un parc boisé de six hectares, le musée de la Résistance bretonne de Saint-Marcel perpétue le souvenir de cette armée de l’ombre. Ce musée d’histoire, unique en Bretagne, fait découvrir sur 1 500 m2 d’exposition permanente, la vie et l’engagement des Bretons durant la Seconde Guerre mondiale. C’est là aussi que les anciens parachutistes de la France libre ont décidé de présenter leur exposition nationale depuis 1994.

27 juillet: le maquis du Vercors est anéanti

Après la signature de l’armistice du 22 juin 1940, les premiers résistants français et étrangers, persécutés et exilés, gagnent le Vercors, alors en zone libre qui sera envahie en 1942. Poussant les soldats de l’armée dissoute et des membres du mouvement Franc-Tireur à rejoindre le maquis du Vercors dans la Drôme durant l’hiver et à organiser la résistance. En 1943, fuyant le service du travail obligatoire (STO), de jeunes français viennent grossir les rangs du maquis. C’est à partir du 22 janvier 1944 que les premières attaques allemandes contre le Vercors ont lieu. Cerné par environ 10 000 soldats et policiers allemands, le maquis est disloqué le 27 juillet. Le Mémorial de la Résistance du parc naturel régional du Vercors à Vassieux-en-Vercors (26) est l’occasion de plonger dans le quotidien des maquisards (mise en scène, image, son et lumière recréent l’atmosphère d’époque). Tour à tour acteurs et spectateurs, les visiteurs sont mis en situation, plongés en immersion dans le quotidien des maquisards. L’idée est de ressentir la peur des Français durant les années noires afin de comprendre les motivations des réfractaires. C’est également à Vassieux-en-Vercors que s’est installé le musée de la Résistance, fondé par un ancien maquisard. Il a été entièrement rénové en 2010. Le parcours muséographique croise l’histoire renouvelée du maquis et de la reconstruction avec les témoignages du fondateur. Objets d’époque et bornes tactiles ponctuent la découverte du lieu organisé autour de trois thèmes: « le Vercors avant le Vercors », « le maquis du Vercors » et « le Vercors après le Vercors ». Le 25 juillet, soit deux jours avant l’anéantissement du maquis du Vercors, les soldats allemands arrivent à La Chapelle-en-Vercors (26). Ils rassemblent la population et prennent 16 jeunes en otage. Le soir même, alors que le village est incendié, ils sont exécutés dans la cour d’une ferme (« cour des fusillés »). À l’intérieur de la grange restaurée qui jouxte la cour, un espace muséographique rend hommage à ces martyrs. À savoir: le centre historique de la Résistance et de la Déportation à Romans-sur-Isère (26) présente une exposition « de la montée du nazisme à la libération », et un audiovisuel sur la Drôme dans la résistance.

27 juillet: attaque de Brest

La bataille de Brest (29) fut l’une des plus féroces disputées dans le cadre de l’opération « Cobra » (percée alliée en Normandie). Elle commença le 27 juillet 1944, fut intense et destructrice. Après un siège de 43 jours, elle est libérée le 18 septembre. Seul témoignage aujourd’hui de cet épisode: le fort Montbarey à l’ouest de Brest. Construit par Vauban , il fut utilisé par les Allemands en 1944, qui y installèrent un bataillon de parachutistes pendant le siège de la ville par les Américains. Il abrite un musée sur l’histoire du Finistère pendant la Seconde Guerre mondiale. Une exposition « Brest en ruines » y est également présentée. On peut y voir notamment un « wagon de la mort » et de nombreux véhicules américains.

6 août: la bataille de Saint-Malo s’engage

Le 2 août 1944, la 6e division blindée américaine arrive dans le secteur de Saint-Malo (35), suivie le lendemain par la Task Force A. La progression s’effectue en direction de Châteauneuf-d’Ille-et-Vilaine le 5 août, considéré comme le verrou de la première ligne de défense de Saint-Malo. Et c’est le dimanche 6 août que les premiers obus américains tombent sur la vieille ville. Si les abords de la cité malouine, la pointe de la Varde, les villes de Paramé ou de Saint-Servan (aujourd’hui rattachées à Saint-Malo) sont assez rapidement prises par les troupes américaines sans trop de dégâts ni pertes humaines, les Allemands repliés dans la vieille ville, au cœur de la forteresse d’Alet et sur l’île de Cézembre vont opposer une farouche résistance. Saint-Malo est libérée le 17 août. Installé dans le blockhaus de la défense anti-aérienne allemande bâti dans la cour de l’ancien fort de la presqu’île d’Alet, le Mémorial 39/45 basé à Saint-Malo retrace l’évolution du conflit au cœur de la cité malouine au milieu des souvenirs de la Seconde Guerre mondiale. Sur une surface de 500 m2 répartis en trois niveaux, le site se compose d’une dizaine de pièces, et plongent les visiteurs dans cette sombre période de la région malouine. Photos, mannequins, armements, documents sont là pour recréer l’atmosphère de cette époque à travers différents thèmes. À savoir: pivot de la résistance allemande, la cité d’Alet abrite de nombreux blockhaus permettant de se souvenir des combats de 1944.

15 août: débarquement en Provence

Anvil Dragoon, c’était le nom de code donné à l’opération liée au débarquement en Provence. Opération menée à partir du 15 août 1944 et qui s’achèvera le 11 septembre. Objectif: libérer Toulon (83) où est implanté aujourd’hui le mémorial du Débarquement en Provence, inauguré le 15 août 1964 par le général de Gaulle. Il détaille les opérations qui se sont déroulées sur les côtes de Provence à travers différentes salles consacrées aux Britanniques, aux Américains, aux Canadiens et aux Français. Il faut libérer Toulon, mais aussi Marseille (13), puis remonter le Rhône jusqu’à effectuer la jonction avec les forces de l’opération « Overlord » débarquées en Normandie. Les unités navales alliées étaient constituées de 880 navires de guerre, mais 130 furent principalement engagés dont une trentaine de navires français. L’assaut naval a lieu sur les côtes varoises entre Toulon et Cannes, passant par Miramar, le Cap Nègre, les îles côtières de Port-Cros et du Levant, Cavalaire, La Croix-Valmer, Pampelonne (à Ramatuelle), Sainte-Maxime et Fréjus. L’assaut aérien, lui, se composait d’un parachutage de 5 000 hommes et de matériel entre Muy et la Motte. Objectif: s’emparer du Muy et des hauteurs de Grimaud. Si un objectif du débarquement en Provence est de créer un nouveau front en France, ce plan incluait aussi de détruire la XIXe armée allemande, qui avait pour charge la défense du Sud-Est de la France. Pour réaliser ce second objectif, une force blindée est mise sur pied, la Task Force Butler, dont la mission est de progresser vers le Nord, depuis Draguignan (là où se trouve le Mémorial du Rhône et le cimetière américain) via Riez (04), puis Digne-les-Bains (04) dont le musée de la Seconde Guerre mondiale est aménagé dans un ancien abri anti-bombardement creusé dans la montagne (le lieu cible plus particulièrement le département durant cette période) et Sisteron (04). Il s’agit d’obliquer vers le Rhône à Aspres-sur-Buech (05), et ainsi de couper la retraite des forces allemandes, dans ce qui sera la bataille de Montélimar (26). En deux semaines, la Provence sera libérée. Digne-les-Bains et Sisteron sont atteintes le 19 août; Gap (05) le 20, Grenoble (38) le 22 où se trouve le musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère; Toulon le 23; Montélimar le 28 et Marseille le 29. Dans les Alpes-Maritimes, Nice se libère le 28 août. Les forces alliées remontant la vallée du Rhône rejoindront le 12 septembre à Montbard, au cœur de la Bourgogne, celles du front ouest.

Pratique

CENTRE DE MÉMOIRE D’ORADOUR-SUR-GLANE

www.oradour.org

Pratique

MUSÉE DES ARMES

Tulle

www.ville-tulle.fr

Pratique

CAMP DE MARGIVAL

www.aisne-voyages-groupes.fr

Pratique

MUSÉE DE LA RÉSISTANCE BRETONNE

Saint-Marcel

www.aisne-voyages-groupes.fr

Pratique

FORT MONTBAREY

Brest

www.brest.fr/culture/patrimoine/le-fort-montbarey.html

Pratique

MÉMORIAL DE LA RÉSISTANCE DU PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERCORS

Vassieux-en-Vercors

www.memorial-vercors.fr

MUSÉE DE LA RÉSISTANCE

Vassieux-en-Vercors

www.ladrome.fr

COUR DES FUSILLES

La Chapelle-en-Vercors

www.memorial-vercors.fr

CENTRE HISTORIQUE DE LA RÉSISTANCE ET DE LA DÉPORTATION

Romans-sur-Isère

www.resistance-drome.org

Pratique

MÉMORIAL DU DÉBARQUEMENT EN PROVENCE

Toulon www.toulon.fr

LE MÉMORIAL DU RHÔNE ET LE CIMETIÈRE AMÉRICAIN

Draguignan www.visitvar.fr

MUSÉE DE LA SÉCONDE GUERRE MONDIALE

Digne-les-Bains www.ot-dignelesbains.fr

MUSÉE DE LA RÉSISTANCE ET DE LA DÉPORTATION DE L’ISÈRE

Grenoble www.resistance-en-isere.fr

Pratique

MÉMORIAL 39/45

Saint-Malo

www.ville-saint-malo.fr

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