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Là où tout prit fin…

1914 | publié le : 01.07.2013 | Dernière Mise à jour : 01.07.2013

Auteur

  • Thierry Joly

Picardie Les sanglantes batailles de la Somme, du Chemin des Dames, et de la Marne se sont entièrement ou en partie déroulées sur le sol picard. Mémoriaux et musées témoignent de ces combats où les Allemands étaient d’un côté opposés aux Français et de l’autre aux Britanniques.

On l’oublie trop souvent, c’est en Picardie que ce sont déroulés deux des événements les plus emblématiques de la Grande Guerre. À Nanteuil-le-Haudoin, près de Senlis et Ermenonville, dans l’Oise, où les fameux Taxis de la Marne ont déposé les soldats qu’ils avaient chargés à Lagny et Gagny. La clairière de Rethondes, près de Compiègne, où a été signé l’armistice, dont le musée, certes un peu vieillissant, abrite un wagon identique à celui du Maréchal Foch ainsi qu’une intéressante collection de vues stéréoscopiques sur verre.

Trait d’union entre le Nord et la Champagne, la Picardie a entre ces deux dates été une région charnière à deux points de vue. C’est en effet sur son territoire que se rejoignaient les secteurs sous commandements britanniques et français, et que le front passait d’une orientation nord-sud à ouest – est formant ainsi un arc de cercle.

La bataille de la Somme

Ceci et tout ou presque ce qu’un touriste peut vouloir apprendre sur la Grande Guerre est expliqué à l’Historial de Péronne, un des meilleurs musées sur ce sujet, qui traite de la guerre, mais aussi du contexte politique et culturel chez les trois belligérants (France, Grande-Bretagne, Allemagne), et propose de nombreuses expositions temporaires. En 2014, il sera doté de nouveaux outils multimédias, ainsi que d’un espace jeune public. Chaque année du Centenaire, les salles du musée seront en outre renouvelées dans leurs collections, et leurs discours pour être actualisées par rapport à l’évolution de la recherche historique. L’historial de Péronne, dans la Somme, département où les visiteurs étrangers sont nombreux car, comme dans le Nord Pas-de-Calais, le front y fut à partir de 1915. Essentiellement tenu par des soldats de Grande-Bretagne et de ses Dominions comme en témoignent les monuments visibles. Le Mémorial de Thiepval, le plus grand des mémoriaux britanniques au monde, porte les noms de plus de 73 000 soldats de Grande-Bretagne et du Commonwealth disparus lors de la tristement célèbre bataille de la Somme et jamais identifiés. À quelques pas, un cimetière militaire franco-britannique est implanté à l’endroit même où passait la ligne de front le 1er juillet 1916, date du début de cette offensive qui durant la seule première journée coûta la vie à près de 20 000 soldats de l’armée britannique. Un Centre d’Interprétation, ouvert en 2004, y retrace cette bataille, et il va être agrandi avant 2016 pour également évoquer le rôle des Britanniques dans les autres secteurs de la Somme. Un billet jumelé avec l’Historial sera alors introduit.

Mémoriaux anglo-saxons

À proximité, la Tour de l’Ulster, réplique exacte d’une tour gothique située près de Belfast, est un mémorial aux soldats de cette province morts pendant toute la Grande Guerre. À Longueval, un mémorial rend hommage aux soldats sud-africains qui subirent leur baptême du feu dans le Bois du Diable, et un musée rappelle leur rôle dans la Première et dans la Seconde Guerre mondiales. Cette commune compte également un mémorial dédié aux unités néo-zélandaises engagées dans la bataille de la Somme. Vision insolite, à Mametz, un dragon rouge pointe à l’horizon, perché au sommet d’un mémorial en l’honneur d’une division galloise qui combattit en ce lieu. Mais le plus émouvant et le plus parlant de tous ces mémoriaux est sans nul doute le parc dédié aux Terre-Neuviens, à Beaumont-Hamel. Dominé par un grand caribou de bronze posté sur une butte, il s’étend en effet sur le lieu exact où 715 natifs de cette province canadienne sur 801 furent tués, blessés ou portés disparus en trente minutes le 1er juillet 1916. Une hécatombe pour cette île, alors faiblement peuplée, comme le rappelle le Centre d’interprétation qui détaille les circonstances de l’assaut, mais aussi l’enrôlement et le retour des soldats à Terre-Neuve. Quant aux victimes, elles ne reposent pas dans un cimetière, mais dans ce petit coin de France qui a été laissé tel qu’il était lors de sa reconquête avec ses vestiges de tranchée et les cratères d’obus.

Qui veut encore plus d’informations sur la bataille de la Somme peut aussi se rendre au musée Somme 1916 d’Albert. Installé dans un souterrain du XIIIe siècle transformé en abri anti-aérien en 1938. Il a comme particularité de renfermer des reconstitutions de scènes de vie des poilus dans les tranchées.

La Somme a de nouveau été le théâtre de violents affrontements au printemps 1918 lors de la dernière offensive allemande. Celle-ci fut notamment bloquée par les Australiens à Villers-le-Bretonneux, devant Amiens. Un grand mémorial en leur honneur y a été érigé, et porte les noms de 11 000 d’entre eux disparus ou tombés en France et sans sépultures connues. Dans le village même, un musée franco-australien retrace l’histoire de leur corps expéditionnaire à travers des documents, des photographies, des uniformes, des armes, des maquettes,, etc.. Il est installé dans l’école Victoria ainsi nommée car reconstruite avec des fonds collectés dans cet État australien. Les Américains contribuèrent également à l’échec des Allemands à Cantigny où plusieurs monuments rappellent ce qui fut leur premier engagement majeur sur le sol français.

Des Chinois en France

Pour clore le chapitre sur ce département, direction la côte picarde, à Noyelles-sur-Mer, près d’Abbeville. Là, le cimetière chinois de Nolette, où reposent 849 hommes, rappelle un fait peu connu de la Première Guerre. Afin de décharger les soldats des tâches non militaires, Français et Anglais firent venir d’Indochine, et surtout de Mandchourie, des volontaires non combattants qui assuraient sous autorité militaire diverses interventions manuelles à l’arrière du front: déchargement des navires, manutention de munitions et d’équipements dans les dépôts, coupe de bois pour l’entretien et la construction des tranchées,… En 1919, ils étaient encore 80 000 à participer au déblaiement des zones de combats. Combien sont morts en France?… Personne ne le sait exactement.

Le Chemin des Dames

Le second haut lieu de la Grande Guerre en Picardie est le Chemin des Dames dans l’Aisne. L’un des champs de bataille les plus connus des Français. Ainsi baptisé parce que les filles du roi Louis XV l’empruntaient pour se rendre chez une amie. Il s’agit en fait d’un étroit plateau d’une trentaine de kilomètres de long séparant les vallées de l’Ailette et de l’Aisne. Si les Anglais y sont intervenus en 1914, par la suite, ce fut essentiellement l’armée française qui y combattit. C’est là, en 1917 que le Général Nivelles s’entêta à vouloir percer les lignes allemandes en dépit de lourdes pertes, ce qui conduisit aux mutineries de la même année. Tout le plateau est constellé de forts, de cimetières et de monuments tel celui dédié aux crapouillots (artilleurs) du Moulin de Laffaux où va être inauguré en juin 2014 un jardin du souvenir. Si toutefois dans votre circuit, vous ne souhaitiez intégrer qu’une seule étape, c’est à la Caverne du Dragon que vous devez aller. Aménagée, dotée de nouvelles galeries et fortifiée par les Allemands, parfois reprise par les Français, parfois partagée par les belligérants, cette ancienne carrière fut l’objet de féroces combats, et a aujourd’hui été transformée en un musée. Il permet de découvrir une partie des galeries et comporte également une projection multimédia sur l’histoire du Chemin des Dames ainsi que des informations sur la vie quotidienne des Poilus. Attention, le musée fermera pour extension, réaménagement et refonte de la scénographie dans le courant du second semestre 2015 pour ne rouvrir qu’à la fin 2016, fin prêt pour les commémorations du Centenaire de l’offensive de Nivelles.

Les batailles de la Marne

Le sud de l’Aisne à également connu de violents combats, en particulier en 1918, lors de la Seconde bataille de la Marne. Surplombant Château-Thierry et des vignes de l’AOC Champagne, le Monument de la Cote 204 commémore les actions menées par les troupes américaines dans ce secteur en juin/juillet 1918 dont la reprise de la ville. Constitué d’une double colonnade, il est décoré de statues représentant les États-Unis et la France, ainsi que d’une carte des opérations militaires qui se sont déroulées dans la région.

Non loin de là s’étend le bois Belleau où les Marines établirent leur réputation de bravoure au cours de combats qui firent rage du 6 au 26 juin. Décrit par le Général Pershing comme la plus importante bataille menée par des forces américaines depuis la Guerre Civile, cet engagement mit fin à la dernière grande offensive allemande de la guerre.

Mais, à son terme, les pertes des Marines étaient les plus élevées de l’histoire de l’unité, et le cimetière de Bois Belleau renferme les dépouilles de 2 300 soldats américains. Dans le village lui-même un minuscule musée donne des informations sur la bataille.

Une trentaine de kilomètres au nord-est, à Féré-en-Tardenois, se trouve un autre cimetière américain où reposent 6012 soldats qui perdirent la vie en combattant dans les alentours en 1918. À peu de distance, à Oulchy-le-Château, une émouvante sculpture de Paul Landowski appelée « Les Fantômes » rend hommage à toutes les unités alliées qui participèrent à cette bataille.

Impossible d’évoquer les combats le long de la Marne sans parler des départements limitrophes. À Dormans, sur un site choisi par le Maréchal Foch, un mémorial composé d’une crypte, d’une chapelle et d’un ossuaire renferment les restes de 1 500 soldats inconnus, et commémore les deux batailles de la Marne. Plus à l’Est, à Mondement, au sud d’Epernay, un menhir de béton ocre haut de 35 m marque l’avancée extrême de l’invasion allemande lors de la première bataille en 1914. Enfin, en Seine-et-Marne, Meaux est, depuis l’inauguration de musée de la Grande Guerre, une étape incontournable du tourisme de mémoire. Retraçant le conflit ainsi que ses origines et des conséquences, il aborde des sujets auparavant peu évoqués comme le rôle des femmes et les traitements médicaux inventés par les médecins pour soigner les blessés atrocement mutilés.

Célébrations

Les musées sont déjà bien avancés quant à leur programmation pour le Centenaire. En 2014, l’Historial accueillera une exposition intitulée « Entendre la guerre. Musique, sons et silences de la Première Guerre mondiale », qui proposera un regard historique sur le son de la guerre et la guerre dans la musique. En 2015, le thème de sa grande exposition temporaire sera « Traumatismes physiques et psychologiques de la guerre », puis en 2016 « Les écrivains dans la Somme. Centenaire de la bataille de la Somme ».

De son côté, la Caverne du Dragon prévoit du 16 avril au 16 décembre 2014 une exposition sur les troupes britanniques dans l’Aisne intitulée « For King and country. Les Tommies au Chemin des Dames ».

À Meaux, le musée de la Grande Guerre projette également plusieurs expositions dont les titres sont encore provisoires. De juillet à décembre 2014, « Les Britanniques entrent en guerre », qui portera sur… l’entrée en guerre des Britanniques et sur leur action au cours de la première bataille de la Marne, sur le territoire du Pays de Meaux. En 2015, de mai à septembre, c’est une exposition sur les Dardanelles et le front oriental, qui est planifiée suivie en novembre et décembre d’une seconde sur le compositeur Lucien Durosoir dont les lettres sont un excellent témoignage sur la guerre. En 2016, l’exposition organisée de mai à septembre sera consacrée à l’évolution de l’artillerie sur les plans historique, scientifique et technique, et celle de novembre/décembre aura pour titre « 100 ans de reporters de guerre ». Les deux expositions de 2017 auront pour sujet la Russie, en partant de l’œuvre de l’artiste Zinoviev, et l’archéologie de la Grande Guerre. Enfin, en 2018, une exposition devrait porter sur les tanks, tandis qu’une autre associera mémoire et art contemporain.

En ce qui concerne les manifestations et commémorations, la majorité de celles déjà programmées, mais pas toujours confirmées, se trouvent dans l’Aisne qui fut au centre des combats dès 1914. Citons une marche commémorative de Meaux au Chemin des Dames avec uniformes, costumes d’époques et bivouacs, du 5 au 15 septembre 2014. Des événements relatifs aux combats anglais sur Cerny et Vendresse, le 14 septembre. Une cérémonie et des événements sur les fusillés de Vingré à partir de septembre. Une exposition sur l’exode des enfants, à Soissons, en décembre. Puis en janvier 2015, une reconstitution de la bataille de Crouy. En 2014, une manifestation commémorative avec spectacle aérien est en outre prévue à Péronne. Pour le reste, les grandes célébrations auront lieu les années suivantes, en relation avec les dates des grands épisodes de la guerre: Bataille de la Somme en 2016, Chemin des Dames en 2017 et Armistice de Rethondes en 2018.

Pratique

HISTORIAL DE PÉRONNE

www.historial.org

CHEMIN DES DAMES

www.chemindesdames.fr

CAVERNE DU DRAGON

www.caverne-du-dragon.com

BATAILLE DE LA SOMME

www.somme14-18.com

MUSÉE SOMME 1916

www.musee-somme-1916.eu

MUSÉE DE LA GRANDE GUERRE

www.museedelagrandeguerre.eu

CDT DE LA SOMME

www.somme-tourisme.com

CDT OISE

www.oisetourisme.com

CDT AISNE

www.evasion-aisne.com

CRT PICARDIE

www.picardietourisme.com

CDT MARNE

www.tourisme-en-champagne.com

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