Stratégie Les brochures groupes, version 2014, sont actuellement en préparation chez la majorité des professionnels. En vue des commémorations liées au centenaire de la Première Guerre mondiale et au 70e anniversaire du Débarquement en Normandie, ont-ils prévu d’insérer dans leur programmation des produits liés à ces deux événements? Tourisme de Groupe a enquêté.
2014 donne rendez-vous avec l’Histoire. Ce sera l’année de deux commémorations majeures: le centenaire de la Première Guerre mondiale et le 70e anniversaire du Débarquent en Normandie. Deux événements qui – a priori – ne devraient pas échapper aux professionnels du tourisme de groupe quant à leur production 2014.
Mais, à l’heure où nous écrivions ces lignes, nombre d’entre eux reconnaissaient n’être encore « qu’au stade de la réflexion ». D’autres avouaient même « ne pas y avoir encore pensé »… Des aveux justifiés par un constat: « nous manquons d’informations sur le contenu de ces commémorations. C’est encore très flou et confus, on est dans l’attente », disent-ils. Un constat qui, fort logiquement, ne contribue pas à « booster » certaines initiatives en terme de conception de produits. Et tous de se laisser aller jusqu’à exprimer un même regret: « Sur un plan général, lorsqu’il s’agit d’événements, nous ne sommes pas toujours suffisamment informés à l’avance pour pouvoir anticiper sur notre prochaine programmation ». L’idéal étant de disposer « au moins un an à l’avance » de tous les éléments, de manière à pouvoir anticiper (et border) dans les meilleures conditions sa production. Et encore plus lorsqu’il s’agit de s’intéresser de près à l’hébergement. Avec le risque évident de ne pas trouver d’hôtel dans ces « périodes de pointe », où les disponibilités seront forcément beaucoup plus limitées. Voire inexistantes.
Pour autant, tous les professionnels que nous avons interrogés s’accordent à dire que « ces deux anniversaires historiques pourraient néanmoins constituer un bon prétexte à (re) découvrir une destination comme la mettre en avant », et qu’il « serait dommage, en tout cas, de passer à côté sans en faire au moins l’annonce dans sa brochure, même si parallèlement la programmation n’y porte pas un accent particulier, n’y est donc pas développée ».
Un rebond d’autant plus justifié au regard de leur importance historique, de leur notoriété et de leur écho médiatique qui « en règle générale contribuent à susciter des demandes ». Mais il semblerait, toujours selon les professionnels que nous avons interrogés, « que ces dernières ne se bousculent pas pour l’instant, voire sont carrément inexistantes ». Force est de constater, en effet, que côté médias, c’est plutôt le calme plat. Les commémorations 2014 ne sont pas encore à l’ordre du jour. Sauf localement, bien sûr, et ce du côté des départements évidemment concernés…
« Mais, quelle place occupe encore aujourd’hui, et quel est encore l’intérêt porté, à la Première et Seconde guerres mondiales respectivement cent et soixante-dix ans après? », s’interrogent les professionnels. Hors commémorations, les sites des deux guerres mondiales sont traditionnellement proposés en brochure. Mais pas n’importe lesquels! Car « il s’agit plus particulièrement de sites-phares et marquants de ces périodes, qui au fil des années sont devenus des incontournables », précisent-ils. Et de citer quelques exemples comme Verdun, le Mémorial de Caen, les plages du débarquement, Saint-Mère-Eglise, le Mémorial de la Résistance dans le Vercors,… « Ces différents lieux sont d’ailleurs toujours combinés avec d’autres étapes dans un programme plus large dédié à la découverte d’une région,soulignent les professionnels. Car en règle générale, la thématique histoire ne suffit pas à elle seule pour vendre un programme ». Et « encore moins lorsqu’il s’agit de sites liés aux deux guerres mondiales pour lesquels les retombées sont généralement aléatoires, et restent confidentielles », relèvent certains professionnels.
Et de souligner d’autre part que « les lieux consacrés à la Première Guerre mondiale font l’objet de moins de demandes de la part de notre clientèle (certains professionnels avouent même ne plus programmer des sites liés à cette période, ndlr) que ceux concernant la Seconde Guerre mondiale ». Une clientèle traditionnelle d’associations et de clubs dont les âges ne sont encore pas trop éloignés de cet épisode 39/45, explique sans doute cette situation. C’est une génération encore marquée par ces événements. Si les pour les comités d’entreprise, « il n’y a pas d’intérêt particulier pour ce type de programmation, et d’ailleurs en général sur tout ce qui concerne l’histoire », nous confiaient plusieurs professionnels, ce n’est évidemment pas le cas pour les groupes scolaires pour qui « l’intérêt est plus qu’évident au regard de leur cursus ». Quant aux associations ou les fédérations d’anciens combattants, « il y a certes un potentiel, reconnaisse la plupart des professionnels, « mais ce n’est pas flagrant », glissent cependant les plus pessimistes.
On l’aura compris. A priori, pour le moment, les professionnels ne semblent pas encore prêts à prendre les armes.