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2014, l’année du tourisme de mémoire

1914-1944 | publié le : 01.07.2013 | Dernière Mise à jour : 01.07.2013

Auteur

  • Catherine Mautalent

Filière Centenaire de la Première Guerre mondiale, 70e anniversaire du Débarquement en Normandie: l’année 2014 sera commémorative. En France, des ouvrages fortifiés, des nécropoles, des musées ou des sites témoins rappellent le sort des combattants, des civils, des résistants et des déportés. Mais, au fil du temps, la disparition progressive des témoins a laissé la place aux touristes. Ouvrant une nouvelle filière: le tourisme de mémoire.

L’année de tous les anniversaires… Centenaire du début de la Première Guerre mondiale et 70e anniversaire du Débarquement en Normandie. Ce sera en 2014. En France, on s’y prépare depuis octobre 2012 avec la création d’une « mission interministérielle des anniversaires des deux guerres mondiales » (elle prendra fin le 31 décembre 2019). Mission présidée par Kader Arif, ministre délégué aux Anciens Combattants. Elle doit « concevoir, animer et coordonner le programme de deux événements: le centenaire de 14-18 et le 70e anniversaire de la résistance, de la libération de la France et de la victoire sur la barbarie nazie ». Mais, sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale, la création de cette mission a entraîné de vives réactions d’élus et d’historiens. Perplexes quant au fait de commémorer la même année l’entrée en guerre (1914) et les premiers pas vers la Libération (1944), qui pourrait entraîner un risque de confusion des genres…

En attendant, les régions concernées sont à pied d’œuvre, et s’y préparent. Avec en première ligne: la Lorraine, le Nord Pas-de-Calais et la Picardie particulièrement touchées lors de la Première Guerre mondiale, et la Normandie pour le 70e anniversaire du Débarquement. Des commémorations , dont les programmes devraient être finalisés d’ici septembre à octobre prochain. Des moments contribuant à perpétuer le souvenir des conflits dans lesquels la France a été engagée, et de rendre hommage aux combattants et aux victimes.

Un concept récent

Un souvenir parallèlement entretenu de nos jours par de nombreux mémoriaux, nécropoles, ossuaires, casemates, champs de bataille, cimetières militaires, musées,… De ces combats d’hier demeure ainsi en France un patrimoine d’une importante richesse et d’une grande diversité. Pour ne pas oublier celles et ceux qui ont participé et traversé ces épreuves, mais aussi pour comprendre ces événements qui ont forgé notre histoire.

Découvrir (voire explorer) ces sites particuliers du patrimoine relève d’un concept récent: le tourisme de mémoire. Il est, en effet, apparu au début des années 2000 dans un contexte de rapprochement des secrétariats d’État en charge du tourisme et des anciens combattants « afin d’assurer la transmission de la mémoire des conflits du XXe siècle aux jeunes générations », comme le soulignait Serge Barcellini, directeur de la mission Histoire au conseil général de la Meuse, lors des Premières Assises du tourisme de mémoire (1) en mai 2011.

Une offre hétérogène

Cette filière se distingue par l’hétérogénéité de l’offre qui la compose. Dans son étude parue en octobre dernier, Atout France (2) caractérise quatre types de sites – témoins, commémoratifs, informatifs et pédagogiques –, et relève que « 56 % des sites mémoriels marchands en France traitent de la Seconde Guerre mondiale, alors que seulement 18 % d’entre eux se rapportent au premier conflit mondial ». L’agence de développement touristique de la France ajoute, par ailleurs, que « 79 % des sites mémoriels marchands ont été ouverts au public depuis les années 80, dont 25 % dans les années 2000 ».

Sur le plan géographique, et faits historiques obligent, l’offre se concentre dans la moitié nord du territoire hexagonal. Plusieurs régions se détachent tout particulièrement: la Basse Normandie, le Nord Pas-de-Calais, la Picardie, la Lorraine et l’Alsace. « Elles concentrent la majorité de l’offre », souligne Atout France. Par ailleurs, du fait de son histoire maquisarde, la région Rhône-Alpes, haut-lieu de la résistance, dispose également d’un nombre important de sites. Enfin, 45 % des sites marchands sont gérés par une association, et 25 % proposent exclusivement des visites guidées.

Groupes: 40 % de la fréquentation

Chaque année, plus de six millions de visites sont enregistrées dans l’ensemble des sites mémoriels payants en France. La fréquentation se concentre dans quelques sites majeurs. Ainsi, 17 d’entre eux totalisent près de quatre millions de visites, et 65 en réalisent près de 260 000. Ce flux touristique est généré en été par une clientèle individuelle (elle est majoritairement française), hors saison par des touristes étrangers et par les groupes (principalement en mai, juin et septembre), enfin tout au long de l’année par les groupes scolaires.

La majorité des visites, soit 55 %, est à mettre au compte des Français (soit 3,5 millions), les 45 % restants à celui des étrangers (soit 2,7 millions). Principalement cinq pays émettent 70 % de cette fréquentation étrangère: le Royaume-Uni (17 %), l’Allemagne (16,5 %), la Belgique (15,5 %), les Pays-Bas (13,2 %) et les États-Unis (8,1 %). La prise en compte du poids de ces clientèles internationales est d’autant plus importante pour la filière que ces dernières ont une approche des sites mémoriels différentes de celle, des clientèles françaises. En effet, « elles viennent avant tout par devoir de mémoire, moins pour s’informer contrairement aux Français », constate l’agence de développement touristique de la France.

Les groupes représentent 40 % de la fréquentation des sites mémoriels. Ils se composent de deux types de visiteurs: les scolaires français et étrangers (24% du total des visites), et les adultes en circuits organisés (16 %). « Ces derniers sont principalement issus de pays étrangers », relève Atout France. Avec une fréquentation concentrée d’avril à juin, puis de septembre à octobre.

15 millions d’euros de chiffre d’affaires

Complémentaire de l’offre touristique traditionnelle, tous ces lieux de mémoire contribuent également à la vitalité économique de nombreux territoires français. Ainsi, le chiffre d’affaires direct produit par la filière est estimé à 45 millions d’euros. « Depuis ces dix dernières années, la mise en tourisme des sites mémoriels s’est accélérée avec une intégration des logiques commerciales des sites de visites traditionnels », indique l’agence de développement touristique de la France. Premier centre de profit: la billetterie (65 % du chiffre d’affaires). Suivent les recettes générées par la boutique, la location de salles, la restauration ou encore l’animation d’ateliers pédagogiques. À savoir: le panier moyen par visite est de 5,70 euros. Côté investissements, trois sources principales interviennent: les subventions publiques (50 %), les fonds propres (45 %) et les fonds privés (5 %). « Les sites ont une politique d’investissement régulière traduisant l’enracinement de leur mise en tourisme », conclut Atout France.

Les prochaines Assises du tourisme de Mémoire se tiendront dans le Nord Pas-de-Calais en octobre 2013.

« Le tourisme de mémoire en France, mesure et analyse du poids et des retombées économiques de la filière »..

Le saviez-vous?

Il n’y a plus de « rue Pétain » en France… La Seconde Guerre mondiale et le régime de Vichy ont bouleversé la donne historique. Ces rues ont été débaptisées à tour de bras sur le territoire hexagonal. Belrain dans la Meuse est la dernière ville a avoir retiré la plaque qui portait le nom du maréchal depuis 1936.

C’était le 6 avril dernier.

Pratique

www.defense.gouv.fr/memoire

www.cheminsdememoire.gouv.fr

http://Centenaire.org/fr

http://www.dday-overlord.com

www.normandiememoire.com

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