Haute-Vienne. Capitale de la porcelaine, Limoges propose à nouveau la visite du musée national Adrien Dubouché, dédié aux arts du feu. Agrandi d’une partie moderne, enrichi de centaines d’objets, réorganisé, il avait fermé ses portes pendant un an. Après, cependant, trois années de travaux.
Labellisé musée de France en 1881, le musée national de la Porcelaine Adrien Dubouché à Limoges, en Haute-Vienne, rassemble des collections de céramiques, faïences et porcelaines. En avril 2012, il est rattaché à l’établissement public Cité de la Céramique – Sèvres et Limoges
De 2009 à 2012 sont entrepris de gros travaux de rénovation et d’extension, qui conduisent à fermer entièrement le musée durant toute l’année 2011. Il rouvre au public en juin 2012.
Si le musée national Adrien Dubouché n’a plus à démontrer l’intérêt de ses collections, il lui restait à les montrer, tout simplement. Et c’est ce à quoi les récents travaux ont abouti. “Nouvelle” visite guidée.
Ce qui a surtout changé sur le site, c’est l’espace central du musée, grâce à la construction d’une bâtisse moderne reliant les deux bâtiments anciens. Le rez-de-chaussée de ce nouvel espace est dédié à l’accueil et à la boutique. Par ailleurs, un film documentaire sur la fabrication de la porcelaine, y est aussi diffusé (très instructif…).
Au-dessus, la nouvelle mezzanine dite des “techniques” est organisée en trois parties. La première, de forme circulaire, représente l’intérieur d’un four. Sur les étagères transparentes qui donnent à l’ensemble une vraie légèreté, sont rangés, parfois selon le type de cuissons, quantité d’objets très éclectiques: bustes, assiettes, vases, figurines, maquettes de fours… La seconde partie est axée sur la fabrication, et notamment sur l’utilisation du kaolin, la création de la pâte de porcelaine, le moulage, l’émaillage… La troisième, enfin, permet de découvrir les techniques de décoration. Et exposée en vitrines: la porcelaine sous tous ses usages, quel que soit le secteur d’activité, à l’exemple du monde médical.
La visite se poursuit par la pièce consacrée à Adrien Dubouché, avant de franchir le seuil de la galerie historique dont les vitrines en bois, bien conservées, donnent un certain cachet. S’ouvre alors une sorte de nef, longue allée centrale avec ses multiples travées, dans laquelle toute la collection exposée prenait place avant la rénovation. On y découvre l’histoire de la céramique: l’Antiquité d’abord avec des amphores, vases, coupelles, cruches, lampes à huile… décorées de dessins stylisés grecs. Avant de plonger dans les époques moyenâgeuses et Renaissance en Europe. D’autres pièces exposées représentent le caractère international de la céramique depuis des siècles: une frise iranienne aux caractères arabes datant du XIVe siècle, un vase céphalomorphe attribué au peuple péruvien Mochica (VIe au Xe siècles).
L’Asie est largement représentée, et en particulier la Chine à travers ses œuvres bleues et blanches, mais aussi des dizaines de précieux bols et leurs soucoupes au décor raffiné, bien alignés. L’extrémité de cette galerie historique est occupée par la céramique architecturale. Là, sont rassemblés de nombreux carreaux de pavement et d’ornementation comme ceux recouvrant les anciens poêles.
Revenant sur leurs pas, en retraversant la bâtisse moderne, les visiteurs s’engagent alors dans une suite de trois vastes pièces désormais ouvertes au public. Au temps d’Adrien Dubouché, il s’agissait des salles de cours de l’école des arts décoratifs qu’il a fondé en 1868. Logées dans une architecture industrielle faite de puissantes poutrelles métalliques aux innombrables rivets, elles sont l’écrin d’une riche partie de la collection illustrant l’évolution de la porcelaine du XIXe siècle à nos jours. Sur les étagères modernes et transparentes aux fonds couleur pastel sont exposées les pièces majeures de la période ou du style évoqué. Après la salle dédiée aux arts Nouveaux et Déco, les visiteurs abordent la création contemporaine.
Au troisième étage, après deux salles dédiées au vitrail et au verre, un dernier espace axé sur la porcelaine de Limoges est proposé. La muséographie est volontairement moderne, puisque d’étonnantes étagères ressemblant à de gros fragments blancs de kaolin, accueillent la collection. Leur fond uniformément noir met particulièrement bien en valeur les œuvres. Au sol: un parquet clair pour apporter une ambiance chaleureuse. Au plafond: une fausse verrière qui fournit la clarté nécessaire pour bien tout admirer.
Et il y en a encore des choses à observer, une multitude même! Des figurines, des statues, des bustes, des portraits, des plats, des assiettes, des tasses… le tout est blanc immaculé, brillant ou mat selon qu’il s’agit de porcelaine émaillée ou de biscuit. L’ensemble est tout en sobriété et stylisation, ou paradoxalement débordant de fioritures sophistiquées. Du charmant petit buste du Duc de Bordeaux enfant, aux surprenantes veilleuses-théières, en passant par une autruche grandeur nature semblant s’extraire du mur,… Toute la porcelaine de Limoges se dévoile.
Enfin, une dernière surprise attend les visiteurs: le salon d’honneur s’invitant dans une scénographie moderne. En plus de ses élégantes frises et fresques peintes sur les murs et au plafond, elle offre aux regards une table toute dressée en porcelaine blanche uniquement, le fameux service “grain de riz” qui fit sensation au XIXe siècle.
Il s’agit d’un établissement public placé sous la tutelle du ministre chargé de la Culture, regroupant également, et ce depuis le 1er janvier 2010, la Manufacture nationale de Sèvres, ainsi que le musée national de la Céramique de Sèvres.
• Ouvert tous les jours, de 10 h à 12 h 30, et de 14 h à 17 h 45. Fermé les mardis, ainsi que le 25 décembre et le 1er janvier.
• Audioguides en trois langues, et écran multimédia en accès libre permettant aux visiteurs de visionner près de 800 photographies sur les manufactures et les ateliers de fabrication, les personnels, les pièces, les chefs-d’œuvre,…
• Visites guidées classiques ou thématiques sur demande. Forfait groupe (88 euros/1 h – 130 euros/1 h 30 – 160 euros/2 h) + prix d’entrée/pers.
• Tarif groupe base 10 pax. Gratuité conducteur.
• Stationnement autocar devant le musée.
Tél.: 05 55 33 08 50
François-Louis Bourcin-Dubouché, dit Adrien Dubouché, baron d’Empire, est né en 1818 à Limoges et mort à Jarnac en 1881. Homme d’affaires, maire de Limoges en 1870 et grand amateur d’art (il consacrait son temps libre aux céramiques), son nom a été donné en 1875 au musée national de la Porcelaine en remerciement de son généreux mécénat.