Comment travaillez-vous les clients groupes taïwanais?
Le tout premier groupe taïwanais est venu à Carcassonne il y a plus de dix ans. Mais cela ne fait que trois ans que nous montons de vraies opérations, avec d’autres partenaires, destinées à séduire des tour-opérateurs taïwanais. Avec Atout France, nous rencontrons, dans la capitale Taipei, des professionnels locaux. Nous – c’est-à-dire Carcassonne et le Pont du Gard – prenons également l’initiative de nous rendre nous-mêmes dans les villes secondaires. Comme très peu de Français s’y déplacent, nos interlocuteurs sont d’autant plus contents et accueillants! Outre ce déplacement effectué au moins une fois par an, nous organisons aussi des eductours en France pour les professionnels taïwanais, des eductours durant lesquels nous invitons également des journalistes du pays de manière à faire l’objet d’un reportage dans leur presse spécialisée. Et donc d’être visibles.
Que mettez-vous en avant dans votre offre?
Il faut être lucide, si notre structure institutionnelle travaille à l’international, en consacrant 80 % de son budget aux marchés lointains, mâtures ou émergents, c’est parce que la cité de Carcassonne est classée au Patrimoine mondial de l’Unesco. Pour autant nous défendons aussi d’autres atouts. Nous nous présentons également comme le Grand Sud-ouest en insistant plus particulièrement sur son accueil, sa gastronomie, ses fêtes, son authenticité… Un Grand Sud qui va du Languedoc à l’Aquitaine. Nous balayons large avec pour portes d’entrées le Pont du Gard pour la Provence, et Carcassonne pour Midi-Pyrénées. Nous valorisons aussi notre proximité avec Bordeaux, Lourdes et Barcelone… et cinq grands vignobles. Nos produits œnotouristiques fonctionnent d’ailleurs très bien.
Comment aborde-t-on la clientèle taïwanaise?
Je dirais qu’elle est plutôt facile d’accès, comparée à celles de la Chine continentale ou de l’Inde. Les Taïwanais parlent tous anglais, mangent de tout, et vivent d’une façon assez occidentalisée. Ils sont déjà habitués à voyager, d’un naturel curieux, et assez disciplinés lorsqu’ils voyagent en groupe. Il y a ceux qui ont découvert Paris et effectuent ensuite un tour de France à travers des visites traditionnelles. Il y a ceux aussi qui connaissent déjà la France ou l’Europe, et qui désirent des produits plus pointus, comme des visites prestige ou en nocturne, une excursion dans un château cathare, etc. Tous apprécient en tout cas la présence d’un guide…
Quel type de produit proposez-vous?
Notre produit-phare consiste en une visite de la Cité et de la bastide, suivie d’un déjeuner proposant notre spécialité, le cassoulet, avant de terminer par une croisière sur le canal du Midi. Côté hébergement, nous privilégions un établissement au cœur de la cité, et ce qu’il soit de chaîne ou indépendant. Cette clientèle apprécie les deux… à condition qu’il y ait du thé vert dans la chambre. Pour la restauration, nous proposons des prestataires aussi bien chinois que français (parfois étoilés), qui travaillent depuis longtemps avec ces groupes de clients. Nous commençons, par ailleurs, à proposer des produits visant à allonger la durée de séjour.
Le marché taïwanais est-il porteur?
Le nombre de groupes accueillis ne cesse d’augmenter, et ce sur une longue période, de fin mars à fin octobre, sauf en haute saison estivale. En juin ou en mai, nous avons parfois un groupe par jour à Carcassonne! Nous développons aussi, avec logement en auberge de jeunesse, les groupes de jeunes à la recherche de découvertes culturelles. Le marché taïwanais est encore porteur aujourd’hui, mais il va sans doute, comme tous les marchés mûrs, s’effriter, avec l’individualisme rampant qui touche aussi ces clientèles nouvelles pour nous. Je pense que dans quatre ou cinq ans, la migration des groupes vers de l’individuel se fera.