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Le Portugal s’affirme comme destination recours

Destination | publié le : 01.04.2013 | Dernière Mise à jour : 01.04.2013

Auteur

  • Jean-François Bélanger

Marché Après un exercice 2012, encore meilleur que le précédent, le Portugal démontre sa capacité à capter les clientèles françaises qui sont restées à l’écart des destinations impactées par les événements du printemps arabe.

La 25e édition du salon du tourisme et des voyages BTL (Bolsa de Turismo Lisboa), qui s’est tenue du 27 février au 3 mars dernier, l’a démontré et le souligne après celui de 2011. Si le tourisme international portugais a enregistré en 2012 l’arrivée de 7 700 400 visiteurs représentant une croissance de 3,9 %, il doit en assez grande partie ce chiffre au marché français. Sans lui, sa performance annuelle ne serait sans doute pas aussi positive. Car le marché espagnol, le deuxième derrière le Royaume-Uni, a connu en 2012 une nouvelle défaillance, situation économique oblige, accusant une baisse de 11,5 % de ses arrivées, par rapport à 2011. La France, qui a totalisé 740 000 clients, augmente, elle, de plus de 12 %, établissant ainsi son nouveau niveau de référence. Et c’est elle qui, des dix premiers marchés internationaux émetteurs, enregistre la plus forte progression (voir encadré). Notre marché grimpe donc dans la hiérarchie. En terme de nombre de nuitées, il passe même devant les Pays-Bas, à la quatrième place derrière le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Allemagne. Une situation d’autant plus précieuse pour le Portugal que le tourisme domestique marque aussi le pas ici, compte-tenu d’une situation économique assez proche de celle de l’Espagne. Le niveau du marché français s’établit donc à son zénith: « entre 2007 et 2012, le nombre de nuitées réalisées par les Français sur la destination Portugal, le continent et ses îles, a augmenté de 44 %”, se félicite Jean-Pierre Pinheiro, directeur de l’office du tourisme du Portugal à Paris.

Une situation de stabilité séduisante

La fréquentation hôtelière, qui est ici l’indicateur retenu, est donc plutôt flatteur pour la France, sur le dernier exercice. D’autant qu’il s’avère qualitatif! « La moyenne d’un séjour d’un Français à l’étranger s’élève à 1 021 euros, contre 821 euros pour la moyenne européenne », confie Jean-Pierre Pinheiro. Ce sont sans doute ces résultats qui ont attiré autant de voyagistes à faire le déplacement jusqu’à Lisbonne, à l’occasion du 25e BTL. Plus d’une vingtaine de participants, un chiffre lui aussi rarement atteint, et nombre d’entre eux témoignent des qualités qui ont prévalu à ce succès (voir notre encadré « Réactions »). « Pour nous qui sommes des prescripteurs groupes du secteur du tourisme d’affaires, nous sommes quand même assez loin de cette évolution. Mais nous comprenons fort bien que, pour la clientèle loisirs, le Portugal représente une destination idéale pour qui souhaite renoncer momentanément vers certaines destinations méditerranéennes, compte tenu de l’instabilité actuelle de la situation politique qui y règne » relativise cependant Corinne Elgosi, directrice de l’agence Intra-Muros, située dans le XVe arrondissement de Paris. Amélie Quenet, gérante de D Tour confirme: « le Portugal reste une destination tranquille, avec une population accueillante et un personnel serviable. D’autant que les prix par rapport à des destinations similaires, comme la Sicile, restent encore très accessibles”. Justement, question de prix, Samira Mokli, responsable du service groupes à Azur Voyages (Salon-de-Provence), est venue avec quelques idées derrière la tête: « il est vrai que la clientèle française est regardante et de plus en plus sensible à ce critère. Le fait de pouvoir rencontrer ici, les réceptifs locaux nous permet d’apprécier les offres tarifaires que nous font les voyagistes depuis la France et, éventuellement, de pouvoir traiter en direct”.

Le marché français peut encore mieux faire

Plus de 20 voyagistes présents au 25e BTL, cela illustre aussi la structure atomisée de la distribution de cette destination. Ceux qui sont restés les plus importants depuis la France, ces derniers temps, ont pour nom Go Voyages, Top of Travel, TravelEurope, Donatello, Fram… D’une façon générale, les agences de voyages accaparent 47 % du trafic, les ventes directes 36 % et les groupes 17 % (CE, associations…). « Il est vrai que plus la destination est facile, ce qui est le cas du Portugal, plus la solution de la vente directe est tentante pour le client » commente Corinne Elgosi. Quoi qu’il en soit, pour Jean-Pierre Pinheiro « de larges marges de progression sont encore possibles » Car il existe encore pour lui un décalage à combler. Pour les vacances, la plage et le soleil constituent 33 % de la motivation des touristes, devant la culture 12 %, les city-breaks 10 %… Or, en ce qui concerne la clientèle française, c’est Lisbonne qui reste le premier lieu de visite devant Porto, Madère, le centre et l’Algarve. « Il serait donc profitable que les voyagistes investissent dans des hôtels-clubs balnéaires, suggère Jean-Pierre Pinheiro. D’autant que grâce à notre histoire et à notre culture, nous évoluons dans une véritable proximité ». Une proximité qui s’illustre par des dessertes aériennes qui s’améliorent régulièrement. Outre les départs de la plupart des grandes villes françaises organisées par Tap Portugal, il fait allusion aux dernières initiatives prises par plusieurs compagnies aériennes, qui sont autant d’opportunités supplémentaires pour les groupes: Aigle Azur (distinguée de la médaille du Tourisme par le Secrétaire d’État au Tourisme du Portugal, Adolfo Mesquita Nunes), Vueling, Sata, Air Méditerranée… Sans oublier les autocars, qui se rendent au Portugal sans problème et parmi lesquels Salaün, Nationaltours, Verdié, Richou ou encore Faure sont les plus actifs. C’est pour cela que la barre des 800 000 visiteurs français au Portugal pourrait être franchie, dès cette année.

En chiffres

Nombre d’arrivées en milliers de touristes étrangers (évolution 2012/2011): 7 700 (+ 3,9 %)

Dont:

– Royaume-Uni: 1 294 (+ 4 %)

– Espagne: 1 219 (− 11,5 %)

– Allemagne: 813 (+ 9,9 %)

– France: 740 (+ 12,4 %)

– Brésil: 497 (+ 9,3 %)

– Pays-Bas: 409 (+ 5,3 %)

– Italie: 355 (− 7,4 %)

– États-Unis: 308 (+ 10,7 %)

– Irlande: 198 (+ 11,7 %)

– Belgique: 173 (+ 8,2 %)

– autres: 1 694 (+ 9,3 %)

(source: Proturismo)

Guimarães: la capitale Européenne de la Culture 2012 a trouvé son public

Un bilan plus que positif. En 2012, alors qu’elle était capitale Européenne de la Culture, la ville portugaise de Guimarães a vu sa demande touristique augmenter de 106,5 % par rapport à 2011. Ainsi, plus de deux millions de touristes ont assisté aux 2000 expositions, spectacles et autres concerts organisés à cette occasion. Une enquête satisfaction a, de surcroît, révélé que 90 % des spectateurs se sont déclarés satisfaits des événements. Une aubaine pour la ville, qui pourrait profiter longtemps des retombées économiques et de l’enthousiasme suscité lors de cette année si particulière.

Cet engouement ne devrait pas, en outre, s’essouffler en 2013, puisque Guimarães est, depuis le début de l’année, la capitale Européenne du Sport. Les Championnats d’Europe de Boccia (du 15 au 23 juin), un sport proche de la pétanque, ou encore le Festival National de Gymnastique (du 8 au 10 juin), feront partie de la centaine d’événements qui s’y dérouleront. Pour l’occasion, 20 000 athlètes issus de 50 disciplines sportives sont attendus tout au long de l’année.

S.B.

Réactions
Henda Kefi, responsable groupes chez Autrement Voyages

Cela fait maintenant deux ans que la nouvelle mouture d’Autrement Voyages est en place sous la houlette de Georges El Hayek. Le service groupes a été confié à Henda Kefi, une spécialiste chevronnée du bassin méditerranéen, de l’Égypte et de l’Orient, de l’Océan Indien et de l’Amérique Latine.

Elle a décidé de lancer le Portugal depuis maintenant un an. Et elle s’en félicite: “L’an passé, nous avons traité une dizaine de groupes d’une taille comprise entre 15 et 60 participants, principalement sur la partie continentale de la destination”, se réjouit-elle. Pour le transport, nous travaillons avec TAP Portugal, qui nous fournit une bonne desserte depuis la plupart des grandes villes françaises”. À terme, le pays pourrait rejoindre la programmation à destination de la clientèle individuelle.

Mais auparavant, Henda Kefi est venue au BTL de Lisbonne afin de diversifier davantage la programmation groupes sur le Portugal. “Cette première année, elle a été surtout orientée vers Lisbonne et l’Algarve. J’aimerais l’élargir vers le nord et Porto pour commencer”, envisage Henda Kefi. Avec pour axiome de base, la recherche de l’originalité, que ce soit en terme d’hébergement, de programmes et de thématiques: l’agro-tourisme, le bien-être… “La destination reste par rapport à d’autres comparables, telles que l’Italie par exemple, à un niveau de prix compétitif. Nous sommes sur une moyenne de 1 100 euros de prix moyen, tout compris, pour un séjour d’une semaine en hôtellerie quatre étoiles”, précise Henda Kefi, affirmant par ailleurs que “le Portugal va se développer chez nous”.

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