Circuit Entre performance et nostalgie, art et gastronomie, c’est toute l’Italie qui défile en suivant la « route des moteurs ». De Turin à Pise, via Monza, Côme, Bologne et Modène, les passionnés de moto et d’auto sont à la fête. Les autres aussi, tant ces œuvres d’art, à deux ou quatre roues, racontent leur pays, leur époque. Emotions garanties, à vivre et à partager pendant toute une semaine. En route!
Elles ont beau être alignées les unes à côté des autres dans des musées ou d’improbables hangars d’usine, elle sont là, prêtes à vrombir, prêtes à bondir, comme retenues dans un élan qui ne les a jamais abandonnées. Ces automobiles aux couleurs vives, ce rouge intense, aussi dense qu’un moteur V8, ce jaune soleil, aussi brûlant qu’un capot de bolide après l’effort, se laissent caresser des yeux, tels des fauves qui se prélassent en faisant mine d’être apprivoisés.
Les Ferrari, Maserati, Lamborghini, Stanguellini et autres italiennes rugissantes s’éparpillent à Modène et dans ses environs, à l’ombre d’un campanile effilé ou d’un hangar bricolé, là où tout a commencé. Italie passion. Les belles endormies se réveillent aussi, du côté de Monza, au nord de Milan, ou du Mugello, au nord de Florence. Sur ces boucles asphaltées, les courses, de Formule 1 ou de moto, ravivent l’esprit de conquête des pionniers de « la vallée des moteurs ». Dans une atmosphère survoltée où tout est millimétré et minuté, la performance le dispute à l’audace, la puissance à la gloire. Les moteurs vrombissent, sciant l’air dans une longue et stridente plainte, qui s’en ira mourir dans les forêts paisibles aux alentours des circuits. Italie frisson.
Les deux roues aussi ont leurs temples italiens. Pour Motoguzzi, c’est sur les rives du lac de Côme qu’il faut se rendre, à l’usine même. Dans un de ses bâtiments à peine transformé, c’est le miracle italien qui se visite, comme une aventure humaine et sociale qui se poursuivrait à moto. À Bologne, chez Ducati, la moto prend vie, les ateliers s’animent, l’aventure continue et se déroule, en direct, sous les yeux-mêmes des visiteurs. Italie génie.
À Pontedera, à proximité de Pise, c’est toute une histoire italienne qui est contée. Ces Piaggio et ces Vespa à petites roues, parfois deux, parfois trois, incarnent l’âme même du pays, son esprit, ses joies et ses difficultés, son côté volubile et agile. La dolce vita, la vie tout court. Italie nostalgie.
À Turin, la boucle est bouclée. L’automobile est en son fief, là où fourmillaient les ateliers, les disputes et les rivalités, essaimant à travers tout le pays ingénieurs et labeur, bâtissant une industrie, entre invention et grande consommation. Résumé au musée de l’Automobile pour un tour du monde et du pays. Italie création.
Le rêve italien n’est pas qu’à deux ou quatre roues. Il est savoureux au palais, copieux et délicat dans les assiettes, léger et embrumant dans les verres. À chaque étape ses saveurs et ses spécialités, du parmesan au vinaigre balsamique, des spaghetti à la bolognaise aux délices chocolatés piémontais. Italie gastronomie.
Par les routes et les chemins, du Piémont à la Toscane, de la Lombardie à l’Emilie-Romagne, défilent les paysages de plaine et de montagne, s’enchaînent les bourgs et les villes, les rues avec arcades et les églises romanes, les trésors du passé et les créations architecturales. À deux, quatre, six ou davantage de roues encore, impossible de ne pas se laisser aspirer au passage par ces chefs-d’œuvre légués par l’histoire. Italie éternité.