Loin des courses et compétitions qui animent les autres constructeurs, le musée Piaggio de Pontedera, à une vingtaine de minutes de Pise, raconte une autre Italie, celle de tous les jours, celle de la création à la portée de toutes les bourses, celle de l’imagination qui sait résister au temps, une sorte de Dolce Vita éternelle.
Fondée à Gênes en 1884, la société a commencé par vendre aux chantiers navals du mobilier en bois, puis elle s’est lancée dans la construction de moteurs d’avion, d’hélices et d’hélicoptères, de wagons et locomotives entraînée par le génie de Corradino D’Ascanio, un des pionniers de la construction aéronautique. C’est lui aussi, quand les usines de Pontedera, où s’est installée Piaggio en 1918, auront subi les bombardements de 1944 et les interdictions faites au pays vaincu, qui a eu l’idée de se lancer dans la fabrication de cyclomoteurs. « Je veux quelque chose qui puisse être conduit par un homme, une femme et un prêtre », disait-il. Ce que ne permettait pas le premier prototype, Paperino, qui lui a été présenté, puisqu’il fallait enfourcher la mobylette comme une moto, faisant courir de grands risques à tout ce qui portait jupe ou soutane.
La suite lui a donné raison et la première Vespa a pu être fabriquée en série, et conduite par tout un chacun dès 1946. Il y a bien eu quelques modèles de course par la suite, mais c’est la multiplication de ses déclinaisons qui a aussi contribué à transformer le modeste scooter à deux roues, passé à trois sous forme utilitaire, voire quatre, en symbole de liberté et de déplacement facile. Les Italiennes et les Italiens pouvaient ainsi voyager la tête au vent sans rien perdre de leur élégance naturelle.
Le musée réunit ainsi toutes les déclinaisons de Vespa, mais aussi les « Piaggio » proprement dit, ainsi que les motos Gilera, qui ont aussi connu leur heure de gloire dès les débuts du XXe siècle, notammemnt en gagnant les Six jours de Grenoble de 1930. Le musée qui se prête aussi à l’organisation d’événements fleure bon l’Italie: on la sent vivre, on l’entend parler, vibrer ou chanter dans ce musée toscan. Ça roule pour la Dolce vita.