Ouvert l’an dernier, le Museo-Casa Enzo Ferrari de Modène raconte la saga de l’obstiné et ombrageux créateur des voitures les plus admirées au monde. La maison où il est né, le 18 février 1898, s’intéresse avant tout à la personnalité imposante du « Commendatore », à la passion pour l’automobile qui l’a habité dès l’enfance et surtout la compétition.
Le fondateur de la Scuderia Ferrari, en 1929, s’est lui-même lancé dans les courses automobiles dès les années 1920. Embauché par Alfa Roméo, il prend progressivement son autonomie. En 1940 est produite, en deux exemplaires, la première Ferrari, la 815, dans l’usine de mécanique Auto Avio Construzioni. Mais c’est avec la 125 S, qui remporte en 1947 sous le nom de Ferrari une course à Rome que la gloire, qui connut ses hauts et ses bas par la suite, s’apprête à devenir légendaire.
Des films, des photographies, le bureau d’Enzo Ferrari à Modène, où il conservait son « musée des erreurs » pour être sûr de ne pas les répéter, sont autant de moyens de cerner cette forte personnalité.
À côté de ce bâtiment de brique rouge s’épanouit un audacieux pavillon: jaune pour la toiture, blanc pour l’intérieur, où est présentée, jusqu’à la mi-octobre 2013, une exposition de modèles Ferrari et Maserati, illustration de l’émulation qui régnait entre tous ces pionniers d’Émilie-Romagne.
Cette vitrine est aussi un lieu à même d’accueillir conférences, incentives et autres événements prestigieux. Les visites de groupes (jusqu’à 30 pax) se font aussi en français sur réservation.
Après le lustre Ferrari, le dépouillement de la collection Stanguellini, toujours à Modène mais dans un ancien garage automobile. C’est l’occasion ici aussi de revisiter la saga modénaise autour de l’automobile.
Après bien des drames et des péripéties, Vittorio Stanguellini fonde sa propre écurie en 1937, qui court sur des modèles Fiat ou Maserati transformés. L’équipe arrache des victoires importantes juste après la guerre. Fangio lui-même testait les moteurs. La fabrication des voitures Stanguellini s’est arrêtée au début des années 1980. Mais il demeure une magnifique collection, mariant les grandes marques italiennes, racontant dans ce décor d’atelier figé pour l’éternité, la saga automobile des Stanguellini et de leurs compétiteurs. Les visites se font sur réservation.
Située au cœur de la « Vallée des moteurs », Modène n’est pas qu’industries. Loin de là. Son patrimoine spirituel, de nombreuses églises bien conservées, une cathédrale répertoriée comme un chef-d’œuvre de l’art roman valent la promenade en centre-ville. La Piazza Grande, entourée des arcades du Palazzo Comunale qui remonte en partie au Moyen-Age, est remarquable d’élégance.
D’autres spécialités de l’Émilie-Romagne sont au moins aussi célèbres que ses voitures de rêve. Le vinaigre balsamique produit localement ne manque ni de saveur, ni d’histoire. Dans la famille Pedroni, à Rubbiara di Nonatola, non loin de Lamborghini, on fabrique comme il y a cent cinquante ans ce produit exceptionnel qui agrémente bien des plats traditionnels. Six générations se sont ainsi succédé autour des fours où les moûts de raisins vendangés dans le vignole familial sont cuits juste après le pressage. S’ensuit tout un processus de fabrication strictement répertorié qui a valu à ce vinaigre balsamique son appellation d’origine contrôlée, après vérification par une confrérie de maîtres-dégustateurs. Il faut savoir lui donner le temps de parvenir à maturité, de vieillir en tonneaux, comme il est expliqué aux visiteurs qui peuvent en profiter pour savourer un menu traditionnel au restaurant attenant.
Autre spécialité de la région: le parmesan. Là encore, à la fromagerie bio Hombre, avec étable attenante, qui appartiennent l’une et l’autre à la famille Panini, collectionneuse par ailleurs de Maserati, le respect des traditions est mis en avant. Il faut venir tôt le matin pour assister à la transformation du lait, celui trait la veille au soir et celui du matin. Chauffé jusqu’à 33 oC., il vire progressivement à la crème, coagule sous l’effet de la présure, avant que le caillé ne soit découpé selon une technique particulière qui lui donne son côté graniteux. Retour à la cuisson, à 55 oC. cette fois, et quelques opérations plus tard, de cuves en chaudrons, voilà les meules de parmesan prêtes pour séjourner en cave et vieillir, elles aussi suffisamment longtemps, douze mois au moins. C’est la sonorité des meules qui permettra de décider de leur qualité. Là encore, le comité d’experts se montre intransigeant, et raye impitoyablement les meules de parmigiano-reggiano qui ne seraient pas parfaites.
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