Hébergement Établissements indépendants, les villages de gîtes constituent une alternative à l’hôtellerie classique pour les groupes dans des zones parfois peu fournies en la matière. S’ils ont des caractéristiques communes, ils se différencient les uns des autres par le style et les équipements.
Ni une chaîne, ni une franchise, mais une association regroupant des établissements indépendants, les Villages de Gîtes entendent offrir une alternative aux résidences de vacances et à l’hôtellerie de plein air. “Notre spécificité est de proposer un hébergement en gîtes dans des structures où les clients trouvent authenticité, calme, convivialité et accueil personnalisé mais également des activités”, affirme Guy Coy, le vice-président de cette association née en 2004 qui réunit aujourd’hui 82 villages répartis dans 27 départements français, à la montagne, à la mer et à la campagne. Leur nombre est toutefois bien plus important dans le Sud, et deux départements sont particulièrement bien fournis: la Dordogne et l’Ardèche. Ce dernier a d’ailleurs été le précurseur en la matière, puisque c’est en 1997 que fut créé un syndicat des Villages de Gîtes départemental, qui a été à l’origine du réseau national actuel.
Pour pouvoir adhérer à l’association, les villages de gîtes doivent satisfaire à plusieurs critères obligatoires. Ainsi leur est-il interdit d’être intégrés à un hôtel ou un camping et de proposer des mobil-homes en location. Le nombre de gîtes doit, par ailleurs, être au minimum de cinq et ne pas dépasser 30. “Pour justifier la notion de village et que l’accueil reste personnalisé”, précise Guy Coy. Il leur est en outre demandé d’ouvrir au minimum six mois par an, d’avoir une aire de jeux et une piscine ou un plan d’eau avec accès privatif, d’être conventionnés avec l’Agence nationale des chèques Vacances (ANCV), d’avoir un espace privatif autour de chaque gîte et de proposer des activités culturelles ou de plein air sur place ou à proximité. Mais bon nombre d’adhérents vont plus loin et disposent de piscines chauffées, de spas, de terrains de tennis,…
N’oublions pas en effet que tous ces villages sont gérés de manière totalement indépendante par leurs propriétaires. Conséquence, il peut exister de grandes différences entre l’un et l’autre concernant le style architectural des gîtes (maisonnette, chalet ou ancienne ferme), la conception de ceux-ci (mitoyen ou indépendant), leur taille, leur équipement, leur agencement, la superficie de l’espace privatif, la configuration du village, etc…. Certains ont, en outre, des gîtes adaptés à l’accueil des groupes, la licence IV pour vendre des boissons alcoolisées, et deux possèdent même l’agrément Atout France pour vendre des séjours clé-en-main.
“Il faut bien expliquer aux groupes ce qui les attend, car certains acceptent que les participants soient dispersés mais d’autres non”, conseille Michel Deshayes, responsable des Voyages Archambault à Tours, qui propose parfois ce type d’hébergement à sa clientèle, laquelle se compose majoritairement de seniors. “Il faut aussi faire attention à l’accessibilité pour l’autocar et vérifier, si le village est isolé, qu’il y a plusieurs itinéraires d’accès afin que le trajet ne soit pas répétitif sur un séjour de plusieurs jours”.
Point commun à tous les villages acceptant les groupes: ils offrent à cette clientèle des prestations hôtelières comme le ménage et la fourniture des draps. “En option pour les draps, car certains préfèrent venir avec les leurs”, souligne Joëlle Fénerol-Brottes du Domaine de Bridoux, dans la Drôme, qui assure au choix la demie-pension ou la pension complète avec dans le second cas un plateau-repas pour le déjeuner. Aux Gîtes de Ravel dans le Gard, un déjeuner classique à table est également possible. “Comme pour le dîner, nous avons recours à un traiteur qui vient chez nous où nous disposons d’une grande salle commune. En revanche, nous faisons nous-mêmes le petit-déjeuner”, précise Michel Sammade, le propriétaire, qui accueille des groupes jusqu’à 50 personnes. “Une clientèle qui chez nous prend de l’importance car sur les individuels nous sommes de plus en plus concurrencés par les chambres d’hôtes et les gîtes particuliers”. Compte tenu de la localisation de son village dans les Cévennes, il s’agit essentiellement de cyclotouristes et de randonneurs qui viennent par des clubs, des comités d’entreprise et pour quelques-uns via des autocaristes. En Dordogne, le village de La Peyrière travaille aussi avec des scolaires et des groupes du troisième âge effectuant des visites touristiques. “Ils viennent depuis leur région d’origine en autocar, ou alors en train, et dans ce cas nous les mettons en relation avec des autocaristes de la région pour qu’ils organisent leurs transferts et leurs excursions”, ajoute Arlette Laflaquiere, propriétaire du village de La Peyrière. Les groupes de randonneurs constituent là aussi une clientèle régulière. Outre le calme et l’environnement naturel, l’un des gros atouts des villages de gîtes est de proposer de l’hébergement pour groupes dans des lieux où il y a peu d’hôtellerie classique, que ce soit pour des raisons de contraintes de construction ou de relatif isolement. Les demandes des groupes restent donc constantes, et La Peyrière réalise même 60 à 70 % de son chiffre d’affaires avec eux. Mais pour la plupart des villages engagés sur ce créneau, c’est bien moins. Pour le domaine de Bridoux, cela représente ainsi environ un mois de chiffre d’affaires. “Cela représenterait plus si nous prenions des groupes de plus de 35 personnes, car nous avons des demandes, mais nous préférons nous limiter à ce nombre pour assurer un bon accueil”, déclare Joëlle Fénerol-Brottes. À l’instar de tous ses confrères, elle n’accepte en outre les groupes que pour au minimum trois à quatre jours, voire une semaine. Compte tenu du travail requis pour la mise en place d’un groupe, ils ne jugent pas rentable de les prendre pour une ou deux nuits. Les villages de gîtes sont donc une option pour les séjours, pas pour les circuits.
Quelles sont les raisons qui ont présidé à la création de l’association Villages de Gîtes?..
Notre première motivation a été de nous différencier des grandes chaînes type Pierre et Vacances ou encore Odalys comme des campings proposant du locatif. Ceci avec des structures de taille humaine. L’autre objectif était de permettre à leurs propriétaires de pouvoir communiquer sous une marque commune, et se rencontrer régulièrement pour partager leur savoir-faire.
Que représente la clientèle groupe pour les villages de gîtes?..
Actuellement un peu plus de la moitié des adhérents accueillent des groupes, toute l’année ou uniquement en dehors des périodes de vacances scolaires, pour un tarif moyen de 50 à 60 euros par personne et par jour en pension complète. Cette proportion ne devrait pas beaucoup évoluer car selon leur implantation et leur capacité, tous les villages ne sont pas en mesure de se positionner sur ce marché. De plus, accueillir des groupes demande plus de personnel et un équipement adéquat que tous n’ont pas car il faut assurer les repas.
Quels sont vos objectifs pour les années à venir?..
Être présent sur l’ensemble du territoire français tout en conservant notre spécificité actuelle. C’est-à-dire continuer à ne pas être une chaîne formatée, et laisser une large autonomie à nos adhérents car selon les régions et les implantations, les besoins et les attentes des clients peuvent être différents. Nous sommes, par ailleurs, en train de travailler sur notre site internet afin que les adhérents qui le souhaitent puissent y faire des réservations.