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Saint-Martin se cherche un avenir touristique

Destination | publié le : 11.03.2011 | Dernière Mise à jour : 11.03.2011

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Saint-Martin se cherche un avenir touristique

Crédit photo Jean-François Belanger

Auteur

  • Jean-François Belanger

Ouverture La partie française de l’île bi-nationale de Saint-Martin, qui dispose depuis juillet 2007 d’un statut de Collectivité d’Outre-Mer, essaie tant bien que mal de se sortir de sa dépendance touristique au marché nord-américain des croisières. Le groupe pourrait la sortir de son isolement.

À Saint-Martin, le tourisme constitue l’un des piliers de l’économie. Par exemple, rien que le secteur de l’hôtellerie et de la restauration représente, à lui seul, le quart des effectifs salariés recensés par l’Assedic, sur la partie française de l’île. Saint-Martin accueille principalement une clientèle nord-américaine et, dans une moindre mesure, des visiteurs européens et sud-américains. La fréquentation touristique globale de l’île a connu une évolution inégale. De 1995 à 2005, et en dépit des aléas climatiques liés au passage des cyclones, elle n’a cessé de croître avec un taux d’augmentation moyen de 3,3 % par an.

Depuis, la fréquentation a diminué de façon progressive: − 3,2 % en 2008, − 7,8 % en 2009…, des chiffres qui ont ramené la fréquentation à son niveau de 2007. Cette décroissance est essentiellement liée à la dégradation de la conjoncture économique américaine. À son apogée, le nombre de touristes s’élevait quasiment à deux millions de personnes par an, dont les deux tiers de croisiéristes. Il est établi que la part française, dans le nombre des arrivées totales de l’île, n’excède pas les 10 % . D’après les chiffres annoncés par l’Institut d’Émission des Départements d’Outre-Mer (Iedom), elle se situe donc autour des 200 000 visiteurs. Toujours selon cette dernière, la fréquentation continue de progresser, avec un taux de croissance de 4,5% en 2009, suivant celui de 7,6 % en 2008. Mais une croissance qui semble profiter surtout au secteur résidentiel.

Un tourisme haut de gamme

Ces résultats s’expliquent surtout par le fait que la partie française de Saint-Martin s’est résolument engagée dans un tourisme haut de gamme, par rapport au tourisme de masse de la partie néerlandaise. Les possibilités de financement en défiscalisation avaient permis d’atteindre, en 1996, un parc hôtelier de 4 000 chambres. Mais les passages de cyclones Lenny (1999) puis Debby (2000), ainsi que les événements du 11 septembre 2001 ont abouti, à une importante réduction de l’offre, “autour des 50 %”, selon Ali Lagoune, gérant de Rising Sun Tours, l’un des principaux réceptifs saint-martinois. Or, malgré cette restriction de l’offre, l’activité des hôtels s’est de nouveau contractée: leur taux d’occupation est passé en 2009, à 49,9 %, rendant de fait la rentabilité des exploitations délicate. Une évolution aussi liée à la prolifération des résidences de tourisme. Enfin, avec l’évolution de la parité euro/dollar, l’Association des Hôteliers de Saint-Martin (AHSM) constate depuis 2009 une baisse de 15 % du prix moyen de la chambre. Les deux dernières saisons touristiques prolongent en fait une tendance baissière observée dans l’hôtellerie en 2008, avec une diminution de la fréquentation globale américaine de l’île. L’atonie de ce marché se trouve encouragée par un taux de change euro/dollar défavorable. Et le fait que de nombreux commerçants de la partie française de l’île pratiquent – dans l’illégalité – un dangereux système de parité un euro pour un dollar, conduit à privilégier les porteurs de billet vert, sans pour autant inverser la tendance. Paradoxalement, c’est cependant la partie française qui résiste mieux que la hollandaise. On observe un certain frémissement avec un taux d’occupation autour de 54,5 % sur les six premiers mois de l’année 2010, contre 53,6 % pour la même époque en 2009. Un phénomène qui peut s’expliquer aussi, pour partie, par la venue de touristes souhaitant éviter les autres îles des Antilles Françaises, jugées trop sujettes aux mouvements sociaux.

Vers un tourisme diversifié de zone

Après l’ouverture de nouvelles unités de petite taille à Marigot et Cul-de-Sac, le parc hôtelier reste aujourd’hui inférieur à 2 000 chambres et les projets tardent à se concrétiser. De plus la situation administrative de l’île a changé. Depuis le 15 juillet 2007, la partie française n’est plus une commune de la Guadeloupe, mais une collectivité territoriale d’Outre-Mer, un statut comparable à celui de la Polynésie française. Ce statut, régi par l’article 74 de la Constitution française, lui accorde une plus grande autonomie. “C’est une perspective unique et historique de façonner son avenir touristique en élaborant une stratégie propre de développement et d’aménagement touristique, accompagnée d’une stratégie commerciale et marketing appropriée”, explique Louis Jeffry, vice-président de la collectivité territoriale, en charge du tourisme. Dans ce nouveau contexte, une direction du Tourisme a été créée en 2009. Une conjonction de facteurs qui fait du tourisme de groupe un axe de développement pour une île parfaite pour la plupart des touristes demandeurs de soleil et de plages de sable fin.

On peut également noter que le statut de la partie hollandaise a, lui aussi, changé en fin d’année 2010. La fédération des Antilles néerlandaises à laquelle elle appartenait, et dont elle était l’une des cinq régions, ayant été dissoute, Sint-Marteen est désormais un État du Royaume des Pays-Bas.

Une desserte aérienne de premier choix

L’un des atouts pour Saint-Martin réside dans le rôle que joue de plus en plus l’aéroport Princess Juliana. L’île bénéficie en effet d’une desserte aérienne enviable: Air France assure un vol quotidien depuis Paris, Corsair, trois vols hebdomadaires en hiver et un en été, et Air Caraïbes deux vols hebdomadaires directs, plus un quotidien via Pointe-à-Pitre. Enfin, KLM dessert Saint-Martin trois fois par semaine depuis Amsterdam. De nombreux vols existent aussi au départ et en direction des États-Unis comme de l’Amérique du sud. Dernièrement ont été lancées de nouvelles liaisons. Copa Airlines (compagnie panaméenne, filiale de Continental Airlines) arrive depuis Panama City. La deuxième compagnie brésilienne, Gol, met en place des vols depuis Saô Paulo. Un dispositif qui tend dans son ensemble à faire de l’aéroport Princess Juliana un véritable hub pour toutes les îles de cette zone. D’où l’idée de faire de Saint-Martin l’un des accès majeurs pour la partie orientale de la Caraïbes, les îles de Saint-Barth, Anguilla, Tintamare…

Le groupe s’implante doucement

Depuis 2009, date à laquelle Tourinter programme Saint-Martin, la destination a réussi une belle percée, soit un peu plus de 2 000 nuitées en 2010, correspondant à plus de 500 clients. "Malgré un prix légèrement supérieur, beaucoup viennent pour éviter une éventuelle déception liée aux problème sociaux sur les autres îles des Antilles françaises, Martinique ou Guadeloupe", analyse Monique Crusot, directrice du marketing de Tourinter. Quant à la clientèle groupe, elle est aussi séduite, particulièrement par le côté néerlandais de l’île. "Nous recevons pas mal de demandes pour des sociétés qui souhaitent disposer de forfaits all inclusive, tels ceux proposés par la chaîne Sonesta. Ils sont d’un bon rapport qualité/prix et nous pouvons ajouter des privatisations de catamaran, des excursions sur Saint-Barth…", ajoute Taïna Cau, responsable groupe auprès de Tourinter. Didier Sylvestre, directeur commercial de Exotismes (3 000 clients sur Saint-Martin, dont une petite partie en groupes, insiste davantage sur les différences entre Martinique-Guadeloupe et Saint-Martin. "C’est une île atypique, bi-nationale, festive et internationale, à la différence de la Guadeloupe et de la Martinique. L’excursion journée sur Saint-Barth est un plus", précise-t-il.

Le bon rapport qualité/prix à "L’Hoste"

Il vient de s’agrandir et propose désormais 80 chambres, ce qui en fait l’une des structures les plus appropriées à l’accueil des groupes, un hôtel trois étoiles idéalement placé le long de la Baie Orientale, le Saint-Tropez saint-martinois. D’autant que les trois sœurs Mouial qui sont à sa tête disposent en parallèle d’un véritable complexe, avec pas moins de cinq établissements différents, mais tous ancrés dans le respect des traditions et cultures créoles. Le restaurant gastronomique "Côté Plages", le thématique "Little Italy", les pieds dans le sable et sous les cocotiers "La Playa", et le "Shore", un restaurant trendy offrant 150 couverts en surplomb de l’Océan. Sans oublier le "Oualichi", très commode à Philipbsurg, pour les escapades shopping. "Avec l’organisation de soirées cabaret, de défilés de mode, d’excursions sur les îles voisines, telles Saint-Barth ou Tintamare… nous sommes en mesure de proposer des formules tout compris à partir de 180 euros par personne et par 24 heures", précise Rachel Mouial. C’est le choix qu’ont déjà fait des sociétés telles que Minolta ou Konica pour leurs incentives…

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