Les Crayères des Montquartiers. C’est un lieu hors du commun. À l’abandon pendant près d’un demi-siècle, le site basé à Issy-les-Moulineaux, abrite aujourd’hui sur plus d’un hectare des caves à vin et deux restaurants. L’occasion de proposer aux groupes à la fois des visites guidées ou théâtralisées et une restauration originale dans un cadre inédit. Bus & Car s’est rendu sur place…
Tout commence en 1981. Chef d’entreprise dans le BTP, à la tête de 700 salariés, Gérard Trouvé cherche un endroit pour entreposer son matériel. Il portera son choix sur une ancienne friche industrielle à l’abandon depuis de nombreuses années à Issy-les-Moulineaux dans les Hauts-de-Seine, Chemin des Montquartiers. Jusqu’au jour où un de ses ouvriers fera une étonnante découverte. En déblayant le terrain, il met à jour l’entrée d’une galerie souterraine. “Nous l’avons exploré, et nous nous sommes trouvés face à de larges galeries, poursuit Gérard. Notre curiosité était telle que nous avons marché sans savoir où elles allaient nous mener. Résultat, nous avons mis près de trois heures à retrouver la sortie!”.
Peu de temps après, il apprend qu’il s’agit d’anciennes crayères (elles se déploient sur 2,5 km). Se pose alors la question de savoir ce qu’il pourrait bien faire! Mais, le temps passe. Ce n’est que quelques années plus tard, qu’un ami va lui souffler le début d’une réponse, en lui suggérant d’y stocker quelques bonnes bouteilles de vin. L’hygrométrie et la température des galeries sont idéales. Entre 3 000 et 4 000 bouteilles y sont dans un premier temps entreposées (elles sont un million aujourd’hui!). Commence alors pour Gérard, passionné de vignobles français, une nouvelle aventure. En 1994, les Crayères des Montquartiers deviennent des caves à vin où de plus en plus de restaurateurs étoilés (mais aussi des vignerons, des cavistes et des particuliers) viennent entreposer leurs “trésors”. Il n’est pas rare ainsi de croiser un Joël Robuchon ou un Alain Ducasse… parmi les 150 “locataires” du lieu.
Mais, Gérard a d’autres idées en tête. Deux ans plus tard, il organise au sein des crayères un “marché” avec dégustations de vins et de produits du terroir en y conviant 1 300 de ses clients. C’est un succès. Il fera des entreprises ses “premiers groupes” . Depuis, une centaine de manifestations de ce type sont organisées chaque année. L’année 2004 marque un nouveau tournant. Gérard prend sa retraite, “j’avais désormais du temps pour me consacrer entièrement au développement des Crayères des Montquartiers”, dit-il… épaulé en cela par son épouse, son fils et son neveu (parmi la quinzaine de salariés que compte aujourd’hui l’entreprise ). Le site est réaménagé, mis en lumière avec un décor fait de grandes portes antiques, d’objets chinés, d’une ancienne gloriette en fer forgé,… Et au cœur d’un dédale de galeries voûtées, un restaurant , “la Table des Montquartiers”, voit le jour en 2005. Il accueille de 80 à 100 personnes. L’endroit est chaleureux, éclairé de lumières douces et intimistes par de vraies et de fausses bougies sur chandelier ou en lustre, ponctué ici et là d’outils de vignerons, de cartes de vins,… On y sert une cuisine traditionnelle avec (forcément) de bons vins! Et ça se sait! “Nous avons alors été de plus en plus sollicités par les associations, les clubs ou encore la mairie d’Issy-les-Moulineaux pour organiser l’accueil de groupes”, confie Gérard. Une clientèle qu’il va choisir de développer, et ce dès septembre 2010, en lui proposant une offre dédiée. Le mois suivant, les Crayères des Montquartiers exposent pour la première fois au MAP Pro…
Dans ses cartons: “la Table des Montquartiers”, mais aussi “l’Auberge Basque”, un second restaurant de 60 places ouvert en septembre dernier, où les groupes peuvent venir déguster des spécialités… basques. “Je ne suis pas originaire de cette région, confie Gérard, amateur et joueur de rugby, mais j’y ai des attaches et une solide amitié avec Pierre Oteiza. À partir de recettes traditionnelles, il élabore des jambons, salaisons, foie gras, confits et autres plats issus du terroir”. À l’auberge est servi aux groupes un “déjeuner gourmand” sous forme d’une grande assiette de charcuteries en plat principal, suivi d’un fromage des Pyrénées et d’un gâteau basque (les boissons sont incluses). De grandes tablées sont mises à disposition de manière à rendre encore plus convivial ces dégustations de produits régionaux. Une épicerie permet, pour ceux qui le souhaitent, de faire quelques achats avant de repartir.
À côté d’une cuisine traditionnelle servie à “la Table des Montquartiers”, existe aussi une formule “festin basque” qui y est proposée. Au menu: assortiment de charcuteries, confit de canard et gâteau basque, boissons incluses (une bouteille pour trois et un café). Copieux, mais délicieux!
Deux formules de restauration que les Crayères des Montquartiers agrémentent, depuis septembre dernier également, d’une visite guidée de ses caves pour les groupes (prévoir une petite laine, on est à 22 mètres sous terre!), et en particulier celle du propriétaire des lieux. Alignés dans de petites cases se côtoient ainsi des vins du Sud-Est, du Languedoc, du Bordelais, de la Vallée du Rhône,… De quoi faire tourner les têtes! Le guide conférencier n’est pas avare de commentaires pour évoquer l’histoire des crayères, leur développement et leur rôle dans l’économie parisienne, mais aussi la transformation du site depuis l’arrivée de Gérard Trouvé.
Autre choix: la même visite, mais cette fois-ci théâtralisée sous la conduite d’un comédien. Il joue une pièce en faisant découvrir de façon plus amusante les lieux. Enfin, le site des Crayères des Montquartiers organise aussi (et fort logiquement) des dégustations de vins animées par un sommelier. En ouvrant la cave du restaurant pour faire déguster cinq cépages issus de cinq régions vinicoles françaises. Pour le plus grand plaisir des papilles…
Creusées il y a deux siècles pour les parties les plus anciennes, les crayères étaient exploitées pour la fabrication de la chaux et du "blanc de Meudon" (dérivé du calcaire). Le site témoigne du passé industriel de la ville. Les galeries présentent de hautes voûtes évoquant des croisées d’ogives sur deux niveaux. En raison de leurs vastes dimensions et de l’atmosphère fraîche et constante (12-13o) qui y régnait, elles ont été très recherchées par les professionnels pour la culture du champignon de Paris à partir du milieu du XIXe siècle. Les crayères ont également abrité les cuves et fûts des brasseurs de bière. La fameuse brasserie des Moulineaux (Médaille d’or à l’Exposition universelle de 1900) en avait fait ses quartiers. En 1936, elle connut de graves difficultés sociales et financières qui provoquèrent sa fermeture au moment de la Seconde guerre mondiale. Durant cette période, les crayères servirent d’abris. Elles furent ensuite laissées à l’abandon…
– Ouvert tous les jours, toute l’année sur réservation.
– Tarifs groupes appliqués sur la base de 20 pax. Gratuité conducteur.
– Formule groupes: visite guidée ou théâtralisée + repas à base de spécialités basques (comptez trois heures). En option: dégustation commentée de vins (durée: une heure).
– Dépose des clients avenue de Verdun, en bas du Chemin des Montquartiers, 50 m à pied ensuite à parcourir jusqu’aux Crayères des Montquartiers.
– Contact au 01 46 45 97 21