SALONLa quatrième édition semble du MAP Pro avoir été la bonne avec une fréquentation record. La venue en nombre de professionnels étrangers vendant la destination France est aussi encourageante. Reste à coordonner le calendrier avec Autocar Expo, pour éviter que les dates ne coïncident et les salons ne se fassent de l’ombre.
POUR sa quatrième édition, le salon des professionnels du tourisme Le Monde à Paris (MAP Pro) a enfin pu rencontrer sa cible. Il n’avait pas à essuyer les plâtres comme en 2009 où il prenait le relais du Mitcar/MitInternational. Il n’a pas eu à souffrir des menaces de pénurie d’essence et de grèves des transports comme en 2010, de grève des trains comme en 2011. Seule ombre au tableau, la tenue simultanée et à Bordeaux d’Autocar Expo (qui a lieu tous les deux ans contrairement au MAP Pro annuel) a pu contraindre les visiteurs, particulièrement les autocaristes, à faire un choix entre deux salons d’importance pour leur profession. D’autant plus que sept constructeurs avaient souhaité être présents au MAP Pro (cf. Bus & Car – Transports de voyageurs no 914) avec leurs véhicules. Néanmoins, les chiffres transmis par Comexposium et vérifiés par l’OJS, laissent penser que l’édition 2012 a trouvé son public.
Avec plus de 70 % de visiteurs venus de province (52 %) et de l’étranger (18,2 %) en 2012, il est manifeste que des problèmes de transports, lorsqu’ils surviennent, peuvent avoir un impact important sur cette manifestation.
La quatrième édition aurait donc attiré 4 288 professionnels du tourisme dans le hall 7.2 du Parc des expositions de la porte de Versailles les 18 et 19 octobre derniers, soient 650 de plus qu’à son lancement en 2009. Par rapport à 2010 (2 537 visiteurs) et à 2011 (3 063 entrées), la progression est évidemment significative.
Le jour d’ouverture du salon – le jeudi – a attiré les foules. Plus calme était le lendemain. D’où la question, actuellement posée à ceux qui sont venus, d’une préférence pour un salon se tenant le mercredi et le jeudi, plutôt qu’à la veille du weekend. Les dates retenues à ce jour pour la prochaine édition demeurent toutefois le jeudi et le vendredi, les 10 et 11 octobre 2013 précisément. Il faut attendre les résultats de l’enquête visiteurs pour qu’un éventuel glissement dans la semaine soit décidé.
De même, le rapprochement avec IFTM Top Resa, l’autre grand salon du tourisme à Paris, dont il est souvent question, pourrait, le cas échéant, modifier le calendrier de ces rendez-vous.
Arlette Alphaize-Furet, directrice du MAP Pro, qui ne cache pas qu’une telle idée l’intéresse, laisse le soin aux “hautes sphères” d’en décider. Si les dirigeants des deux sociétés organisatrices de ces rendez-vous d’automne le veulent, cela se fera. Un trop plein de salons n’est peut-être pas souhaitable, même si l’esprit de chacun d’eux est différent.
Dans l’immédiat, ce qui réjouit particulièrement Arlette Alphaize-Furet, c’est la fréquentation par les professionnels étrangers du salon qu’elle dirige. Un visiteur sur cinq presque s’intéresse au MAP Pro parce qu’il vend la destination France. De fait, l’Hexagone est particulièrement présent en réunissant 60 % des exposants.
Les voyagistes européens représentent plus des deux tiers (68 %) des visiteurs du MAP Pro venus de l’étranger, avec une présence importante de Belges, puis de Suisses, d’Espagnols, d’Italiens, de Britanniques enfin.
Les Africains (18 % des visiteurs étrangers), les Américains (9 %) et les Asiatiques (1 %) ont aussi trouvé de bonnes raisons de se rendre à la porte de Versailles mi-octobre. “Nous allons davantage cibler les tour-opérateurs étrangers qui viennent au MAP Pro pour acheter la France”, conclut la directrice du salon géré par Comexposium.
Comptabilisés parmi les étrangers, probablement du fait de leur éloignement de l’Hexagone et de la similitude de leurs attentes, les professionnels du tourisme venus d’Outre-mer ont représenté 4 % des visiteurs d’au delà des frontières et/ou des mers.
Par delà ces données quantitatives, Arlette Alphaize-Furet trouve d’autres motifs d’encouragement. “Nous sommes satisfaits parce que les exposants le sont, déclare la directrice du MAP Pro. Beaucoup ont dit qu’ils reviendront l’an prochain; certains nous ont déjà demandé le plan du salon 2013”, ajoute Arlette Alphaize-Furet. Quelques uns d’entre eux, effectivement, n’étaient pas heureux de l’emplacement qu’ils avaient obtenu. “Nous nous déciderons plus tôt à réserver un stand”, se promettait une exposante installée à un point très éloigné de l’entrée. Une autre pestait contre son affiche géante qu’elle ne parvenait pas à faire tenir à la cloison aussi parfaitement qu’elle l’aurait souhaité. Mais le MAP Pro ne mise pas sur le décorum, en imposant sobriété et similitude à chaque espace loué par les exposants. Quelques uns en tenue exotique, costumes d’autrefois ou habits régionaux, rompaient la monotonie de l’uniformité.
Pour plaisant que soit cet effort pour se démarquer et se faire remarquer, il reste que l’objectif des visiteurs est plus prosaïque: rencontrer ses fournisseurs ou en découvrir d’autres. C’est l’occasion d’un contact plus étroit que par téléphone, le moment de s’échanger des tuyaux ou de faire part des retours des clients après un voyage. Derrière le plaisir de se revoir une fois par an ou un sourire avenant, quelques contrariétés peuvent se glisser.
– Très bien ce produit, mais il y a un problème…
– C’est le restaurant de S.?
– Non, non un autre prestataire, je vous en parle tout à l’heure.
Les conversations au MAP Pro sont bien éloignées des milliards d’euros qui, à en croire les organisateurs de l’ITB à Berlin, passent tous les ans au mois de mars d’une poche à l’autre dans la capitale allemande. Si les contacts, au MAP Pro, ne se concluent pas nécessairement, séance tenante, sur du sonnant et trébuchant, ils sont promesses d’affaires, ce qui semble déjà beau par les temps qui courent. Arlette Alphaize-Furet ne vise d’ailleurs pas tant le quantitatif que le qualitatif et c’est bien ce qui semble d’abord motiver exposants
“Je suis venue rencontrer d’anciens fournisseurs, des hôteliers, des compagnies maritimes”, explique Eliane Jolivot, du service groupes autocar de Pauli-Nationaltours à Kaysersberg. Elle qui venait autrefois plutôt côté exposants leur rend cette fois visite. “Nous sommes en période de devis, alors nous réactualisons notre banque de données. J’en profite pour rediscuter de certains voyages de groupes, évoquer les retours de nos clients, confie-t-elle. Ce sont surtout les contacts qui m’intéressent ici”.
Venu en coup de vent au salon le vendredi, André Deroin, agent de voyages (Cruise Club) à Paris, avait une idée précise en tête: rencontrer un hôtelier de la Côte d’Azur qu’il connaît bien, mais celui-ci n’était pas présent. “J’en ai visité d’autres du coup. J’ai pris des informations sur des lieux qui évoluent”. Son autre souci était de voir comment sont traités les groupes au Mont Saint-Michel. “Cela demande à être examiné de près sur place”, conclut-il après être passé sur le stand.
Éric Gateau et Dominique van de Woestyne, de l’association Breizh-Mascareignes du Lycée Saint-Vincent-de-Paul à Nîmes, profitent du MAP Pro pour à la fois “suivre l’activité des étudiants présents sur le salon et développer des partenariats avec les exposants”. Ils apprécient particulièrement “la grande diversité des secteurs touristiques représentés au MAP Pro” et se réjouissent d’avoir trouvé “des exposants à l’écoute”. Selon eux, “comparé à d’autres salons, ils ont ici plus de temps à consacrer à leurs visiteurs. Le dynamisme du secteur est palpable. On sent des professionnels qui bougent, qui veulent s’appuyer aussi sur les jeunes”.
A la diversité des exposants répond celle des visiteurs, même filtrés pour conserver le caractère btob du salon. Les premiers à visiter le MAP Pro restent les autocaristes (30 %), proportionnellement plus nombreux que l’an dernier, devant les réceptifs, tour-opérateurs et associations (27 %), pourtant en forte hausse par rapport à 2011, les agents de voyages (23 %), les agences événementielles (16 %) et… la presse (2 %).
Des exposants s’inquiétaient du fait que parmi eux certains pouvaient ne pas être immatriculés auprès d’Atout France, assertion non vérifiée. De toute façon, le MAP Pro n’exige pas d’indiquer cet élément aux exposants qui retiennent un stand. "Si le Snav le souhaite, nous le ferons", assure Arlette Alphaize-Furet. Mais Jean-Marie Rozé, secrétaire général du Snav, n’a pas eu vent d’une telle demande de la part de ses adhérents et, si une telle vérification s’avérait utile, il ne le ferait pas dans le cadre même du salon.
Après avoir inauguré son premier IFTM Top Resa le 18 septembre dernier, Sylvia Pinel, ministre de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme, récidivait en inaugurant cette fois-ci son premier MAP Pro. Arrivée à 15 heures le jeudi 18 octobre, et accueillie par Arlette Alphaize-Furet, directrice du salon en compagnie de différentes personnalités du secteur politique et touristique, la ministre allait arpenter les différentes allées du MAP Pro en moins de deux heures. Avec un planning dense qui totalisait 19 stands représentant essentiellement des prestataires touristiques français, qui ne manqueront pas de lui offrir quelques cadeaux au cours de brefs entretiens. Seule « incartade » à ce parcours: la rencontre avec la ministre du Tourisme et de l’Artisanat du Niger, qui avait fait spécialement le déplacement jusqu’à Paris. Aucun discours ou autre intervention de Sylvia Pinel n’a clôturé cette inauguration.
C.M.
MAP Pro, Voyagerencar.com et le César Palace avaient organisé une soirée… au César Palace, situé dans le 14ème arrondissement de Paris. Pas moins de 250 personnes étaient invitées, et en particulier les autocaristes, visiteurs du salon. Le rendez-vous était fixé le jeudi 18 octobre à 20 heures devant le cabaret parisien, « qui a été racheté en septembre 2011 par le fils du créateur du Lido », indique Manu Pinto, responsable commercial. Dès leur arrivée, les professionnels étaient conviés – après un passage au vestiaire – à se faire prendre en photo en compagnie de deux charmantes danseuses. Avant de rentrer dans la salle (d’une capacité de 250 couverts) où s’affairaient déjà serveurs et serveuses entre les tables bien alignées, s’occupant des premiers arrivés. Une salle où la couleur rouge domine, avec un rideau de scène qui, lui, y a ajouté des paillettes. Le décor donne le ton. Place à l’apéritif (un kir), puis les premiers coups de fourchettes se font entendre. En entrée: tartare de Saint-Jacques. Il sera suivi d’un magret de canard avec ses pommes de terre, d’une charlottine aux fruits rouges, d’un café et d’une coupe de champagne. Le tout accompagné de vin et d’eau. « Nous proposons une cuisine traditionnelle française à base de produits frais », précise Manu Pinto. À 22 heures, les lumières se font plus faibles, sauf sur la scène où vont se rejoindre les trois organisateurs de la soirée. Pas de longs discours, mais des mots de bienvenue. Encore quelques minutes de patience, et le rideau se lèvera. « Un spectacle qui, exceptionnellement sera un best of en 1 h 15 de ce que l’on propose au César Palace », confie Manu Pinto. Il dure habituellement 1 h 45. De nombreux tableaux s’enchaîneront sur des musiques variées. Avec plumes, paillettes, tenues « sexy »,… l’élégance et le glamour seront au programme. Comme l’originalité. Un humoriste sera aussi de la partie. En quête de partenaires sur scène, il n’hésitera pas à venir les chercher dans le public. Des exercices acrobatiques avec cerceaux ne manqueront de charme (et d’adresse!), tandis qu’une chanteuse entraînera les spectateurs dans des mélodies célèbres, d’Edith Piaf à Eddy Mitchell en passant par Dalida. Restera un dernier tableau, toujours très attendu: le French Cancan! Il constitue le final. Le rideau se ferme. Lumières dans la salle. Chacun repart avec le sentiment d’avoir passé une très bonne soirée… Bus & Car Tourisme de Groupe aussi.
C.M.