Interview La cinquième édition parisienne d’IFTM Top Resa s’annonce sous de bons auspices, malgré un climat touristique mouvant et perturbé. À quelques jours de l’ouverture du salon, Bus & Car Tourisme de Groupe fait le point avec Vincent Lhoste, son directeur,… jusqu’à la fin de ce mois de septembre.
Ce sera son dernier IFTM Top Resa. Il en était le directeur depuis 2007. Vincent Lhoste tournera une page à partir du 1er octobre prochain pour de nouvelles missions, toujours au sein de Reed Travel Exhibitions, premier organisateur de salons dans le monde. “C’est en effet à partir du 1er octobre que je deviendrais salarié anglais, basé à Londres, explique t-il. En juin 2011, j’ai été nommé Directeur de projet de Reed Travel Exhibitions, avec pour mission de développer le portefeuille des salons existants, (Reed Travel Exhibitions organise aujourd’hui 16 manifestations au niveau international, ndlr), mais aussi d’en créer de nouveaux”. À l’exemple du premier salon World Travel Market Latin America, qui se tiendra du 22 au 24 avril 2013, à São Paulo au Brésil.
C’est Thomas Desplanques, nommé en mai dernier, qui lui succédera. “J’ai travaillé pendant douze ans au sein de Carrefour Voyages et Spectacles, raconte-t-il. Ces six dernières années, j’ai occupé le poste de directeur réseau France pour les deux entités, en charge de la gestion, du management et de l’animation des équipes commerciales, pour une centaine de points de vente sur le segment voyages, et environ 300 sur l’activité spectacles”. Pour Carrefour Voyages, il a notamment créé le service groupes, séminaires et événementiel. “J’assurais parallèlement la gestion de certains temps forts, et en particulier la participation de Carrefour Voyages à IFTM Top Resa, poursuit Thomas Desplanques. Quand, pour la première fois, Vincent et ses équipes ont proposé à des distributeurs d’être partie prenante dans son projet de “village de réseaux”, on a été le premier d’entre eux à s’impliquer sur ce projet”. Un début d’une “culture salon”, dit-il, renforcée par la suite par d’autres expériences. À l’exemple d’une présence au MAP marquée (et remarquée en raison de la dimension du stand!) ou encore la participation à des salons dédiés aux collectivités, à de l’événementiel,… Thomas Desplanques est arrivé chez Reed Expositions France le 23 juillet dernier, “et nous serons à cette occasion tous deux directeurs d’IFTM Top Resa 2012”, indique Vincent Lhoste, soulignant par ailleurs “qu’il n’y aura aucune rupture entre mon départ et l’arrivée de Thomas. Dans le cadre de mes nouvelles fonctions, je resterais associé aux évolutions stratégiques d’IFTM Top Resa”. En attendant, celui qui est encore le Directeur du salon et qui, avec toute son équipe, a préparé cette (dernière) édition 2012, nous en dévoile le contenu.
Comment se présente la cinquième édition parisienne d’IFTM Top Resa?
On ne peut pas ignorer la crise actuelle, et un climat délicat lié à l’incertitude sur nombre de sujets d’actualité, comme l’Euro, l’Europe,… qui peuvent avoir un impact sur des événements comme IFTM Top Resa. Mais, malgré tout, le salon se porte bien. On est en ligne avec nos objectifs. Les acteurs de l’industrie touristique nous suivent. On ne peut donc pas dire qu’IFTM Top Resa souffre de la crise. Il y aura environ entre 1 200 à 1 300 marques représentées par près de 300 stands. C’est à peu près équivalent à l’année précédente. En sachant qu’un même stand peut rassembler plusieurs exposants. À l’exemple d’un office de tourisme étranger qui s’installe sur une surface conséquente pour accueillir des acteurs touristiques, issus des secteurs publics et privés, et représentatifs de l’offre de son territoire. Pour beaucoup d’entre eux, le tourisme constitue un des moteurs de l’économie locale. Et même si la tendance aujourd’hui est au resserrement des budgets, les pays restent cependant dans une démarche motivée par une véritable volonté d’assurer la promotion de leur territoire auprès du marché français, qu’ils considèrent comme stratégique.
Les événements liés au "Printemps arabe" ont-ils conduit certains exposants à ne pas participer cette année?
Cela fait deux ans que la Lybie n’est plus présente au salon, tandis que pour des raisons évidentes, la Syrie a arrêté sa participation. Absent l’an passé, le Yémen revient en 2012. Le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et l’Egypte seront également exposants. Le Maroc et la Tunisie attendent d’ailleurs beaucoup du salon pour relancer leur offre auprès des professionnels français. Malgré une conjoncture politique particulière, ces différents pays affichent leur volonté stratégique de continuer à promouvoir leurs territoires. Il y a eu cette même dynamique pour des pays africains, comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal. Mais, il ne faut pas oublier qu’IFTM Top Resa est un salon btob où l’on travaille sur du moyen et long terme. En conséquence, l’actualité immédiate de ces destinations (selon évidemment son niveau de gravité) n’a pas forcément d’impact négatif sur la décision de participer à un salon professionnel. La question se poserait plus dans le cadre d’une manifestation btoc… En maintenant leur présence à IFTM Top Resa, ces pays du bassin méditerranéen sont véritablement dans la construction et dans la préparation de leur promotion auprès des professionnels du secteur.
La nouvelle édition d’IFTM Top Resa met l’accent sur le segment "voyages d’affaires". Pourquoi? Est-ce un repositionnement au détriment du tour-operating?
Vouloir mettre l’accent sur le segment du voyage d’affaires ne doit pas cacher l’ensemble des efforts qui sont menés sur la partie “loisirs” du salon. Un dernier secteur qui est, je le rappelle, l’essence même d’IFTM Top Resa depuis des années. La distribution, la production ou encore les destinations sont autant de segments que nous développons. On continue ainsi à proposer aux agences de voyages de l’hébergement et du transport ou encore à faire venir de nombreux tour-opérateurs, dont “leur” village au salon est déjà complet. En sachant qu’il ne regroupe qu’un tiers de la totalité des TO présents sur IFTM Top Resa. L’ensemble des destinations étrangères également est présent. À cela s’ajoute un programme dense de conférences liées à la distribution et la production. On ne minimise pas nos efforts! On poursuit notre démarche de professionnaliser le salon dans sa partie “loisirs”. La volonté de développer le Business Travel n’est pas nouvelle. Depuis que le salon a pris ses quartiers à Paris, l’idée était de pouvoir ouvrir le salon à tous les secteurs de l’industrie: loisirs, affaires et événementiel.
C’est exact. 50 % d’entre eux déclarent venir au salon pour le segment “loisirs”, 25 % pour la partie “affaires” et 25 % pour le secteur “événementiel”. Avec 6 000 agences de voyages qui franchissent les portes d’IFTM Top Resa, elles sont évidemment beaucoup plus nombreuses aujourd’hui que les 300 acheteurs Business Travel. Côté exposants, ils sont environ une centaine de fournisseurs opérant sur la partie “affaires”. Mais, un salon doit évoluer.
En venant sur Paris, IFTM Top Resa avait cette opportunité de toucher un plus grand nombre d’acteurs de l’industrie touristique, et par là-même de développer encore plus certains secteurs d’activité de la profession. C’est aussi permettre aux visiteurs de rencontrer en quatre jours, sous un même toit, une pluralité de prestataires multicibles.
Notre volonté de vouloir implanter la partie Business Travel, de manière aussi efficace que celle du loisirs, devait passer par des actes très concrets. Notre objectif était de rassembler la communauté du voyage d’affaires. Notre première action a consisté à faire exposer les grands acheteurs, en invitant les réseaux spécialisés, à l’exemple d’American Express, BCD Travel ou encore Egencia, et les regrouper dans une zone identifiée sur le salon, appelée “le Club Affaires”. Par ailleurs, nous avons invité les Travel Managers, les personnes en charge du budget voyage dans les entreprises, en leur offrant leur transport et leur hébergement à l’occasion d’IFTM Top Resa.
Nous avons également créé une Journée européenne du Voyage d’affaires, qui se tiendra le 19 septembre. Un programme de trois conférences sera proposé dans un amphithéâtre dédié. Enfin, nous avons officialisé un nouveau partenariat avec l’Association française des Travel Managers (AFTM), qui rejoint ainsi le club des partenaires officiels du salon que sont Air France, Amadeus, Avis, Mondial Assistance, le Snav et la SNCF. Toutes ces initiatives, en matière de Business Travel, s’inscrivent dans du long terme pour le salon. On doit encore continuer à amplifier la partie “événementiel”. Il faut savoir, cependant, que cette année, l’Anaé (l’Association des agences de communication événementielle, ndlr) occupera un vaste stand. Les acteurs de ce secteur souhaitent de plus en plus être présents sur le salon, alors qu’il y a quelques années encore, ils n’étaient pas forcément très emballés.
Elle sera, en effet, reconduite, et à nouveau organisée en partenariat avec l’Unesco, l’Organisation Mondiale du Tourisme, l’Union européenne et le ministère de la Culture. L’objectif s’inscrit dans une dynamique qui consiste à rapprocher le monde de la culture à travers des représentants en charge du patrimoine avec les professionnels du tourisme. L’idée est de mettre en avant le fait que la culture et le patrimoine doivent être intégrés dans une démarche collective qui permet à chacune des parties de mieux se comprendre. L’intérêt sera d’échanger à travers des témoignages, de dialoguer, voire de mieux se connaître. Tout en définissant les enjeux pour l’avenir.
Hormis le développement sur le segment “voyages d’affaires” qui représente pour le salon un important investissement, il n’y aura pas de nouveautés particulières lors de la prochaine édition. Nous avons préféré cette année poursuivre la professionnalisation du salon au travers de notre système de pré-enregistrement, nos conférences,… en résumé, permettre aux acteurs de travailler efficacement.
C’est d’ailleurs dans ce sens que nous mettons en place pour la première fois cette année le “speed net working”. L’idée est de permettre à une centaine d’agents de voyages de rencontrer des tour-opérateurs qui leur présenteront leurs nouveaux produits. Ces TO auront à chaque fois sept minutes face à cinq agents de voyages minimum. Ces séances sont proposées les mercredi et jeudi en matinée. Et sur pré-inscriptions. Il faut savoir également que l’Odyssée numérique laisse la place au “Lab des idées”, toujours en partenariat avec Amadeus, inséré dans les forums IFTM Top Resa.
Ils seront nombreux (voir page 24). Il y aura notamment une forte présence des Pays de l’Est. De plus, cette année, le Brésil a choisi d’occuper un stand de 300 m2, anticipant sur deux grands événements que sont la coupe du monde de Football en 2014 et les Jeux Olympiques en 2016. Le pays disposera également de 36 m2 supplémentaires au sein du “village du tourisme culturel”. À noter également que l’Inde occupera également un très grand stand. Par ailleurs, et pour la première fois, IFTM Top Resa réunira les trois grandes alliances aériennes que sont Oneworld, Skyteam et Star Alliance.
Malgré le climat très chaotique, on peut souligner une présence au salon de la majorité des acteurs de l’industrie touristique.
On n’a pas pour ambition, ni pour vocation de concurrencer d’autres grands salons, à l’exemple d’ITB Berlin ou le WTM de Londres. IFTM Top Resa est axé sur l’outgoing loisirs, affaires et événementiel. Le salon a pour vocation de servir le marché français, et à permettre aux destinations étrangères de gérer du business en France. C’est un marché prioritaire pour beaucoup d’entre elles. Par ailleurs, sur les 14 % de visiteurs étrangers que nous accueillons, une bonne partie est issue de la francophonie, du Maroc à l’Algérie, de la Suisse à la Belgique en passant par les Antilles. Mais, je le répète, à IFTM Top Resa, on vient chercher du business français.
Dans ce contexte, la manifestation s’ajoute à ce panel de grands salons étrangers dans une spécificité qui lui est propre.
Ce rachat est en effet toujours d’actualité. Cela fait partie de notre stratégie.
On est dans cette démarche de rassembler deux événements complémentaires qui se tiendraient au même moment. Les discussions se poursuivent. Mais, pour l’instant, il n’y a rien de plus à dire.