Tianguis Turístico 2012 Le 37e salon professionnel du tourisme mexicain a mis la fréquentation française sur orbite. Le 21 décembre, c’est la fin du calendrier Maya et l’occasion pour ce marché, après deux années de croissance, de battre le score de 2008, avant l’épisode de la grippe A.
Organisé depuis son origine à Acapulco, le Tianguis Turístico a décidé de devenir un événement itinérant pour plus d’efficacité économique. Pour sa première escale, du 25 au 28 mars 2012, il a choisi le Centre international des congrès de Puerto Vallarta, station touristique de la côte pacifique, située à cheval sur les états de Jalisco et de Nayarit. Un événement concomitant à la visite papale qu’il a quasiment amputée d’un jour.
Le tourisme français au Mexique s’est plutôt bien comporté. Après une année 2010 en progression de 4 %, l’année 2011 s’est terminée avec 186 780 arrivées, soit une nouvelle augmentation de 9,7 % par rapport à 2010. La France perd malgré tout sa sixième place au profit du Brésil dont le trafic est en ébullition depuis deux ans. En effet, il a progressé de 187 % dont 67 % l’année dernière. L’Hexagone demeure pourtant le troisième pays européen derrière le Royaume-Uni et l’Espagne. Autre fait marquant du dernier exercice: le tassement de 3 % du marché nord-américain. Des résultats qui ne peuvent que satisfaire la délégation française, riche d’une vingtaine de personnes, emmenée par Dominique Berthelot, directrice du Conseil de promotion touristique du Mexique à Paris. « Il s’agit d’une bonne performance. Mais nous pensons pouvoir faire encore mieux cette année et revenir à notre niveau de 2008, quand nous avions enregistré 208 000 français au Mexique, avant l’épisode de la grippe A », espère-t-elle. Les animations et les événements qui vont être organisés autour du phénomène de la fin du calendrier Maya, le 21 décembre prochain, pourraient bien lui donner un sérieux coup de main.
"L’épisode Maya": + 50 % de visiteurs attendus
« Nous allons engager un budget de 10 millions de dollars sur les marchés étrangers pour promouvoir cet événement. Nous pensons que ce sont les marchés européens qui réagiront le plus fort et nous attendons, sur la période, un accroissement du nombre de visiteurs de l’ordre de 50 % sur la zone », confie Rodolfo Lopez Negrete Coppel, directeur général adjoint du Conseil de promotion touristique du Mexique, à Mexico City. Au total, cinq états sont concernés au premier chef par “l’épisode Maya”: le Quintana Roo, le Yucatán, le Campeche, le Chiapas et le Tabasco. Une conjoncture porteuse qui devrait encore renforcer le poids de la péninsule du Yucatán parmi les régions du Mexique les plus visitées par les français. Sylvie Ardoin, responsable de l’agence Altanueva, réceptif au Mexique et également présent en France, nous le confirme: « Chez nous, pour l’année 2011, le Mexique a enregistré une croissance record de 30 % sur l’ensemble des segments de clientèle. Et, pour cette année qui débute, notre carnet de commandes est déjà assez fourni, avec plusieurs groupes de 100 à 300 personnes à destination de la Riviera Maya, et je pense pouvoir dire que la croissance sera encore là en 2012 ». Chez d’autres groupistes, le discours est assez similaire. « Le nombre de passagers augmente chaque année. Trois ou quatre groupes, bon an mal an, des GIR spécialisés sur les voyages culturels », indique Semra Beyazkilic, chef de produit chez Intermèdes. Même chose pour Nathalie Soler, chef de produit auprès d’un spécialiste du sur-mesure, Ikhar, pour des groupes de taille plus modeste, 6 à 17 personnes, représentant le tiers de l’activité de la société: « Le Mexique reste un pays assez unique qui permet de combiner culture, histoire coloniale et balnéaire, que ce soit du côté atlantique ou du côté pacifique. Il n’en reste pas moins en concurrence avec d’autres destinations émergentes comme la Birmanie qui se situe au même niveau de prix ». L’optimisme mesuré reste donc de rigueur, sous réserve du maintien d’une image de sécurité. Et là, des craintes subsistent. « Il n’y a qu’à regarder ce qui s’écrit sur le site du ministère des Affaires Etrangères: nous devons en tenir compte pour éviter aux groupes les zones à risques, et il nous arrive d’avoir à modifier l’itinéraire de nos circuits », s’accordent à déclarer Semra Beyazkilic et Nathalie Soler.
Des craintes qui, quelles que soient les destinations, mettent toujours en péril les pronostics de fréquentation. Qu’à cela ne tienne, d’ici la fin de l’année, la promotion va donc s’intensifier sur cette destination. « Nous allons réaliser une exposition sur le Mexique à la Pinacothèque de Paris, ainsi qu’un éductour en octobre prochain, et nous sommes dans l’attente de dotations budgétaires complémentaires pour éventuellement confirmer d’autres événements de promotion », précise Renée González de la Lama, directrice adjointe au Conseil de promotion touristique du Mexique, à Paris. Les résultats de ces efforts seront rapportés l’année prochaine lors du Tianguis 2013 qui se déroulera à Pueblo (celui de 2014 aura lieu à Cancún). Mais déjà, l’année 2012 continue sur le même rythme que l’année 2011, avec un mois de janvier qui enregistre une croissance de 9,7 %. Au-delà, les promoteurs et les opérateurs de la destination espèrent bien que les compagnies aériennes vont jouer le jeu en dehors de la seule saison d’hiver. « Nos bons résultats des deux dernières années sont en partie liés aux dessertes sur Cancún mises en place par XL Airways, puis par Air France; nous espérons qu’en 2013 Air France pérennisera, durant l’été au moins, une de ses trois fréquences », avance Renée González de la Lama.
→ plus de 13 000 hôtels
→ 117 musées
→ 184 sites touristiques
→ 70 aéroports
→ 1 030 gares d’autocars
→ plus de 5 000 agences de voyages
→ près de 200 000 restaurants