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Saint-Martin, une île deux en un

Destination | publié le : 01.07.2012 | Dernière Mise à jour : 01.07.2012

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Saint-Martin, une île deux en un

Crédit photo Stéphane Jarre

Auteur

  • Stéphane Jarre

Cosmopolite Riche de 37 plages qui renvoient facilement à l’idée que l’on se fait des paradis tropicaux, l’île de Saint-Martin a une vraie personnalité, cosmopolite et caraïbéenne.Américains ou Européens, les touristes trouvent leur compte dans ce melting-pot aux multiples possibilités, point de départ de nombre d’excursions dans les îles de la région.

N’en déplaise à nos amis belges, il est amusant de penser que la France et les Pays-Bas partagent une frontière commune. Oh, elle ne se remarque pas plus que celle qui sépare, en Europe, la Belgique des Pays-Bas et que l’on franchit sans le savoir, mais tout de même… C’est aux Antilles qu’il faut aller chercher cette étonnante conjugaison de l’histoire et de la géographie. La partie nord de Saint-Martin est française, 56 km2 en tout et pour tout. La partie sud de Sint Maarten est néerlandaise, 34 km2, pas plus.

La légende veut que le découpage se soit fait en courant; un Français et un Néerlandais partis du même point, mais chacun de leur côté, devaient se rejoindre en faisant le tour de l’île. Et c’est entre le lieu de départ et le point de rencontre que la frontière a été tracée à travers l’île, elle serpente presque en ligne droite, de collines en lagons. Il faut avoir l’œil averti pour s’apercevoir que l’on passe d’un État à l’autre. Il n’empêche, très vite, le visiteur se rend compte que l’ambiance est plutôt différente selon les deux côtés de l’île. La partie francophone se veut plus chic, plus tranquille, plus sage. La partie néerlandaise, d’ailleurs largement anglophone, apparaît plus turbulente avec ses casinos, ses boîtes de nuit et ses salaces bars. Elle est aussi davantage dédiée au tourisme de masse, ce qui reste quand même très relatif sur un territoire aussi petit.

Air et mer, une plaque tournante pour les Caraïbes

C’est du côté néerlandais, au Dr. A. C. Wathey Cruise & Cargo Facility, qu’accostent les paquebots géants avec leurs milliers de croisiéristes. C’est aussi là, à l’aéroport Princess Juliana, qu’atterrissent les avions en provenance de l’Europe ou du continent américain. Les gros porteurs n’ont pas d’autre choix, les pistes de l’aéroport de Grand Case, côté français, ne pouvant accueillir que des avions plus petits, essentiellement des vols régionaux. Toutefois, il reste toujours le projet de l’agrandir. Avec ses deux aéroports, Saint-Martin est une plaque tournante pour la région nord des Caraïbes et propose aussi des liaisons maritimes vers Anguilla, la britannique, Saint-Barth’, la cousine de charme française, ou l’îlot de Tintamarre, beaucoup plus proche et propice aux excursions à la journée.

Plusieurs prestataires se sont spécialisés dans ces liaisons entre l’île et les marinas des resorts, ou bien la découverte de Saint-Martin depuis la mer. Brigitte Carlier, qui a créé Catamaran & Travel, fait également des tables d’hôtes à bord du Winner Touch, un catamaran restructuré spécialement, qui embarque jusqu’à 30 personnes désireuses de goûter aux produits locaux d’une manière originale tout en visitant les îles voisines.

Une île de melting-pot

Il est vrai que la gastronomie s’ajoute aux nombreuses religions professées localement. À Grand Case, la restauration est devenue une attraction majeure avec une bonne soixantaine d’établissements, dont certains sont réputés, et les fameux “lolos” où l’on sert sans façons des plats locaux. Mais cette cuisine, basée sur les traditions antillaises, a intégré des influences multiples. Il est vrai que dans l’île, ce sont 80 nationalités qui se côtoient pour 90 000 habitants dont 37 000 dans la partie française.

Du reste, c’est une vieille tradition de l’île que d’être sous l’influence des uns ou des autres; Espagnols, Anglais, Hollandais et Français y ont tour à tour pris le dessus, avant que les deux derniers ne s’entendent pour en garder le contrôle et se répartir le territoire par le traité de Concordia en 1648. Les Hollandais s’étaient spécialisés dans le sel, les Français dans le tabac. Aujourd’hui, l’agriculture a quasiment disparu même s’il y a des initiatives pour la relancer. L’essentiel des produits de la terre est importé. Et tant pis pour la canne à sucre!

Pourtant, une visite au musée des Arawaks, peuple présent bien avant l’arrivée des Européens, montre toute la diversité de la faune, de la flore et des ressources vivrières de l’île. Situé non loin du Fort Louis, qui protégeait Marigot et que l’on tente aujourd’hui de sauver de la ruine définitive, le musée a des airs désuets mais permet d’imaginer la vie à Saint-Martin avant que le tourisme n’en devienne l’activité principale.

Une petite île qui a su rester très verte

En une année, jusqu’à 2 millions de personnes peuvent poser le pied sur l’île, mais les trois quarts ne le font que brièvement lorsqu’ils descendent de leur navire de croisière. Navires souvent amarrés du côté de Philipsburg, capitale de Sint Maarten qui dispose, avec le Westin et le Sonesta Great Bay Beach Resort, l’une des plus grandes capacités hôtelières de l’île.

Selon les statistiques, environ 78 % de touristes poussent la visite jusqu’à Marigot, chef-lieu de Saint-Martin et ville si dépaysante avec son mélange de style colonial et d’atours français, son marché le long du port, sa poste et sa gendarmerie. L’île a beau être petite, elle est loin d’être entièrement urbanisée, surtout côté français où des randonnées sont possibles à travers des sentiers qui vont de criques en baies, de plages paradisiaques en collines, offrant des panoramas qui révèlent la grande douceur des paysages saint-martinois… sans frontières.

www.st-martin.org

www.winner-touch.com

www.museesaintmartin.com

L’hébergement, clé de l’avenir touristique de l’île

Pour Ali Laggoune, fondateur de l’agence réceptive Rising Sun Tours, la seule avec licence implantée côté français alors qu’il y en a une douzaine côté néerlandais, « il manque à Saint-Martin un beau resort all inclusive » comme on en trouve dans beaucoup des îles des Caraïbes. Et « les destinations voisines en profitent largement », note-t-il. Saint-Martin n’a pas moins d’atouts que les autres, au contraire, mais souffre, selon lui, d’une sous-capacité hôtelière. Si les lois de défiscalisation dans les années 1980 ont conduit à un boom de la construction hôtelière et de l’activité économique, trois décennies plus tard elles produisent des effets secondaires qui tendent à réduire le parc hôtelier. « La défiscalisation nous a fait passer à 5 000 chambres. Aujourd’hui, côté français on n’en a pas plus de 2 000 », remarque Ali Laggoune. Un chiffre appelé à baisser encore du fait de la rénovation programmée pour un an du Beach Plaza et de ses 144 chambres sur la baie de Marigot.

Le modèle économique bâti sur la loi Pons, régulièrement remaniée, s’effondre et l’hôtellerie en copropriété ne pose pas moins de problèmes que l’habitat en copropriété. La vente de parts, ou d’appartements, conduit à transformer d’anciennes résidences hôtelières en immeubles résidentiels.

Pour Rising Sun Tours, qui réalise 65 % de son chiffre d’affaires avec les groupes et 20 % avec les croisières, la tâche n’est donc pas simple.

Autre difficulté, la parité fluctuante de l’euro et du dollar qui commande aussi les flux touristiques. Alors que jusqu’en 1995, Européens et Nord-Américains jouaient à parts égales, les États-Unis et le Canada s’arrogent désormais 80 % du marché. « En 1995, un gros ouragan a fait que des destinations comme Cuba ou la République dominicaine sont montées en puissance. Depuis deux ou trois ans, on assiste au retour des agences historiques », observe Ali Laggoune dont l’agence réceptive sert près de 75 tours-opérateurs à travers le monde.

En attendant le retour au dynamisme de l’hôtellerie saint-martinoise, Ali Laggoune continue de développer son entreprise installée des deux côtés de l’île, aujourd’hui présente à Saint-Barthélémy et, depuis fin 2010, à Anguilla. Même s’il doit jongler en permanence avec des législations différentes, des monnaies différentes, des langues différentes, des conditions de travail différentes (le salaire minimum est 40 % plus élevé côté français que côté néerlandais), il dispose à Saint-Martin, plaque tournante des liaisons maritimes et aériennes, d’une solide base qui lui permet de rayonner sur les autres îles de l’arc nord des Caraïbes où le tourisme est en nette progression.

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