Croissance L’office du tourisme du sultanat d’Oman vient de fêter ses dix ans de présence en France. Retour sur un travail efficace pour promouvoir une destination qui attire de plus en plus de Français.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Quand l’office omanais du tourisme a ouvert ses portes en mai 2002, avant même la création d’un ministère du Tourisme par le sultanat, Oman n’attirait guère que 2 000 touristes par an. En 2011, plus de 27 200 voyageurs français sont arrivés à l’aéroport de Mascate, soit une progression de 3,1 % par rapport à l’année précédente. C’est dire si le travail de promotion effectué par l’office du tourisme d’Oman à Paris a porté ses fruits. Les ventes réalisées par les tour-opérateurs ont augmenté plus nettement encore, + 7,65 % l’an dernier, soit un quart des voyages vers Oman. La corporation n’est pas la dernière à reconnaître le travail initié il y a dix ans par Rania Khodr, directrice France, à la tête aujourd’hui d’une équipe de trois personnes. Outre son « travail de conviction », l’équipe de l’office du tourisme « a aussi su trouver les bons ingrédients et les moyens pour dialoguer avec le marché et convaincre, entre autres, les professionnels de promouvoir le pays », écrit Jean-Paul Chantraine, directeur général d’Asia, à l’occasion des 10 ans de l’OT. « Les actions de promotion nombreuses et régulières font de cette représentation une référence pour les professionnels », affirme René-Marc Chikli, président du Ceto, l’association des tour-opérateurs. D’autres encore soulignent, à l’instar de Gérard Carnot, directeur général d’Ultramarina, « le travail accompli par l’office du tourisme pour faire reconnaître la destination, mission de longue haleine, en profondeur. » Bref, Rania Khodr peut savourer cette première décennie. Elle dispose aujourd’hui, au sein de l’ambassade du sultanat d’Oman, de locaux spacieux à la hauteur des enjeux.
L’OT travaille à présent avec une bonne centaine de tour-opérateurs, dont certains spécialisés dans le voyage de groupe alors qu’ils n’étaient pas une dizaine à s’intéresser à cette destination il y a dix ans. De l’autre côté, une quarantaine de réceptifs sont à pied d’œuvre pour monter des voyages adaptés à la demande du marché. Le Mice (Meetings, Incentives, Conventions and Exhibitions) est, hors individuels, un gros gisement touristique pour le sultanat qui ne mise pas que sur le pétrole. Et Rania Khodr de citer des opérations et des conventions qui conduisent, par exemple, des groupes de 80 ou 350 pax à se rendre à Oman. Mais les groupes loisirs peuvent aussi y trouver leur compte, tels ces touristes qui font escale à Mascate, la capitale, à l’occasion d’une croisière dans l’océan Indien. D’autres peuvent préférer s’adonner à la plongée dans l’une des nombreuses criques des 1 300 km de côtes du pays ou opter pour une dégustation chez l’habitant, se lancer dans une randonnée en suivant une via ferrata ou un parcours de tyrolienne, découvrir les secrets de fabrication du miel des montagnes ou les us et coutumes sur les marchés aux bestiaux, s’informer sur les épices et l’encens dont le sultanat s’est fait une spécialité, se consacrer à l’équitation ou à la visite de musées… ou bien encore se laisser emporter par l’art de la navigation en se remémorant les aventures de Sindbad le marin. La journée peut aussi s’achever à l’opéra. Dans son bâtiment flambant neuf inauguré en octobre 2011, il attire des vedettes internationales mais promeut aussi une culture musicale locale, notamment en hébergeant l’Orchestre symphonique royal d’Oman fondé en 1985. Des événements sont aussi organisés durant l’année, comme le Tour d’Oman cycliste en février ou plusieurs autour de la voile.
La destination regorge donc d’options de par sa culture, ouverte sur le monde et particulièrement sur les pays qui bordent l’océan Indien avec lesquels elle entretient de longue date des relations commerciales intenses, et de par sa géographie, à la fois maritime et montagneuse, de déserts et d’oasis.
Le sultanat d’Oman « est devenu une référence en matière de tourisme de luxe et fait désormais figure de destination incontournable pour tous les voyageurs en quête de raffinement, de dépaysement et, surtout, d’authenticité », observe Olivier Kervella, président de NG Travel à l’occasion des dix ans de l’OT omanais. Le sultanat entend toutefois ne pas se cantonner au luxe et le ministère, qui a lancé un plan quinquennal en faveur du tourisme grâce à un budget de 212 millions d’euros pour la période 2010-2015, vise aussi à « renforcer le portefeuille d’hôtels de moyenne gamme à Mascate. »
Pour les groupes loisirs, « la taille idéale tourne autour de 20 pax », estime Rania Khodr, ne serait-ce que pour faciliter les déplacements, à travers le désert ou dans les montagnes, qui s’effectuent généralement en véhicules tout terrain.
La période idéale pour visiter Oman coïncide avec celle des voyages de groupe, de septembre à avril-mai. Tout l’enjeu, pour l’office de tourisme, consiste à rendre le sultanat attractif pour des publics variés. Et les campagnes de promotion grand public s’enchaînent, de même que les reportages journalistiques.
Faire connaître la destination est plus que jamais le credo de Rania Khodr. Si elle s’appuie beaucoup sur la presse pour donner le goût d’un voyage à Oman, elle s’adresse aussi aux professionnels en utilisant les multiples canaux de promotion à sa disposition: workshops, road shows, éductours, participations aux salons professionnels, envoi de newsletters, création d’un site web accessible tant aux professionnels qu’au grand public, sensibilisation de 800 agents de voyages par l’intermédiaire d’un e-learning, lancement d’événements comme la semaine gastronomique omanaise dans un restaurant parisien.
Après avoir balayé le champ de toutes les possibilités pour inscrire Oman parmi les destinations touristiques en progression, Rania Khodr entend aujourd’hui communiquer de manière plus pointue avec les professionnels, notamment en organisant des sessions de travail ad hoc, quasiment personnalisées. Elle prépare aussi “un gros événement” pour 2013. De nouvelles raisons d’être optimiste.
Si aujourd’hui les destinations touristiques du monde arabe sont très instables, Oman parie sur la bonne image dont jouit son sultan auprès de la population et son savoir-faire pour désamorcer les tensions. Mascate, la capitale, a été élue capitale touristique du monde arabe en 2012.
Le sultanat poursuit son développement touristique en parachevant cette année la création d’un troisième parcours de golf 18 trous, en investissant dans un centre des congrès qui doit ouvrir ses portes en 2014, en poursuivant le développement de plusieurs complexes touristiques, notamment autour de Salalah, en installant plus de 2 000 chambres d’hôtels d’ici 2013 pour porter sa capacité d’hébergement à 14 500 chambres, en renforçant son potentiel pour l’accueil des passionnés de voile ou encore en créant une visite guidée en bus de la capitale.