Office de tourisme Ce n’est pas d’aujourd’hui que la structure institutionnelle opère sur le marché groupes. Elle a commencé par suggérer une offre dédiée, avant de se lancer dans la commercialisation il y a maintenant près de dix ans. Une brochure est éditée chaque année, appuyée par une présence sur le web.
C’EST sur la “butte”, petite colline dominant la Loire, que l’histoire de Nevers commence. C’est de là que s’épanouit la ville au Moyen Âge, entourée de remparts, laissant une empreinte indélébile: tracé des rues, ruelles pavées, maisons à pans de bois… C’est là aussi que se découpe aujourd’hui la silhouette de ses principaux monuments: le Palais Ducal et la cathédrale, voisinant avec le Palais de justice du XVIIIe siècle, l’hôtel de ville néoclassique construit sous Louis-Philippe, le théâtre à l’italienne du XIXe siècle, la chapelle Sainte-Marie (XVIIe siècle) et sa façade de style baroque, unique en Nivernais et rare en France, ou encore l’église Sainte-Bernadette du Banlay édifiée en 1966 dont l’aspect extérieur, très contemporain, se caractérise par deux demi-coques de béton en porte-à-faux sur un pilier central. La Cité des ducs est aussi une étape sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, et fait partie des neuf villes-sanctuaires en France. Une situation qu’elle doit à Bernadette Soubirous, née à Lourdes en 1844, mais qui prit le voile à Nevers et y vécut de 1866 jusqu’à sa mort, treize ans plus tard. L’office de tourisme a d’ailleurs conçu un programme d’une journée qui lui est entièrement dédié.
Ce ne sont pas les seuls atouts de la capitale du Nivernais. Les thématiques historique et religieuse se conjuguent également avec un fleuve (la Loire), deux rivières (l’Allier et la Nièvre) et deux canaux (latéral à la Loire et du Nivernais) où sont proposées des croisières-déjeuners. Sans oublier un savoir-faire vieux de quatre siècles (la faïence et le célèbre “bleu” de Nevers) ou encore en vibrant au rythme des sports mécaniques (circuit de Nevers Magny-Cours).
“Notre offre touristique s’étend même au-delà de la ville, souligne Sophie Lepoutre, conseiller séjours Resatourisme, marque commerciale de l’office de tourisme de Nevers et sa région. En effet, cinq communes environnantes
Une clientèle vers laquelle la structure institutionnelle s’est intéressée dès les années 90. “En 1993, nous avons édité notre premier Guide technique pour autocaristes. À l’époque, nous n’étions pas autorisés à commercialiser. Ce document rassemblait surtout une liste des différents prestataires accueillant les groupes, sans tarifs, complétée par quelques idées de programmes. Il fallait ensuite s’adresser en direct auprès des sites, des hôtels, des restaurants…”, révèle Sophie Lepoutre. Un guide qui paraîtra chaque année, changeant parfois de nom et présenté sous forme de fiches ou de brochure. “Nous nous occupions juste de vendre les visites guidées sur Nevers”, ajoute-t-elle, reconnaissant par ailleurs, que tout au long de ces années, “aucune action commerciale particulière n’était effectuée auprès des prescripteurs de voyages en groupe.” Le document était adressé sur demande.
Mais lorsque l’office de tourisme passe au statut d’association en 2001, c’est l’occasion pour la structure institutionnelle de franchir une nouvelle étape: celle de la commercialisation, et “uniquement sur du produit groupe, souligne Sophie Lepoutre. Nous souhaitions apporter une offre très structurée, plus riche, tout en nous positionnant comme l’interlocuteur privilégié auprès des professionnels, mais aussi des représentants du monde associatif.” Une façon aussi de remédier à une carence du privé puisque l’unique agence réceptive alors en place à Nevers souhaitait plutôt se concentrer sur la clientèle individuelle. Pour marquer cette nouvelle activité commerciale, la structure institutionnelle fonde en 2003 une marque spécifique, Resatourisme. Parallèlement, une équipe de trois personnes est constituée pour prendre en charge aussi bien la conception des produits, que la promotion et leur commercialisation. Une brochure groupe avec des tarifs voit le jour dans la foulée. “Avec une offre essentiellement axée sur des formules journées, au côté toujours d’une sélection de visites guidées thématiques sur Nevers, précise Sophie Lepoutre. Sur des formules séjours, nous travaillons à la demande, d’autant que la ville offre la capacité hôtelière suffisante.” Aujourd’hui, 50 % des forfaits proposés en brochure sont repris tels quels. L’autre moitié est réalisée sur mesure.
La brochure 2012 ne déroge pas à la règle, avec cependant plusieurs nouveautés à la clé. Et notamment des produits spécial minigroupes (dix pax), “car nous avions de plus en plus de demandes, et particulièrement sur des activités de pleine nature, explique Sophie Lepoutre. C’est une tendance qui se confirme d’une année sur l’autre.” Sont ainsi proposées dans ce cadre une découverte de la Loire, des visites guidées comme celle d’un atelier de faïence, d’une cave souterraine, d’un centre œnotouristique, du Musée nivernais de l’éducation, d’un château. Sans oublier la dégustation de trois vins régionaux ou encore des locations de vélos.
Autre originalité: un panel de nouvelles balades commentées de la ville d’une à deux heures: “fluviale”, en compagnie d’un marinier de Loire, “fleurie” à travers les jardins du Palais Ducal au parc Roger Salengro, “nocturne” axée sur la cathédrale, “aux lampions” pour une promenade poétique. Et enfin, “Renaissance” pour revivre les distractions de cette époque.
En attendant la réouverture en 2013 du Musée de la faïence Frédéric Blandin (encadré ci-contre). L’offre de l’office de tourisme est également en ligne avec la mise en place récemment d’un onglet “pro”, dédié aux autocaristes et agents de voyages.
Les tarifs mentionnés sont appliqués sur la base de 30 pax, “mais les gratuités ne sont pas systématiques, elles dépendent des prestataires, souligne Sophie Lepoutre, qui ajoute par ailleurs “ne pas avoir mis en place un système de commissionnement pour les professionnels.” Du moins, pour l’instant.
La majorité des groupes accueillis par l’office de tourisme sont issus principalement de la région parisienne, et en particulier du sud de l’Île-de-France, mais aussi de la Bourgogne, bien sûr, de l’Auvergne et de Rhône-Alpes. “C’est un marché qui, malgré la crise et des budgets serrés, réussi à se maintenir d’une année sur l’autre, commente Sophie Lepoutre. Cependant, depuis deux ans, nous enregistrons plus d’annulations qu’auparavant, faute généralement d’un manque de participants.” L’an passé, le nombre de groupes en produits journée a subi une forte baisse, alors que les visites guidées sur Nevers ont enregistré de bons chiffres de fréquentation. “L’année 2012 affiche une réelle reprise, les dossiers confirmés sont en hausse”, conclut Sophie Lepoutre, soulignant par ailleurs un phénomène marquant: des réservations de plus en plus tardives.
Il s’agit d’Apremont-sur-Allier, Sermoise-sur-Loire, Marzy, Fourchambault et Challuy.