AUTRICHE Pour son édition 2013, le salon Austrian and central european travel business (ACTB) a choisi de se recentrer sur l’Autriche pour impliquer davantage les länders. L’occasion aussi de changer de nom pour s’appeler Austrian travel business (ATB).
AUTRICHE, Hongrie, République tchèque, Slovénie, Slovaquie. 422 exposants, dont 327 Autrichiens, se sont réunis fin janvier pour la dernière fois, durant deux jours, à Vienne, histoire de promouvoir leurs atouts touristiques, auprès de 621 acheteurs professionnels, en provenance de 48 pays du monde. Sur place, la délégation française était représentée par plus d’une douzaine d’agents de voyages et tour-opérateurs, pour l’essentiel des groupistes!
L’an dernier, le tourisme autrichien a globalement bien résisté à la crise européenne, enregistrant un nombre record d’arrivées internationales avec 23 000 000 entrées, soit + 4,5 % par rapport à 2010. Depuis le marché français, le nombre d’entrées s’est élevé en 2011 à 521 000, soit une hausse de 4,4 % par rapport à 2010. Résultat, en dix ans, les chiffres du trafic de l’Hexagone ont progressé de 30 %, et ceux du nombre de nuitées de 25 %, toujours par rapport à 2010. La France conforte ainsi sa huitième place dans la hiérarchie, même si elle reste très loin derrière l’Allemagne, les Pays-Bas ou l’Italie, des pays qui, cependant, n’ont pas connu la même dynamique en 2011. Mieux encore, sa contribution s’avère plutôt avantageuse. Les dépenses touristiques de nos compatriotes, hors transport, s’élèvent à 180 euros par personne et par jour, en hiver, et à 115 euros par personne et par jour, en été. Bref, assez largement au-dessus de la moyenne enregistrée, toutes provenances confondues. Pourtant, la durée des séjours a tendance à se raccourcir puisque le nombre de nuitées n’a progressé dans le même temps que de 2,7 %. Des caractéristiques qui s’expliquent sans doute par le succès que rencontrent les petits groupes thématiques ou spécialisés, dont les prescripteurs composaient l’essentiel de la fréquentation française à l’ACTB. D’expérience, on sait que les marchés de niche sont souvent ceux qui à la fois sont les plus contributifs en valeur, mais aussi ceux qui se déroulent sur des durées relativement plus courtes que pour des séjours de vacances classiques.
Claire Portevin, de Mondes et Merveilles Voyages, illustre parfaitement cette tendance. Sa société commercialise des séjours en France et à l’étranger, orientés vers la visite de jardins. “Nous nous adressons à des associations ou à des groupes de passionnés et les envoyons vers toutes les destinations qui représentent un intérêt dans ce domaine, explique-t-elle. L’Italie et la Grande-Bretagne représentent la majorité de nos voyages, mais avec ses parcs et ses châteaux, l’Autriche correspond tout à fait à nos critères. Nous organisons pour des séjours de quatre à cinq jours en moyenne, trois à quatre visites de jardins ou de parcs par jour.” Dans un tout autre secteur, Stéphanie Lambret, membre de l’association des Maisons internationales de la jeunesse et des étudiants (Mije), agréée Iata et SNCF, souligne: “Pour notre clientèle, composée de groupes de scolaires ou d’étudiants, à partir de 10 participants, l’Autriche représente une destination particulièrement intéressante par ses côtés historiques et culturels. ”Une attractivité qui n’est qu’à peine freinée par le prix des séjours. “Forcément, la clientèle jeune est sensible au prix et il est vrai que l’Autriche reste un peu plus onéreuse que l’Allemagne, même si les conditions d’accès aux musées, par exemple, sont particulièrement intéressantes pour les moins de 19 ans, relève Stéphanie Lambret. Mais nous essayons de limiter nos tarifs grâce au transport en autocar que nous traitons soit avec des adhérents du réseau Réunir, soit avec des autocaristes indépendants. ”Même discours auprès de Virginie Lang, chef de produit chez Euridice Opera. Elle est venue à l’ACTB pour préparer la prochaine saison des concerts classiques, à Vienne, Salzbourg… une programmation toujours très riche. Installée dans le sud-est de la France, elle mise sur le Festival d’Aix-en-Provence pour épaissir son cahier d’adresses. “L’Autriche reste une valeur sûre ”,confie-t-elle et les programmes construits autour de soirées de prestige contribuent à des propositions pour des petits groupes autour de 1 000 euros, pour deux nuits, spectacle compris. Enfin, dans un tout autre domaine, Bettina Wulff, chez Grand Angle, une société du Vercors spécialisée dans le trek, compte aussi sur l’Autriche pour ses prochaines randonnées: “Le côté facile et sécuritaire de ses circuits, associé à leur patrimoine historique, reste un atout fondamental pour notre clientèle.”
L’année 2012 devrait donc poursuivre cette tendance haussière du trafic français enregistrée depuis plusieurs années. Pour favoriser la commercialisation des produits groupes, Accor, chez qui la France est en Autriche le sixième marché, pourrait bien se révéler, à l’avenir, un allié d’importance dans l’optique d’un retour à un meilleur rapport qualité/prix. Sous l’ensemble de ses enseignes, le groupe français compte 31 implantations dans le pays, “mais nous avons vocation à doubler ce chiffre d’ici à 2017”, explique Sabine Toplak, directeur des ventes, marketing et distribution, d’Accor, en Autriche. Quant à l’Office national du tourisme autrichien (Onat), un budget d’environ un million d’euros va être engagé, tout au long de cette année par le bureau français, sur les points forts et les thématiques prioritaires de la destination: nature, culture et hospitalité. Conformément à la nouvelle orientation prise par le siège de l’Onat, à partir de l’an prochain, l’ATB se tiendra en Carinthie, à Klagenfurt, car il est prévu que cette opération soit délocalisée, en alternance avec Vienne, une fois sur deux, dans un land différent. Elle ne concernera que l’Autriche car les synergies escomptées lors de l’élargissement de cette opération de promotion à d’autres pays voisins ont été jugées satisfaisantes.