Office de tourisme 2012 sera l’année des groupes pour la structure institutionnelle. Un marché auquel elle s’est toujours intéressée, mais sans être véritablement offensive. Depuis peu, elle a décidé d’en faire l’une de ses priorités.
SAINT-HILAIRE en fut le premier évêque au IVe siècle, Sainte-Radegonde y fonda le premier monastère féminin, Jeanne d’Arc s’y voit confirmer sa mission en 1429, Aliénor d’Aquitaine la fait passer dans le domaine royal des Capétiens, puis des Plantagenêt, les Normands et les Arabes envahirent ses terres, les Anglais en ont été les maîtres… Bref, en deux mille ans, l’histoire de Poitiers a rencontré celle de grands personnages ou d’épisodes marquants. Comme en témoignent encore aujourd’hui beaucoup de lieux ou de places dans la ville. La capitale de la région Poitou-Charentes, labellisée Ville d’art et d’histoire, rassemble aujourd’hui plus de 80 édifices classés. Elle est l’une des villes emblématiques de l’art roman en France. Et, depuis juin 1987, son image est indissociablement liée à celle du Futuroscope, situé à une dizaine de kilomètres. Un site incontournable qui intègre fort logiquement l’offre groupes de l’office de tourisme de Poitiers. Entre autres curiosités patrimoniales, culturelles, gastronomiques voire inattendues… à découvrir.
Cette offre groupes a été amorcée à la création d’un service réceptif en 2000 au sein de la structure institutionnelle. “Auparavant, nous répondions de façon ponctuelle à la demande des professionnels, ainsi que des clubs et des associations, explique Amélie Morin, chargée de promotion et de commercialisation au sein de l’office de tourisme. Nous ne proposions que des visites guidées et, parallèlement, nous apportions du conseil, de l’information, nous faisions des suggestions. En fait, notre rôle s’arrêtait là.”
La mise en place d’un service dédié va évidemment changer la donne, en proposant une offre structurée, combinant diverses prestations. C’est aussi l’opportunité de franchir une nouvelle étape, celle de la commercialisation via une offre basée dans un premier temps sur Poitiers et qui, en 2007, sera étendue à l’agglomération (soit un total de 12 communes rassemblées sous l’appellation Grand Poitiers). Avec aussi la volonté affichée de sensibiliser les prestataires (hôteliers, restaurateurs, sites…) au marché groupes. “Nous souhaitions également nous positionner en tant qu’interlocuteur unique pour toutes demandes groupes sur la ville et sa région, gérant les dossiers de A à Z”, poursuit Amélie Morin.
Dans la foulée, l’office de tourisme édite des fiches produits proposant des visites guidées et des excursions à la journée. Elles sont alors envoyées sur demande à tous les prescripteurs de voyages en groupe. Parallèlement, le service réceptif fait “beaucoup de sur mesure”, relève Amélie Morin. Ce qui est encore le cas aujourd’hui. La première brochure ne verra le jour qu’en 2008. Elle n’avait encore rien à voir avec celles qui suivront. “Plus succincte, moins détaillée dans les prestations, moins travaillée dans la mise en page, par rapport à celle que nous éditons aujourd’hui”, raconte-t-elle. Mais toujours axée sur une offre visites guidées ainsi qu’excursions à la journée.
Le développement de cette programmation groupes va également passer par la mise en place de partenariats avec des comités départementaux du tourisme, la Vienne, bien sûr, mais également la Charente-Maritime, les Deux-Sèvres et la Charente. “La ville de Poitiers est un axe à partir duquel on peut rayonner en étoiles, explique Amélie Morin. Cela permet d’élargir notre offre en jouant les synergies entre départements, et chacun d’entre nous y gagne dans la promotion de son territoire.”
Une offre élargie, concrétisée dans la brochure groupes 2012, Visites guidées et courts séjours, à travers des programmes de deux et trois jours. Par exemple: “escapade en Poitou roman” combinant Poitiers, Aulnay et Saintes, ou encore “un savoureux patrimoine” alliant Poitiers, Angoulême et Cognac. Des séjours qui côtoient une sélection de sept visites guidées thématiques à travers la ville, dont un rallye invitant les groupes à se transformer en détectives tout en découvrant le patrimoine. Auxquelles s’ajoutent des excursions à la journée (également au nombre de sept!) “avec notamment trois produits coups de cœur axés particulièrement sur la gastronomie, le patrimoine religieux et l’architecture romane”, souligne Amélie Morin. À noter également en dernière page de la brochure, des informations concernant la circulation et le stationnement des autocars de tourisme dans Poitiers.
“Nos tarifs sont fixés sur la base de 20 pax (hors visites guidées où les prix ne s’entendent pas par personne mais sur la prestation fournie, ndlr). Ils sont nets”, précise Amélie Morin, qui indique par ailleurs que “pour l’instant, nous n’avons pas mis en place un système de commissionnement pour les professionnels, mais nous y réfléchissons.” À savoir également: une gratuité est appliquée pour le conducteur et l’accompagnateur, d’autres pouvant s’ajouter selon les prestataires mentionnés au programme.
Pour faire connaître son offre aux prescripteurs de voyages en groupe (que l’on peut aussi découvrir en ligne sur le site généraliste via un onglet dédié), l’office de tourisme a entrepris certaines démarches. Ainsi, par exemple, la structure institutionnelle, qui a participé aux trois dernières éditions du Map Pro, s’est lancée récemment dans l’envoi de mailings, n’hésitant pas à faire des relances téléphoniques… “Nous souhaitons être plus offensifs sur ce marché que nous l’avions été auparavant”, résume Amélie Morin. Une prospection qui en est à ses débuts, et dont les premiers résultats sont attendus pour 2013. L’an passé, 200 groupes sont venus découvrir Poitiers et sa région, principalement en excursion à la journée.
Depuis son origine, la ville de Poitiers s’est établie sur un éperon rocheux situé à la confluence de deux cours d’eau, le Clain et la Boivre. L’histoire de la ville démarre avec la conquête romaine, au premier siècle avant notre ère. Nommée Lemonum, elle est la capitale d’un vaste territoire habité par le peuple gaulois des Pictons. Une première organisation urbaine voit le jour, structurée par la mise en place de quelques rues, d’un forum et de bâtiments publics. Vers la fin du IIIe siècle, une importante enceinte est édifiée. Dès le Haut Moyen Âge, la physionomie de Poitiers est redevable de l’empreinte religieuse. Si la construction du baptistère Saint-Jean remonte au Ve siècle (l’un des plus anciens témoignages des débuts de l’ère chrétienne aujourd’hui conservés en France), l’époque romane voit se multiplier les chantiers de (re)construction: les églises Notre-dame-la-Grande (et sa façade sculptée exceptionnellement riche, dont les "polychronies" l’habillent de lumières chaque année, en été et à Noël), Saint-Porchaire, Saint-Germain, les collégiales Sainte-Radegonde, Saint-Hilaire (au chœur d’une incroyable ampleur et arborant des traces de peintures murales du XIe siècle), la cathédrale Saint-Pierre (de style gothique angevin à l’exception de la façade) et l’abbatiale Saint-Jean-de-Montierneuf, dont l’orgue est classé Monument historique. C’est un temps de paix et de prospérité pour Poitiers, sous le gouvernement des puissants comtes de Poitou et ducs d’Aquitaine. Leur palais comtal abrite aujourd’hui le palais de justice de la ville. Illustrant le style gothique angevin, sa grande salle d’apparat dite "salle des pas perdus" a été refaite par la famille Plantagenêt peu avant 1200. Elle demeure aujourd’hui l’un des plus remarquables exemples d’architecture civile médiévale en France. À la fin du Moyen Âge, l’architecture et le décor s’ouvrent aux influences de la Renaissance: hôtels particuliers se mêlent alors aux maisons en pans de bois. C’est à la fin du XVIIIe et surtout au XIXe siècle que Poitiers change, avec le percement des boulevards périphériques et l’amélioration des accès. Entre 1869 et 1875 est édifié l’actuel hôtel de ville offrant une majestueuse façade de style néo-renaissance, témoignant des goûts du second Empire.