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Un Mexique authentique au Jalisco

Destination | publié le : 01.04.2012 | Dernière Mise à jour : 01.04.2012

Auteur

  • Stéphane Jarre

Séduction Peu ou pas de vestiges des civilisations précolombiennes: sur les bords de l’océan Pacifique au centre-ouest du pays, inutile de parier sur les images habituelles du Mexique avec temples aztèques et cités mayas. C’est plutôt à un voyage dans le Mexique d’après, que convient les États du Jalisco et du Nayarit, un verre de tequila à la main et au son des orchestres mariachis, avec l’histoire révolutionnaire pour bréviaire.

TROIS fois plus grand que la France, le Mexi­que affiche naturellement une grande diversité de climats, de paysages, de patrimoine et de cultures. Si les vestiges précolombiens, notamment dans la péninsule du Yucatan, attirent par charters entiers les touristes, ils ne sauraient résumer à eux seuls le pays. Pour se faire une idée du Mexique d’après la colonisation espagnole, le Jalisco s’impose immédiatement.

L’histoire de Guadalajara, capitale de cet État qui borde le Pacifique et s’enfonce vers l’intérieur du Mexique, a commencé il y a 470 ans tout juste. Située à 1 400 m d’altitude, c’est une cité moderne, avec des rues en damier, des échangeurs de voies rapides et un centre économique fleurissant. C’est aussi une cité pétrie d’histoire, avec une architecture coloniale encore très présente, autour de la place d’armes par exemple ou dans les villages qui lui ont été agglomérés. Les églises témoignent de l’influence du catholicisme dans la construction du pays, à commencer par la cathédrale métropolitaine, qui date du XVIe siècle, où la vierge vénérée de Zapopan veille sur les âmes, quand elle ne prend pas ses quartiers d’hiver dans la basilique de Nuestra Senora de la Expectacion à Zapopan.

À Guadalajara, où les grands personnages nés dans l’État reposent sous une rotonde encerclée de verdure, les soubresauts de la marche vers l’indépendance du pays sont encore perceptibles. Ils sautent aux yeux en contemplant la puissance évocatrice des grandes fresques murales peintes par des artistes trop souvent méconnus en Europe mais tellement talentueux. À l’image de José Clemente Orozco, muraliste engagé, qui dénonce dans ses immenses fresques la brutalité et les fracas de l’histoire politique et économique, de la colonisation et de l’industrialisation. Son “Hidalgo” (1937) plane au-dessus du grand escalier du palais du gouvernement du Jalisco, tentant de dominer les forces violentes qui se sont emparées de l’histoire de l’époque.

Dans l’ancien hospice Cabanas, classé au Patrimoine de l’Humanité et siège aujourd’hui d’un Institut culturel, le muraliste a pris possession des lieux qu’il a décorés de 57 fresques monumentales, avec trompe-l’œil et effets de couleur pour affirmer ses convictions politiques sur l’histoire du Mexique ou régler ses comptes avec les politiciens du moment. Du grand art.

De l’art tout court, mais de l’art quand même, à portée de main et même de bourse, c’est ce que les galeries du village typique de Tlaquepaque proposent aux visiteurs sensibles aux œuvres d’artistes et d’artisans. De beaux objets, souvent de grande dimension, pourraient inspirer le décorateur d’intérieur qui sommeille en tout à chacun. À chaque coin de rue peut surgir un orchestre de mariachis, musiciens en tenue brodée d’argent, prêts à envoyer la musique et à interpréter les grands airs des chansons traditionnelles mexicaines.

Les mariachis, dont le nom dérive du français “mariage”, animent les fêtes et les grandes étapes de la vie des Mexicains. Ils peuvent, comme à l’hacienda El Carmen, venir divertir un groupe de touristes à l’apéritif.

L’apéritif? Une boisson s’impose, devenue emblématique du pays: la tequila. Le Jalisco est la principale région de production de cette boisson nationale bénéficiant d’une appellation contrôlée. En espagnol, la tequila est au masculin, ce qui ne change rien, mais confirme que 40o, plus ou moins, selon les désirs du distillateur, ne conviennent pas à toutes les gorges. En revanche, la suavité bleutée des champs d’agave des environs de Tequila, bourgade qui abrite les plus réputées des distilleries, enthousiasme le regard. Plusieurs maisons ouvrent leurs portes aux touristes désireux de tout connaître sur cette boisson née du savoir-faire des colonisateurs en matière de distillation, mais que les peuples autochtones consommaient sous une autre forme. Il faut près de dix ans pour récolter le cœur de la plante, que l’on dégage de ses feuilles avec un outil millénaire, la coa. Un cœur d’agave (45 kg) va donner grosso modo 5 litres de tequila. Pas mal tout de même pour une sorte de gros ananas.

Après les grandes étendues vallonnées du centre du Jalisco, la route (l’infrastructure routière est en très bon état) serpente entre les montagnes de la sierra Madre occidentale pour tomber dans l’océan Pacifique, du côté de Puerto Vallarta. Station balnéaire et ville historique à l’architecture coloniale, Puerto Vallarta est un havre de raffinement… où jeunes et plus âgés dansent au son d’un orchestre mariachi installé sous un kiosque au centre d’une place de la vieille ville. À la tombée de la nuit, le coucher du soleil sur le Pacifique enveloppe d’or et de rouge les promeneurs qui s’attardent paisiblement sur le Malecon, la promenade du bord de mer. Popularisée par le tournage de La Nuit de l’iguane, avec Ava Gardner et Richard Burton, la grande cité de la baie de Banderas attire des foules d’Américains et de Canadiens qui s’y connaissent en bon goût. La ville est chic et, comme un grenier, réserve à chaque détour de rue, des surprises. Elle a su se préserver en renvoyant plus au nord de la baie les resorts et résidences hôtelières modernes, où une jolie marina permet d’embarquer pour des excursions en bateau.

D’autres surprises attendent cette fois les touristes, qu’il s’agisse de baleines à bosse croisant l’hiver dans la baie, ou de villages isolés, où la population, malgré son dénuement et la précarité de sa situation, vit de la mer, comme les Indiens Huichols avant eux. Leur inspiration artistique et leurs croyances s’expriment dans quantité d’objets, aujourd’hui commercialisés en ville. Un appel à la méditation sur une plage de sable encerclée par la forêt tropicale où viennent s’affaler les vagues émeraude du Pacifique.

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