Découverte Destination montante d’Europe de l’Est, la Lituanie, et particulièrement Vilnius, sa capitale, offre un dépaysement certain. L’insolite n’est jamais loin dans ce pays marqué par les tragédies de l’Histoire.
DÉBUT février, la France grelottait. La Lituanie, elle, se figeait sous des températures sibériennes tout aussi inhabituelles pour elle. N’était le ciel, immense et bleu, la visite de Vilnius ressemblait à ce que pourrait être une promenade dans un congélateur. Mais qu’à cela ne tienne, la capitale de la Lituanie n’en continuait pas moins de vivre sa vie et le froid n’enlevait rien à l’élégance des passantes. Même si cela ne saute pas aux yeux partout, la plus méridionale des républiques baltes a en effet le sens de l’esthétique. Et une créativité débordante, qui ne se prend pas au sérieux, préférant divertir et faire sourire.
Il n’y a qu’à voir les collections d’ambre des galeries de la rue Mykolo, davantage que celle des magasins de souvenirs, pour comprendre que l’imagination n’a pas de limite. La précieuse résine, surgie du fond des temps (50 millions d’années quand même), se prête magnifiquement à toutes les interprétations. D’autant plus qu’elle se présente sous plus de 200 teintes, classées en 7 catégories, selon que la résine s’est fossilisée dans le sol, dans le tronc, au contact du fer, de la végétation ou a encore subi des chaleurs extrêmes. Qu’un insecte s’y soit retrouvé pétrifié pour l’éternité ou qu’il soit aussi translucide que le verre, l’ambre se laisse sculpter, polir, pour finir en bague ou en personnage loufoque. L’ambre, richesse de la Baltique, déversé par les courants sur les plages de la Courlande, rivage lituanien, et russe par l’enclave de Kaliningrad, est partout en vitrine. C’est, avec les tissus, napperons, nappes brodées et serviettes en lin, le plus authentique des souvenirs à rapporter de Lituanie. Et les galeristes apprennent aux touristes à ne pas se tromper et à se garder des imitations. L’ambre flotte dans une eau salée à 10 %. C’est d’autant plus important que les Lituaniens lui prêtent des vertus protectrices. “Gintaro” signifie à la fois ambre et protéger en lituanien, langue balte, ce qui est logique, proche, dit-on, du sanskrit, ce qui ne l’est pas moins dans l’histoire des langues indo-européennes.
Et de protection, la Lituanie en a bien besoin. Elle qui au temps de sa splendeur s’étendait de la mer Baltique à la mer Noire, la voilà aujourd’hui 214 fois plus petite, de la taille de la Belgique et des Pays-Bas réunis tout de même. Îlot balte, bordé de Slaves, elle n’a connu que peu de temps l’indépendance au siècle dernier, entre les deux guerres puis après le 11 mars 1990. Victime, comme tant d’autres à l’Est, du pacte germano-soviétique, elle a lutté contre le Stalinisme et ses successeurs en en payant le prix fort. Il faut se rendre au musée du KGB et des “victimes du génocide”, comme il s’intitule, pour comprendre. Les jeunes partisans, réfugiés dans les forêts du pays, se battaient à armes inégales. Plusieurs dizaines de milliers périrent, des centaines de milliers furent déportés en Sibérie, et la barbarie servait d’ordinaire à la prison enfouie sous l’immeuble du KGB. La terreur fait plus froid dans le dos à cet endroit que le climat d’un février glacial. Chambres de torture et cellules inhumaines où étaient entassés les dissidents et les partisans donnent une représentation édifiante du totalitarisme. Ajoutée à la déportation et l’extermination de 220 000 juifs par les Nazis, la Lituanie semble abonnée aux horreurs politiques. L’ancien quartier juif de Vilnius n’a plus guère que ses petites rues pour s’en souvenir, et quelques plaques commémoratives où s’élevait la grande synagogue.
Les églises en revanche sont toujours là. Il y en a une bonne cinquantaine, dévolues pour la plupart au culte catholique. Mais elles aussi reviennent de loin. Abandonnées ou utilisées à d’autres fins sous le communisme, sans plus de respect ni pour l’art que pour l’esprit, elles sont aujourd’hui restaurées, retrouvant leurs boiseries, leurs vitraux, leurs fresques ou leurs sculptures. À en juger par leur fréquentation, le culte n’est pas seulement religieux. Le symbole de la liberté de conscience recouvrée semble aussi y avoir sa part. Dans ce pays où l’on resta païen plus longtemps qu’ailleurs (le baptême de l’ouest de la Lituanie doit être célébré en 2013), les églises offrent quantité de styles. La chapelle de la porte de l’Aurore, avec ses murs d’argent, a des allures orthodoxes, quand une autre église, orthodoxe, elle, éparpille ses icônes et son encens dans un décor baroque, que n’aurait pas renié la contre-réforme. Les églises donc, parfaitement entretenues et restaurées, sont aussi un centre d’intérêt important de Vilnius, non sans quelques originalités, comme cette cathédrale avec sa façade de temple grecque et son clocher posé à côté. La place alentour, au pied d’une des nombreuses collines, comme celle aux Trois Croix blanches, symboles de l’indépendance retrouvée, respire, à deux pas des petites rues pavées de la vieille ville. L’hôtel de ville aussi revêt des habits néoclassiques, tout comme la présidence de la République. Mais plus globalement, dans ce joyeux brouhaha architectural, l’influence allemande se fait sentir dans bien des rues du centre-ville. Un peu à l’écart, des tours ont été élevées, de plusieurs dizaines d’étages et le quartier a hérité du surnom de New York. Mais, petit alors. Plus loin, dans le fond, la tour de la télévision domine encore la ville. C’est là que périrent, sous les chars soviétiques, 14 manifestants pacifistes en mars 1991.
L’histoire, en Lituanie, est souvent tragique. Et il faut bien à ses habitants un grand sens de la liberté pour pouvoir la dépasser. De la fête aussi. Les traditions, costumes et danses, y sont encore vivaces. Ce qui n’empêche pas la jeunesse de fréquenter assidûment les boîtes de nuit, bars et autres lieux festifs le week-end venu pour se défouler sur des musiques pop ou électro. L’ambiance y est bon enfant, enfin à ce qu’on a pu en voir. Parce qu’il semble bien y avoir autant de discothèques que d’églises, à Vilnius. Le pays a toujours été tourné vers l’Ouest et l’époque ne peut qu’accentuer cette tendance, surtout avec le Belarus dans le dos, dernière dictature d’Europe aux portes de la Lituanie.
Mieux vaut filer vers Trakai donc, que vers l’Est. À une trentaine de kilomètres au sud-ouest de la capitale lituanienne, un paradis de la nature, avec ses lacs et ses îlots, comme celui où a été édifiée la forteresse du XIVe siècle qui se dresse, toute rouge, au milieu de l’eau… ou des étendues gelées. Le village de la presqu’île la plus proche aligne les isbas colorées le long de la route. Les Tatars sont passés par là. L’Ouest, décidément, ne va pas sans l’Est.
Avant de fermer ses portes, l’office de tourisme de Lituanie a eu le temps de communiquer sur les grands événements qui attendent les touristes dans la plus au Sud des républiques baltes. Les Français trouveront cette année une raison supplémentaire de s’y rendre. La ville de Kaunas organise du 22 au 24 juin 2012 la Commémoration du 200e anniversaire du franchissement du Niémen par les armées napoléoniennes, coup d’envoi de la campagne de Russie. La cité redonnera vie à l’Histoire, en reconstituant sur place cet événement. De nombreuses associations attachées à la mémoire de Napoléon Bonaparte participeront à cette commémoration organisée par l’office de tourisme de Kaunas.
Pour toute information à ce sujet, le directeur de l’OT de Kaunas peut être contacté en français à l’adresse:
Ce n’est pas l’unique intérêt culturel de la Lituanie cet été. La Fête de la Saint-Jean est célébrée dans plusieurs villes et villages du pays. Celle de Kernavé, à 35 km de Vilnius, est particulièrement prisée, en pleine communion avec la nature. Outre les légendes et traditions qu’elle perpétue, comme celle qui consiste à chercher la fleur de fougère, qui donne des pouvoirs magiques à ceux qui la trouvent, il y aura bien sûr un grand feu qui sera allumé, mais aussi des danses et des chants. Dans la même cité, au nom qu’on pourrait presque croire breton, des Journées de l’histoire vivante sont organisées les 6 et 7 juillet 2012. Cette fois, ce n’est pas tant la communion avec la nature que celle avec le passé qui est célébrée. La vie à Kernavé, première capitale de la Lituanie, est ainsi reconstituée, avec costumes, fêtes et traditions de l’époque médiévale. Des artisans présentent également les vieux métiers d’alors.
À Vilnius, le dernier week-end de juin, c’est un peu une synthèse de l’esprit lituanien, à la fois attaché à la nature et à l’Histoire, qui s’exprime au marché aux plantes médicinales. L’occasion pour herboristes et pharmaciens de transmettre leur savoir sur les plantes à l’origine de bien des remèdes.
Côté sport, la Lituanie a fait du basket-ball son sport national. Elle a organisé les championnats d’Europe masculins de cette discipline à l’automne 2011, où son équipe s’est classée 5e. Il y a donc toujours un match de basket quelque part.
Et il y a toujours de la neige sur les pentes de la Snoras Snow Arena, qui ouvre ses pistes de ski et son parc de snowboard toute l’année à Druskininkai.
L’entrée est pour l’instant réservée aux individuels, mais la réflexion est ouverte s’agissant de l’accueil de groupes, nous a-t-on indiqués. À suivre donc.
ANNE-MARIE BOURDAIS
Responsable production moyen-courriers, Voyages Internationaux
"Pour nos clients groupes, des seniors généralement, l’intérêt pour cette destination va grandissant. Ceux qui ont déjà parcouru l’Europe centrale sont à la recherche de nouveautés. La Lituanie, comme les autres pays baltes, la Lettonie et l’Estonie, que nous proposons en combiné, peut parfaitement les séduire. Même si elle présente un intérêt culturel évident, la Lituanie ne peut pas être vendue seule. Vilnius présente un bon potentiel historique et culturel. Entre le musée et les prisons du KGB, l’université, la cathédrale et les églises, il y a de quoi visiter en un ou deux jours.
Nous proposons le produit d’Alliance du monde. Pour l’aérien, l’avantage, ce sont les départs de province. Pendant la saison estivale, il y a deux vols hebdomadaires depuis Nantes, un au départ de Deauville pour ce qui concerne l’Ouest. Il y en a aussi de Bordeaux et d’autres grandes villes. Pour nos clients, c’est une facilité qui compte."
Depuis la disparition de la compagnie nationale Lithuanian Airlines, il y a trois ans, les vols directs vers Vilnius ne sont plus assurés que par des compagnies à bas coûts.
La compagnie charter lituanienne Small Planet Airlines propose des vols directs depuis Paris ou de province vers Vilnius, notamment par affrètement. Une autre compagnie low cost, la Hongroise WizzAir, ouvrira à partir du 28 mai 2012 une liaison directe de Beauvais à Vilnius. Depuis Beauvais aussi, RyanAir dessert Vilnius et Kaunas.
L’hôtel Congress, 4 étoiles, est situé à deux pas de la vieille ville et donne sur la rivière Néris. Ses chambres disposent de l’essentiel et le décor y est fonctionnel. L’accueil y est cordial, en anglais.
Le restaurant et centre de réception Belmontas, à 5 km du centre-ville de Vilnius, offre à la fois l’espace (il peut recevoir jusqu’à 1 000 personnes à l’intérieur et davantage à l’extérieur) dans un cadre bucolique et romantique des plus séduisants. Les salles sont décorées d’objets authentiques de la vie paysanne. La cuisine y est traditionnelle. Des animations peuvent aussi s’y dérouler.
Le château de Trakai dispose d’une centaine de places. Dans cet ensemble médiéval, charme et originalité sont au rendez-vous. L’espace peut être privatisé.
Les boîtes de nuit sont très nombreuses à Vilnius et tout à fait dans les goûts occidentaux. Pour le folklore, le groupe Ratilio de l’université de Vilnius perpétue, avec grand talent, l’esprit festif de la campagne lituanienne. Ses membres, dont certains parlent parfaitement le français, savent associer le public à leurs danses et chants, avec un entrain communicatif.
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"Je garde une bonne impression de la Lituanie, de son authenticité, aussi bien pour son côté nature que son côté historique, avec de la culture et de riches traditions. Les gens y sont souriants, attachants.
J’ai été agréablement surpris par la qualité des prestations. L’hôtel Europa City était un vrai 3 étoiles, le Panorama où d’autres ont séjourné était aussi à la hauteur. La gastronomie lituanienne est bien plaisante.
En tant qu’autocariste, j’ai pu constater que les cars que nous avons utilisés étaient récents. Du bon matériel, qui prouve que le pays est économiquement à la page. C’est une destination qui a une gamme de propositions touristiques variée.
J’ai été particulièrement impressionné par le musée du KGB, mais les monuments, musées et châteaux sont aussi intéressants. La destination n’est pas très connue et pourtant dépaysante. Elle peut plaire à nos seniors, notamment pour un voyage en autocar qui parcourra les trois pays Baltes. D’ailleurs, ceux de nos clients qui y sont allés nous ont transmis de bons retours."