Parc d’attractions Comment les parcs d’attractions et à thèmes traitent la clientèle groupes? Quels moyens mettent-ils en œuvre pour séduire leurs prescripteurs? De l’accueil de l’autocar à la vente de forfaits, en passant par la prise en charge du conducteur, les offres commerciales, la restauration et l’hôtellerie. Enquête.
LES parcs d’attractions et à thèmes savent recevoir les groupes et entretenir des relations privilégiées avec les prescripteurs de voyages spécialisés sur ce marché. La palette des opérations commerciales est vaste, les offres véritablement adaptées. Mais, s’intéresser aux groupes, c’est d’abord séduire leurs prescripteurs. Dans ce domaine, les autocaristes, les agences de voyages ou encore les tour-opérateurs savent qu’ils doivent partager leur “terrain de jeux” avec les “non-pros”, c’est-à-dire les comités d’entreprise, les associations et les clubs. En attendant, les parcs d’attractions doivent “ratisser large”. Fort heureusement, tous – ou presque – ont fait le choix de distinguer les uns des autres. Et bonne nouvelle: les “pros” sont favorisés. Tour d’horizon.
Entretenir une relation privilégiée avec les professionnels, c’est leur faciliter les contacts. La mise en place d’un service groupes ou d’une centrale de réservations dédiée y contribue. C’est le cas au Puy du Fou, à Vulcania, au Futuroscope, au parc Astérix, à Walibi Rhône-Alpes, au Bioscope… ou encore à Disneyland Paris “où une quinzaine de personnes compose l’équipe”, souligne Jean-François Chazalon, directeur des ventes France. Autant d’interlocuteurs pour l’ensemble de ces parcs, dont les missions se partagent entre le conseil, l’information, la réservation, les suivis de dossiers… En résumé: répondre à toutes les questions des professionnels et les épauler au cours de leurs diverses démarches.
Garder le contact avec les pros passe aussi par l’édition d’une brochure qui leur est dédiée. Elle leur est envoyée chaque année. Objectif: présenter l’offre du parc, et surtout annoncer les nouveautés ainsi que les tarifs pour la nouvelle saison. Certains parcs distinguent les “pros” des “non-pros”. En d’autres termes: à un marché spécifique (scolaires, comités d’entreprise, associations, collectivités, professionnels) une brochure dédiée! Sauf pour Vulcania qui édite un même document pour l’ensemble des prescripteurs groupes, tandis que Disneyland Paris fait paraître une brochure adressée aux “non-pros” dans laquelle est glissé un cahier des tarifs spécifiques lorsqu’elle est envoyée à l’ensemble des professionnels du secteur.
Parallèlement au support papier, tous les parcs se sont installés sur le web, en créant généralement une rubrique sur leur site généraliste. “Nous réfléchissons actuellement à la mise en place d’un site dédié”, annonce cependant Laurent Albert, directeur général du Grand Parc du Puy du Fou, dont les groupes ont constitué l’an passé 29 % de la fréquentation. “Nous avons une entrée « groupes » sur notre site général, mais pas de site dédié car cela ne correspond pas véritablement à une demande”, relève pour sa part François Heid, directeur marketing et commercial à Vulcania, qui reçoit en moyenne 70 000 pax en groupes chaque année. Le Futuroscope, dont cette clientèle spécifique représente 20 % de son activité, est quant à lui, actuellement en train de refondre son site, “y compris celui dédié aux professionnels du tourisme de groupes. La nouvelle version sera accessible en avril prochain, indique Pierre Watrelot, directeur des ventes B to B. La page d’accueil sera plus interactive, et on y trouvera l’ensemble de notre offre.” De son côté, le parc Astérix (ainsi que Grévin, la Mer de Sable et France Miniature, tous ces sites appartenant à la Compagnie des Alpes) a lancé récemment sorties-ludiques.com, reprenant l’ensemble des informations de la brochure commune aux quatre sites. Par ailleurs, au-delà d’une présentation du site, l’utilité du web pour ces parcs est, bien évidemment, d’informer en temps réel l’ensemble des professionnels de leur actualité, nouveautés et autres divers offres spéciales.
Enfin, rester en contact, c’est aussi proposer des éductours. L’objectif affiché est clair: permettre aux professionnels de mieux connaître le produit, et donc de mieux le vendre. Le Puy du Fou en organise cinq à six par an, alors que chez Disneyland Paris, on est plus restrictif, et que chez Vulcania, ils n’ont lieu qu’à la demande. Le Bournat, lui, en organisera un le 30 mars prochain. L’occasion de découvrir un site retraçant la vie quotidienne de nos arrière-grands-parents à travers la reconstitution d’un village typiquement périgourdin.
Enfin, nombre de parcs n’hésitent pas à jouer le partenariat avec les professionnels lorsque ces derniers leur demandent de participer à des workshops ou salons qu’ils organisent pour leurs clients.
Dans leur démarche de séduction auprès des professionnels du tourisme de groupe, les parcs n’ont évidemment pas oublié un élément essentiel: les prix. Sans surprise: ils sont inférieurs aux tarifs publics, pouvant ainsi être en moyenne de 20 % à 30 % moins chers. Ils sont proposés nets ou bruts, appliqués pour la plupart sur la base de 20 pax, et les professionnels bénéficient d’une commission, variable d’un parc à un autre. Les différences se jouent soit sur la période choisie pour la venue du groupe, soit sur le produit (par exemple, elle peut être appliquée que sur une seule prestation, et généralement sur la billetterie), ou ne pas être identique selon la prestation… En général, le taux de commission démarre à 4 % et peut aller jusqu’à 15 %. Par ailleurs, quelques parcs ont mis en place pour les professionnels un système de “rétro-commissionnement” selon le nombre de pax réalisé par an. Parfois, il est même question de ristournes ou de remises sur le chiffre d’affaires réalisé.
Parmi les autres avantages: la gratuité. Là encore pas de surprise, elle est systématique pour le conducteur. Entrée au parc et repas compris. À cela s’ajoute généralement une gratuité pour 20 payants. Les accompagnateurs, eux, en bénéficient, selon un nombre défini de personnes payantes (variable selon les parcs).
Avantage encore à travers – parfois – la mise en place d’offres spéciales proposées à certaines périodes de l’année. À l’exemple du Puy du Fou, mais aussi de Disneyland Paris. “Nous en proposons deux par an, l’une au printemps, l’autre à l’automne”, souligne Jean-François Chazalon. De plus, à l’occasion des 20 ans du parc de Marne-la-Vallée célébrés cette année, viennent s’ajouter deux offres spécifiques les 14 ou 15 avril, ainsi que les 19 ou 20 mai.
Ainsi, pour un billet daté un jour/un parc, il en coûtera 30 euros/pers., et pour sept euros supplémentaires, les groupes pourront profiter des deux parcs Disney. C’est parce qu’il fête, lui aussi, son anniversaire (dix ans cette année), que le parc Vulcania met son kir pétillant à 1,50 euro (au lieu de 2,50 euros) pour toute réservation d’une journée “confort” (entrée + visite accompagnée + déjeuner).
L’accueil sur le parc est aussi un point sur lequel une attention particulière est portée. Et en tout premier lieu concernant le conducteur. On l’a dit, il peut accéder au parc et s’y restaurer gratuitement (et chez Vulcania, on lui remet en plus un bon pour une boisson). Il dispose également d’un parking dédié, voire même d’un espace où se reposer. C’est le cas au Puy du Fou où le Puyfolais (un restaurant du parc) sert de “retranchement”! Pour l’instant, en tout cas. “Car à l’horizon 2013, nous comptons ouvrir un espace dédié”, annonce Laurent Albert. Pas de lieu de détente au Futuroscope, mais une chambre peut être mise à disposition du conducteur.
Concernant l’accueil du groupe sur place, on ne relève pas d’initiative spécifique. Sinon, généralement, la mise en place d’un accès dédié. Voire parfois une personne pour les accueillir et leur remettre des plans du parc. Mais pas plus. Pour l’anecdote, Le Puy du Fou édite chaque jour 10 000 guides du visiteur… “Nous proposons la mise à disposition d’une hôtesse pour accueillir le groupe, faire une brève présentation du parc et l’accompagner tout au long de la journée”, souligne Pierre Watrelot. Une prestation qui est payante, le Futuroscope la propose moyennant deux euros par personne.
En service à table, sur le pouce, en buffet, en plateau-repas… les formules de restauration proposées par les parcs à la clientèle groupe sont très variées (comme le sont également les thématiques déployées par restaurant). Idéal quand on sait que la tendance est “à venir en groupe, mais à vouloir être indépendant dans le parc, y compris au moment du repas”, s’accordent à dire les représentants des sites que nous avons interrogés. D’où le succès du système des “bons repas”, “coupons menus”, “bons banquet”, “coupons repas”, “bons restauration”, “coupons restauration”… ou autres “chèques gourmands” ainsi nommés par Le Pal “et dont la validité est de deux ans”, précise Valérie Chezelle, responsable commerciale. Leurs montants sont évidemment très variables (à partir de cinq euros). On l’aura compris, l’intérêt pour chaque participant du groupe, est de pouvoir choisir son restaurant et le contenu de son menu. Mais force est de constater que nombre de groupes préfèrent rester… en groupes! De fait, la formule service à table est souvent privilégiée (et encore plus lorsque les parcs y ajoutent une animation). “Nous réservons un espace dans le restaurant pour les groupes, indique François Heid, qui souligne par ailleurs qu’à partir du 21 mars prochain, “Vulcania ouvrira un “nouveau” restaurant, totalement relooké et baptisé l’Eclat.”
Pour un repas, il faut compter entre 16 et 34 euros, boissons comprises. Et il est fort logiquement le même pour tous les participants, chaque parc offrant un large choix orchestré en trois temps: entrée, plat et dessert, servis “en express” ou sans contrainte horaires.
Enfin sont aussi proposés aux groupes des formules goûter et panier pique-nique.
Si pour les parcs, la restauration est incontournable, l’hôtellerie n’est pas toujours la priorité. La première raison invoquée est que la majorité des sites accueille une clientèle de proximité. “Les groupes viennent plutôt en excursion journée”, disent nombre d’entre eux. D’autres évoquent une saisonnalité trop courte qui ne permettrait pas de rentabiliser un établissement. Quid alors des groupes qui arriveraient de loin? Les parcs apportent une réponse: ils travaillent avec des hôtels situés tout près. “Nous ne les commercialisons pas, mais nous fournissons tous les renseignements et les contacts utiles aux professionnels”, indique Thomas Mondon, directeur marketing et ventes pour Walibi Rhône-Alpes. “Nous avons un accord avec une dizaine d’établissements de catégories deux, trois et quatre étoiles se situant dans un périmètre de cinq kilomètres”, ajoute pour sa part Frédérique Drouin, responsable commerciale au Parc Walygator.
Pas de souci d’hébergement, en revanche, au Puy du Fou qui dispose de trois hôtels thématiques “avec en projet la construction d’un quatrième établissement d’une capacité d’une centaine de chambres”, annonce Laurent Albert. Il devrait ouvrir ses portes en avril 2013. Les hôtels ne manquent également pas à Disneyland Paris (8 000 chambres) ou au Futuroscope (2 000 chambres). “L’hôtel du Futuroscope est actuellement en rénovation, indique Pierre Watrelot. La première tranche sera accessible en avril prochain.” Et que ce soit du côté de Marne-la-Vallée ou de Jaunay-Clan, nombre de groupes plébiscitent la formule sur deux jours (70 % au Futuroscope, par exemple). Le parc Astérix, quant à lui, dispose d’un seul établissement (l’hôtel des Trois Hiboux), mais travaille parallèlement avec des hôtels partenaires (Kyriad, Première Classe et Novotel). Une offre hébergement qui permet à ces parcs de proposer aux groupes des packages complets, combinant l’entrée, la restauration et l’hôtel. Parce que le vrai atout de ces parcs, c’est qu’ils sont devenus des destinations à part entière.
Selon une enquête réalisée par Omnibus Tourisme entre le 6 et 20 septembre 2011, les parcs d’attractions en France ont la cote.
En effet, plus de neuf Français sur dix en ont déjà visité un. Sans surprise, Disneyland Paris est le plus connu mais également de loin le plus fréquenté (plus de six Français sur dix). Viennent ensuite le Futuroscope et le parc Astérix (plus de quatre Français sur dix). "Plus surprenant, certains parcs très connus à l’exemple de Vulcania et du Puy du Fou, axés sur un thème particulier, n’arrivent pas à attirer autant de public que les parcs plus généralistes", révèle l’étude. Si quatre Français sur dix se rendent au moins une fois par an dans un parc d’attractions, 77 % y passent au maximum une journée. Par ailleurs, six Français sur dix déjeunent dans les restaurants du parc, alors que quatre sur dix y amènent leur pique-nique. Les billets d’entrée sont principalement achetés le jour J sur place. À noter qu’un Français sur trois achète ses billets via un comité d’entreprise. Quant au transport utilisé, la voiture vient en tête (neuf Français sur dix)… et seulement 10 % choisissent le voyage organisé par autocar.