Le vendredi 13 janvier 2012, le Costa Concordia, qui emmenait en croisière autour de la Méditerranée occidentale 4 229 personnes, équipage compris, s’échoue sur un rocher devant l’île toscane du Giglio. Les images de cette tragédie ont fait le tour du monde. Ont-elles eu un impact sur le marché de la croisière, en plein essor jusque-là?
CORINNE RENARD, directrice commerciale de Compagnie internationale de croisières
Il est encore prématuré d’évaluer l’impact que peut avoir cet événement. Ce que l’on a constaté, c’est que dans la semaine qui a suivi, nous avons enregistré un plus grand nombre d’appels de clients désireux de partir en croisière. En fait, ceux qui connaissent ce produit ne semblent pas vouloir renoncer à partir. Ils font la part des choses, entre l’erreur humaine et les risques réels, d’autant que l’histoire maritime montre que ce genre d’accident est rarissime. Ce sont davantage les nouveaux prospects qui peuvent hésiter, mais il est difficile de savoir si cela va vraiment les détourner de la croisière. Nous sommes convaincus que l’engouement pour ce produit ne se démentira pas.
CHRISTOPHE TROALIC, directeur commercial de Visages du Monde
Nous n’avons observé aucun impact particulier auprès de notre clientèle après le naufrage. Les clients n’annulent pas. Bien sûr, nous avons discuté avec eux de cet événement, mais ils font la part des choses. Ils ont compris que l’erreur avait été humaine et qu’il n’y avait pas lieu de remettre en cause les voyages prévus. D’ailleurs, nous sommes aujourd’hui sollicités par des groupes qui réservent des voyages en croisière pour 2013.
ALINE BOUBLIL, directrice générale de Joubert Voyages
Nous avons eu, immédiatement après, trois jours de panique, de clients qui nous contactaient. Mais les inquiétudes se sont ensuite apaisées et les demandes de réservations ont même progressé. Nous n’avons pas enregistré d’annulations de voyage sur un navire de croisière. Nous avons un groupe qui va partir, dans trois semaines, pour une croisière autour de la Méditerranée, sur un navire de Costa. Et il n’y a pas de problème. Les clients savent que c’est un événement exceptionnel, qui n’arrive quasiment jamais. Le Titanic, c’était il y a cent ans, et nous pouvons espérer qu’il n’y en aura pas d’autre avant cent ans!