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Marché de Noël

Un cadeau tombé du ciel

Bons plans | publié le : 01.02.2012 | Dernière Mise à jour : 01.02.2012

Auteur

  • Jean-François Bélanger

Tendance La crise, les conséquences du Printemps arabe et le côté “cocooning” d’une clientèle qui change placent le marché de Noël en tête des bons plans pour les autocaristes et les voyagistes qui remplissent à cœur joie la hotte de leur programmation.

LE MARCHE de Noël ne date pas d’aujourd’hui. Il faut remonter au XIVe siècle, en Allemagne, pour découvrir le premier, celui de Saint-Nicolas. Un document daté de 1434, sous le règne de Frédéric II de Saxe, en atteste, évoquant un Striezelmarkt qui a eu lieu à Dresde, le lundi précédent Noël. Plus tard, la Réforme a perpétué cette tradition, en la rebaptisant Christkindlmarkt, le marché de l’enfant Christ. À Strasbourg, le marché de Noël – véritable référence en France – remonte à 1570. Au XIXe siècle, il se tenait à la place aux Corvées, entre la cathédrale Notre-Dame, le palais Rohan et le Musée de l’œuvre. Il avait lieu huit jours avant Noël et jusqu’à la messe de minuit.

Un voyage festif

Depuis, bien sûr, le père Noël a ravi la vedette au trop sage Saint-Nicolas, moins glamour dans la spirale d’une société de consommation. Car le marché de Noël est d’abord un enjeu commercial. Un lieu où se vend, dans la rue, tout ce qui touche à cette période hivernale de l’année: articles de décoration, produits artisanaux le plus souvent de la région, petits cadeaux, spécialités culinaires… Et parfois même, timides, derrière les étales de charcuterie, de bière et d’artisanat d’Amérique du Sud ou d’ailleurs, quelques santons transis sont là comme pour nous rappeler que Noël est (aussi!) une fête religieuse. Bref, un rendez-vous commercial, souvent en centre-ville, au cœur d’une ambiance festive portée par le vin chaud, les spectacles de rue, l’odeur des marrons chauds et les monuments illuminés. Il faut dire que les années 1990 ont marqué un tournant dans la genèse des marchés. En effet, beaucoup de villes européennes ont instauré à l’époque leur propre marché, souvent accompagné d’attractions de plus en plus festives: grande roue, patinoire, festival gastronomique… Un cadeau du ciel pour les voyagistes qui trouvent là autant d’opportunités pour combiner ou renforcer une programmation, à une période de l’année qui coïncide avec le démarrage de la saison d’hiver. Car il est désormais convenu que les marchés de Noël démarrent au plus tôt avant la fin novembre, pour se terminer, au plus tard, début janvier. Les autocaristes l’ont bien compris et s’engouffrent dans cette brèche.

Un vrai business

Le marché de Noël fait partie de l’une des activités historiques de notre société, tout à fait conforme à sa tradition autocariste”, confirme Martine Grasser, directrice commerciale de Travel Europe/Visit Europe, à Paris (encadré). Le voyagiste propose une large palette de formules. Des packages pour les individuels au départ d’une quinzaine d’aéroports de France à destination de Vienne, Prague, Munich… et d’autres qui ne concernent que les prestations réceptives et qui s’adressent à des autocaristes qui peuvent y adjoindre leur propre prestation transport. Toutes permettent de découvrir ces marchés, accompagnés d’autres prestations (réveillon, concert) ou encore de proposer des combinés de plusieurs marchés. Compte tenu de l’offre, c’est l’embarras du choix qui prévaut. “Finalement, le plus dur c’est Strasbourg, où il devient quasiment impossible d’obtenir des chambres d’hôtels à ces moments, à moins de réserver d’une année sur l’autre”, concède Martine Grasser. D’où l’idée de composer avec des destinations où la situation est moins tendue, comme Innsbruck. Maintenant, compte tenu des comportements liés aux phénomènes internationaux, au retour à des programmes culturels et de terroir, les marchés de Noël reprennent des couleurs. “Certes, la sensibilité de la clientèle par rapport à ces voyages reste assez régionale. Nous vendons davantage depuis la façade Est de la France et depuis Paris, que depuis les façades Ouest ou Sud-Ouest”, reconnaît Martine Grasser. Ce qui motive Visit Europe à les reprogrammer, année après année, en modifiant l’offre régulièrement. “La notoriété de ces marchés de Noël est fonction de l’évolution de la notoriété de la ville en elle-même”. Dresde a ainsi été déprogrammés, au profit de Prague ou Innsbruck, qui ont le vent en poupe.

Chez VisitEurope, le père Noël existe

Depuis la mi-décembre, Visit Europe, filiale de Travel Europe, vient d’adopter de nouvelles couleurs. Une première pour l’entreprise, après ses différentes appartenances au groupe Air France d’abord, puis Pauli, et désormais membre du tyrolien Travel Europe. Cette nouvelle signature s’accompagne de la base line: “S’évader, s’enrichir, se souvenir”, avec un logo adossé à un “V”, lui-même décliné en arc-en-ciel, afin de bien témoigner de l’universalité de l’enseigne. “Il s’agit de bien marquer une rupture totale avec l’ancienne histoire”, commente Helmut Gschwentner, directeur général de Travel Europe. Ce changement de “packaging” s’accompagne de toute une série de mesures destinées à parfaire son exploitation sur le marché hexagonal. Le site internet B to B a été sensiblement amélioré. Et dès mars prochain, c’est l’ensemble du système de réservation qui sera revu. Il permettra notamment une meilleure personnalisation au profit des partenaires revendeurs, afin qu’ils puissent imprimer des affichettes, par exemple. Un investissement représentant autour de 0,5 million d’euros et qui s’ajoute aux 2 millions d’euros, injectés par Travel Europe lors du rachat de Visit Europe. Par ailleurs, des moyens supplémentaires humains vont être également ajoutés. Ils consistent en l’embauche de trois attachés commerciaux supplémentaires qui vont compléter dès le début de cette année, le maillage du territoire. Une façon de mieux coller à l’offre de ce voyagiste qui déploie plus de 600 vols, depuis 17 aéroports de France. L’objectif de ces investissements est d’arriver à dynamiser l’activité de façon à parvenir à l’équilibre financier. Pour l’exercice en cours, malgré les attentes de ses actionnaires et malgré une hausse de son chiffre d’affaires de 15 %, ce ne sera pas encore le cas. Visit Europe a pourtant terminé l’année sur un chiffre d’affaires de 23 millions d’euros, avec un panier moyen se situant autour des 1 000 euros. Toujours, dans cette optique, la brochure été 2012 devrait connaître de nouveaux développements, dans cette même logique de croissance et de rentabilité.

Noël fait son marché en France et ailleurs

Alsace Strasbourg et nombreuses villes et villages…

Île-de-France Paris-la-Défense, Paris Champs-Élysées, Marne-la-Vallée

Lorraine Metz, Nancy, Forbach, Plombières-les-Bains…

Provence: la foire aux santons de Marseille, Avignon…

Pays-de-Loire Angers…

Franche-Comté: Montbéliard…

Aquitaine Bordeaux, Bénesse-Maremne…

Nord-Pas-de-Calais Béthune, Lille, Arras…

Picardie Amiens, Beauvais, Saint-Quentin…

Rhône-Alpes Lyon, Saint-Étienne, Grenoble…

Bretagne Lamballe…

Allemagne Aix-la-Chapelle, Stuttgart, Nuremberg, Munich, Francfort, Cologne, Trèves, Berlin, Dresde…

Suisse Montreux, Bâle, Winterthur, Lucerne, Berne, Neuchâtel, Genève, Zurich…

Belgique Bruxelles, Liège, Anvers, Bruges, Gand, Ostende, Ypres…

Luxembourg

Pays-Bas Aarus, Amsterdam, Maastricht, Valkenburg…

Autriche Vienne, Graz, Innsbruck, Salzbourg, Kitzbühel, Klagenfurt…

Italie Bolzano, Trente, Arco, Trieste, Udine, Venise, Bologne, Rome, Naples, Turin…

Espagne Madrid…

Grèce Athènes…

Danemark Copenhague, Aarhus, Odense…

Royaume-Uni Londres, Birmingham, Canterbury, Liverpool, Belfast, Edimbourg, Glasgow…

Eire Dublin…

Suède Stockholm, Göteborg…

Norvège Oslo, Trondheim…

Finlande Helsinki, Turku, Rovaniemi…

Lettonie Riga…

Estonie Tallinn…

Pologne Cracovie…

Tchéquie Prague…

Slovaquie Bratislava…

Hongrie Budapest…

Roumanie Sibiu…

Slovénie Ljubljana

Canada Québec…

Innsbruck, l’hiver romantique

Avec les villages des alentours, la ville qui a organisé deux Jeux olympiques d’hiver, compte 15 000 lits et le mois de décembre, en dehors de la période des fêtes, n’est pas plus synonyme de période de pointe qu’une autre: “Nous enregistrons 50 % de la fréquentation touristique en été, 50 % en hiver”, constate Silvana M. Giuliani, directrice marketing pour l’international, chez Innsbruck Tourisme. Et de toute façon, dans ce Tyrol en plein boom économique, qui accueillera, du 13 au 22 janvier, les premiers JO d’hiver de la jeunesse, l’offre hôtelière ne cesse de s’accroître. Après le Ramada de 162 chambres qui vient d’ouvrir, en décembre dernier, un hôtel indépendant 4 étoiles sup. de plus de 150 chambres doit lui aussi ouvrir en centre-ville en septembre prochain. Ce qui fait qu’en dehors de la période du 8 décembre, jour de la fête de l’Immaculée Conception, jour férié en Autriche et en Italie… la demande peut être absorbée de manière satisfaisante et chacun est en mesure d’apprécier l’un des plus beaux marchés des Alpes: les géants, les princesses et autres personnages tirés des contes de fée prennent vie dans les étroites ruelles de la vieille ville d’Innsbruck. À la nuit tombée, la musique envahit la bourgade, jaillissant d’on ne sait où, si ce n’est du Petit Toit d’Or. Sous les arbres au cristal étincelant, c’est alors le moment de se laisser tenter par les nombreuses spécialités locales, de charcuterie et de fromage, arrosées de bière, vin, schnaps… Et à chaque nouvel hiver, l’imagination locale, fertile, propose de nouvelles attractions, justifiant année après année, l’intérêt d’une programmation étoffée.

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