Grand Ski Les 17 et 18 janvier derniers, Annecy accueillait la 21e édition du salon Grand Ski. L’occasion d’aller à la rencontre des prestataires, et en particulier institutionnels, stations et hôteliers, histoire de faire un point sur l’activité groupes à la montagne.
LES 238 exposants du salon Grand Ski à Annecy
Certes, une part infime, mais une part tout de même. Elle est notamment apportée par les “gros” hébergeurs, type villages de vacances ou encore résidences de tourisme. Chez Odalys Vacances, par exemple, dont 40 % des établissements sont situés à la montagne, “nous accueillons surtout des groupes issus des comités d’entreprise qui prennent un séjour d’une semaine pour faire essentiellement du ski, indique Cécile Quantin-Revol, directrice des ventes B to B. Mais je dois reconnaître qu’à cette période de l’année, nous recevons surtout de nombreux groupes étrangers, principalement anglais, allemands, hollandais et espagnols.” Et d’avouer parallèlement “qu’Odalys Vacances n’a pas d’actions ciblées sur ce marché français en hiver auprès des autocaristes et des agences de voyages.” Chez VVF Villages, qui propose une vingtaine d’établissements répartis dans les Alpes, le Massif central, le Jura et les Pyrénées, l’activité groupes en montagne l’hiver n’est pas négligeable. “En janvier, nous avons même enregistré une hausse de 6 % sur ce marché”, souligne Franck Noël, directeur commercial. Comités d’entreprise en courts séjours (trois jours/deux nuits) et groupes seniors en semaine sont les profils de la clientèle. Si les premiers viennent pour skier, les seconds privilégient aussi des activités neige bien plus douces (randonnée, raquettes…) “et surtout sont sensibles à notre offre tout compris incluant notamment des animations en soirée”, commente-t-il. Une offre qui s’appuie également, en particulier en moyenne montagne, sur des séjours multi-activités (raquettes & zen, raquettes & forme ou encore raquettes & country). La clientèle groupes est également en hausse chez Renouveau Vacances dont neuf villages de vacances sont basés dans les Alpes et les Pyrénées. Là encore, comités d’entreprise et seniors constituent la principale clientèle. “Ce sont essentiellement des skieurs alpins, confie Cyrille Cottin, responsable commercial. Ils viennent en formule courts séjours, avant tout pour skier, mais nous leur proposons aussi d’autres activités comme les balades en chiens de traîneaux, en raquettes avec en fin journée une pause bien-être.” Toujours en tout compris. Son positionnement historique sur la montagne (et son intérêt pour le marché groupes) a naturellement facilité les choses pour Les Villages Clubs du Soleil, dont neuf établissements sur les dix qu’il propose sont situés en Savoie (avec une nouvelle destination cette année: Les Ménuires), en Haute-Savoie, dans les Hautes-Alpes, en Isère et dans les Pyrénées. “Nous suggérons des séjours en formule tout compris, de huit jours et sept nuits, incluant le matériel de ski, les forfaits remontées mécaniques, les sorties en raquettes, la détente, les soirées thématiques”, annonce Étienne Tiberghien, directeur marketing et communication, soulignant par ailleurs que les groupes en hiver représentent 15 % de l’activité. Une fois de plus, cette offre séduit les comités d’entreprise, les seniors, les clubs de randonneurs, et ce, aussi bien en week-end, en mid-week qu’en semaine. Ce sont surtout des actifs qui recherchent des activités liées aux sports d’hiver. Il nous serait difficile d’organiser, par exemple, des excursions durant cette période hivernale, susceptibles d’intéresser une clientèle plus âgée. Nous sommes en altitude, ce qui constitue un frein pour cette clientèle, et avec la neige, l’accessibilité est réduite.” D’où, et c’est un avis partagé par l’ensemble des hébergeurs (comme d’autres prestataires d’ailleurs), le nombre de groupes venant en montagne lorsqu’il n’y a pas de neige est donc plus conséquent. Il faut dire aussi que tous ne développent pas à ce jour une large offre “montagne en hiver” pour des groupes. Enfin, pour terminer ce tour d’horizon des villages de vacances, citons Azureva dont les structures montagne sont basées dans les Pyrénées, les Vosges, le Jura, les Alpes et l’Auvergne. “Durant l’hiver 2010/2011, nous avons reçu 200 groupes, soit 7701 pax et totalisé 27 290 nuitées”, indique Chantal Bonnat, responsable des réservations groupes. Des groupes qui sont majoritairement composés de clubs sportifs, de clubs de seniors actifs (et généralement amateurs de randonnées) ou encore de comités d’entreprise. “Tous ces clients viennent sur une semaine ou sur du quatre jours et cinq nuits, poursuit-elle. Mais nous avons de plus en plus de demandes sur des trois jours et deux nuits formulées principalement par les comités d’entreprise, ce qui n’est pas toujours facile à gérer en matière de disponibilité.”
Un dernier aspect qui constitue une des raisons pour lesquelles institutionnels et stations sont peu enclins à s’intéresser, et donc développer, en direct ce marché groupes en France. “La montagne en hiver, c’est plutôt réservé à une clientèle individuelle”, glissaient d’ailleurs certains de ces prestataires. Tout est dit! Mais cela ne signifie pas pour autant qu’ils ne reçoivent pas de groupes. Reste que “nous ne les démarchons pas, surtout à cette période de l’année où nous ne leur trouverons pas forcément les allotements nécessaires pour les recevoir, dit ainsi Sébastien Delrue, directeur de l’office de tourisme de Valmorel. Ces groupes sont gérés directement par les “gros” hébergeurs ou sont envoyés par des tour-opérateurs, en particulier étrangers.” Un avis partagé par l’office de tourisme de Saint-François Longchamp, mais aussi Méribel Tourisme, Flaine Réservation, l’office de tourisme de la Tania, Val d’Isère Promotion… pour ne citer qu’eux! L’office de tourisme du Queyras, qui reconnaît lui aussi ne s’être pas intéressé jusqu’alors au marché groupes, annonce cependant avoir mis en place cette année une première offre à destination de cette clientèle. “C’est un test, lance Marie-Ange Pic, responsable du service commercial. Nous avons choisi de cibler les comités d’entreprise en leur proposant des programmes en semaine et en week-end, plus particulièrement adaptés à de minigroupes. Car en terme de capacité hôtelière, chacun de nos établissements dispose seulement d’environ une vingtaine de chambres.” En attendant l’ouverture d’un complexe hôtelier prévue dans le courant de cette année, dont la capacité devrait permettre d’accueillir des groupes de taille plus importante. “Si nous ne travaillons pas la clientèle groupes en direct, ajoute pour sa part Laurie Martin, responsable commerciale et promotion à l’office de tourisme de Montgenèvre, nous sommes évidemment en mesure de répondre à toute demande, même si celle-ci se fait rare tant en direct que de la part d’autocaristes, de tour-opérateurs ou d’agences.” Parce qu’aussi ces professionnels, eux-mêmes, ne sont pas sollicités par cette clientèle groupes. “On ne propose pas d’offres hiver sur ce marché spécifique, contrairement aux autres périodes de l’année où nous accueillons cette population, renchérit Laurent Cormier, directeur de la communication à Rhône-Alpes Tourisme. Nous nous heurtons à un réel manque en matière de capacité hôtelière, auquel s’ajoute la contrainte d’une réservation du samedi au samedi. Il nous est donc difficile d’avoir un positionnement groupes, et d’en assurer la gestion.” À l’office de tourisme de Val Thorens existe une centrale de réservation dédiée uniquement aux groupes. Elle propose la formule classique hébergement + ski à partir de 20 pax. “Mais je reconnais que nous ne sommes pas sur une politique commerciale dynamique auprès du marché français, et nous ne répondons qu’à des demandes ponctuelles”, indique Grégory Guzzo, directeur de l’office de tourisme, qui annonce par ailleurs avoir enregistré de novembre 2010 à mai 2011 “une cinquantaine de groupes dont les deux tiers sont étrangers”. Parce qu’à l’office de tourisme de l’Alpe d’Huez, on ne traite que les individuels, un service commercial groupes et “pro” a été créé il y a une vingtaine d’années. Son nom: la société d’aménagement touristique de l’Alpe d’Huez et des Grandes Rousses. Mais, là encore, “80 % de notre activité est constituée par des groupes étrangers, principalement Anglais, Danois et issus des pays de l’Est”, souligne Christian Marie, son directeur commercial. À ces étrangers s’ajoutent quelques groupes français, en provenance de Lyon, Grenoble, Valence ou Mâcon, qui viennent skier sur une journée. On l’aura compris: la montagne française en hiver est largement foulée par les skis d’une clientèle étrangère venant pour beaucoup en groupe.
Alors, la montagne, ça vous gagne? Pour les étrangers, oui, pour les groupes français, c’est pas (encore) tout à fait gagné.
Après trois éditions consécutives à Annecy, le prochain salon Grand Ski sera organisé à Chambéry les 22 et 23 janvier 2013. Pour un nouveau bail de trois ans.
Ils se comptaient sur les doigts d’une main. BVS Tours (Lyon/69), Groupe Faure (Valencin/38), Philibert Transport (Lyon-Caluire/69), Transdev Alpes (Chambéry/73) et Voyages Loyet (Aime/73) étaient les cinq autocaristes-exposants au salon Grand Ski. Si le Groupe Faure en était qu’à sa seconde participation, les quatre autres n’en étaient pas à leur premier coup d’essai. "Car les retombées sont très positives", s’accordent-ils tous à dire. Leur présence s’explique par un même objectif: vendre du transport. Et uniquement du transport. Exit donc l’activité tourisme. "Les visiteurs du salon, des tour-opérateurs étrangers, ne viennent que pour chercher des prestations de transfert pour leurs clients entre les aéroports et les hôtels, les hôtels et les stations ou encore pour assurer les connexions entre les vallées", résume pour l’ensemble des autocaristes Gilbert Loyet, président de Voyages Loyet. Des transporteurs dont les autocars sont majoritairement occupés chaque hiver par une clientèle britannique, à laquelle viennent s’ajouter les Russes, les Américains et les Scandinaves. On l’aura compris, les TO réalisent eux-mêmes leurs packages. En venant à Grand Ski, leur volonté est de rencontrer chaque prestataire (transporteur-hôtelier-station), chaque maillon de la chaîne en quelque sorte qui, mit bout à bout, constituera le produit final. "Nous n’avons donc aucun intérêt à venir leur proposer des forfaits, ce serait une perte de temps, insiste Géraldine Cabon, attachée commerciale chez Philibert Transport, qui mobilise 30 autocars par week-end de décembre à mars. De plus, en période hivernale, nous rencontrons un frein avec l’hébergement qui privilégie l’accueil de la clientèle du samedi au samedi ou du dimanche au dimanche. Nous ne pouvons pas de fait répondre à des demandes de clients français qui ne souhaiteraient, par exemple, qu’un trois ou quatre jours." Des demandes qui émanent souvent des comités d’entreprise dans le cadre de Gir. Et même si les TO étrangers ne viennent pas pour du package, "il faut reconnaître que nous ne proposons que très peu d’offres groupes sur l’hiver en tant que voyagiste", relève Yann Van Straaten, gérant de BVS Tours, qui de mi-décembre à mi-avril 2011 a transporté 30 000 pax. La raison est simple: la demande est très faible. Voire inexistante. Un avis partagé par Gilbert Loyet, dont 70 à 80 autocars de l’entreprise assurent tous transferts de décembre à mi-avril, et qui souligne par ailleurs que "la clientèle française en montagne l’hiver est avant tout individuelle, contrairement à celle venant de l’étranger plus encline à venir en GIR ou en groupes constitués." D’autant, comme l’explique Benoît Lagon, responsable commercial chez Transdev Crolard (une cinquantaine de véhicules sont mobilisés de décembre à avril), "que ce n’est pas dans les us et coutumes de notre clientèle groupes traditionnelle – associations, clubs du troisième âge et autres – de partir à la montagne en hiver. Sauf s’il s’agit d’un produit marché de Noël." Mais de là à rejoindre les sommets, c’est une autre histoire…