Touraine Ville d’art et d’histoire, capitale du royaume de France, Tours bénéficie aussi d’une situation géographique intéressante puisqu’elle est au cœur de la région des châteaux de la Loire. Ces atouts séduisent chaque année nombre de groupes. Un marché qui s’est largement développé sous l’égide de l’office de tourisme Tours-Val de Loire.
APRES dix années passées en Vendée où elle dirigeait le Service loisirs Accueil, Simone Daumas intègre l’office de tourisme de Tours-Val de Loire en 1995 en tant que responsable de la promotion. “Une de mes principales missions a été de créer un service groupes”, souligne-t-elle. Un véritable challenge. Surtout que tout était à faire. “Le comité départemental du tourisme de Touraine ne disposait pas d’une structure de commercialisation (ce qui est encore le cas aujourd’hui, ndlr). Il y avait un Service Loisirs Accueil, mais installé au sein de la chambre d’agriculture avec les gîtes ruraux. Et s’il était en mesure de concevoir des offres groupes (des fiches produits étaient éditées, ndlr), il communiquait peu sur le sujet”, explique Simone Daumas. A priori donc, aucun obstacle pour se lancer à la conquête de ce marché, qui à l’époque totalisait une centaine de groupes par an. “C’était déjà une clientèle bien présente dans la région, le marché était là, il suffisait simplement de l’organiser”, poursuit-elle.
Seulement, lorsque la nouvelle responsable de la promotion retrousse ses manches et décide dans un premier temps de dresser un état des lieux de l’offre, elle va être confrontée aux agences réceptives locales. “Il y en avait près d’une dizaine sur le territoire (elles sont beaucoup moins aujourd’hui, ndlr), se souvient Simone Daumas. Fort logiquement, le Snav n’a pas vu d’un très bon œil les nouvelles ambitions de l’office de tourisme.” Une bataille s’engage, mais la guerre n’aura pas lieu. Cartes sur tables, les deux parties s’entendent: un protocole d’accord est signé
“Tous étaient partants, confirmant ainsi l’intérêt de mettre en place un service dédié”, souligne sans détour Simone Daumas.
La première action concrète a été d’organiser les visites guidées, jusqu’alors sous-traitées par un service extérieur. Tours est classée ville d’art et d’histoire depuis 1988 et dispose d’un secteur sauvegardé de 90 hectares. “Son patrimoine est riche, relève Simone Daumas, entre ses vieux cafés et commerces, ses maisons des XVe et XVIe siècles, ses ruelles aux noms évocateurs, son hôtel des ducs de Touraine, et beaucoup d’autres encore qui témoignent de son histoire.” Aujourd’hui, une vingtaine de visites guidées sont proposées aux groupes sur des thèmes variés: de la découverte du secteur sauvegardé de Tours, à la ville des Beaux-Arts, en passant par un Tours antique ou Renaissance, le compagnonnage, les jardins, pour ne citer que des exemples parmi beaucoup d’autres. Mais Tours a un autre atout: la ville se trouve au cœur de la région des châteaux de la Loire, “cette situation géographique rend la ville indissociable d’une offre alentour, donc plus large”, relève Simone Daumas. Une offre qui va donc logiquement s’étoffer avec des sites incontournables: Amboise, Villandry, Azay-le-Rideau, Chenonceau, Ussé, Langeais, etc.
Il ne restait plus qu’à faire connaître Tours et ses environs à l’ensemble des prescripteurs de voyages en groupe: autocaristes, mais aussi associations, clubs. “Avec un commissionnement appliqué aux professionnels qui varie entre 5 et 10 %”, précise Simone Daumas. Et pour matérialiser cette offre, rien de tel que la brochure dédiée. Elle paraît en 1996. En 15 pages, elle rassemblera principalement les visites guidées et des suggestions d’excursions à la journée. “Dans la foulée, l’office de tourisme décide de participer au Mitcar, puis ce sera le Mit International, et enfin le MapPro, lance Simone Daumas. La structure n’en manquera aucun!” Des initiatives qui porteront leurs fruits: deux nouvelles personnes sont embauchées pour venir épauler la responsable de la promotion, tandis que le nombre de groupes (français et étrangers confondus) passe en 1998 à 500. Depuis 2000, ce nombre se stabilise autour de 1 000 par an. Enfin, la dernière étape intervient en 2004 avec la création d’un site internet. Destiné en priorité au grand public, il comporte toutefois une rubrique “spécial groupes” où il est possible de télécharger la brochure, d’avoir un descriptif des visites guidées accompagné d’un formulaire de “demandes de disponibilités”.
Au fil des ans, la brochure s’est étoffée: le nombre de pages est passé de 15 à 40 aujourd’hui. Celle de 2012 est parue récemment. Aux côtés des visites guidées (l’offre dans ce domaine a été élargie et accentuée) et de nouvelles découvertes particulièrement axées sur la gastronomie (à l’exemple d’un producteur de foie gras, des halles de Tours avec dégustations ou encore de la Maison des vins de Loire qui a ouvert récemment ses portes), on retrouve également des excursions à la journée. Sont venues s’ajouter des suggestions de séjours, “même si les groupes passent très peu de temps dans la région, regrette Simone Daumas. C’est au maximum deux jours/une nuit sur la base d’un programme qui comprend généralement Tours, Chenonceau, une croisière sur la Loire, une cave et un jardin.” Seulement 2 % restent au-delà de deux jours. Contrairement aux excursions à la journée et en demi-journée (ici une simple prestation guidée), très prisées par cette clientèle. Et sur le podium des sites les plus fréquentés par les groupes, “les châteaux occupent la première place”, indique Simone Daumas. “Notre réussite a été de faire sortir Tours parmi tous ces sites incontournables en la positionnant comme une étape essentielle, grâce notamment à un large panel de visites guidées thématiques, poursuit-elle. Une découverte de Tours a aujourd’hui la même importance que celle d’un château.” L’an passé, 59 % de groupes étrangers et 41 % de groupes français ont sillonné la ville et ses environs, “des pourcentages qui peuvent s’inverser d’une année sur l’autre en fonction de la conjoncture internationale”, confie Simone Daumas. Allemands, Italiens et Espagnols constituent les trois premières clientèles groupes étrangères de la région. Côté Français, ils sont principalement issus de Paris, de l’Île-de-France, des Pays de la Loire, du Poitou-Charentes et de la région Centre.
À la même époque, les villes de Blois et d’Orléans s’engagent elles aussi au côté de Tours dans cette démarche.
Lorsqu’en 1998, l’office de tourisme passe du statut d’association à celui d’une Sem (société d’économie mixte), la zone d’intervention de la structure institutionnelle a été clairement déterminée: Tours, bien sûr, mais aussi la Touraine.
Depuis le 1er août 2011, la structure institutionnelle a été baptisée " office de tourisme de Tours-Val de Loire ". Après avoir été association, puis société d’économie mixte (Sem) sous le nom de Ligeris, elle opère aujourd’hui sous le statut de société publique locale (SPL). Elle rassemble à ce jour la ville, la communauté d’agglomération Tours Plus, totalisant 19 communes, et Mission Val de Loire (organisme créé en 2002 suite à l’inscription du Val de Loire au patrimoine mondial de l’Unesco, le 30 novembre 2000). Mission Val de Loire est chargée de la mise en valeur du site, mais aussi de la préservation des lieux culturels, historiques, des monuments et de l’environnement. L’office de tourisme rassemble 25 salariés, et une vingtaine de guides vacataires.