Situés à Saint-Gérons (15), Les Tipis de Cantales ont ouvert l’an dernier. Six grandes tentes indiennes peuvent accueillir jusqu’à 30 personnes. Visite avec Virginie Cirot, responsable du site.
À qui s’adresse votre hébergement pour le moins rustique?
→ Cela n’est pas encore très bien défini: des familles, des enterrements de vie de célibataire, des amis, des sportifs, des adeptes de la retraite spirituelle, des groupes de rencontres qui sont nés par le biais de sites sur internet… Bref, ceux qui sont à la recherche d’un contact avec la nature, qui ont soif de simplicité et d’authenticité. Les groupes affaires peuvent être intéressés, mais ils ne sont pas notre avenir, car il y a de la concurrence dans les alentours. J’ai aussi une réserve sur les seniors les plus âgés: nos tipis sont d’un confort rustique. En fait, j’avais prévu de m’ouvrir aux groupes, mais ce sont eux qui ont été demandeurs en premier. Nous n’avons fait aucun démarchage, et avons déjà des réservations pour l’année prochaine.
Le choix d’un confort rudimentaire n’est-il pas pénalisant pour le développement de votre clientèle?
→ Il est en phase avec une certaine forme de retour aux sources attendue par nos clients. Les sanitaires sont à l’extérieur des tipis ainsi que la cuisine commune. À l’intérieur, un feu de camp occupe le centre des tipis disséminés dans le camp. Un mélange de convivialité et d’intimité, c’est l’intérêt.
Jouez-vous sur le côté Far West du site?
→ Même si nous ne sommes pas “bio”, nous faisons cependant des efforts dans ce domaine avec nos toilettes sèches, nos douches solaires, nos feux dans les tentes… Nous proposons aussi une ambiance ludique: chacun peut aller chercher son bois dans la forêt, fabriquer des arcs, se déguiser. Les groupes apprécient d’ailleurs cette thématique du Far West.
Valérie Kugler, responsable communication et partenariats du réseau La Cabane en l’air (200 cabanes en France), explique que le nombre réduit de groupes dans les cabanes est lié à la modeste capacité de couchage (seulement 600 cabanes environ France au total). Pour autant, certains sites accueillent déjà des groupes (d’affaires surtout!) qui depuis déjà trois à quatre ans utilisent ce type d’hébergement. Selon elle, cette demande, hors saisons et hors week-end, progresse, car les entreprises veulent offrir une véritable expérience sur le terrain, insolite, éthique, durable, écolo, rustique etc., à leurs employés. Côté groupes loisirs, elle reconnaît avoir reçu des demandes de TO ou d’autocaristes qui ne se sont pas concrétisées. Les cabanes souvent familiales sont difficiles à partager à plusieurs voyageurs même issus du même groupe. Etre seul, isolé dans les branches, en pleine nuit noire, n’enthousiasme pas tout le monde. Sans parler du problème de commercialisation: "Les agences nous prennent de grosses commissions, alors que finalement, nous remplissons très bien tout seuls nos cabanes pour le moment! Certes, la semaine ou en hors saison, un peu moins que d’habitude, mais lorsque nous en aurons vraiment besoin, peut-être nous tournerons-nous vers elles pour développer le groupe qui, il est vrai, est une source d’affaire indéniable. Les groupes seront plus nombreux chez nous sans doute au fur et à mesure de la multiplication des cabanes en France. Peut-être aussi grâce à nos prix attractifs. Mais attention aussi au confort rudimentaire de nos logements qui peut freiner certains groupes. Bref, l’évolution du tourisme d’affaires est plus évidente pour moi que pour le groupe loisirs… à moins qu’il s’agisse de minigroupes. Nous sommes d’ailleurs en train de développer à leur attention des cabanes de neuf personnes."