Salon grand ski 2011 L’événement vient de se tenir à Annecy et signe le retour à la croissance du nombre des visiteurs étrangers, après une dernière édition marquée par la crise. La montagne française entend regagner la première place mondiale du ski, position désormais détenue par les États-Unis.
SOUS l’impulsion des Russes (premiers visiteurs et dont le nombre ne cesse de croître) et des Anglais (marché premium qui donne quelques signaux de reprise), ce sont 460 tour-opérateurs en provenance du monde entier qui ont parcouru les travées de L’Arcadium d’Annecy, les 18 et 19 janvier, à l’occasion du Salon grand ski. Cette grand-messe des sports d’hiver, organisée chaque année par Atout France, en partenariat avec Air France, la SNCF, Rhône-Alpes Tourisme, Savoie-Mont-Blanc Tourisme, France Montagnes, l’office de Tourisme d’Annecy et les aéroports de Lyon-Saint-Exupéry et de Genève, a pour vocation de promouvoir l’offre française de l’ensemble de nos massifs de montagne, à l’étranger. Ce nouveau regain d’intérêt est donc salué comme il se doit par les promoteurs de cette manifestation. Car la fréquentation de nos massifs et les dépenses touristiques qu’elle génère sont assez étroitement liées au nombre de prescripteurs: “Environ les trois quarts des visiteurs professionnels présents ici programment déjà notre pays, alors que le quart restant vient voir pour négocier”, confirme Christian Mantei, directeur général d’Atout France. L’optimisme est donc plutôt de rigueur, alors que les résultats de la dernière saison s’affichaient en demi-teinte. L’hiver dernier a en effet marqué le pas, après une saison 2008-2009 considérée comme excellente, il est vrai: la fréquentation française se situait à 56 millions en nombre de journées-skieurs, soit une baisse de 4,32 % par rapport à la précédente. Quant aux recettes laissées aux guichets des remontées mécaniques, elles s’élevaient à 1 154 millions d’euros, accusant une baisse de 2,29 %.
“La première place mondiale? C’est jouable!”, a déclaré Frédéric Lefebvre, Secrétaire d’État chargé du Tourisme, lors de l’inauguration du salon. Rappelant à l’occasion les pistes de croissance: “Dans un contexte où les vacances d’hiver en France sont désormais matures, il est fondamental d’aller chercher la clientèle à l’international. Quand la clientèle étrangère pèse plus de 60 % du total chez nos voisins Suisses ou Autrichiens, elle ne représente que 28 % chez nous”, relève-t-il. Sur le sujet, les premiers chiffres sont encourageants. Laurent Lepage, directeur des opérations montagne chez Pierre et Vacances, relève “une situation meilleure à pareille époque, sans avoir eu recours aux habituelles promotions. La proportion de clientèle étrangère reste stable autour des 45 % en moyenne sur nos 25 sites d’exploitation, avec un retour progressif de la clientèle britannique.” Privilège, qui exploite 6 résidences de tourisme, réalise les deux tiers de son activité en hiver. L’hébergeur est résolu à trouver de nouveaux distributeurs étrangers. “Nous avons déjà des Belges, des Européens du Nord, des Hollandais… nous aimerions convaincre des Espagnols, des Allemands, des Anglais…”, ambitionne Jean-Michel Petit, directeur commercial. À mi-janvier 2011, l’Association Savoie-Mont-Blanc, qui regroupe 110 stations parmi les plus significatives de France, confirme elle aussi une progression de la fréquentation, en hausse de 3 à 4 points par rapport à la saison précédente et janvier, mois traditionnellement marqué par les promotions. Une période qui affiche un taux d’occupation moyen de 67 %, c’est-à-dire en hausse également de 3 à 4 points. Même les prestataires de service enregistrent un niveau de réservation satisfaisant ou en hausse par rapport à l’hiver précédent. “Un optimisme mesuré qui ne doit pas faire oublier les défis que notre offre en montagne doit relever”, tempère Angela Domenach, qui exploite à Annecy un parc de 400 véhicules de location, sous l’enseigne France Cars, des véhicules d’une capacité de 9 places, destinés à divers transferts dans les stations.
Parmi les projets, celui de la rénovation du parc d’hébergement est une priorité. “Il est illusoire de construire de nouveaux lits pour pallier au vieillissement de nos unités existantes”, souligne Claude Comet, vice-présidente de la région Rhône-Alpes, chargée du tourisme. Sur ce point, Frédéric Lefebvre s’est engagé à constituer un groupe de travail visant à fixer rapidement des mesures pour soutenir cette rénovation. Rénovation également pour les installations de remontées mécaniques: 148 millions d’euros seront investis cette année, et 55 millions supplémentaires pour les installations de neige de culture. Enfin, autre question influant directement sur l’équilibre de l’exploitation des stations et les politiques de tarification, celle des dates des vacances scolaires. “Il faut tordre le cou à cette idée qui consiste à penser que les intérêts des enfants seraient contradictoires avec celles des professionnels”, a déclaré Frédéric Lefebvre. La Conférence nationale sur les rythmes scolaires devrait apporter des éclaircissements sur les prochaines années. Tout en sachant que dans le cadre d’une internationalisation grandissante et souhaitée de l’activité hivernale, il faudra bien prendre en compte les dates de vacances… au moins celles de nos voisins européens pour arriver à une harmonisation acceptable par tous.