Amsterdam présente une belle santé touristique. Sa fréquentation était en hausse soutenue en 2010, et la performance de référence atteinte en 2007 est à portée de main cette année.Pour encourager cet engouement, et surtout renforcer les recettes, ses promoteurs lancent sur le marché de nouvelles offres touristiques.
ICI, le tourisme a témoigné d’une belle résistance à la crise. Contrairement à la tendance générale de 2009, alors que beaucoup de grandes villes européennes étaient entraînées dans une spirale baissière, Amsterdam a enregistré une augmentation du nombre de ses nuitées hôtelières de 3 %. Et ce, en dépit d’une baisse du nombre des arrivées de 9 %, durant la même période, à l’aéroport d’Amsterdam-Schipol. Ce qui signifie que les marchés de proximité ont bien compensé la baisse de la clientèle lointaine. Sur les dix premiers mois de 2010, la hausse du nombre de nuitées s’est poursuivie à une cadence élevée: + 14,5 %, alors que le trafic aérien relevait la tête à Schipol (+ 6,3 %). La France a bien contribué à cette performance: “À fin août, les nuitées françaises étaient en hausse de 20 %”, confirme Olivier Ponti, de l’Amsterdam tourism and convention bureau (ATCB), à Paris. Déjà reconnue comme LA ville des festivals, et alors que ses fortifications viennent d’être inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco, la capitale des Pays-Bas compte bien s’installer durablement dans le Top 10 des villes européennes et, si possible, grappiller des places.
Pour évoluer dans ce contexte extrêmement concurrentiel, l’ATCB a pour mission d’optimiser les dépenses des touristes et des visiteurs d’affaires. En complément de ses sites touristiques majeurs, Amsterdam dispose d’une animation nocturne qui fait courir toute la jeunesse européenne. Mais selon l’ATCB, il convient d’étaler le nombre croissant des visiteurs dans les différents quartiers de la ville, tout en capitalisant sur une image unique. Ainsi, l’ATCB vient de lancer un catalogue Amsterdam différente, riche de six nouveaux programmes de promenades et de visites: Oud-West, Noord, Oostelijk Havengebied, De Plantage, Westerpark et De Pijp. Selon Manon Zondervan, responsable de la communication extérieure au ATCB, à Amsterdam, “ce sont ces deux derniers qui sont plutôt destinés à la clientèle en groupe”.
L’un concerne la découverte, ou la re-découverte du Pijp, ce quartier interlope, en périphérie immédiate du centre-ville, qui associe artistes, étudiants, immigrés… On y rencontre le monde en balayant une large partie de l’histoire de la ville: une taillerie de diamants, de belles demeures qui cohabitent avec d’autres, davantage orientées vers les plaisirs, plutôt à découvrir le soir. L’Eddy Bar, par exemple, “le seul bistrot du coin où l’on vous traite encore comme un être humain, où l’on peut fumer le cigare, jouer au billard et aux fléchettes”, comme le revendique sa propriétaire. On visite aussi le Musée Van Gogh, découvre l’École d’architecture d’Amsterdam, avant de rejoindre la brasserie Heineken. L’autre, Westerpark, est un circuit davantage culturel. Jeunes et vieux, de l’avant-garde, créatifs comme les Néerlandais savent le faire, jusqu’à la représentation du formidable héritage industriel, tout le monde peut y trouver son compte. On appréciera notamment le Staatsliedenbuurt, ou écoquartier. Il avait connu, il y a une vingtaine d’années une certaine notoriété grâce (à cause) des squatters tapageurs. Aujourd’hui, entièrement restauré dans le respect des normes écologiques, avec de nombreux jardins, les voitures n’y ont plus accès. Plus conventionnel, le Musée Het Schip, établi dans le mondialement célèbre “palais des ouvriers”, délivre le must du style architectural impressionniste de l’École d’Amsterdam.
Des produits qui rejoignent d’autres nouveaux moyens. Un an après la mise en service de la ligne à grande vitesse qui relie Paris à Amsterdam en 3 h 18, Thalys a réussi sa percée bien au-delà des espérances de son exploitant. Sur l’année 2010, Olivier Poitrenaud, directeur général de Thalys International, estimait autour des “40 % la progression du trafic entre les deux villes.” Avec notamment des capacités disponibles pour les groupes, la compagnie vient de lancer, fin 2010, sa dixième fréquence quotidienne. Une hausse de l’offre qui s’accompagnera d’une hausse moyenne des tarifs de l’ordre de 3 %, en 2011. De même, la capacité hôtelière va croître sensiblement. Elle doit atteindre les 13 500 chambres en 2015, dont 9 000 dans le centre-ville. Les principaux hôtels à ouvrir sont, pour cette année, le City Inn (540 chambres 4 étoiles) et, pour 2012, l’Hyatt, un hôtel de 122 chambres designé par Marcel Wanders.
Transeurope, spécialiste des destinations urbaines en Europe, constate une véritable attractivité de la clientèle française pour la capitale hollandaise. "Les thématiques culturelles, les grandes expositions… sont de véritables locomotives pour les groupes", constate Benoît Thépenier, responsable commercial.
"Nous leur fournissons des programmes, soit avec, soit sans transport. Mais il faut reconnaître qu’aujourd’hui, Thalys est une solution de plus en plus revendiquée par la clientèle, un mode de transport qui prend des parts de marché à l’avion", admet Benoît Thépenier. "Pourtant, au départ de Paris, Thalys sur Amsterdam est plus cher qu’Eurostar, sur Londres. Mais cela n’empêche pas la clientèle de revendiquer Amsterdam", poursuit-il.
Une dynamique qui se confirme autant en volume qu’en chiffre d’affaires, avec des progressions à deux chiffres sur 2010, et qui fait que, chez Transeurope, Amsterdam continue sa progression dans le Top 5 des capitales européennes.