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Entretiens

Entretien avec Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat en charge du Tourisme


Publié le : 23.06.2020 I Dernière Mise à jour : 23.06.2020
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  • Bruno Courtin

Chaque semaine depuis le début de la pandémie, Jean-Baptiste Lemoyne réunit en ligne le Comité de filière Tourisme, une plateforme d'échange entre les pouvoirs publics et toutes les filières de l'industrie touristique. Cette instance opérationnelle a permis à la fois de faire remonter les problèmes concrets du terrain et d'engager les prises de décisions pour y remédier. A l'occasion de cette première newsletter de La Gazette Officielle du Tourisme, le ministre revient sur ces semaines extraordinaires.

Avez-vous le sentiment que la dimension économique du Tourisme, souvent sous-estimée par le monde politique, a été davantage révélée par cette crise ?

Le tourisme a toujours été associé au plaisir et à la découverte. Depuis que le secteur est à l’arrêt, chacun mesure que c’est aussi un véritable poumon économique pour la France. 7% du PIB, 170 milliards de recettes, 3 millions de nos concitoyens qui en tirent tout ou partie de leurs revenus… Lorsque le tourisme est ébranlé, c’est toute la Maison France qui vacille.

C’est pour cette raison que le Président de la République a fait du tourisme une priorité nationale qui s’est traduite en un plan de sauvetage de 18 milliards d’euros annoncé lors du Comité interministériel du tourisme le 14 mai dernier autour du Premier ministre. Tout, absolument tout est fait pour sauver ce secteur qui est à la fois un atout économique, un outil d’influence internationale et une part de l’âme de notre pays.

Dans un contexte « normal » le tourisme français repose sur deux jambes, son marché intérieur et l’apport des touristes étrangers, pensez-vous qu’il devra sauter à cloche-pied pendant longtemps ?

Je ne le crois pas. Notre stratégie c’est d’actionner deux leviers en même temps. D’un côté, inciter nos compatriotes à faire le choix d’un été « bleu-blanc-rouge ». C’est le sens de la campagne #CetEtéJeVisiteLaFrance que nous allons lancer tout prochainement. C’est bon pour les Français qui vont pouvoir redécouvrir nos trésors nationaux, nos littoraux, nos montagnes, nos territoires ruraux, urbains, nos Outre-Mer. C’est bon aussi pour nos professionnels qui ont des fourmis dans les jambes, impatients qu’ils sont d’accueillir de nouvelles clientèles.

Dans le même temps, nous allons multiplier les actions pour attirer des clientèles internationales dès que la réouverture des frontières le permettra. Nous faisons tous les efforts nécessaires au plan européen pour parvenir à ce que les frontières intérieures de l’UE rouvrent au 15 juin. Cela permettra d’adresser à nos voisins le message de « Bienvenue en France » dans toutes les langues.

Craigniez-vous que le « cocooning national », privilégié par de nombreux pays, ne réduise l’appétence pour les voyages et la découverte d’autres destinations ?

J’ai confiance en la marque France. Elle est forte. Je fais le pari que l’envie de France continuera à se manifester aux quatre coins du monde. Et, croyez-moi, nous ferons tout pour la susciter.

Cette crise a-t-elle fait ressortir des faiblesses sur l’organisation de l’industrie touristique française ? Ou, au contraire, des forces jusqu’ici insoupçonnées ?

C’est le contraire d’une surprise : la grande force de l’industrie touristique française, ce sont les professionnels de la filière ! Je veux leur rendre hommage, à eux et à leurs représentants. La manière dont ils ont encaissé ce terrible choc, l’esprit constructif et positif qui a toujours été le leur au plus fort de la crise, sont à saluer. La force de ces professionnels a toujours été l’agilité. Dans ce secteur, on sait s’adapter. Les acteurs font preuve de beaucoup de créativité pour proposer une offre touristique alléchante malgré les contraintes sanitaires.

On a un peu le sentiment, au vu des annonces faites à tous les niveaux, que chaque territoire tente de tirer la couverture à lui. Une concurrence entre les régions et territoires français est-elle souhaitable ? Êtes-vous légitime à organiser le marché et la promotion franco-française ?

C’est tout l’inverse. A chaque étape du tour de France des régions que j’ai lancé depuis plusieurs semaines, je constate qu’il y a unanimité autour d’une idée : pas de concurrence entre les territoires. La force de notre offre, c’est d’être plurielle. Nous avons tout en France ! La mer, la montagne, la ville, la campagne, la culture, le patrimoine, la tradition et la modernité… Chaque territoire a sa place et a un rôle à jouer. A la manière de l’impressionnisme, nos territoires sont autant de touches de couleurs qui forment l’image de la France. C’est tous ensemble que nous allons réussir.

Comme vous l’avez énoncé à plusieurs reprises, crise s’épelle aussi opportunité dans plusieurs langues, que voyez-vous vraiment comme opportunité à court ou moyen terme ?

La première opportunité, c’est cette envie qui se manifeste chez les Français de redécouvrir notre pays. Je crois que le marché domestique va connaitre – non par contrainte mais par choix – un véritable boom.

La seconde, c’est que cette crise nous encourage à mettre un coup d’accélérateur dans la construction du tourisme de la prochaine décennie. Un tourisme plus durable, un tourisme des quatre saisons, un tourisme pour tous.

Est-il opportun de travailler sur une nouvelle offre, de nouvelles propositions touristiques ou va-t-on être englué pour longtemps dans le sauvetage des opérateurs touristiques ?

C’est le principe du passage de relais. Le plan de sauvetage permet aux opérateurs de ne pas sombrer et nous les accompagnerons tant qu’ils en auront besoin. Puis c’est le travail sur l’offre qui permettra aux filières de « lâcher la béquille ». Il faut encourager la créativité qui se dégage de nos professionnels.

Quelles filières vous semblent prioritaire pour enrichir, diversifier, adapter l’offre française ?

Je ne crois pas qu’il faille diviser l’offre touristique française. Je vois cela comme une chaîne dont nous nous assurons que tous les maillons soient robustes : des hôtels, cafés, restaurants bien sûr, aux musées et monuments, en passant par les campings et les parcs de loisirs… Chaque filière participe à la diversité de notre offre et doit être soutenue.

D’aucuns, en voyant la manière dont vous avez géré cette période délicate, ont appelé à l’instauration d’un véritable portefeuille du Tourisme ? Est-ce opportun ? Vous séduirait-il ?

Ce qui est opportun et séduisant, c’est de sauver et relancer le tourisme français tout en remportant notre combat contre le virus. C’est la feuille de route que m’a confié le Président de la République.

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