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Economie

Quel avenir pour le tourisme spatial sur fond d’inquiétudes écologiques ?


Publié le : 13.09.2022 I Dernière Mise à jour : 13.09.2022
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Auteur

  • Rémi Bain Thouverez

Le tourisme spatial peut-il continuer à se développer au regard de la sensibilité actuelle de l’opinion publique, notamment par rapport au climat ? Interview de Michel Messager à l’occasion de la sortie de son livre Tourisme Spatial et Ecologie.

Tour Hebdo : Vous sortez votre livre ‘’Tourisme Spatial et Ecologie’’, semble-t-il au pire des moments, après un été caniculaire et le crash de la fusée géante Starship

Michel Messager : De toutes les façons le débat est loin d’être fini, si j’en juge par les réactions des mouvements écologistes. Ils s’étaient déjà opposés à l’installation de SpaceX dans cette région du Texas. Le mouvement s’amplifie suite à l’incendie provoqué par les essais des moteurs Raptor de la fusée géante Starship et les dégâts occasionnés sur plusieurs dizaines d’hectares le 8 septembre dernier.

 

Tour Hebdo : Alors ?

Michel Messager : Sur un sujet tel que ‘’ Tourisme Spatial et Ecologie’’, tirer une conclusion serait déjà prendre parti pour l’un ou l’autre de ces thèmes. Or, précisément dans cet ouvrage, je cherche à exposer simplement des faits et des prises de position divers. Mon but consiste à donner les informations afin que chacun, en toute connaissance de cause et selon sa sensibilité, puisse se faire sa propre idée.

Tour Hebdo : Cela dit, pourquoi avoir choisi un sujet aussi clivant que ‘’Tourisme Spatial et Ecologie’’ ?

 

Michel Messager : Pour deux raisons principales : tout d’abord faire le point en toute objectivité sur ce débat, qui sans encore atteindre ce qui se passe pour l’aérien, prend de plus en plus d’ampleur, notamment lors de chaque lancement de fusée.

Ensuite, par ce que je suis persuadé que si l’industrie spatiale, comme le tourisme spatial, veulent se développer, la préservation environnementale de l’espace devient une nécessité, voir une obligation.

 

Tour Hebdo : Pourquoi ?

Michel Messager : Ceux qui voyageront demain dans l’espace appartiennent à la génération des 20/35 ans, génération plus impliquée dans la protection de l’environnement que dans le spatial. Il faut donc les informer et répondre à leurs interrogations.

 

Tour Hebdo : Vous parlez d’objectivité, comment peut-on ne pas prendre parti dans un tel débat, vous qui êtes un des spécialistes du tourisme spatial ?

 

Michel Messager : Certes il est difficile d’être totalement objectif, surtout quand on parle de fusées spatiales et d’écologie. Mais croyez-moi, j’ai tenu à l’être un maximum dans cet ouvrage. Par exemple, j’ai repris sans concession les informations concernant les dégâts écologiques provoqués par le tourisme spatial. Outre celles-ci, j’ai consacré un chapitre aux rôles et positions des associations écologiques en reprenant des textes foncièrement contre le tourisme spatial.

Pour preuve, je vous laisse découvrir la dernière de couverture qui commence de la façon suivante : « Développement des lancements, pollution de l’espace - 9000 tonnes de débris spatiaux tournent au-dessus de nos têtes… »

 

Tour Hebdo : Vous dites que le Tourisme Spatial pour se développer doit être plus écologique. C’est un vœu pieux, voire paradoxal…

 

Michel Messager : Et bien détrompez-vous. Certes le tourisme spatial ne sera jamais totalement écologique. Il en va ainsi de toutes les expériences nouvelles. Mais il y tend et endosse le vecteur du ‘’plus d’écologie’’. Prenons l’exemple des recherches sur les carburants des fusées. À l’heure actuelle l’industrie spatiale et les majors du tourisme spatial – Virgin Galactic, Blue Origin et Space X – travaillent et investissent des sommes considérables dans la recherche sur des ‘’carburants verts’’ comme par exemple : le Green Monergol, la Trinitramide, l’Ecosene, le Biopropane, le Butanol …

Toujours dans cette optique, dans un tweet publié le 13 décembre 2021, Elon Musk, nous apprend que son entreprise étudie un programme dans le but d'extraire du dioxyde de carbone -du CO2- de l'atmosphère terrestre pour le transformer en carburant pour ses fusées.

 

Tour Hebdo : Quels sont les autres domaines dans lesquels le tourisme spatial fait des efforts pour réduire son impact sur l’espace ?

 

Michel Messager : Depuis une dizaine d’années, outre les carburants, l’industrie spatiale a multiplié les recherches que ce soit au niveau des moteurs, de la conception des fusées ou du nettoyage de l’espace. Prenons ce dernier exemple. Il faut savoir que plus d’une dizaine de sociétés comme RemoveDebris, ClearSpace, Astroscale ou SpaceBlower initié et financé par le CNES, sont en train de s’attaquer au marché du nettoyage de l’espace et du ramassage et de la réduction des débris.

 

Tour Hebdo : Il s’agit donc là d’un nouveau marché qui s’ouvre pour le secteur spatial ?

 

Michel Messager : Comme à l’exemple du Québec et de son gouvernement, qui cite ce nouveau marché comme une véritable opportunité : « le développement de technologies d’ici pour localiser et désorbiter les débris spatiaux représente une occasion d’affaires pour nos équipementiers aérospatiaux qui subissent la diminution des activités de Bombardier Aéronautique dans ce secteur. »

Nous sommes qu’au début de cette nouvelle économie qui peut réconcilier ou du moins rapprocher en partie spatial et écologie. Nouvelle économie, nouveau marché dont la Nasa estime celui-ci à 3 à 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel !

 

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